‹ Voyage Autour du MondeChapitre 79 sur 165 · Îf · texte numérisé non relu

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lies- Mariww». C’étoit une chose- ordinaire, dans les temps anciens, .de trouver aux De l'iinmtm' Mariannes dp nombreux centenaires. Dans la première année de la mîs- DortédeU »i« s*on ^angélique du P. Sanyjtores , on y baptisa, disfcit les historieus , r plus de cent vingt personnes qui avoient au-delà dè -cept arts.- Aujour-

d'hui même oit -y trouv.e encore des vieillards d’un âgé fort avancé, eÇ l’on nous a cité une femme, marte en 1800 à cent onze aufs, qui avoit conservé; jusqu'au dernier moment , toutes ses dents Pt toutes ses facultés m intellectuelles. . ■ • .• . .-

Agede puberté. L’usage veut que. les garçons ,se marient entre quinze et dix-huit-ap», et les hiles de douze à quinze,. Il est rare noam oins que celles-ci soient . soumises -aux devoir» d'épouse avant leur quatorzième année , .quoiqu’il

y" en ait qui sont pubère» à onse-ans; ea revanche, iJ-.'en est d’autres qui achèvent leur quatrième lustre sans avoir vu paraive les signes de la niabHité. Il ne paraît pas-, au reste, que ce genre d’anomalie ,- fréquent d’ailleurs dans les pays chauds, ihfîue*ici d'une manière fâcheuse. sur la santé des- personnes .de. ce sexe. - , .

Fécondité. On. cite, -à Cwam, des exemples de- familles de vingt-deux anfans nés

de la;. même mère : l'alçad« de Tiirian en avolt quinze quand nous- visi. tâmeS cette lie. Uqe femme dTnarahan accoucha naguère de trois enfans à-ia-/dis , mais ris ne vécurent qu’un instant’; c’est le.seul cas de- ce genreque la tradhion conserve, quoiqu’on cite un ao/nbre considérable de jumeaux. A côté de- cela, les exemples dp stérilité né sont.pas-rart-» ,-ce qui tempère beaucoup ie développement que, sans. cela, prendrait la .population. • •'.-•••

.Les'arccotichemens.-en. général iaeiles, donnent trop souvent fieu à des -acculons futigstes , par suite de l'ignorance où l’on as.t des procédé» de l’art ^-Lé s fausses couchas étoient connues des anciens haibitans ; aqjourd'hui , il y a des femmes, qnf éprouvent cet accident deux ou trois fois dé suite.- On en. g vu quelques-unes avorter voJantaErprnef't -(z )é d’autres, •■détruire ie ffujt d’trne urtion illicite j pour éviter k honte de s’être laissé séduire. , -, -

Rien n’est ici plus variable que fa durée de l’allaitement. -Les- mènes

( 1 ) ’« EKes prennent -à cet effet an breuvage cômpodÉ tiu jasdtf certaines herbes, tpifftiy avorter un ou deu* mois avant j«nne. Bérard*) ♦ 0 ■ v» -

Durée

de l'allaitement.

LIVRE III. — De Timor aux Marjannes inclusivement. *8 1 habitudes à faire souvent des enfans les sèvrertt à un an environ ; d'autres les laissent téter tant qu’ils le veulent, et même pendant plusieurs années.

Ç’est une opinion avancée par quelques auteurs, qu’à l'époque où les Européens arrivèrent aux Mariannes, les maladies étoient rares parmi les habitans. Il serait difficile aujourd’hui de justifier une assertion dont on a négligé de nous fournir la preuve ; mais -il est certain que lés choses ont maintenant un. bien autre caractère ; c’est ce dont on se convaincra en passant en revue les diverses affections moêbides auxquelles nous avons vu la population être en proie. •

Syphilis. — Les affections vénériennes y sont extrêmement rares, circonstance qui paraît résulter du peu de fréquentation des habitans avec les Européens. Deux cas seulement de cette maladie «ont venus à la connoisSauce de M. Quoy; l’un était tout récent, et probablement dû au vaisseau espagnol la Pai, ou bien à notre propre navire.

Maladies épidémiques. — A diverses époques, les-Mariannes ont été le théâtre de plusieurs grandes mortalités : c’est ainsi qu’au commencement du dix -huitième siècle, une épidémie meurtrière cau«a d’énormes désastres à Goarn et à Rota. Plusieurs villages furent dépeuplés ; Djogna le fut en entier au bout de huit jours, et Aporgoan eut un sort presque aussi funeste. D’abord on portoit, dans. un hamac, les malades à la paroisse voisine, pour leur faire administrer les derniers sacremens > mais l’agonisant et les porteurs étant plusieurs fois morts en route, il fallut renoncer par force à donner cette consolation aux victimes de la contagion.

Les ravages qu’occasionnâ la petite vérole , dont l’invasion accidentelle eut lieu à Geam en 1779 ,\. furent moins considérables, mais ■moissonnèrent néanmoins un assez grand nombre d’habitaifs indigènes : la population coloniale souffrit peu.. • •

En x 75)4 , le gouverneur D. Mura apporta une maladie épidémique qui détruisit aussi beaucoup de personnes , sur-tout parmi les colons. C’étoit d’abord une espèce de rhume, ou plutôt une forte toux, à laquelle succédoit une violente céphalalgie : le mal allojt croissant jusqu’au troisième ou au quatrième jour, où arrivoit la mort du malade. Qpelquesuns ne périssoient qu’au bout d’une semaine ; .d'autres enfin entraient eu convalescence, ftiais leur rétablissement Complet étoit fort long.

Vcyagt dt {‘Uranie — Historique. T. H. N II

lies Marianne*.

He l’homme comme individu.

Maladie*.

a8i • VOYAGE AUTOUR DU MONDE. • '

II** Marianne*. Suppréssion 4e transpiration. — Nous avons fréquemment vu à .Gaarn D* l'homme Jes hommes qui, après avoir pagayé long-temps dan§ une pirogue , n’hé- Milidies. sitoient point à se jeter à l'eau tout suans, sans qu’il parût en résulter pour ■ eu* aucun inconvénient notable. Il est vrai que, même lorsqu’ils pouvoient n’avoir de l’eau que jusqu’à la ceinture, ils se Jiâtoient de plonger SHr-le-champ. C’est à cette précaution,. je pense, qu'il} dc-voient de n’être pas malades, en passant,' par tute transition si prompte, d’une température à une autre très-difierente. ...

« Une. personne fort respectable, nous a assuré avoir employé soyveut avec succès , pour guérir les. points de côté , cinq ou six kaukçrlas bonilfis dans deux verres d’eau, jusqu’à diminution de moitié du liquide: le résidu dexoît être avalé d'un seul trait. L!efficâcité de ce dégoûtant breuvage étoit puissamment secondée , ajoutojt-aUe , par l'emploi d’un cataplasme d’excrémens de porc frits dans l'huile, appliqué avec la sauce sur la partie douloureuse. Elle ciloit une foule de cures opérées dans J’espace de vingt-quatre heures. H est. vrai qu'une des conditions essentielles étoit que le -topique fût employé extrêmement chaud, çe qui explique les succès du traitement. » [M^Gaiipard.)

• fièvres. — - Çes maladies, fréquentes mais peu dangereuses à Gtaam, ont lieu sur-tout aux changetuens de saison, avant ou- après l'hiver. Les naturels.se servent "de la feuille amère et souvent même du bois de lodegaô, pour guérir les lièvres intermittentes. Après avoir pilé ces substances, et les avoir fait. infuser à chaud, on en fajt, usage en boisson.

Dpenterie. — -La dysenterie, qui tue encore ici assez de monde , étoit, à ce qu'il paraît, beaucoup plus meurtrière. avant t J^.{. On ne remarque pas d’époque réglée dans l'invasion de cette- maladie, qui attaque principalement les enfans et les gens pauvres qui se nourrissent, d’alimen? nuisibles. Peu de temps avant. notre arrivée,. ce fléau redoutable avoit exercé de grands ravages , sur-tout parmi les individus les. moins avancés en âge. ' -

Les naturels traitent cette maladie par l’emploi de divers spécifiques. Les cendres des filamens du cabo negrç, délayées dans feau tiède, sont, disem-iis, un remède efficace. Iis se servent aussi d’un mélange de farine de gapgap , d’eau et de sucra. Lorsque le malade ne digère pas bien, on

LIVRE III. — De Timor aux Marianne* inclusivement. 283 lui donne de la farine de riz, grillée avec des toiles d’araignée, et il faut II« Muriannwr. qu’il boive cette' poudre dans de l’eau tiède. La dîfficuilé de digérer niamm, n’existe-t-elle pas, il suffit, toujours suivant les médecins du pays , de frotter le ventre du malade avec un linimen’t compose d’un mélange de graisse de porc ct 'tle cendres ordinaires. Otl dit que la banane sàuvage, prise en nourriture., convient au traitement de cette infirmité; c’est poufr quoi on conseille d’en piler , le fruit et de boire ensuite le jus qui en résulte. • ‘ ■ ■ / • < ■ . . .

• Geih. — Selon la tradition , cette maladie dégoûtante n’est corinue aux Mariamtes- que depuis l’arrivée des Espagnols. En se frottant, soit avec" ttne décoction des bourgeons du- goyavier, soit avec du lait de coco(i-), un- mélange de soufre et d’huile, ou bien avec l'am argosa, plante qu’ort fait préalablement frire dans Mutile , les habitans parvietinent à s’en débarrasser. " *■ • . ‘ .

Dartres. — La feuille du. c.assia alata\ ou plante d-Acapulro , étant pilée, sert , tontine topique,- dans- le traitement d’une espèce de dartre- (2): Un remède plu» estimé, s’obtient. 'en -menant au feu là coque d’n rie noix de coco; quand elle est bien allumée, on la place- sous une capsule renversée en forme de «loche; la fumées en se condensant sut les parois, se résout èn une eau noire et épaisse", dont on fait usage'pôur frictionner le malade. - ’ : •.•

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