‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 38 sur 355 · BALISTE VIEILLE · texte numérisé non relu

BALISTE VIEILLE

Balistes vetula.

CET 2 Pr NS tn)

Balistes vetula, Ossecu ; Gu.; BLocn, pl. CL; LacÉPEDE, t. VI, p. 35, édit. Desmarest.

1° dorsale 3 ép. ; 2° dorsale 30 rayons; pectorale 14; ventrale 12; anale 22;

caudale 12.

Si la figure que Bloch a donnée du baliste-vieille est exacte quant aux formes, il n’en est pas de même quant aux couleurs, et on peut en dire autant de la description de Lacépède, description qui laisse beaucoup à désirer. Nous avons cru devoir reproduire un dessin que nous avions fait d'après nature de ce poisson remarquable, que nous vimes en grande abondance

ZOOLOGIE. 114 sur les rivages volcanisés de l’Ascension dans l'océan Atlantique.

La vieille, ainsi nommée, dit-on, de l'aspect décharné de ses dents, ou des rides qui sillonnent sa face, atteint communtément 12 à 15 pouces de longueur totale. Son corps assez épais et élevé est ovalaire, oblong, et s'avance un peu en eoin sur le devant de la tête, et s’amincit considérablement ras la queue. Son front est haut, bombé. Son œil est grand. Sa bouche, peu fendue, est garnie de dents fortes et coupantes. L'ouverture branchiale est en fissure longue, ouverte en avant de la pectorale. Celle-ci est médiocre, obarrondie à son bord libre; le bassin est très-proéminent, mais il est armé en devant d'une forte épine rugueuse , hérissonnée sur sa surface, et se tronve recouvert d'une rangée de 12 épines ou d'aiguillons engagés euxmêmes dans un repli membraneux, oblique et comme tronqué, formant une nageoire ventrale. La dorsale épineuse est composée de 3 aiguillons à membranes. Le premier est gros, trèsraboteux sur sa surface antérieure qui est convexe. Le troisième ou le plus court est distant du second. Les nageoires dorsale postérieure et anale s'unissent à peu près au même niveau audessus et au-dessous du corps. Leurs premiers rayons sont élevés, puis ils se raccourcissent successivement, et vont ainsi en s’abaissant jusqu'à leur terminaison, de manière à ce que leur bord est un peu échancré vers en haut. Les côtés de la queue sont sans arinures où sans aiguillons cornés, ainsi que cela se remarque chez beaucoup d'espèces. La queue est profondément taillée en croissant. Les 12 rayons qui la composent s'allongent beaucoup aux bords supérieur et inférieur , tandis que ceux du milieu sont presque rectilignes. Cette nageoire caudale est donc élevée, étroite à sa partie moyenne, et terminée en brins déliés en haut et en bas.

Les écailles qui revétent le derme de ce baliste sont en lo-

sanges régulières, grandes, ponctuées ou chagrinées dans leur milieu, et comme encadrées sur leurs bords.

Les couleurs de ce poisson immédiatement sa sortie de l'eau sont les suivantes: Une bandelette verdâtre entoure les dents. Un liséré jaune encadre les lèvres. Un demi-cercle violet va de la lèvre supérieure au menton qu'elle contourne. Deux bandes violettes traversent le museau et les joues, et vont se perdre en avant de la pectorale que la deuxième côtoie. Foutes les deux sont accompagnées dans leur trajet, et de chaque côté, par une bordure jaune-doré. Tout le dessous du museau est d'un orangé vif qui se dégrade, et passe au jaune de plus en plus affaibli jusque sous la pectorale. L'œil est vert-émeraude , à iris noir, et se trouve marqué de 9 points bleus donnant naissance euxmêmes à autant de lignes étroites d'un bleu indigo, et cotoyés de chaque côté par un ruban jaune verdatre. Ces lignes forment des rayons divergents autour de l'œil, trois se dirigent sur la

nuque , trois sur le sommet de la tête, et trois vers la nageoire

pectorale. L'intervalle de ces rayons est gris violâtre. Le dos est coloré en vert pré frais sur lequel apparaissent des sortes de bandelettes ferrugineuses de nuances fondues et fugaces. Les flancs sont d'un rose vif qui se dégrade en violätre , puis en bleuâtre sur le bord inférieur du corps. La partie rétrécie de la queue est cerclée de violet, puis de jaune, puis à son épatement de violet, et encore de jaune bordé de bleu. La caudale est bleuâtre ou bleu ardoisé, mais une bande jaune creux en occupe la partie moyenne. La première dorsale a ses épines brunâtres, la membrane qui les unit noirätre, mais marquée à son point d’adhérence avec les aiguillons par une raie bleue. La deuxième dorsale et l’anale sont d'un bleu azuré qui devient brunâtre, et puis cède la place à un jaune sale qui borde largement chaque membrane. La ventrale est brunâtre avec une teinte olivàtre. La pectorale est claire et légèrement violâtre.

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