‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 64 sur 98 · SOUI-MANGA ASPASIE · texte numérisé non relu

SOUI-MANGA ASPASIE

Cinnyris Aspasia, Less.

(PL XXX, fig. 4.)

Ce Souïi-manga a trois pouces six lignes de longueur totale. Comme la plupart des individus de ce genre, il est remarquable par l'éclat dont brillent les plumes métallisées qui le revétent. En effet, au noir velouté et doux qui forme le fond entier de sa livrée, succèdent sur plusieurs parties les couleurs les plus riches.

Peut-être ne serait-il pas hors de propos de chercher à se rendre compte des phénomènes qui se passent dans la coloration des plumes. Comment se fait-il en effet qu'une telle diversité de couleurs soit propre aux oiseaux, et qu'on n'aït jamais essayé ni par l'analyse chimique, ni par des expériences de physique, d'étudier des propriétés si remarquables ? Ce sont les teintes métallisées surtout qui doivent nous étonner. On sait qu'on ne

ZOOLOGIE. Ga

les rencontre que sur un seul mammifère ; tandis que les oiseaux des climats chauds, et surtout certaines espèces, en ont leur livrée parfois entièrement composée.

On attribue généralement la couleur des plumes à l'arrangement des éléments organiques de la matière cornée de la tige, des lames ou barbes et barbules qui les terminent, en même temps qu'aux matières colorantes qui y sont introduites par le sang. Mais il reste encore à savoir comment les couleurs métalliques sont produites, et si elles doivent leur naissance à ces deux causes ou bien à des éléments encore inapercus ?

Le bec et les pieds du soui-manga Aspasie mâle sont noirs : les pennes alaires sont brunes; le sommet de la tête ‘est recouvert d’une calotte d’un vert d’'émeraude. Les couvertures moyennes des ailes, le croupion, le dessus de la queue, sont également d'un vert doré tres-brillant; le devant de la gorge est occupé par un plastron chatoyant violet ou plutôt à teinte de fer spéculaire.

Cette espèce habite les bois des alentours du havre de Doréry, à la Nouvelle-Guinée.

1o19 SOUI-MANGA PAPOU.

Cinnyris Novæ-Guineæ, Less.

Nous ne connaissons pas le male de cette espèce, qui se rapproche du cénnyris longrostris. Son bec est plus long et plus élargi à sa base que dans plusieurs autres soui-mangas, et a près de dix lignes. Sa couleur est noire, et celle des pieds est plombée. Le corps a de longueur totale, de la queue à la base du bec, plus de trois pouces. Tout le dessus du corps est d’un vert olive uniforme, plus jaune sur le croupion; les pennes alaiïres ont leurs barbes brunes en dedans, olives en dehors; la queue est égale, très-courte, brun olivätre en dessus; le devant

de la gorge est vert jaunûtre; le ventre est d'un jaune très-légerement mélangé d'un peu de vert.

Ce soui-manga habite les bords du havre Doréry, à la Nouvelle-Guinée.

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