‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 30 sur 355 · ROUSSETTE FERRUGINEUSE · texte numérisé non relu

ROUSSETTE FERRUGINEUSE

Scyllium ferrugineum , Less.

Koumoune , dans la langue des naturels de Waigiou. Kalouyon , dans le dialecte malais des Guébéens.

Cette roussette fauve-ferrugineux sur le corps et sur les flancs, blanche en dessous, mais d'un blanc légèrement rosé, est sans

taches. Les dimensions du corps sont de 3 pieds 4 pouces, et celles de la queue de 14 pouces. Le corps au niveau des pectorales a o pouces de hauteur, et seulement 4 pouces 1/2 à la naissance de la queue. Sa tête est conique, courte, arrondie, bombée en dessus. La bouche est ouverte près du museau, et ses mâchoires sont garnies de dents triangulaires et dentelées. Les narines sont arrondies, percées en dessous du museau. A leur bord externe nait un appendice charnu, cylindrique, pendant, libre, long d’un peu plus d'un pouce. À la commissure de la bouche sont accolés de chaque côté deux replis ou lobes membraneux, obovales et repliés. Les branchies s'ouvrent en 5 fentes étroites placés au-dessus et en avant des pectorales. Les évents sont peu discernables, et se trouvent percés près de l'extrémité du museau. Le corps plus épais vers la tête, s’amincit successivement à mesure qu'on avance vers la queue. La première dorsale est triangulaire, large, peu haute, un peu aiguë seulement à son sommet , et placée un peu au-delà de la moitié du corps. La deuxième dorsale plus petite est deltoïdale, aiguë. La caudale est verticale, ample, élevée, bordée d’un large repli membraneux, élargi à la base et arrondi au sommet. La pectorale est largement lobée à sa naissance, et se termine en pointe. La première ventrale est obquadrilatère , terminée en bas et en arrière par deux appendices cylindriques. La deuxième ventrale est lobée à sa naissance, et aiguë à son sommet.

Cette roussette a la peau peu rude, point d'épines; l'œil d’un blanc nacre. Elle n’est pas rare dans la rade du port Prashin à la Nouvelle-Irlande. Nous ignorons son nom dans la langue des nègres de cette grande ile. Les Papous de Waigiou nous la nommèrent koumoune , car nous la trouvàames tout aussi commune dans la vaste baie d'Offack de l'ile de Waigiou.

À la Nouvelle-frlande et à Waigiou, nous pèchàmes des cen-

taines de squales à ailerons noirs (squalus melanopterus, Q. et G.) dont les plus grands individus ne dépassèrent jamais 3 pieds de longueur totale. Ce cartilagineux , remarquable par sa teinte fauve-rougeatre et le noir vif de l'extrémité de toutes ses nageoires, ne diffère point de couleurs suivant que les individus sont males ou femelles. Celles-ci nous offrirent souvent deux petits vivants dans les ovaires, et en incisant ces organes, ces jeunes poissons impressionnés par la pesanteur de l'air atmosphérique s'agitaient avec une rare violence, et un trou arrondi percé entre les deux pectorales, s'ouvrait immédiatement par suite de ces mouvements désordonnés , et jetait une telle quanores

$ du port Praslin nomment bakouëé ce squale à ailerons noirs.

tité de sang que la mort s'ensuivait presque aussitôt. Les ne

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