BIPHORE DE FORSKAL
Salpa Forskalit, Less.
CRLMIN ae ne tr 2e ne)
Ce salpa a les plus grands rapports avec celui figuré planche XXX V, f. a., par Forskal, et copié dans la pl. LXXIV, f. ». de l'Encyclopédie, le sa/pa maxima de Linné, de Gmelin et de Shaw (Mise., t. 7, pl. 232). En lisant la description de Forskal, on voit quil s'agit évidemment de notre espèce ; mais la figure et le texte ne donnent qu'un seul appendice à l'extrémité nucléale, tandis que la notre a deux bras tentaculaires bien symétriques.
Ce salpa représenté de moitié grandeur naturelle atteint donc jusqu'à 11 et 12 pouces de longueur. Il est large et robuste dans son ampleur. Le nucléus est arrondi, coloré en rouge aurore, taché de brun très-foncé, et renfermé dans une sorte de tête cartilagineuse, dense , très-lisse et parfaitement hyaline. La tunique se compose de deux surfaces, l’une dorsale qui nait à la partie globuleuse renfermant le nucléus, et qui se continue jusqu'à l'extrémité opposée, en finissant ou
plutôt en concourant à former une longue pointe en cône déprimé et à arête centrale. La deuxième face du salpa pourrait être désignée par le nom de ventrale. Elle est beaucoup plus ample que la précédente, et s'ouvre au-dessous du nucléus par une large ouverture à deux lèvres rebordées, que surmontent en arrière et en s'attachant au-dessous et sur les côtés du nucléus, deux bras pointus à leur extrémité, membraneux, peu denses relativement à la solidité du prolongement conique opposé. Ces deux bras sont aplatis, longs de deux pouces. L'ouverture antinucléale n'est point terminale mais bien transversale, à lèvres un peu rebordées, et munies en dessous d’une sorte de petit sac conique, résultat de la terminaison de la face ventrale, et de son attache avec la base solide et conique de la portion dorsale. La cavité intérieure est donc ample et trèsdilatable, et nous trouvâmes renfermés dans plusieurs individus accolés l'un à l’autre par le cône anti-nucléal, un jeune salpa , long de 2 pouces, en tout semblable au salpa mère, et tenant à celle-ci par un cordon de vaisseaux passant par un trou ovalaire. Ces jeunes sortent du sein maternel par l'ouverture anti-nucléale, et sont rejetés tout vivants. Cette région ventrale est à sa surface hérissée d’éminences, et couverte de plissures et de rides, qui ont sans doute pour but d'aider à sa dilatation. La face dorsale est plus dense, plus solide, plus lisse. La trachée est verticale et colorée en rose. Le cœur situé sous le nucléus donne naissance à un large vaisseau qui court parallèlement au ruban branchial et qui revient en côtoyant ce dernier.
Ce mollusque est d’un blanc hyalin, mais tout son parenchyme est strié de vaisseaux d'une grande ténuité, et anastomosés entre eux et colorés en rose tendre.
C'est dans la première quinzaine de mars, que nous le rencontrames dans la Méditerranée au voisinage du cap de Palos
principalement, en assez grand nombre, tantôt accouplé, tantôt isolé. Ses mouvements étaient vifs et brusques, et d'une
assez grande énergie.