‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 61 sur 98 · LE FOURNIER FULIGINEUX · texte numérisé non relu

LE FOURNIER FULIGINEUX

Furnarius fulisinosus, Lxss.

Certhia antarctica, GARN. Ann. sc. nat. 1896.

F. rostro pedibusque nigris ; gulà gilvo et ferrugineo variä ; capite , corporeque tin lotum fuliginosis ; speculo sub alis fulvo.

Cet oiseau a de longueur totale cinq pouces et demi ; le bec est long de huit lignes ; les tarses d'un pouce, et la queue de deux pouces huit lignes.

Le bec est légèrement comprimé, convexe en dessus, à mandibule supérieure doucement recourbée, entière, et dépassant l'inférieure. La queue est presque rectiligne , composée de douze pennes, formant un peu le toit. Les jambes sont emplumées jusqu'aux tarses. Ceux-ci sont grèles, allongés, à scutelles larges et peu apparentes. Le doigt du milieu est le plus long. Les deux externes sont à-peu-près d'égale longueur. L’externe est soudé avec celui du milieu à la base. L'ongle du doigt postérieur est plus long du double que ceux des doigts de devant, qui sont très-comprimés sur les côtés, recourbés et aigus.

Le plumage entier de ce Fournier est d'un brun fuligineuxclair répandu également sur toutes les parties du corps. La

ZOOLOGIE. Co gorge seulement présente des stries de fauve et de brun peu dessinées. Le dessous de la queue est d’un brun-gris clair. Une bande fauve à teinte marquée occupe le milieu des grandes pennes des ailes, et forme une écharpe lorsque l'oiseau vole. L'extrémité des pennes est légèrement plus foncée que le reste du plumage , et leur rebord externe un peu plus clair.

Le fournier fuligineux habite les iles Malouines. Il vit sur les rivages, où sa familiarité et son peu de crainte permettent de l'approcher souvent jusqu'à le toucher avec la main. Son plumage sombre l'a fait mentionner dans quelques narrations de voyages sous le nom de mnerle. Pernetty, qui séjourna sur les iles Malouines, le peint ainsi dans la relation , tom. II, pag. 20, qu'il en a donnée: «Cet oiseau est tellement familier qu'il venait « voler presque sur le doigt: en moins d’une demi-heure, j'en « tuai dix avec une petite baguette, et sans presque changer de « place. Il gratte dans les goémons (fucus) que la mer jette sur « le rivage, et y mange les vers et les petites crevettes que l'on « appelle puces de mer. » Son vol est court : lorsqu'on l’inquiète, il se borne à voleter deux ou trois pas plus loin. Ses habitudes sont solitaires, et à peine le distingue-t-on sur les schistes des côtes sur lesquels il se tient presque constamment.

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