SÉPIOTEUTHE DE LESSON
Sepioteuthis Lessontana, ne Férussac, Tableau des céphatl.,
pr05 GPU #2 4n)
Sepioteuthis papuensis, Less., MS. de l'expédition.
À, l'animal vu en dessous; B, son rudiment corné interne; C, son bec corné vu sous
plusieurs aspects ; D, les ventouses vues en dessus; E, les mêmes vues de 3/4.
M. de Blainville nomma d'abord calmar-seiche un céphalopode dont il a fait plus tard le type de son genre seproteuthus, et qu'il avait décrit en mars 1823, dans le Journal de physique, sous le nom de loligo sepioidea. M. Cuvier adopta ce genre, et M. de Férussac a nommé seproteuthis Blainvilliana Yespèce premièrement connue, qui provenait des mers des Antilles. La ges de la Nou-
velle-Guinée ; on la trouve mentionnée par M. de Férussac sous
seconde espèce fut rapportée par nous des riva
le nom de Lessontana. Enfin, M. Leuckart a figuré et décrit, en 1828, dans le voyage de Ruppell, une troisième espèce qu'il a nommée chondrosepia loliginiformis, pl. VI (de yéy3cos, carülage, et de cnriu, sèche). Or, le nom de chondrosepia doit être supprimé, puisqu'il fait double emploi avec celui de septoteuthis.
Les caractères des sépioteuthes sont assez distincts, et les trois espèces que ce nouveau genre comprend ne different entre elles que par des détails peu importants. Ainsi leur squelette est une lame cornée, fragile, composée d'une tige épaisse et arrondie qui s'amincit successivement et se termine d'une manière capillaire. Cette tige est garnie sur ses cotés de deux lames d’abord peu apparentes, qui se dilatent, s'arrondissent, sue lancéolée en s’unis-
sant à la pointe, qui est chaiguë. Le corps est en haut à bord
et présentent l'aspect d’une feuille oblon
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libre , sacciforme, et garni latéralement et dans toute son étendue, à quelques lignes du rebord supérieur, d’une nageoire large et convexe qui s’unit en bas à la précédente, en donnant aux sépioteuthes une forme ovalaire et dilatée. Leur tête est épaisse et renflée. Leurs yeux sont arrondis et très-grands. Leur cornée est très-convexe; un cou rétréci sépare cette partie du rebord libre du sac. Les huit bras courts sont presque égaux, peu longs, épais, pointus, garnis de deux rangs de ventouses. Les deux grands bras sont cylindriques, lisses, dilatés à leur sommet en une palette oblongue, renflée en dessus, aplatie en dedans et recouverte sur cette face de ventouses serrées ; pressées, formant quatre rangées. Ces ventouses sont garnies à leur bord d'un bourrelet. Leur forme est celle d'un godet creux, strié sur sa face concave, convexe en arrière, et porté sur un court pédoncule. Leur bec est corné, composé de deux mandibules lisses, à sommet aigu. Leurs œufs sont membraneux, oblongs et sessiles. Les trois espèces connues vivent dans les mers équatoriales ; l'une sur les côtes de la Martinique, la seconde dans les havres de la Nouvelle-Guinée , et la troisième a été trouvée par M. Ruppell dans la mer Rouge.
Notre sépioteuthe, peint de grandeur naturelle, a le corps long de 3 pouces et demi, la tête de 20 lignes, les petits bras de 18 lignes, et les grands de 4 pouces et demi. Ses mandibules
sont jaunes à pointes noires. Le corps, les bras, sont rouge vineux
$ ponctué de pourpre noir intense. Cette dernière teinte domine sur le dos et sur la tête. Les nageoires du sépioteuthe Blainville sont plus grandes, plus ovalaires qu'à notre espèce, puis elles s'unissent et se soudent intimement à leur base, tandis que les nageoires de celle qui nous occupe forment à leur union une échancrure assez marquée. Elle se distingue du wrrbellose thiere de M. Leuckart, parce que cette dernière a ses nageoires laté-
rales très-courtes le long du tiers supérieur du corps. Le dessin
la représente en outre d'un rouge rose à peine ponctué de violâtre. Il est vrai que c'est par la face inférieure qu'elle est vue, et que cette face est toujours de teinte plus claire chez toutes les espèces.
C'est dans le havre de Doréry que nous rencontrâmes ce céphalopode, sur les mœurs duquel nous ne possédons aucun détail.
Ve
Nous avons déposé au Muséum quelques autres espèces de céphalopodes, entre autres un poulpe grisàtre du genre octopus des côtes du Pérou, un calmar pris dans l'océan Pacifique, sous l'équateur. Des tests vides de spirule/rautilus sptrula) couvraient la mer par les temps de calme, dans les Moluques et aux attérages de la Nouvelle-Guinée. Les argonautes papyracés sont abondants aux Moluques, de même que le Ayans de Solander, tandis que celui à grains de riz abonde dans le détroit de Bass. Nous ne vimes qu'une fois la carinaire passer près de notre vaisseau, alors mu par un rapide sillage pour entrer dans la rade d'Amboine, et les Hollandais nous dirent que ce rare et précieux mollusque se rencontrait volontiers sur les côtes de Saparoua et d'Haroko. Le nautilus pompilius est tellement abondant que sa coquille sert aux nègres du Port-Praslin, de la Nouvelle-Bretagne et de tous les archipels papous, d’escope pour vider l’eau de leurs pirogues : ses débris d’ailleurs jonchent les rivages.