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Formule : écailles ventrales entières 190; anales, 2; caudales entières, D,
et latérales, 48-48.
Ce serpent n'est point un véritable acanthophis , puisque sa queue ne se termine point en un crochet onguiculé. On devrait
le ranger dans le genre #rimerèsure de Lacépède, mais cependant par tous ses autres caractères il ne diffère point des reptiles nommés serpents à queue epineuse. Très-répandu à la Nouvelle-Galles du Sud, les colons le redoutent par les blessures mortelles qu'il occasionne, et le connaissent sous le nom de serpent notr, black snake. I parait que c’est la même espèce que Leach à figurée dans ses Miscellany (t. 1, 1814), pl. IE, sous le nom d'acanthophis Browniri, en lui donnant pour synonyme le boa ambigua de Brown. La description de l'auteur anglais est ainsi conçue : «A. nigricans, labio inferiore albido , superiore « anticè transversim impresso. Cauda subabruptè corpore angus- « tiore apice lateraliter compresso. Hab. in Australasia. »
Le genre acanthophis a été créé par Daudin. Merrem (1820) changea son nom en celui d'ophryas, en lui donnant les caractères suivants : Æbdominis scuta integra. Cauda teres, apice hamato , subtus scutis integris et divisis; caput scutis novem, occtpitalibus parvis, superciliaribus cristæformibus. Focea antè ocuios nulla. Calcaria ad anum nulla. Dentes solidi in palato tantum et maxtlla inferiore; tela sola in maxilla superiore. La seule espèce citée par Merrem est l’ophryas acanthophis ou V'acanthophis cerastinus de Daudin, pl. LXVIT, t. V de ses reptiles, espècetype la plus anciennement connue.
L'acanthophis bourreau représenté dans notre planche avait 2 pieds 9 pouces de longueur totale; mais il n’est pas rare d’en rencontrer qui aient des dimensions plus considérables. Aminci vers la tête, le corps s'arrondit et conserve sa circonférence jusque vers l'anus où il diminue graduellement pour se continuer en une queue proportionnellement peu allongée et trèsaiguë à son sommet. La tête est peu renflée, peu large aux branches du maxillaire; courte et obtuse, elle se continue avec le cou sans étranglement. Elle est recouverte d’écailles lisses, élargies, au nombre de 13, et qui s'étendent jusqu’à l'occiput.
ZOOLOGIE. 57 Les narines, percées à la partie antérieure du museau, sont larges, ovalaires et ouvertes. Les dents du maxillaire inférieur oées Sur
ses branches. Les quatre crochets à venin sont petits, très-ai-
sont nombreuses, petites, aiguës, et régulièrement ran
gus, implantés sur un renflement glanduleux de la voute palaune, et au nombre de deux de chaque côté. La langue, mince et peu longue, est divisée en deux lanières à la pointe. Les yeux sont petits, sans rebords orbitaires, et saillants.
Les écailles de la partie supérieure et des côtés du corps sont toutes de la même dimension. Elles sont régulièrement imbriquées, minces, oblongues, libres et obtuses ; toutefois celles des flancs forment deux rangées d'écailles aussi larges que longues, et imitant des sortes d'hexagones. A partir du menton, tout le dessous du corps, jusqu'à l'anus, est couvert de plaques ventrales minces, étroites, entières, au nombre de 190. La rangée qui est au-dessus de l'anus et celle qui est au-dessous se composent chacune de deux doubles écailles, tandis que celles de la partie inférieure de la queue sont au nombre de cinq, entières, et de 48 de chaque côté ou de 96 sous-caudales.
Ce serpent est remarquable par sa vive coloration. Un bleu noir velours règne sur toute la partie supérieure du corps; un rose foncé en rouge mélangé de noir nait derrière les mâchoires et sétend le long des flancs jusqu'à l'anus. Un jaune trèspale teint le dessous du corps; mais un cercle brun occupe le bord inférieur de chaque plaque ventrale. La tête et la queue sont uniformément bleu noir.
L'Acanthophis bourreau est très-redouté au Port-Jackson , et sa morsure a souvent fait périr des Convicts en moins d'un quart d'heure, s'il faut s'en rapporter au dire des habitants. Il est trèscommun dans les petits bois et dans les sables de bruyère qui entourent la plage de Botany-Bay, où nous en avons fréquem-
ment rencontré dans nos courses d'histoire naturelle. Ses mou- Voyage de la Coquille. — Z. Tom. 11, Partie I. 8
vements sont pleins de force et de vigueur, son agilité remarquable, et il se défend avec hardiesse lorsqu'il est poursuivi.