PI XXVI
C'est dans les profondes forêts de la Nouvelle-Guinée, si peu connues et si riches en animaux nouveaux, que vit le Mino de Dumont remarquable par son plumage. Gros et ramassé dans ses formes, il n'a que neuf pouces de longueur totale. Le bec a, lui seul, quinze lignes, et la queue n'a que deux pouces. Le bec est fort et robuste, de couleur jaune orangée. La membrane qui embrasse les branches de la mandibule inférieure et qui descend sur les parties latérales de la gorge, est jaunätre ; les côtés de la tête, du front à l'occiput, sont garnis d’unelarge peau nue, qui revêt la surface des joues, et qui est couverte de papilles vermiculées, égales , érectiles, d'un jaune orangé très-vif. Les plumes du front et des narines sont courtes, rigides, non veloutées, composées de petites houpettes, terminées par des tiges
raides. Les plumes du front et du sommet de la tête sont d’un vert noir luisant comme celles du cou, du dos, des couvertures des ailes, du ventre, des flancs et des jambes ; les premières sont blanches à leur racine, et les dernières sont grises.
Les plumes du cou sont pinnulées sur chaque barbe, et le rachis est terminé par un petit faisceau aplati et oblong. Au milieu de ces plumes, sur la gorge et sur les côtés, et derrière le cou, naissent un grand nombre de petites plumes éparses semblables à des poils, très-fines, très-simples et s'élargissant, à leur sommet, en une petite palette : elles sont blanches.
Les ailes et le dessus de la queue sont d’un brun verdâtre. Le croupion et les couvertures inférieures de la queue sont d’un blanc très-pur. Un miroir blanc, peu apparent lorsque les ailes sont fermées, occupe le milieu des cinq premieres rémiges, en commencant en dedans du rachis de la première. L'extrémité de celles-ci est brune, et leurs barbes extérieures sont comme échancrées ou coupées en biais vers le bout de l'aile. La queue ne dépasse les rémiges que de six lignes. Le ventre est d’une couleur verte bronzée comme le dos. Il présente à son milieu, entre les cuisses et jusqu'à la région anale, une large tache d'un jaune vif. Quelques petites plumes analogues à celles que nous avons mentionnées au cou, sont, cà et la, éparses sur l'abdomen : le dessous des pennes de la queue est brun. Les tarses sont longs et garnis de scutelles larges et minces. Le doigt du milieu est le plus long : il est uni, à sa base, avec l’externe qui est le plus court et le plus faible; les tarses, les doigts et les ongles sont d'un jaune très-vif.
Le mino de Dumont habite les alentours du havre Doréry à la Nouvelle-Guinée. Nous nous en procuràmes deux individus, l'un tué par M. Bérard, lieutenant de vaisseau, et l’autre par un de nos meilleurs marins, le nommé Valentin.
Nous avons dédié cet oiseau à M. Charles Dumont de Sainte-
Croix notre beau-père, connu par plusieurs ouvrages de jurisprudence, et auteur de la partie ornithologique du Dictiennaire des sciences naturelles publié par M. Levrault.