‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 136 sur 355 · PL IL · texte numérisé non relu

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C. Les ventouses vues de face; D. , les mêmes vues de profil.

Lichtenstein distinguait par le nom d'onychoteuthrs des céphalopodes , que M. Lesueur nommait presque en même temps

Voyage de la Coquille. — Z. Tom. II, Part. 1. 31

onychia, et que M. de Blainville appelait calnars à griffes. Ce genre sest rapidement accru, de manière qu'on en connaît aujourd'hui douze espèces; mais tout porte à croire que plusieurs de ces espèces sont purement nominales. Nous ne voyons pas du moins de véritables différences autres que celles de la taille entre les onychoteuthis Banksu , leptura et Smithü, de la planche XVIIT, fig. 2, 3 et 4 du voyage de Tuckey au Zaire. L'onychoteuthe que nous avions communiqué à M. de Férussac, et qu'il a bien voulu désigner par notre nom dans son tableau imprimé des céphalopodes, a beaucoup de rapports avec celui que M. Reynaud a découvert dans l'océan Atlantique, etque nous avons figuré et décrit dans notre Centurie, pl. XVII et page 61, en lui conservant le nom que ce jeune médecin lui avait imposé’. Long de 5 pouces et demi, sans y comprendre les bras, l'orychoteuthis Lessonii a le sommet du manteau libre, taillé en pointe sur la ligne dorsale qui est trèsmarquée. Son corps est cylindrique dans ses deux tiers antérieurs, mais au tiers postérieur il se rétrécit , devient aigu. Les deux nageoires qui le terminent forment un triangle assez

régulier, dont la base est supérieure et le sommet aigu. Ces

1 L'onychoteuthis Fleuryi (du nom de M. Fleury, médecin en chef de la marine

guiculés offrent

près de 3 pouces. Son corps se termine en pointe graduellement amincie, et les

au port de Toulon) a le corps long de 5 pouces environ , et ses bras on

nageoires qui le terminent sont larges, hautes de près de 3 pouces, à lobe latéral arrondi et à bord un peu échancré vers la pointe. Les bras ordinaires sont épais, bordés d’un repli membraneux. Les trois ventouses des deux moyens sont disposées sur deux rangs. Les deux longs bras sont arrondis, élargis à leur extrémité qui supporte des ongles recourbés forts et de couleur verdâtre. Ces bras sont blancs, piquetés de roux. Les deux moyens sont entièrement blancs, et les six autres sont d’un fauve marron foncé, avec des points marron, et une teinte blanche. Les yeux sont amples, d’un bleu de ciel pur; dans leur intervalle brille une teinte violette métallisée trèséclatante. Tout le corps est fauve marron, ponctué de marron foncé et marqué de

taches blanches, fauves et brunâtres. Ce céphalopode habite locéan Atlantique.

ZOOLOGIE. 243 nageoires sont blanches, tachetées de marbrures rouges et violettes. Le corps est blanc pourpré en dessus, ponctué de violâtre foncé. La tête est globuleuse, forte, garnie sur les c6tés de larges yeux noirs, cerclés de rouge brun. Elle s'amincit pour former une sorte de cou, dont la surface est garnie de plis réguliers et longitudinaux. Le dessus de la tête est d’un pourpre violätre assez intense. Les bras sont un peu inégaux en longueur et en épaisseur. Les deux supérieurs sont minces, aigus. Fous sont blancs picotés de pourpre. Leurs ventouses sont petites, accolées sur deux rangs au bord interne. La membrane qui les unit à leur base n'a qu'un mince repli. Les deux longs bras naissent à côté de deux antérieurs qui sont les plus gros, et ces bras parfaitement nus et cylindriques, ont le double de la longueur des précédents; ils n'ont pas de renflements, et semblent être brusquement tronqués à leur sommet. Près de leur terminaison au bord interne, sont implantés sur deux rangs six à sept crochets onguiculés et recourbés en hamecon. Les premiers sont peu apparents, tandis que le dernier est assez robuste, mais on ne découvre point de ces petites ventouses qui forment un amas au-dessous des crochets de plusieurs espèces. Les bras sont blancs et vergetés de violâtre. Le bec corné est noir, médian.

Cet onychoteuthe est excessivement abondant entre les tropiques dans le grand Océan équinoxial, dans ce vaste espace de mer qui sépare le Pérou des iles de la Société. C'est la nourriture habituelle des pailles-en-queue ou phaëtons. Lorsque la mer était grosse, les vagues qui déferlaient à bord de la Coquille, en jetaient de vivants sur le pont du navire. Notre dessin a été fait sur nature.

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