‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 59 sur 98 · TROGLODYTE CHILIEN · texte numérisé non relu

TROGLODYTE CHILIEN

Troglodytes chilensis, Less.

Le quarexa, AzARA?

Ce Troglodyte est long de quatre pouces deux lignes. Son bec assez robuste, long de six lignes, est de couleur cornée. Ses tarses sont proportionnés et jaunätres; le plumage est en dessus d’un brun strié de roussâtre clair, tirant sur le blond roux sur le croupion. La gorge est blanchâtre; le devant du cou et le haut du thorax sont d’un roux blond agréable, et les flancs sont d’un roux assez vif; les ailes s'étendent jusqu'au milieu de la queue à-peu-près ; leurs rémiges sont d'un roux que relèvent des raies peu apparentes et par zones brunes. Les rectrices sont d'un roux encore plus décidé, et également traversées de raies assez larges brunes.

Ce Troglodyte habite le Chili, aux environs de la Concepcion.

g1° SYNALLAXE DE TUPINIER.

Synallaxis Tupiniert, Less.

(PL XXIX, fig. 1.)

Ce Synallaxe a les plus grands rapports avec le #horn-tailedwarbler que Latham à figuré pl. LIT de son Synopsis ornitholo-

gique, et qu'il indique comme provenant de la Terre-de-Feu. Tou- Voyage de la Coquille. —Z. Tome, Partie II. 84

tefois quelques différences, dues peut-être au sexe ou à l'âge, nous autorisent à décrire cette espèce en ces termes :

Le Synallaxe de Tupinier a cinq pouces six lignes de longueur totale ; son bec est grèle, effilé, de couleur cornée, ses tarses sont assez proportionnés et rougeûtres. Ce qui le distingue est la forme de ses rectrices qui sont longues, étagées, roides et graduées , et qui se terminent par une pointe aigué due au rétrécissement subit des barbes, qui sont longues sur le bord interne de la tige. Ces rectrices, dont les plus externes sont trèscourtes, sont au nombre de dix; elles sont colorées en marron fort vif et tachées de noir sur les moyennes en dessous. Le sommet de la tête est d’un noir profond. Une bandelette d'un roux doré part du front, surmonte les yeux et descend sur les côtés du cou; le dos, le manteau et les ailes, sont d’un roux noirâtre ; le croupion est d'un roux vif; la gorge, la poitrine, sont d'un gris clair; le ventre est gris un peu plus foncé; les ailes sont courtes et étroites ; elles sont brunes variées de roux clair, par raies assez larges, et œillées de blanc à la terminaison des petites rémiges.

Ce synallaxe habite la province de la Concepcion au Chili. Son nom rappelle celui d’un directeur du matériel de la marme, protecteur éclairé des voyages de cireumnavigation, qu'il favorise de tout son pouvoir, et dont il a beaucoup contribué à faire publier les résultats.

92° SITTELLE OTATARÉ.

Sitta otatare, Less.

(PI XXIIT, fig. 2.)

Cette Sittelle a sept pouces et demi de longueur totale, en y comprenant onze lignes pour le bec. Les ailes s'étendent jusque vers le milieu de la queue; le bec comprimé sur les côtés, aplati à sa base, est brun en dessus, jaune en dessous. Les tarses

sont plombés, garnis de scutelles élargies , et munies d'un ongle puissant au pouce. Tout le dessus du corps est brun mêlé de beaucoup de jaune pale, qui domine sur le dos et le croupion. Tout le dessous du corps est d’un jaune-serin uni. Les ailes sont variées de brun et dejaune clair, leursrémiges sont brunes terminées d’un rebord blanc et frangées d'olive sur leur bord externe; les rectrices sont légèrement étagées, brunes, terminées de blanc jaunâtre, et donnent à la queue une forme arrondie.

Cette Sittelle habite l'ile d'O-Taiti, où les naturels la nomment o-tataré.

93° ÉPIMAQUE ROYAL.

Epimachus regius, Less., pl. XX VIIE, ( male ).

Ptiloris paradisœus, Swainson, Zool. journ.

E. Corpore atro purpurascente ; capite pectoreque smaragdo virescentibus ; abdomine œris viride ; hypochondrium pennis longioribus nulles, (mas).

Les Epimaques, Æpimachus , voisins des promerops dont ils ne sont qu'un démembrement, appartiennent à l'ordre des passereaux et à la tribu des ténuirostres de la méthode de M. Cuvier. Les seules espèces admises jusqu'à ce jour dans ce genre sont le proméfil, le paradis multifil et l’épimaque royal ; les deux premiers, originaires des iles des Papous ; et le dernier, vivant dans les parties chaudes de la Nouvelle-Galles du Sud.

L'épimaque royal male a de dix à onze pouces de longueur totale, et le bec entre pour quinze lignes dans cette dimension, en le mesurant depuis les plumes du front jusqu'à la pointe, car il est largement fendu, et la commissure avance jusque sous les yeux. La couleur du bec, celle des tarses et des ongles est un noir mat. La queue est élargie, presque rectiligne et composée de dix rectrices. Les ailes sont courtes, concaves, la première

rémige très-courte, la deuxième plus longue, les cinquième, sixième, septième et huitième presque égales et les plus longues de toutes. Le dessus de la tête est revêtu de plumes écailleuses d'un vert bleuâtre d'acier irisé; une cravate triangulaire occupe le devant du cou et de la gorge, en formant un plastron de plumes écailleuses , brillantes et jouissant de tout l'éclat de l’émeraude, en prenant, sous les rayons lumineux, divers reflets chatoyants et métallisés. Ces plumes sont triangulaires, colorées en vert olive mat et comme frangées sur les bords, tandis que leur portion moyenne est à facettes et resplendissante. Le plumage du dos, des ailes, a la douceur du velours, et sa couleur noire intense en offre l'aspect et la nature séricéeuse, sous un certain jour, tandis que, différemment éclairé, il prend les teintes les plus suaves du velours noir-ponceau, passant au riche violet. Des plumes comme écailleuses recouvrent aussi l'abdomen ; elles sont plus fermes que celles du cou et de l’occiput, noires séricéeuses au centre, et frangées de cuivre de rosette et d'acier chatoyant.

La queue est courte, presque rectiligne , et les rectrices sont d'un vert-doré uniforme en dessus. Les tarses sont noirs, gar. nis de scutelles en avant et de lamelles réticulées en arrière. Les ongles qui terminent les doigts sont très-robustes, trèscrochus, comprimés sur les côtés et concaves en dessous. Celui du pouce est le plus puissant.

Le bec est légèrement fléchi dans sa longueur et très-comprimé sur les bords, et la commissure se déjette un peu en se recourbant en dessous. Les narines sont percées dans une membrane située dans une fossette que les plumes du front recouvrent en partie. [l est complètement noir.

La femelle de cette rare et belle espèce d'oiseau a dix pouces et demi de longueur totale. La queue entre pour trois pouces et demi dans cette dimension et dépasse les ailes de vingt lignes.

ZOOLOGTE. 669

Les plumes qui recouvrent la tête, depuis le front jusqu'à l'occiput et sur les joues, sont d'un gris brun, et chaque trèspetite plume est rayée en long d'un trait blanc. Un sourcil blanchâtre assez large se dessine derrière les yeux. Les petites plumes du tour des yeux et du rebord de la mandibule inférieure, et celles des jugulaires, sont blanchätres teintées de roux vif. Le dos, les couvertures des ailes, le croupion, sont d'un grisolivätre-brun uniforme; les rémiges et les rectrices, d'un fauve

brunâtre tirant au blond vif mais ferrugineux. Le rebord de

l'aile est varié de blanc et de brun, ainsi que le dessous. Les rémiges en dessous sont brunes près des tiges, et couleur rouille ou d'un blond doré sur leurs bords.

La gorge est blanchätre sans tache : le devant du cou, les côtés; le thorax, et toutes les parties inférieures jusqu'aux plumes tectrices de la queue en dessous, sont d'un gris teint de roux ; et, sur le milieu , se dessine en forme de V et souvent de fer de lance, un ruban fauve-noirâtre. Les plumes du bas-ventre sont seulement rayées en chevron de ce même trait noir.

Le bec et les pieds sont noirs.

Nous nous procurames un très-bel individu de l’épimaque royal à Sydney dans la Nouvelle-Galles du Sud. Il provenait de port Macquarie, et portait dans la colonie le nom vulgaire de riffle-man, pour rappeler que ce fut un soldat de la garnison qui le tua le premier. Depuis, M. le docteur Busseuil, chirurgienmajor de la frégate la Thétis, commandée par M. de Bougainville, en donna un deuxième individu au Muséum d'histoire naturelle, dans les galeries duquel on l'a déposé.

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