‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 37 sur 355 · ALUTÈRE DE BÉRARD · texte numérisé non relu

ALUTÈRE DE BÉRARD

Aluteres Berardi, Less.

CPE En)

Une ép.; 2° dorsale 47; anale bo; pectorale 13; caudale 12.

Cet alutère peint de grandeur naturelle a près de 9 pouces de longueur, sur un peu moins de 3 de hauteur. Son corps est peu épais, ovalaire, oblong , un peu convexe sous le corps, aminci vers la queue, à tête allongée et déprimée. La bouche est , garnie sur le maxillaire de dents fortes et coupantes. L'œil est grand, arrondi; l'ouverture branchiale

petite , terminale

étroite, oblique, médiocre, percée en avant de la pectorale et au-dessus de l'œil. Le dessus de la tête, au niveau de l'orbite, est surmonté d’une épine cylindrique , hérissonnée, solitaire. Les nageoires dorsale et anale sont médiocres , peu hautes, insérées au même niveau, et terminées ensemble à l'endroit où le corps s'amincit. La pectorale est courte, arrondie à son bord, et comme dentelée par l'allongement des rayons qui dépassent un peu la membrane. La queue est arrondie, plus haute que large, formée de 12 rayons épais et divisés à son sommet, dont le bord est comme crénelé. La peau de cet alutère est partout lisse, douce au toucher, et ses teintes sont tendres, imdécises, et n'ont rien de cette crudité de ton qu'il est si ordinaire de rencontrer sur les balistes. L'œil est jaune, et le corps entier est en dessus d'un fauve ferrugineux qui se dégrade sur les flancs, et passe au blanchâtre sous le corps. Mais à partir de l'œil et jusqu'à la naissance de la queue, les côtés sont semés de taches blanchàtres, arrondies, serrées les unes près des autres, et qui se dessinent avec régularité sur un fond roux brunûtre léger. Les naseoires sont minces, très-molles, rougeàtres du côté de leur

insertion , et jaunes à leur terminaison. La teinte rougeàtre est plus décidée sur la partie rétrécie du corps et sur la queue.

Cet alutère dont le nom est celui de M. Bérard, un des officiers de l’expédition, qui a beaucoup enrichi nos collections d'histoire naturelle, vit dans les mers qui baignent la Nouvelle- Guinée.

12. MONACANTHE A DEUX FILETS. Monacanthus bifilamentosus , Less.

CIAEANVA TE EENSEE

Une ép.; 2° dorsale 32 ; pectorale 13; ventrale 2 ép. et 10 anast.; anale 3r ; P:; 5 | 5 5 ;

caudale 12 anast.

Le monacanthe que nous avons figuré de grandeur naturelle est facile à reconnaitre par l'allongement et la grosseur du rayon supérieur de la nageoire caudale, rayon qui se bifurque et se prolonge au-delà de la queue sous forme de deux filets amincis et cylindriques.

Les monacanthes comme les alutères n'ont qu'une forte épine qui remplace la première dorsale; mais chez ces derniers l'épine est isolée, tandis qu'on voit celle des monacanthes garnie d’un repli membraneux qui l'unit au dos. Le bassin des balistes est renflé, couvert d'épines plus ou moins nombreuses, le plus ordinairement empilées les unes sur les autres, tandis que le bassin des monacanthes s'accroît considérablement, forme une sorte de long fanon épais et pendant, garni en avant d'épines robustes, où s'attache une membrane parcourue par des rayons mous et divisibles. La peau, enfin, diffère de celle des alutères qui est presque lisse, et ne se compose que de petits losanges rudes et convexes, tandis que ceux de la peau des balistes sont grands, et très-rugueux sur leur surface.

Le poisson que nous décrivons a un peu moins de 8 pouces en longueur , sur 3 pouces de hauteur de l’anus à la naissance de la deuxième dorsale. Son corps est médiocrement épais , et ses contours sont des plus irréguliers, en ce que le museau s'avance en forme de cône, et que le front est concave ; que les parties où s'insèrent les nageoires dorsale et anale sont renflées et un peu élevées; que le fanon formé par le prolongement du bassin est tres-long et très-ample.

Le museau est donc conique, obtus. Deux replis de la peau simulant des lèvres entourent les dents. Celles-ci sont fortes, coupantes et régulièrement enchàssées sur les maxillaires. Le front est légèrement concave, et le dessous de la tête est au contraire convexe ou oblique. L'œil est grand, argentin, parfai- ‘tement arrondi, et peu éloigné de la bouche. L'ouverture des branchies est étroite, ovalaire-oblongue et très-courte; elle est placée un peu au-dessus et en avant de la nageoire pectorale et directement au-dessous de l'œil. La pectorale est plus haute que large, flabellée, ou régulièrement arrondie à son bord libre. Le bout de chacun des 12 rayons simples qui la traversent, déborde un peu la membrane.

Sur la tête et verticalement au-dessus de l'œil, est implanté un aiguillon robuste, gros , renflé ou dilaté dans son tiers inférieur, convexe en avant et très-finement chagriné, et concave en arrière, et garni de 6 à 7 rugosités, où s'attache un repli membraneux, mince, échancré, et tendu entre le bord postérieur de cette épine et le dos. Les os du bassin au contraire placés en avant de la pectorale et sous le menton, donnent. naissance à deux gros aiguillons rugueux ou scabres, dont le premier est plus court que le second, et que déborde une membrane épaisse, tendue jusqu'à l'anus, et obovale à son bord dont la surface semble plissée, et dont l'intérieur est soutenu par 10 rayons gros à leur base, et divisés et séparés à leur sommet.

La deuxième dorsale, composée ainsi que l'anale de rayons simples dont la pointe sort de la membrane, de manière à ce que le bord de celle-ci semble festonné, est d’abord élevée, arrondie, puis elle s'abaisse et diminue graduellement de hauteur. L'anale est plus régulière en avant, et ne s'abaisse un peu que sur son bord terminal. Sur la partie postérieure du corps en avant de la queue existent deux rangées d'aiguillons. La premiere rangée en a 4, la seconde 3. Ces aiguillons sont très-crochus, très-acérés; leur pointe dirigée en avant repose sur un disque parfaitement arrondi et de nature cornée. La queue est ample, robuste, flabellée, et circulaire à son extrémité. Les 11 rayons qui la traversent sont très-épais, comme formés de deux rayons accolés et cylindriques, qui finissent vers le milieu de la queue pour se séparer en filaments simples et espacés. Le rayon du bord supérieur est arrondi, bifurqué ainsi que nous l'avons dit. Le premier filament ne tient à la caudale par un quart de son étendue, tout le reste étant libre, tandis que le second filament est soudé à la queue dans toute son étendue , et n'a de libre que l'extrémité qui la déborde.

D'un fauve violàtre et rougeatre , le corps du monacanthe a deux filets, est marqué de taches comme nuageuses et sans circonscription régulière, d'un brunâtre fauve que relèvent cà et là des maculatures plus claires. La peau de la tête est fortement chagrinée, celle du corps est à compartiments petits et réguliers. La pectorale est jaunâtre. La deuxième dorsale et l'anale sont jaune paille, tacheté de fauve violâtre , et marqueté de points formant des lignes régulières ou des guillochures d'un agréable effet. Les aiguillons latéraux sont jaunes. La queue à ses rayons orangés, puis jaunes , la membrane violätre clair, mais traversée par de grandes raies brunes, violacées , à teinte foncée. Des sortes de rubans amincis à leur extrémité et flexueux, colorés en jaune-doré et bordés de rouge, sont jetés près les

uns des autres, et s’alternent sur le bord même de la cau-

dale.

Nous primes ce poisson dans les mers des Moluques. 13. BALISTE DU GRAND-OCÉAN.

Balistes conspicillum.

CL IDC 1/4 g. n.)

Ikscharek, dans la langue des insulaires des Carolines.

Balistes conspicillum , Soux.; RenarD, Poiss. t. [, pl. XV, fig. 66.

Balistes americanus , G.; Lacér., Poëss. , t. VI, p. 74, édit. Desmarest ; SonneraAT, Journ. physiq., L HI, p. 445.

1" dorsale 3 épines; 2° dorsale 28 rayons; pectorale 14 ; anale 22;

caudale 12.

Bien que cette espèce ne soit pas rare dans les collections, bien qu'elle ait été décrite depuis long-temps, nous avons du en donner une figure exacte faite sur le frais, et rectifier plusieurs détails de son histoire.

C'esthien gratuitement que ce baliste est dit, dans l'Histoire des poissons de Lacépède, habiter les mers d'Amérique. Il est commun dans l'Océan Indien qui baigne les iles Maurice et de Bourbon, mais on le rencontre fréquemment surtout sur les côtes de la plupart des iles de l'Océanie, au milieu des archipels des Carolines, sur les rivages de la Nouvelle-Irlande et de la Nouvelle-Guinée. C'est T2 scharek ou le poisson scharek des Carolins de Famatam et de Fanadick.

Le baliste du Grand-Océan a été très-mal décrit par Lacépède, bien que cet auteur ait eu les notes fournies par Commerson ; mais C'est surtout par rapport à ses couleurs que les descriptions qui le concernent ont besoin d'être rectifiées.

Il atteint communément dans le développement de ses proportions jusqu'à r pied de longueur, suruneélévation de 5 pouces. Le corps est assez épais, convexe, et se présente sous forme d'un ovale allongé presque régulier, s'amincissant à la queue, et donnant au museau une coupe bombée et courte. La bouche est étroite, peu fendue, garnie de dents coupantes, serrées. L'œil très-distant est médiocre. L'ouverture branchiale s'ouvre en fente longue au-devant de la pectorale. Celle-ci est élargie et coupée à son bord postérieur. La première dorsale se compose de 3 épines dont l’antérieure est convexe, haute, rugueuse, et la troisième courte, petite, éloignée de la deuxième. La seconde dorsale est médiocrement élevée et régulière à son bord. Elle occupe la partie postérieure du dos, et s'arrête à une faible distance de la queue. L'anale aussi étroite, est légèrement arrondie à son bord. Le bassin est saillant, garni d'une tubérosité conique et hérissonnée, suivie de quelques épines peu apparentes. 3 rangées d'aiguillons arment les côtés de la queue. Ces aiguillons sont noirs et crochus au nombre de 5, 7, 8. La nageoire caudale est large, comme quadrilatère, et presque rectiligne ou très-peu arrondie à son bord terminal. 12 gros rayons la traversent et se divisent à son extrémité qui est sensiblement dentelée. Les écailles de ce baliste sont, comme toutes celles des poissons de ce genre, en losanges, soudées les unes aux autres, chagrinées sur leur surface, ponctuées et rudes.

Les couleurs des balistes sont en général d'une rare beauté. Celles de l'espèce que nous décrivons ne le cèdent à aucune autre. Telle est leur distribution : un liséré noir encadre les dents : une écharpe aurore entoure le museau, et se trouve bordée par une bande noir velours que relève une ligne légére orangée. Le front et les joues sont d’un noir fuligineux que circonserit en avant de l'œil une écharpe dilatée au sommet d'un vert pomme sinuolé de roussâtre, et qui s'étend de l'une à l’autre ouverture

Voyage de la Coquille. — Z. Tom. 11, Fartie I. 15

des branchies en traversant la tête. Le dessus du corps, du dos et des flancs est d’un noirätre mélangé de nuances diverses, telles que du noir, du vert glauque et du brun fuligineux, sur lequel se dessinent de nombreuses taches irrégulières, gris glacé très-fugace. La teinte verdatre domine sur le milieu des côtés. Mais la portion inférieure tout entière est d'un gris roussätre doux que relèvent de larges taches arrondies ovalaires, rapprochées, et d’un blanc de neige plein d'éclat. La nageoire pectorale est blonde, une ocelle gris glacé entourée de rouge ferrugineux marque sa base. La deuxième dorsale et l’anale sont blanches ; mais ras leur insertion au corps, une bandelette aurore en marque toute la longueur. Les aiguillons de la queue sont noirs sur un fond blanc et tacheté de ferrugineux. La queue est à sa base d'un noir velouté, verte à son milieu, mais dun vert qui passe à l'olive, puis elle devient brunâtre; un ruban blanc garnit son bord dans toute sa hauteur.

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