‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 55 sur 98 · LE PARADISIER ROUGE · texte numérisé non relu

LE PARADISIER ROUGE

Paradisæa rubra, Lacée.; Viezs. pl. IL; Levarez. pl. VE

(PL XX VIT FEemeLce. )

Le mâle de cet oiseau de paradis a été supérieurement figuré dans les belles planches de Levaillant, et se trouve décrit d'une manière complète dans les auteurs, de sorte que nous n'aurons ici qu'à nous occuper de la femelle, inconnue jusqu'aujourd'hui.

Les voyageurs n'avaient donné quelque attention qu'aux màles des oiseaux de paradis. Leurs dépouilles destinées à servir de parure ou à enrichir les cabinets des curieux , étaient les seules dont on recherchàt avec empressement la possession. Les femelles, dédaignées, n'étaient point parvenues en Europe, et Levaillant seul fit connaître celle du petit émeraude, dont nous rapportämes un grand nombre de dépouilles que l'on peut voir dans les galeries du Jardin du roi ou dans plusieurs collections d'amateurs à Paris.

Comme toutes les femelles des paradisiers, celle que nous décrivons est sans parure et sans vives couleurs, bien cependant que les teintes qui composent sa livrée soient assez douces pour flatter l'œil, et ne pas la faire dédaigner par ceux qu'attire seule l'élégance du plumage.

La femelle du paradisier rouge a douze pouces quatre lignes de longueur totale ; dans ces dimensions, la queue entre pour quatre pouces et demi. Les tarses ont dix-huit lignes, et sont garnis de larges scutelles en avant. Les doigts antérieurs sont gradués, moins robustes que le pouce, qui est terminé par un ongle fort et puissant, tandis que les antérieurs sont de moitié plus faibles. Les tarses sont bleus dans l’état de vie, tandis que le bec est plombé avec une teinte rougeûtre. Dans cette espèce, les narines ne sont point recouvertes par les plumes du front; elles sont placées dans une fossette large et basale.

Un masque d’un marron très-foncé et d'un aspect soyeux recouvre le front jusqu'au milieu de la tête, descend sur les joues, en enveloppant les yeux, et se termine en s'arrondissant au milieu et en devant du cou. L'occiput, le derrière du cou et le devant, au-dessous du masque marron, sont d'un jaune doré plus franc sur la tête, et qui se mêle sur le manteau et sur la poitrine avec le marron qui teint ces parties. Sur le dos toutefois se Joint une teinte jaune-orangée brillante, mais peu dessinée. Tout le dessus du corps, le dos, le croupion, les rémiges, les rectrices sont d'un marron franc à aspect séricéeux. Sur les épaules le marron est teint de jaune rougeätre. Tout le dessous du corps, le haut de la poitrine, les flancs, le bas-ventre, et même les couvertures inférieures , sont d'un marron ou chocolat plus clair que sur le dos et à aspect velouté. Les ailes sont marron en dedans, ainsi que l'est la queue en dessous. Elles ne s'étendent que jusqu'au tiers supérieur de celle-ci, qui est assez longue, égale, et composée de rectrices peu fermes.

C'est dans l'ile de Waigiou, qui fait partie du système des terres des Papous, que nous nous procurâmes la femelle du paradisier rouge. Nous en sommes redevables à M. Bérard, qui la tua sur les bords du havre d'Offack, et qui voulut bien en enrichir nos collections.

84 TRAQUET TURDOIDE.

Sazxicola merula, Less.

Ce Traquet est long de six pouces. Son bec est fort, rougeûtre. Les ailes s'étendent jusque vers le milieu de la queue. Le plumage en dessus est brunâtre, teinté de roussâtre, plus clair sur le croupion. Les rémiges sont brunes bordées de roux sur leurs barbes externes. Le devant de la gorge est blanchâtre, vermiculé de brunâtre; le devant du cou et la poitrine sont roux: le ventre, les flancs et le bas-ventre sont d'un roussâtre blond trèsclair. Les tarses sont blanchâtres.

Cet oiseau habite la Nouvelle-Irlande, aux environs du port Praslin.

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