‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 326 sur 355 · POLYZOA RAQUETTE DE MER · texte numérisé non relu

POLYZOA RAQUETTE DE MER

Polyzoa opuntia, Less.

Cet ascidien composé est des plus remarquables par la forme du parenchyme dans lequel sont engagés les animaux nombreux qui n'apparaissent que par leur extrémité antérieure, sélevant en mamelons coniques et arrondis sur la masse charnue commune à tous.

Le polyzoa se compose de corps ovalaires assez épais, aplatis sur les côtés, longs de près de 5 pouces et larges de 2, et dilatés à l'extrémité libre, amincis et arrondis à leurs sommets où s'attache un court pédoncule de forme cylindrique. Chaque corps isolé n'imite pas mal une articulation de raquette tuna.

Leur consistance est gélatineuse, un peu ferme, et leur surface est colorée en entier en rouge brun. Le pédicelle propre à chaque portion ovalaire-allongée s'articule sur un pédoncule commun qui recoit ainsi Jusqu'à près d'une vingtaine de ces masses foliacées, composant par leur ensemble un faisceau épais et serré.

Dans le parenchyme de chaque masse ovalaire et pédicellée sont logés les animaux. Ceux-ci sont excessivement nombreux, placés à une courte maïs égale distance les uns des autres, et n'apparaissant à l'extérieur que sous forme d'un petit mamelon conique, où s'ouvrent proche l’une de l’autre la bouche et l'anus. Ces mamelons sont d'un rouge brun beaucoup plus foncé que le parenchyme qui les supporte.

Chaque animal a au plus 3 lignes de longueur; il est de forme

cylindrique, étroit en devant, renflé en arrière. Les deux ouvertures antérieures sont arrondies; l’une tient au corps dont elle est séparée par un col étroit, l’autre est ouverte sur un pédoncule court, probosciforme. Les branchies entourent le foie et sont disposées en rayons horizontaux. Un appendice conique s'élève à l'extrémité et en avant du corps. Cet appendice est rouge de cinabre, ainsi que les deux ouvertures supérieures et les rayons des branchies. Le reste du corps est jaune. Des tubes filamenteux communiquent avec chaque animal, et se rendent tous vers la base du support de la masse commune. Cet ascidien composé parait habiter le fond de la grande baie de la Soledad , aux iles Malouines, d’où il est jeté sur les grèves par les vagues, dans les tourmentes si communes dans ces parages. Nous en rencontràmes, en novembre 1822, un volumineux paquet sur la rive méridionale du port Duperrey.

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