STELLION DU PÉROU
Stellio peruvianus , Less.
CAN TEE)
Ce reptile auquel convient mal le nom de stellio peruwianus et d'uana bellicosa qu'il a recu dans nos considérations générales (p. 7), est cependant très-rapproché des iguanes, et devra indubitablement servir de type à une petite tribu de sauriens, séparée par ses caractères zoologiques des vraies zguana des auteurs.
Le corps de ce saurien a 3 pouces 10 lignes de longueur du bout du museau à l'anus; et la queue cylindrique et assez forte, graduellement atténuée, a près de 6 pouces. Les membres sont courts et robustes ; les antérieurs sont plus courts que les postérieurs. Les cinq doigts de devant sont courts, presque égaux, et ceux des pieds postérieurs sont étagés de manière à ce que le quatrième soit le plus allongé (10 lignes). Le pouce est aussi long que le médius et a 8 lignes, l'ongle compris. Ces doigts sont minces , grèles et tous ongulés.
La tête est courte, conique, garnie en dessus de plaques fort petites et régulières et qui ne dépassent pas la région oculaire. Celle-ci est surmontée d'une crête orbitaire saillante, couverte
ZOOLOGIE. 41 de lamelles régulières. Des écailles aréolées excessivement petites revétent la région auriculaire. Le méat de celle-ci est ouvert en fente verticale, hérissé de dentelures sur ses bords. Deux rangées de petites plaques garnissent les mächoires, dont les maxillaires en haut et en bas sont armés de dents grèles et régulières. La langue est épaisse, charnue , presque entière. De très-petites écailles réticulées cachent les branches du maxillaire inférieur, dont l'intervalle est en dessous occupé par une peau grenue, extensible, se prolongeant en une sorte de petit fanon pendant, à peine denticulé. Une créte peu saillante suit toute la ligne médiane du corps. Cette crête se compose d’écailles très-courtes qui sont plus distinctes sur l'occiput jusqu’au bas du cou, et qui sur le dos sont à peine visibles. Toutes les écailles du corps en dessus et sur les flancs sont aréolées, petites et peu apparentes. Celles du ventre sont plus granuleuses, plus élevées. Celles des membres et des doigts ressemblent aux écailles du dos. La queue à partir de sa naissance est couverte d’écailles ténues, pointues, comme imbriquées très-régulièrement par cercles étroits et mucronés. Il en résulte une disposition voisine de ce qu'on observe chez les stellions.
Le dessus de la tète est gris clair, mais un trait noir naït derrière l'œil et trois ou quatre autres occupent la joue. Le corps est en dessus gris-vineux tacheté de blanc et marqué de 6 à 7 barres noirätres qui descendent sur les côtés. La mâchoire inférieure et le dessous du cou sont d’un bleu noir foncé, que relèvent des bandelettes d’un noir vif et mat. Le ventre luimême est brun-bleuätre et strié de noir. La queue et les membres sont d'un gris-olivâtre , mais ces dernières parties sont tachetées de noirâtre.
Ce saurien se tient dans les lieux secs et stériles de la côte du Pérou ; nous le trouvämes communément sur les galets vo-
mis par la mer au pied de Callao, et sur la côte nue et desséchée Voyage de la Coquile. — Z. Tom. II, Partie I. 6
de Payta, courant au grand soleil avec une extrème rapidité et se défendant avec courage, lorsque poursuivi et sur le point d'être atteint, il avait la conscience du danger qui le menacait. Ce reptile en marchant a l'habitude de redresser la queue sur
son dos.