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NOTICE SUR LA LÈPRE

« Un fléau terrible afflige les habitans des Wariannes , et, dflns la génération actuelle, qu’il décime, menace déjà là génération à venir; c’est de lar lèpre. que, je veux' parler. Plus malheureux que les peuples de Timor, des Moluques, de Vaigiou et des Carolincs, les insulaires' de Goarh sont on butte .à trois variétés de cette maladie, tout-à-fait diffc- . rentes par leurs symptômes et par leurs effets.

( 1 ) Le làU dé coco sothem eo exprimant, dams tfp vase , le sue de la jrâpure récente de ce fruii. , . • . * • • *

Iz) Les Espagnols appellent cette maladie tmi'tyne , mot .qui est en effet chez eux, le nom générique des dartrys, », .

( 3 ) ‘Par AL le docteur Qùoy . * • " % . . ».

Nn *

Iles Marianne*.

De l'homme comme individu.

Ichthyosc. - — » La première est la lèpre écailleuse , que nous avons décrite en parlant îles Papous , mais sur laquelle nous allons' revenir , parce que nous avons eu ici le temps de l’observer de nouveau avec beaucoup d’attention (t). ' *

>> Céux qui en sont atteints se nomment, dans le pays, cdscaos (2-). Elle y est très-répandue, et se complique même souvent des autres espèces. Elle débute par des taches sur diverses parties de la peau , depuis la cheville jusqu’à la partie supérieure du cou; mais ie visage, les pieds et lès mains en sont presque toujours exempts. Ces taches sont d’abord lisses, d'un brun qui tranche avec la couleur du corps; ce n’est qu’après quelques- mois et souvent même plus d’une année , qu’elles commencent A être rugueuses. et furfuracées. Peu à peu , elles augmentent d’étendue et d’intensité ;■ de brune^ , elles deviennent blanchâtres ; l’épiderme , en se .gerçant, se soulève, se découpe en festons, et forme les squammeS qui distinguent te dernier période de cette adèctioh. Souvent plusieurs parties sont attaquées à'-ia-fois ; ce sont ordinairement la poitrine, les environs du'cou, le bas-Ventre, et enfin les'membres, jusqu’à ce que,' par une marche toujours croissante, ie corps .entier soit envahi. Une -des variétés de l’ichthyose rend la peau moirée: les écailles alors , au 'lieu de suivre une direction horizontale, se' recourbent en rond oU eri ovale, et forment des. cercles et des demi -cercles concentriques les uns sur les autres, qui ne dépassent pas la largeur, d’un écu ; quelquefois ce ne sont' que des lignes ondulées' de même grandeur. C’est sur- tout à la poitrine que cette disposition est le mieux dèssinée.

>1 Quoi qu’il en soit . les personnes affectées de- cette Infirmité ne paroissent pas sensiblement en souffrir. Si elles sont jeunes, elfes croissent et se . développent comme elles le feroient en pleine santé ; Vaquent à

" (4) On peut voir plus haut, dans la Description de la Up ré chez Us Vapetts , chap. XXI, S- IV, les rapports que présente cette maladie, soit dans ses progrès, soit dans ses causes, avec celte des Mariannais.

(a) C’esr te mot espagnol. Les Mariannais appellent .cette maladie, lorsqu'elle est arrivée à son dernier période, atigtAg, et gmpo quand' elle est encore récente. Djaf-lugo désigne une espèce particulière de lèpre exotique, ainsi queijndique la composition môme^du mot. D)qfdjaf est le nom qu’on donne aux taches blanchâtres qui viennent sur la peau des gens de douleur, taches qui ne sont elles-mêmes qu’un premier degré de la lèpre. « **• • s

LIVRE III. — De Timor aux Mariannes Inclusivement. leurs occupations sans éprouver ni plus ni moins d'irritation dans ie tissu cellulaire, et vieiilisent sans que le mal lasse de. plus grands progrès. Son action se borne donc a la peau , et ne porte sur aucun organe essentiel à la vie. Aussi n’est-ce qu'une maladie incommode et non dangereuse, du moins sous un climat chaud comme celui de cette île ; car je crois que, transportés par des latitudes moins élevées, les malades auraient beaucoup à craindre des .variations brusques deTatmosphèrU; que fa suppuration s'établirait infailliblement dans les parties écailleuses de leur- corps et les jetterait dans l’épuisemelit , comme j'ai eu occasion de ie voir en France sur deux personnes qui ont fini par succomber ainsi.

» L’iththyose. attaque également les deux sexes; tous les âges, mais plus rarement l’enfance , sont susceptibles de la contracter : elle se propage par. le contact, lorsque les individus y sont déjà disposés; toutefois elle n’est point contagieuse ' dans tous les cas; et nous avons vu: des femmes en être-exemptes , quoiqu’elles habitassent avec leurs maris qui en étoient couverts, ou bien des nourrices ne pas la communiquer à leurs nourrissons. S'il n’en étôit ainsi, U rfy. aurait pas à Goam un -seul habitant qui put s’y soustraire ; en effet, cm y connote peu-do familles qui n’aient au môins .an lépreux pàrmi leurs membres, et tous -couchent pêle-mêle sous le" même toit et sur fes. mêmes nattes. , . .

«• Faute de- foédeciijs , les. Mariannais ont de tout- temps négligé un mal qui " ne les incommodok. pas d’ailleurs trop fortement; où, si quelquefois les gouverneurs, et peut -"être des étrangers pendant-un séjour éphémère, leur ont indiqué des remèdes , ■ ils les auront mis en pratique aveç cotte nonchatance qu’ils apportent à tout se qui exige "des soins. C'est ainsi qu-’on a fait venit d'AcapidcO l'arbre qui fournit la casse, dans la croyance que ses feuilles fraîches, écrasées et frçttéçs sur la partie malade, ont la propriété. de procurer. uns prompte' guérison; et malgré tons lés bons effets qu’orr-m'a dit en avoir retirés, l’arbre et le procédé ctiratif sont- presque entièrement abandonnés. * *

• » Le gouverneur D. Médmilla-m’a assuré avoir vu. guérir , par ce seul topique, plusieurs individus en peu de temps, sans que l’évidence de ces succès eût pu. engager d'autres personnes à sé soumettre à un traite-

Ilei Miriemiri.

De l'homme comme iiMÜuidu.

t%6 . . • VOVAGt AUTOUR DU MONDE. ’

il,. .viaiMiin». ment nussi simple. Enfin il avoit été obligé d'avoir recours' aux voies Ue l'btimme ooér ci tires ■: ainsi il. était enjoint au lépreux de se séparer de sa femme

• ortjmc indhridu. • • , .

• jus tpi a parfaite guérison ; toute personne affectee de œ mal repoussant étoil menacée de- se voir reléguer dans quelque île voisine, si. elle ne se soumettoit pas a un pansement suivi avec persévérance. Soirn inutiles! I'insquciana» a prévalu,. et les lépreux continuent de Vivre avec leur ennemi. ,- •; *. • •«« •— •- H

.. Fendant notre séjour à Gwam , voulant constater moi- même la vertu de la plante ou plutôt de l’arbuste A’-Auipuico ( cW ainsi qu’on nomme le' ctusia < tinta ) , et' voir si* le soufre , seul -médicament approprié que je possédasse, pouVoit être employé efficacement, je priai le-'gouverneur de mettre à ma disposition deux hommes attaqués d’ichthypse sur quelques parties du coq» .seulement, afin- de les traiter par deux melhedes différentes : ses ordres ne' furent qua demi exécutés; ' je ne pus avoir qu'un seul individu. Celui-ci suivit le traitement avec i.cons tance c perce qu’il avoit la ferme volonté de guérir; tandis que .d'autres, qui-se présentèrent ensuite, vinrent peiulant quelques jours, puis- cessèrent leurs visites, et ne firent presque rien du ce que je leur avais ordonné. * '• ».

. ». L*lu>mme sujet de.-mqn observation -étolt.-àgé d'environ- trent;e ans? de jgrande taille', fort et vigoureux ; . il avoit de» écailles- sUr toute la région tpigasyique , en munotuaiH vers- la poitrine-, et à ja- partie extérieure de la jambe gauche, sur laquelle je dirigeai tous -mes spins, parce qu'fi étoit pluj facile d’y appliquer les rncdica nu-os. Après plusieurs bains dé rivière et -dps lotions Locales d’eau, -ticde, je Jui prescrivis de gfc frietionqer. ( t).avec un mélange d’Ijuibt. de o;co et de soufre,- dont la dose étoil d'ejivi ton deux gros , le soir et Je matin ; chaque -jours .ap/ès le bain, il répétoit ces Irjctioiu. Au bout d:un mois de ce. traitement ponctuellement suivi. -les-, écailles disparurent- en partie; mais les taches, qui en sont .le, symptôme et le pripcjpe, subsistèrent i c’étoit. un indice que les écailles reparoitroient dès qu’on àuroit- cessé les lotions répéiées auxquelles seules elles avoieut cédé. .Mon -intention avoit été aussi d’administrer au malade le soufre à liijtériçur^ mais d'autres Occupations et

(i ) Je hasarde ici* une réflexion f^oe les médecins .ÿisti'um des phénomènes du magnétisme arrimai pourroh* eaûAiirter < Est-H égal de 3c faire frictionner ou de se frictionner soi» même! “*

LIVRE III. —i>E Timor aux M arianne*, inclusivement. i»7 divers Voyages de plusieurs jours que je fis dans l ilv m’en empêchèrent. Iles Mviamin. Comme le temps de notre départ anprochoit-, et que,cet homme étoit U'1 l'homme

' * t Tir comme indiviflu.

le seul dont je pusse garantir lexaétitude; je Suspendis le premier re mede pour vérifier' les vertus de la plante d'Acapulco. Pendant quinte à vingt jours, -il Sc frotta matin et soir avec One’ poignée de' feuilles nouvellement cueillies ; il y -mettoit même tant d’ardeur qu'il s'enlevoir des portions d'épiderme. Ce nouveau moyen .ne produisit pas plus. d'effet que l'autre, et j'eus le déplaisir de ne pouvoir guérir ce jeune homme, qui «voit fait" preuve de tant de patience et d'assiduité. Quelques jours avant de, me séparer de lui , j’avois cessé tour remède, pour voir en quel étal 'seraient la 'poitrine et. la jambe r il n'y avoit plus J Vrai Iles -dan s les endroits qui avoieht été bien frictionnes ;• maïs une- couleur brime , fond sur lequel elles s'élèvent; indiquait qif elles ne tarderaient pas à Teparoître. . . • ■ • . - - • . . ,

» Voilà, ce que j'ai vu. Cette observation impdrfaiteest, je l'avoue, bien loin d'èlre- concluante; et- quoique , avant d’èmployér le .végétal dont^il vient d’être question-, je- -doutasse tpi. peu de tout ce qü’ou m’en disoh , j’étois bien aise dé vérifier ce qu’il pouvoit produire dans t« temps qu'on m’avpit indiqué-.: penr-être, à la longue ,' -auroit-ii agi plus efficacement.

Il en eût -été de- même du soufre i d’ailleurs la manière -dont je (administrai, n’est probablement pas celle qui convieht le -mieux , çt je sois porté, à- erpice què, réduit en Vapeur, H agi t'oit avec beaucoup plus d’éffe càeité-î Enfin ,’ il -est ’iihe fou le. if autres préparations qu’on •pourrait tenter avec quelque apparence de succès-. Ce que j’ai fait prouve . seulement msn désir de découvrir le rtibde curatif le plus sûr; car un dès devoirs imposés au médecin navigateur esr de répandre les bienfaits de'son'art parmi des peuples qu'il visite. • '•••••■ •*''■•- . •

» Certes> d'après -les écrits des philosophe» de cabinet , nous ne nous attendions guère. à trouver tant de maux divers chez ces peuplps, naguère encore ettfans, comme ils -le disent, 'Je ht éhnjile iitrturr. Eux aussi ont une large part dans lés-misères 'de l’espèce humaine ; et'deputs le Timorfen '• jusqu’à l'habitant nu des Caèolraes , nous les-avons tous vus implorer les secours de la médecine. A Qoarn, en particulier, chaque jour uhefoufe de malades venoient successivement étaler à nos regards, leurs infirmttésq

lies Marianne*.*

De*rhommc

comme Individu.

qui la plupart eussent résisté 4 un traitement long et méthodique : des conseils et d’impuissans palliatifs , c'étoit ce qu’à regret nous nous trouvions réduits à leur offrir. •

Pian. — La seconde variété de lèpre ( 1 ). dont ces peuples sont atteints, est k i.pfan, mal affreux qui les ronge et les mutile. Un bouton de l’apparence et de ia grandeur d'un petit furoncle , s'élève sur la peau , presque sans douleur ni rougeur. Ordinairement, il reste- quelques instans stationnaire; puis, se couronnant au sommet d’un point purulent, if s’ouvre et un pus-blanc en découle ; -toute la circonféreneç devient plaie; et après une suppuration plus ou moins longue, la cicatrice se forme t elle est tantàt irrégulière, cendrée et plus élevée que la* peau environnante; ■d’autres fois , et c’est -le cas'Ie plus commun , enfoncée , lisse et d’un blanc laiteux qui Corftràste singulièrement avec la couleur ordinaire du teint du malade. Les boutons , les ulcérations se succèdent, couvrent le coTps et les membres . puis se 'cicatrisent de Ja même manière. Heureux encore cfux qui' ne sont affectés du pian qu’à'ce degré, car c'est- ie moindre, le p'tàs bénin, celui dont -on voit quelques individus guérir .par les seuls efforts de la -naturel '

» La seconde espèce de pian débute aussi par des boutons', et, selon l’idiosyncrasie des individus, a une marche piüs oü moins rapide. Les ulcères s’agrandissent , S'accumulent autour désarticulations, et se* mwiripiient dans la continuité dés membres; ils sont irréguliers, insensibles, et ont leurs- bords tranchés net. L’humeur qui en découlé est blanche , tenace, plus copieuse à ta- circonférence qu’au centre i où l’on remarque ordinairement une substance blanchâtre, réSsembiaift À un point de cieatrisatiôn. Lorsque plusieurs de ces ulcères. tendent à se -réunir, la peau qui- les sépare se désorganisé-, et devient violacée, comme dans les scrofules. Le pus a rarement de l’odeur, à moins que les -soins de propreté ne soient négligés. Le mal envalviuif lés jointures, il ies-ronge et détruit leur action, jusqu’à ce que lindwdo, 'épuisé par une suppuration, excessrve- - ment abondante, finisse parf uccomber. Mair remarquons bien que, dans

(1) Les Espagnols de ce pays la, nomment tubas ; il oe faut pas néanmoins U confondre Avec la sjpjiilis , qui est ainsi appelée en Espagne # ntaif à laquelle le "pran ne ressemble que

de-nom. *-* • ••*..’•* . **•' . •

LIVRE III. — > De Timor aux Mariannîes ii4cfeôsiVEHENT. z&y cette affection , les membres ne se séparent poiiu 4e four articulation; ce qui forme une variété très-distincte de piani dont nous allons bientôt parler. •

■» J'ai yu que les membres de quelques-uns des malheureux qui ve~ noient me demander- des secours , quoique rongés-, extérieurement' par ces. plajes,.ét oient du reste dans leur état- naturel , sans gonflement ni changement apparent dans U peau; mais, cher, d'autres, ils étoient trèsdurs, réiiiteoj , avec engorgement total du -tissu cellulaire. Ce désordre se faisoit remarquer sur-tout aux jambes, quidcvcitoient difformes , plus •grosses en Jias qu’en haut, et d’un volume extraordinaire. Un si -funeste symptôme, assez rare citez les femmes", est souvent déterminé par la fatigue que le .malade éprouva-, soit en "se livrant à. ses travaux acctlutumés, soit en entreprenant de longues routes. "Un homme- ayant .les jambes dans Tétât le- plus affreux.’, parcourut un jour six lieues à pied, par un chemin très-difficile , et sous le.pbids-d’urre charge énorme , pour venir chercher, du soulagement; il est vrai qu'il ne 'sou droit pas beaucoup, fabsenôe de douleur,. qui tient peut-être à l’uniformité <l’nnp forte-chaleur,-est un des caractères. de Ja maladie' qui nous occupe..- v.

■> Quoique moins répandu queJiciu-hyo.se, le piap , terrible .variété' de là lèpre, compté cependant «de- norabreuSes-victiihes, dont, la plupart , condamnées à finie leurs jours- avant le terme üxc par -la nature, volent four santé minée peu à peu. En mettant à cinquante le> nombre des personnes qui, dans iar ville d’Agagna ,s» sont présentées' à moi avec-des ulcères- incurables , je ne crains "pas lu reproche d'exagération. Un jeûné hontme qui tiro.it sur sa -fin, étoit entre autres daiv- Un état d’émaciation extrême : deux plaies énormes occifpoient les articulations -du gehoti-, du coude et du poignet droit; la main étoit fléchie, et les-surfâces articulaires comme soudées entée- elles. Quand on à été tétnohf de cet effrayans ravages, on né peut -se défendre d’un sentiment pénible eh voyant des jeune» gens grands, bien faits, çt robustes ,'atteiius de petit» ulcère» qu'ils ne jugent meme pas dignes de. leur attention : en r&in -Ies avertit-on- que ce mal léger est. le même que celui- qui , ayant acquis tout son-développement ,- les 'fait frémir à .l'aspect, de leurs semblables qui' en sont atteints.; . dominés par leur nonchalance , ils attendent , ■ dans une Voyait dt VUranit. — Hûtoriquc. T. II. O O

Mh Marianne!.

De fWrtme.

comme * individu.

Iles Marianne*.

De l’ homme'

«muuc indiiidu.

19B s - VOYAGE AUTOUR DU MONDE, funeste apathie, qu'il n’y .ait plus pour eux de guérison. possible. C’est alors seulement que, g tués plutôt par l’abondance de là suppuration et la difficulté de se servir de leurs membres que par la douleur, ils essaient divers remèdes, Mais quels remèdes 1 des plantes prises au hasard , pilées, ensemble avec des substances nuisibles ou inertes,- comme des hdloihuries , qu'on laisse fermenter. plusieurs jours,. et. (font on rpcouvre les plaies. A cette irritation mécanique se joint celle desherbes malfaisantes, lorsqu’il en entre dans, le mélange, comme-j’ai eu occasion de le voix une fois. , . , .... „

» l es femmes en- général , avons- nous dit, Sont bien moins souvent ■ atteintes de cette lèpre. ulcéreuse : sur un grand nombre d'individus , a peine en avons- uoüs-trouvé deux pu trois, encore étoient-plles avancées en âge. Chez une' d’elles j les ulcères , quoique anciens, av.oient fait peu de progrès, et même s’étoient cicatrisés pendant un certain temps, puis s’étoient rouverts; mais la suppuration avoit fini par Se rétabljr ensuite. Appelé -apprès d'une vieille femme dont, les genoux, étojent criblés de petits ukjcres qui occupoient. toute la partie supérieu/e de l’articulation-, je ne voulus pas, en me retirant sansrieh ordonner, lui foire sentit que sa position étoît désespérée; je lui recppnpandai donc ua repos absolu, et fis mettre, sur les "plaies du cérat JaiLavec de l’huile de coco. Av boût de huit jours ies.gqnoux ailoient beaucoup mieux, la suppuration étoît. devenue moins abondante, en sorte qnè la malade espéroit de. guérit sous peu de temps. Je dis ce que j’en pçnsois-à ses pareils, auxquels -je fis entendre qu’ils aypient eux-mêmes aggravé -le mal par des remèdes appliques inconsidérément, et que.ceux que jp verrais d’ordonner l'a voient rétabli dans son état le plus simple.* - r

». C’ejt à cela que se bornoit notre pouvoir.; en vpin eussions - nous voulu;. essayer, quelques moyens de guér/son. Quand- on ne fait que passer dans un pays où diyers genres de travaux partagent toute votre, attention , peut -og tenter ^e combattre une maladie qui , en ; Europe et- dans les Antilles , est presque reconnue sans remède;..et qui demande à être longtemps étudiée dans toutes se* modifications? Aussi éprouvions-nous une peine -seçrète «.lu vue de tant de malheureux pleins de confiance dans les moyens iunocens, mais inactifs , que nous leur prescriviorts, et s’e'n

Diûitized.

LIVRE III. — Dfe Timor aux Mari/CHnes inclusivement, tpi allant avec l’espoir d’un prompt 'soulagement. Bientôt, déçus de leur nnlWnnn. .espérance, ils, auront dit-: « La médecine des Européens n’est pas plus 'Dé rhomrnr

' . s . ' «mr* indu Nu

efficace que celle de nos peres ; retournons a celle-cu •

Mal de Saint- Lazare, — « Nous procédons par degrés, én faisant, d’après leur intensité, l'éouipcration des diverses espèces de lèpre qui affligent les habitans de Gsathi. 'Ainsi , une peau écailleuse comme celle d’fin serpent ou plutôt d’un pois’son, inspire- moins de dégoût e» de pitié que les boutons lépreux qui, déjà repoussons par eux - fnêm'es , donnent naissance à des ulcères plus repoussons encore. Mais lorsqu’on afriv c au dernier [Période du pian; ou mal de Saint-Lazare-, il finit être habitué à' obseryer les infirmités • humaines pour'ne pas reculer d’effroi devant ses horribles ravages: De s hommes' sans, fiez , sans oreille?, -dont la hojlche; réduite à moitié de ses 'proportions naturelles, ne présente plus qu’un rond tout plissé; d’autres- qurn’ont plus de pied*, ét donr’les mains*, privées totalement otl en partie des phalanges dès doigts, n’oflrent que- des moignons* informes ; d’autres, au 'contraire , qui ont lés oreilles déchiquetées et surchargée! dé gros .tubercules charnus , oq dont le nez , dépouillé de sa partie osseuse, s’est arrondi en boule au milieu du visage; quelques-uns ' enfin qui , n’ayant pour ainsi -dire plus lorme humaine , t semblent, offrir le t)pç dit dernier échelon de la dégradation physique de l'homme-: tel .est Chorrible et déplorable spectacle que l’intérêt de. la science nous a donné le "courage de contempler. •(T'qycj.pl. 76. ) '

■ « Cè mal , répandu dans la zone torride, è'Lrma, à Mexico, dans les Antilles, àCayerme, n’est-poirit, dit-on , Inconnu eh- Espagne ; pâr-tout, malgré les cncourqgèmens qu’o(Jt -donnés les gouvementens 'pour la ‘recherche des moyens: curatifs, il Ait le désesp&hr des médecins.; Négfî- * géant donc les caractères généraux sous lesquels il se présente dans cet : différente^ contrées , /nous .nO us Bornerons à décrire *te qu'il offre de particulier aux Mariannès; • . 1 ’ -

. >• Le tissu celhdltre commence toûjoür» par être affecté, circonstance qui s’annonce long-temps avant le développement de la maladie par une certaine dureté de cet organe, nue tension et en aspect qui lui est propre.

Ces' sinistres arvant-coureurs se nttni (estent sur tout eux pommettes qui prennent plus de volume , et aux environs des narines , qui, naturelle- ,

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