‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 69 sur 98 · OISEAU-MOUCHE CORA · texte numérisé non relu

OISEAU-MOUCHE CORA

Orthorhynchus Cora, Less.

(PI XXXI, fig. 4.)

O. corpore supra viride ; lamell& chalybea et tridea ante gulam ; pectore et abdomine albis ; caudä gradatim ordinatä ; pennis longioribus subalbidrs.

L'oiseau - mouche Cora est remarquable par sa petite taille et par sa longue queue, et ilse rapproche, par la forme de celle-ci,

ZOOLOGTITE. 683 des trochilus Langdorffti et bilophus (pl. XVIIH) de M. Temminck. Sa longueur totale est de cinq pouces cinq lignes, y compris la queue qui a trois pouces deux lignes , et le bec qui en a six.

Le dessus de la tête, du dos, du croupion et les couvertures des ailes, sont d'un vert uniforme et métallique. Une large cravate irisée ou couleur d'acier bruni ou de fer oligiste chatoyant, occupe la gorge jusqu’à la moitié du cou, et les joues. Le bas du cou en avant, la poitrine et toute la partie inférieure du corps, est d'un blanc sale, auquel s’unit un peu de vert sur les côtés du corps. La queue, chez les individus soumis à notre examen, n'avait que huit pennes étagées, brunâtres, bordées de blanc en dedans. Les deux pennes internes , beaucoup plus longues que les autres, sont blanches sur leur côté interne, brunatres sur le bord externe, et tout-à-fait brunes à l'extrémité. Le bec est grêle, de couleur noire, et les pieds sont rougeàtres. ! L'oiseau-mouche Cora, dont le nom rappelle la touchante prètresse du Soleil, de l'histoire des Zncas de Marmontel , habite les bouquets d'arbustes épars aux alentours de Callao, non loin de Lima, la Ciudad de los Reyes du farouche conquérant du Pérou (Pizarre).| Cet oiseau-mouche, moins commun que l'Amazili, vole avec une telle rapidité, et reste si peu de temps à becqueter les fleurs où il puise sa nourriture, que nous eùmes beaucoup de peine à nous le procurer.

Nous en devons un bel individu à M. de Blois de la Calande, un de nos officiers.

1080 OISEAU-MOUCHE AMAZILIT.

Orthorhynchus Amazila, Less, pl. XXXI, fig. 3.

O. corpore, collo et gulà virescentibus ; alarum pennis brun-

© Lesson, Monog. des Oiseaux-mouches, pl. XIT et XIIL. j 86.

nets ; pectore, abdomine, caudä, uropyrgtoque TUE eTReREE ; rostré dimidiä inferiort parte alba.

Le Pérou possède, comme le Brésil, des oiseaux-mouches; et le nom de cette espèce rappellera à l'imagination de nos lecteurs une des héroïnes célébrées par Marmontel dans ses Zncas, et en même temps les lieux où elle vit. C'est dans les environs de Lima, sur les plaines dégarnies qui entourent Callao, et que des buissons d'arbustes et principalement de baccharis recouvrent çà et là, que nous découvrimes cet oiseau-mouche, devenu aujourd'hui assez commun dans les collections.

D'un vert métallique sur la tête, les joues et le dos, l'Amazili a les couvertures des ailes vertes, les pennes d'un brunûtre terne, la poitrine, le ventre, le bas du dos, le croupion et la queue d’un roux fort vif. Celle-ci est carrée, et présente des traces de teintes vertes sur les deux pennes les plus extérieures. La gorge est blanchâtre, et le centre de chaque plume qui la revêt est occupé par une tache arrondie brune, puis d’un vert doré bleu, passant au vert émeraude sur les côtés du cou. Les pieds sont noirs , le bec est noir, blanc à sa base et dans les deux tiers de la mandibule inférieure. Les ailes sont un peu moins longues que la queue.

Cette espèce a de longueur totale quatre pouces, le bec huit lignes, et la queue quinze. Elle est commune dans les buissons du littoral du Pérou, principalement le soir et le matin. Comme tous les oiseaux-mouches, l'Amazili est toujours en mouvement, et vole de fleurs en fleurs en bourdonnant. L'individu figuré par M. Bevalet est un jeune, tandis que nous devons au pinceau de M. Bessa l'âge complétement adulte , ainsi que le représente la pl. XIII de notre Monographie.

109° TODIRAMPHE.

Todiramphus, Less.

ZOOLOGTE, 685

Nous avons proposé ce genre pour isoler dans la famille des aléyons un groupe très-naturel, qui, jusqu'à ce jour, a fort embarrassé les naturalistes. Les todiramphes comprendront les oiseaux de la mer du Sud décrits sous les noms d'acedo sacra, Gm., sp. XXX ( Sacred King's fisher, Lath., Syn. sp. XV ), d'atcedo tuta et venerata (sp. XVI et XVII, Lath., sp. XXVIIT et XXIX, Gmelin).

Les caractères d'organisation qui les distinguent, et leurs mœurs, ne permettent de les ranger ni avec les vrais maran-pécheurs ( alcedo), ni avec les martin -chasseurs ( dacelo, Leach. ), ni avec les ceyx (alcyons tridactyles), ni avec notre nouveau genre sy7na où martin-pécheurs, à bec garni de dents fortes et aiguës. Ce groupe est remarquable aussi par la forme aplatie du bec qui rappelle celle des todiers. M. Swainson a admis deux espèces dans son genre halcyon ; si ce genre repose sur les mêmes caractères que le nôtre, ce que nous ignorons, nous pensons que son nom ne peut être conservé, ce mot halcyon (quoiqu'il soit écrit par un 2) impliquant un embarras de synonymie très-désavantageux pour l'étude. MM. Horsfeld et Vigors (Trans. soc. Linn. de Lond., t. XV, pag. 206) ont décrit sous le nom d’halcyon sanctus, un martin-pécheur du port Jackson, différant peu de la même espèce de la Nouvelle-Zélande et nullement de la même espèce de la Nouvelle-Guinée, dont nous avons rapporté des individus. Leur description est parfaitement bonne, et cette espèce est réelle. Ces naturalistes témoignent cependant leur embarras pour distinguer leur kalcyon sanctus de l'alcedo sacra de Gmelin et de Latham. Nous étant aussi procuré des individus de cette dernière espèce à O-Tahiti et à Borabora , nous pourrons résoudre la question. Le plumage de ces oiseaux se ressemble en effet d’une manière frappante; et si on observe des différences, elles sont légères, et d'ailleurs elles s'effacent d'individu à individu. Tous ont cela de particulier

que la moitié de la mandibule inférieure est blanche en dessous et à sa base. Mais un caractère plus spécial tranche la question. L'alcedo sacra, si mal défini par les auteurs, formera notre genre todéramphus, et lhalcyon sanctus de MM. Horsf. et Visors demeurera dans le genre alcedo dont il a tous les caractères. Ces todiramphes ont le bec droit, à mandibule inférieure très-légèrement renflée, très-déprimé, le large que haut, sans arête, à mandibules égales, obtuses au bout et aplaties , à bords entièrement lisses ; narines basales en fissure oblique très-peu apparente, bordées par les plumes du front ; ailes courtes, arrondies, première rémige plus courte, la quatrième la plus longue ; queue longue, à rectrices égales au nombre de douze; tarses alongés, médiocres, réticulés.

Les oiseaux de ce genre vivent dans les iles de la mer du Sud, et ne semblent être que des variétés les uns des autres ; ils habitent les bois et se perchent presque constamment sur les cocoüers. Leur nourriture ne se compose que de moucherons qu'ils saisissent lorsqu'ils viennent se placer sur les spathes chargées de fleurs de ce palmier. Les insulaires des iles de la Société les nomment o-tataré. C'étaient, avec le crabier blanc, des oiseaux vénérés dans l'ancienne religion de ces peuples. Il était défendu de les tuer sous des peines sévères, et leur dépouille était offerte au grand dieu Oro.

1109 TODIRAMPHE SACRÉ.

Todiramphus sacer, Less.

Alcedo tuta, Gu., Sp. 28; LaTH. Sp. 17.

Alcedo sacra, Gx., Sp. 30, var À ; LatH., Sp. 15, var. A.

Sacred King's fisher, pl. XXVII;, LarTx., Gen. syn. var C, pl. DCXXIT, fig. 2.

Corpore et capite suprà viridibus ; torquato albo infra, albo brunneo striato ( male ).

Cet oiseau a huit pouces six lignes de longueur totale. Le bec a vingt et une lignes de sa commissure à la pointe. La queue a trois pouces ; bec noir, et blanc à la naissance de la mandibule inférieure. Le sommet de la tête est recouvert par des plumes d'un vert brunètre qui forment une calotte séparée par une large raie blanche, quinait au front, passe au-dessus des yeux et se rend derrière l’occiput. Un large trait noir nait de l'œil, et, prenantune teinte verte puis brune, forme une bordure à la ligne blanche et la circonscrit. La gorge, la poitrine et tout le dessus du corps sont d'un blanc pur. Un demi-collier très-large, blanchâtre sinuolé de brun léger et de marron très-faible, occupe le haut du manteau , et est bordé de noir. Le dos, les couvertures des ailes, le croupion et le dessus de la queue , sont d’un vert bleuâtre uniforme. Les rémiges sont brunes, et bleues sur leur bord externe. Les rémiges moyennes sont terminées de brun. La queue en dessous est de cette dernière couleur. Les tarses sont noirs. Les ailes s'étendent au tiers supérieur de la queue.

Cet oiseau est très-commun dans lesiles d'O-Taiti et de Borabora. Il se tient sur les cocotiers. Les naturels le nomment, ainsi qu'une szttèle , o-tatare. Son vol est peu étendu, et ses habitudes ne sont point craintives. Il vit d'insectes que l'exsudation miellée des spathes des fleurs de cocos attire. On remarque que cette espèce et la perruche e-vint ou arimanou se tiennent constamment sur les cocotiers qui forment des ceintures au bord de la mer sur toutes ces îles.

Latham dit que son Sacred King's fisher a été trouvé à la baie Dusky de la Nouvelle-Zélande , et qu'on l'y nomme ghotaré.

1110 TODIRAMPHE DIEU.

Todiramphus divinus. Less.

Corpore brunneo suprà , albo infrà ; collari torquato nigro.

Cette espèce a sept pouces huit lignes de longueur totale : le bec a dix-huit lignes et la queue trente-quatre.

Le bec est beaucoup plus aplati que dans l'espèce précédente; il est légèrement convexe en dessus, et ressemblerait parfaitement à celui d’un todier, s’il avait la moindre trace de carêne et les barbes qu'on observe à la base de celui des oiseaux de ce genre.

Le bec est noir, et blanc à la racine de la mandibule inférieure. Le sommet de la tête est d’un brun prenant sur les joues une légère teinte verdätre peu sensible. La gorge est blanche. Une bandelette noire et large naît à la commissure du bec, et sépare le blanc de la gorge du brun verdâtre de la tête. Un large collier noir occupe le haut de la poitrine, et se perd sur le dos avec la . teinte brune de tout le dessus du corps et même des ailes. Le ventre est d’un blanc passant au blanchätre roux, qui se continue aux épaules en prenant un peu de brun. Les rectrices sont brunes légèrement, bordées de vert extérieurement. La queue est brune en dessous, et brune verdâtre en dessus. Les tarses sont noirs et organisés comme ceux des a/cedo. Les ailes, dans cette espèce, ne s'étendent que jusqu à la naïssance de la queue.

Nous eussions été tentés de considérer cet oiseau comme la femelle du précédent, cependant la forme encore plus aplatie du bec ne permet pas de s'arrêter à cette opinion.

. Le todiramphe divin jouait un grand rôle dans l’ancienne théogonie des habitants des archipels de la Société. C'était un des oiseaux favoris du dieu Oro. Nous ne nous en procurâmes que deux individus tués dans l'ile de Borabora.

119° SYMÉ.

Syma, Less.

Syma , nom mythologique d'une nymphe de la mer. Va , \f sq YMP

Ce genre, de la famille des alcyons, sera ainsi caractérisé : Bec long, élargi à la base, comprimé et mince sur les côtés

vers son extrémité; à mandibule supérieure, à arète recourbée légèrement vers sa pointe qui est très-aiguë et plus longue que l'inférieure; celle-ci, carénée en dessous et convexe, très-aiguëé au sommet, qui est logé dans la rainure de la mandibule supérieure ; bords des deux mandibules garnis, dans les deux tiers de leur longueur, de dents aiguës, en scie, fortes et nombreuses, dirigées d'avant en arrière; pourtour inférieur de l'œil nu ; troisième et quatrième rémiges égales, longues, la première courte; tarses médiocres, à trois doigts antérieurs réunis, l'externe plus court; ailes courtes; queue médiocre, à rectrices inégales, au nombre de dix grandes et deux petites externes.

113° SYMÉ TOROTORO.

Syma torotoro, Less.

(PL XXXI Os, fig. 1.)

Capite rufo ; rostro aureo ; pedibus abdomineque flavis ; dorso atro ; alis uropygioque castaneo-virescentibus ; caudà cærulea ; oculorum circuitu nigro , lateralibus colli macula nigra.

Cette espèce inédite a sept pouces de longueur totale du bout du bec à l'extrémité de la queue; le bec a deux pouces de la commissure à la pointe, et la queue a vingt-sept lignes. Le bec est entièrement d'un jaune brillant; la tête et les joues sont d'une couleur jaune-cannelle claire et uniforme, séparée d’une teinte plus claire et en collier du manteau par deux taches noir foncé qui ne se réunissent point tout-à-fait sur le cou. Un cercle noir entoure l'œil; les plumes du manteau sont d’un noir de velours; celles des couvertures des ailes sont d'un bleu-vert uniforme, et le croupion est d’un vert clair. Les pennes sont brunes en dedans, et bordées de verdàtre métallisé en dehors. Les rectrices sont égales, d’un bleu assez foncé en dessus, brunes en

Voyage de la Coquille. — 7. Tom. I, Part. IL. 87

dessous. La gorge est d’un jaunâtre blond très-clair, qui prend une teinte plus foncée sur les côtés du ventre et sur la poitrine, pour s'éclaircir et passer au blanchâtre sur le bas-ventre; les pieds sont assez forts, d’un jaune-clair ; les ongles sont noirs. Cet oiseau habite les bords de la mer, le long des palétuviers (Bruguiera). W rase les grèves en volant pour saisir les petits poissons que son bec, fortement dentelé, ne lui permet pas de laisser échapper. Nous en observames plusieurs individus volant en rasant les eaux des petites rivières qui se jettent dans le havre de Doréry à la Nouvelle-Guinée. Les Papous le nomment torotoro, sans doute par analogie avec son cri.

114° CEYX.

Ceyx, Lacer., Cuv.

Le genre Ceyx, tel que nous le caractérisons, a le bec entierement droit, un peu aplati verticalement, long, à mandibules d'égale hauteur, lisses sur leurs bords, ayant chacune une arête arrondie sur leur milieu , à pointe égale et mousse, narines basales obliques, petites; troisième rémige la plus longue; queue très-courte , à pennes légèrement inégales ; tarses courts, minces, n'ayant que trois doigts gréles ; les deux antérieurs profondément soudés, le pouce libre.

Le type de ce genre malaisien est:

L'alcedo tridactyla, Lath., /nd. Sp. 4x, dont le martin-pécheur de lile de Lucon de Sonnerat (pl. XXXIT, Voyage à la Nou-

velle- Guinée ) n'est regardé que comme une variété. 1159 CEYX BLEU.

Ceyx azurea, Less.

Alcedo azurea, Lara. , Suppl., t. X p. 372.

Saturatè cærule&, corpore subtus lorisque flavescentibus ; lateribus coll maculä obliqu& albä.( Lath. /nd. Supp. pag. 32.)

ZOOLOGIE, Gor Ce Ceyx a les plus grands rapports de teinte avec le ceyx merinting , ou alcedo meninting, de la planche CCXXXIX de M. Temminck. Il en diffère par une taille beaucoup plus forte. Son plumage est entier en dessus d’un bleu d'azur brillant et uniforme sur la tête comme sur le corps. Deux petites taches rousses occupent les côtés du front ; deux plus grandes et de la même couleur traversent obliquement les côtés du cou, à la naissance des ailes. Les pennes alaires sont brunes: les troisième et quatrième sont égales et les plus longues. Les rectrices sont bleues en dessus et brunes en dessous. La gorge est blanchâtre, la poitrine et le ventre sont d'un jaune de rouille uniforme et fort agréable. Les rémiges sont noiràtres, sans aucune bordure rousse. Les tarses sont jaunes ; les ongles très-recourbés et très-faibles.

Ce Ceyx a de longueur totale sept pouces. Le bec à vingt et une lignes de la pointe à la commissure.

Cette belle espèce a été tuée par M. de Blois, enseigne de vaisseau , sur le bord du havre de Doréry, à la Nouvelle-Guinée. Latham l'indique à l'ile de Norfolk, et Lewin au Port-Jackson.

116° CEYX MENINTING.

Ceyx meninting, Less.

ÆAlcedo meninting, Horsr., Resea. in Java, pl. CLXXIT. Temm., pl. col. n° CCXXXIX, fig. 2.

Alcedo bengalensis, EbwarDs ?

Ce martin-pécheur a quatre pouces trois lignes de longueur totale, de l'extrémité de la queue au bout du bec. La tête est d'un bleu-noir intense ponctué de bleu-clair brillant. Les ailes sont brunes,également garnies sur leurs petites couvertures de points azurés. Le dos est bleu foncé, taché de bleu-clair passant au bleu

d'aigue marine. Les plumes du front sont d’un noir de velours.

Deux taches jaunâtre-clair occupent les côtés du front au-devant des veux. Deux touffes d'un blanc-jaunätre règnent sur les côtés du cou. La gorge est blanche. La poitrine et le ventre sont d'un jaune-roux agréable. Le bec est noir, très-droit et blanc à son extrémité. Les tarses sont courts, gréles, de couleur jaune. Les doigts ne sont qu'au nombre de trois, deux antérieurs très-grèles, fortement soudés ensemble, et un postérieur unique et mince. Les ongles sont blancs.

Ce martin-pécheur a été décrit par MM. Horsfield et Temminck. Il habite le bord des petits ruisseaux sur le pourtour du havre de Doréry, à la Nouvelle-Guinée. Déja Sonnerat , pag. 67 de son Voyage à la Nouvelle-Guinée, avait mentionné un ceyx (pl. XXXIL), sous le nom de martin-pécheur de l'ile de Luçon.

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