‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 54 sur 98 · PI. XX VI (FEMELLE · texte numérisé non relu

PI. XX VI (FEMELLE

Le Manucode màle est un des oiseaux de paradis le plus anciennement connus et les plus beaux. Valentyn (t. IL, p.312), Knorr (Del. nat. t. Il, pl. V), Séba(t. I, pl. XXX VIEL, fig. 5 ), Buffon (Enl. CCCCXCVI ), l'Ornithologie de Florence, Daudin (Ornithologie, t. IT, pl. XIX), Levaillant (Par. pl. VIT, VII),

ZOOLOGTE. 659 ont publié l'histoire de cet oiseau, et l'ont accompagnée de portraits plus ou moins exacts.

Mais la femelle avait été jusqu’à ces dernières années complétement inconnue, et sa description faisait lacune dans l'histoire de cette magnifique et somptueuse espèce. Toutefois elle est venue prouver l'analogie de ses rapports avec les autres oiseaux de paradis, dont les mäles sont vêtus des plus brillantes parures, tandis que les femelles ont une livrée terne et sans éclat.

La femelle du manucode que nous avons fait graver dans la planche XX VI, a six pouces et demi de longueur totale. Son bec, de couleur roussätre, est légèrement comprimé sur les côtés, et élargi à la base. Les plumes du front s'avancent sur les fosses nasales et dérobent les narines. Les ailes s'étendent jusque vers le milieu de la queue; elles sont concaves et composées de rémiges assez larges. Les rectrices, au nombre de douze, sont égales, arrondies à leur extrémité, et peu consistantes. Les tarses sont longs d'un pouce, garnis de scutelles trèsminces peu apparentes. Les doigts antérieurs gradués, sont plus faibles que le pouce dont l’ongle est robuste. Les pieds sont en entier colorés en bleu-de-ciel tendre dans l’état de vie. Tout le plumage de cet oiseau est un marron-brun sale et jaunâtre disposé de la manière qui suit : la tête, le dos, les couvertures des ailes, et le croupion, sont d'un brun-roux-foncé uniforme. Les moyennes couvertures des ailes et les rémiges sont d'un rouxocreux vif, se changeant en brun sur les barbes internes de ces dernières. La queue, en dessous, est d'un roux brun à teinte égale, et d'un brun-jaune clair en dessous. Les joues et les côtés du cou sont roux-brun tacheté de jaune-roux. L'iris est brun. Tout le dessous du corps, depuis la gorge jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, est d'un jaune-roux finement rayé de brunâtre par raies rapprochées et régulières.

Cette femelle n'a point d'éclat, n’a point de parure: sa queue est régulière; en un mot, elle ressemble à un oiseau obscur et insignifiant; mais il s'attache à sa connaissance le haut intérét que la beauté et la rareté de son époux inspirent aux ornithologistes.

M. Roland, le maître canonnier de la corvette {a Coquille, qui nous a rendu tant de services par son adresse à la chasse, tua le mâle et la femelle du manucode qui ornent en ce moment les galeries du Muséum. Ces oiseaux, que les Papous des alentours du havre de Doréry nomment Saya , vivent par couples solitaires dans les forêts de la Nouvelle-Guinée, où ils recherchent les graines de teck et les figues d'amthou, espèce dont le nom botanique nous est inconnu.

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