‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 19 sur 355 · PÉLAMIDE BICOLORE · texte numérisé non relu

PÉLAMIDE BICOLORE

Hydrus bicolor, Scux.

Ce serpent bien connu, puisque Linné l'a décrit sous le nom d'angurs platurus , et qu'on en trouve des figures dans Séba (t. 2, pl. 77, f 2), dans Russel (Cor., pl. 41) qui le nomme nalla wahlagilli-pam en le regardant comme venimeux suivant l'opinion des pécheurs de Vizagapatam, aurait cependant besoin de quelques détails précis qui manquent encore à son histoire. Nous ne pouvons qu'appeler l'attention sur lui, en engageant les voyageurs futurs à tenter des expériences sur son venin que l'on dit mortifère, tandis que nous avons quelque raison de croire que la pélamide n'est point venimeuse. Du moins nous n'avons jamais pu réussir à faire mordre des poules que nous renfermames dans une baignoire en cuivre avec une pélamide vivante que nous primes en mer. M. Cuvier lui a trouvé les crochets et la glande toxique organisés comme chez les hydres.

Le 17 juillet 1824, par une journée brülante, nous fumes pris de calme sur les côtes de la Nouvelle-Guinée. De nombreux serpents marins passèrent le long de la corvette la Coquille, et une embarcation que le capitaine fit mettre à la mer nous permit de les chasser. Nous atteignimes après de longues poursuites une pélamide bicolore longue de 2 pieds 3 à 4 pouces, dontl'agilité était extrème et les mouvements de natation des plus rapides. Mais son corps au lieu d'être arrondi, se terminait en carêne aiguë sous le ventre, ce qui lui donnait la forme d’un triangle et une grande facilité pour la natation. La tête de ce repüle est courte, obtuse relativement au corps qui est légèrement renflé et dilaté au milieu, et que termine une queue aplatie,

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robuste quoique comprimée, élargie en pelle d’aviron et obtusement anguleuse au sommet. Des plaques minces recouvrent le dessus de la tête, mais tout le corps est revêtu partout en dessus comme en dessous d’écailles très-petites, polygonales, arrondies, peu discernables dans l'état de vie, parce qu'elles sont enveloppées par un fourreau épidermoïque assez épais et assez dense. Les dents sont courtes et régulièrement rangées sur les deux maxillaires, et deux forts crochets sont implantés dans la voute palatine. Les yeux sont petits, verdatres. Le dessus de la tête et du corps est d'un noir-bleu profond et luisant que relève une étroite bandelette jaune d'or, qui part de l'oreille et qui règne sur les flancs. La mâchoire inférieure et tout le dessous du corps est d’un olive foncé tirant sur le roussätre. La queue est noire , mais traversée sur chaque côté par une raie jaune d’or zigzaguée.

Poussée par un bon vent, la corvette la Coquille rencontra dans la journée du lendemain une grande quantité de ces reptiles que nous nous bornâmes à regarder du vaisseau.

Les Malais lui donnent le nom d'ular eyer ou serpent d’eau. On en trouve une très-exacte description dans Daudin, t. Vif,

p. 366 et pl. 89.

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