PL XXX VIT
La corvette {a Coquille était à plus de deux milles de l'ile de Guébé, l’une des Moluques, lorsque, le 14 août 1824, une forte brise, soufflant du côté de terre, apporta à bord l'espèce que nous décrivons, et qui paraissait accablée de lassitude.
La longueur totale de cet oiseau, du bout du bec à l'extrémité des ailes, est de cinq pouces quatre lignes. Les tarses ont quatorze lignes, le doigt du milieu dix, celui de derrière huit, les ongles cinq, le bec six.
Ramassé dans ses formes, très-recouvert de plumes lâches et peu serrées, l'Alecthélie présente sur l’occiput un faisceau de plumes allongées, qui revétent cette partie d’une maniere trèsépaisse. La teinte générale de cet oiseau est brune fuligineuse, plus foncée en dessus. Le ventre et la gorge sont d’un brun légèrement roussâtre ; la gorge est cendrée. Les ailes sont concaves, arrondies, à pennes entièrement brunes ; les deuxième, troisième et quatrième étant égales. Le dessus est brun, et parsemé de lignes en zigzag ou irrégulières, peu prononcées, d’un jaune roux. Les rectrices caudales sont remplacées par des plumes tres-lâches, composées de barbes très-fines, hérissées chacune de barbules très-tenues, très-rapprochées, présentant beaucoup d’analogie avec celles du casoar (n° 6, pl. LX VIT, Atlas de Péron), et qui, implantées dans le croupion de la même manière, ne composent la queue de cet oiseau que d'une touffe plumeuse. Nous remarquerons à cet effet que, comme le casoar, toutes les plumes de cet oiseau, moins celles des ailes, sont composées de tiges multiples , très-grèles et très-molles, et garnies de barbules égales et très-fines, plumes qu'on pourrait appeler multirachidees.
Le bec est grisâtre , de même que les pieds. Le doigt interne est un peu plus réuni à celui du milieu que l'externe. Les ongles lésèrement recourbés, aigus, convexes en dessus, concaves en dessous , sont bruns. L'iris est rougeàtre.
Cette espèce qui provient de l'ile de Guébé, placée immédiatement sous l'équateur, est sans doute propre aux terres voisines, telles que la grande et belle ile d'Halamira ou de Gilolo, si peu connue et si peu étudiée par les naturalistes.
Le nom de cet oiseau rappelle celui de M. D'Urville, capitaine de vaisseau, botaniste instruit, connu par des travaux d'un grand mérite dans plusieurs expéditions, et commandant la corvette /’Astrolabe dans son voyage de découvertes.