‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 68 sur 98 · OISEAU-MOUCHE A COURONNE VIOLETTE · texte numérisé non relu

OISEAU-MOUCHE A COURONNE VIOLETTE

Orthorhynchus sephaniodes , Less.’ (PL XXXT, fig. 2.)

O. corpore supra viride, infra albido; alis brunneis ; capite violaceo et metallizato ; gulà et pectore subalbidis et punctis vartegatis.

Les immenses forêts du Brésil et de la Guyane où règne une verdure éternelle, que réchauffe sans cesse le soleil de la zone torride, sont peuplées d'essaims d'oiseaux-mouches, qui brillent des couleurs les plus variées, et pour lesquels on à épuisé les dénominations des pierres les plus précieuses, telles que le rubis, l'émeraude, le grenat, etc. Quelques espèces ont traversé les Andes, et se sont répandues dans le Pérou; mais plusieurs autres n'ont pas craint de sortir des tropiques, et se sont fixées jusque par 35 degrés de latitude Sud: telle est surtout l'espèce que nous décrivons.

L'oiseau-mouche à couronne violette habite le Chih. C'est dans les bois environnant la grande baie de la Concepcion, non loin de Talcahuano , que nous le rencontrames communément, volant au milieu du jour, et s’arrêtant sur les fleurs d’un loranthus écarlate, dont les corolles exsudent un suc miellé très-abondant : ce qui lui a mérité le nom, des créoles espagnols, de picaflor ou suce-fleurs. Ce gracieux oiseau semble être de passage dans cette partie du Chili, et ne venir dans le Sud qu'avec les chaleurs de l'été, et se retirer au Nord, sur les limites

1 Ornismya sephaniodes, Less. Monog. des Ois.-mouches, pl. XIV.

Voyage de la Coquille. — Z. Tome I, Partie II.

du Pérou, pendant l'hiver. C'est problabement le pigda du P. Molina, mais nous n'avons point eu connaissance des deux colibris de la même contrée qu'il a décrits sous les noms de trochilus cyanocephalus et galeritus.

L'oiseau-mouche à couronne violette a quatre pouces trois lignes de longueur totale. Le bec a huit lignes, et la queue en a dix-sept. Celle-ci est légèrement fourchue, et de même dimension que les ailes. Le bec et les pieds sont noirs.

Cette espèce plus robuste dans ses formes que la plupart des autres oiseaux-mouches, a une calotte d'un pourpre doré passant au violet, qui forme sur l'occiput une sorte de huppe. Toutes les parties supérieures du corps sont d'un vert doré, qui règne aussi sur les pennes de la queue. La gorge est blanche, recouverte de plumes arrondies, marquées en leur centre d’une larme brune, verte et dorée. La poitrine, le ventre, sont d'un blanc roussâtre, avec le milieu des plumes flammé de brun. Les côtés sont teintés de vert doré. Le dessous de la queue est brun verdatre, et les pennes des ailes sont brunes, ayant quelques reflets violätres. Leurs tiges sont d'un noir lustré, fortes, et la plus extérieure est profondément sillonnée à la partie interne, qui est élargie, modification qu'on retrouve chez beau-

coup de ces petits volatiles.

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