‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 287 sur 355 · CONCHOLÉPAS DU PÉROU · texte numérisé non relu

CONCHOLÉPAS DU PÉROU

Concholepas peruvianus, Lamx.,t. VIE, p. 253.

Le concholépas est bien voisin comme genre des pourpres, dont il ne se distingue en effet que par la direction de la spire, qui est déjetée en arrière et sur le côté gauche, sous le bord même qui continue la columelle.

Tout porte à croire que dans ce genre, qu'il serait possible de réunir aux pourpres de Bruguière (purpura) comme sous-genre, on devra admettre deux espèces bien distinctes par les lamelles dont se hérisse le test de l'une et par la surface à peu près lisse de l’autre. La première est des mers équatoriales et vit sur les côtes du Pérou; la seconde est robuste, massive, et habite les parages refroidis du Chili, et s'avance le long des côtes de la Patagonie. ?

C'est du concholépas du Pérou et de son animal dont il sera question dans cet article.

La tête du concholépas est courte, confondue avec le corps. Au-dessous de deux tentacules réunis à leur base et semi-cylindriques, sont placés les yeux sur un renflement de leur bord externe et vers le milieu de leur longueur. Ces tentacules finissent en pointe subconique. En dehors du tentacule droit, est

Te

ho/ VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

placé l'organe excitateur, qui est mince, arrondi, et gréle à son extrémité. La bouche s'ouvre à la base même des deux tentacules et consiste en un trou arrondi, surmontant un petit tubercule. Au-dessous de la bouche est une dépression étroite, disposée en chevron et répondant à une dépression triangulaire du pied. Celui-ci est épais, charnu, échancré en devant, aplati dans le reste de son étendue, traversé longitudinalement par un sillon et par des rides nombreuses sur les côtés, et se relevant à l'extrémité postérieure pour donner attache à l'opercule. Celui-ci est ovalaire-oblong , corné, très-petit, et strié sur les bords. La surface qui le supporte présente au milieu une fossette creuse pour recevoir une saillie. Un sillon assez profond isole cet opercule du repli tout-à-fait terminal du pied.

Les côtés du corps sont lisses, très-charnus, épais, recouverts en partie par un muscle circulaire, mince, lisse, enveloppant l'animal comme un manteau, et présentant un double repli formant un siphon exsertile. Ce siphon, court, échancré à son extrémité hibre, communique de l'autre avec l'appareil respiratoire. Celui-ci est supérieur et antérieur, et se compose de branchies pectinées partant d’un canal contourné et formant un paquet qui repose en avant sur le tube digestif. Ce dernier occupe une large concavité du corps, concavité bordée en devant par un épais renflement que recouvrent les branchies. L'anus parait s'ouvrir dans la fente en chevron placée en avant du pied. Ce mollusque est jaunâtre.

La coquille du concholépas est épaisse, très-solide, irrégulierement ovalaire, bombée, obliquement spirale, à sommet en onglet recourbé à gauche et dépassé par le bord droit qui est convexe, tandis que Île gauche est déprimé. Ce bord gauche est en entier formé par une columelle aplatie, lisse, arrondie en dedans; l'ouverture est aussi grande que la coquille, profonde et en voüte dans le sens de l'onglet, creusée d'un fort

ZOOLOGIE. : 405 sillon sur le côté gauche, sillon qui entame le bord, et qui sert à loger le siphon. La lèvre droite est denticulée et marquée en avant de deux dents longues et fortes.

Cette coquille est en dessus brun rougeûtre, avec de fortes côtes rayonnantes horizontales, à partir du sommet recourbé. Ces côtes sont rayées dans le sens vertical par des sillons larges, irréculièrement creux, et dont les bords sont lamelleux, et le fond finement strié de lignes creuses et serrées. L'intérieur est nacré blanc bleuâire, et rouge vif sur les bords.

L'individu que nous décrivons avait 20 lignes de longueur, 15 de largeur et 8 de hauteur. Mais il y en a des individus qui ont trois fois ces dimensions.

Le concholépas dont nous avons, le premier, envoyé le mollusque en France (1823), adhère aux roches des côtes, et se trouve assez fréquemment sur les rivages de l'ile de San-Lorenzo. Mais celui du Chili est si commun dans la baie de Talcahuano, qu'on rencontre des tas énormes de son test que les habitants utilisent pour faire la chaux nécessitée ar leurs constructions.

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