PL XXXVI
Cet oiseau est à peine de la grosseur d’une perdrix. Ses tarses sont moins élevés que dans les deux espèces décrites ; il est aussi mieux proportionné dans ses formes. Sa longueur totale, du bout du bec à l'extrémité des ailes, qui sont plus longues que la queue, est d’un peu moins d'un pied. Les tarses sont forts, recouverts d'écailles, et longs de vingt lignes. Le doigt du milieu, y compris l’ongle, a dix-sept lignes; celui de derrière en a quatorze, et l'ongle postérieur, à lui seul, en a sept. Le bec, légèrement renflé vers son extrémité, long de huit lignes, est de couleur jaunâtre. Les narines sont ovalaires, recouvertes d'une membrane garnie de très-petites plumes rudimentaires. Le tour des yeux est nu, mais moins que dans les autres espèces. Le cou est très-fourni de plumes. L'iris est rougeàtre. Une huppe très-épaisse recouvre la tête. Les plumes qui la composent se redressent vers locciput. Les ailes sont concaves, plus longues d’un pouce que la queue, et terminées en pointe dont la cinquième rémige est la plus allongée ; queue ovalaire , pointue, très-courte , composée de dix pennes petites. Les jambes sont grisâtres, et emplumées jusqu'au tarse. Les ongles légèrement courbés, aigus au sommet, planes inférieurement, sont bruns.
La huppe de notre mégapode Duperrey est de couleur brune fauve. Le cou, la gorge, le ventre et les parties latérales, sont d'un gris ardoisé. Les plumes du dos, et des couvertures des ailes , sont larges et d’un brun roux jaunâtre assez vif. Le croupion, le dessus de la queue et les plumes anales, sont d’un rouge ocracé. Les rémiges sont fauves en dehors, brunes en dedans, à tiges brun roux.
Le doigt du milieu est réuni au doigt interne par un rebord membraneux , qui manque entre lui et l’externe.
En comparant notre mégapode au ménure de la Nouvelle- Hollande, on ne peut se dispenser de reconnaitre qu'il lie ce
dernier genre aux gallinacées , en formant un passage très-naturel. En effet, si on examine la place que les narines occupent, la forme générale du bec et des pieds, la nudité du tour des yeux, la membrane qui réunit les deux doigts externes, mais qui manque entre celui du milieu et l'interne ( ce qui est l'opposé chez le mégapode), la même longueur des doigts entre eux, une analogie de forme dans les ongles, la plus grande longueur du postérieur, la concavité et la petitesse des ailes, tous ces caractères, en effet, coïncident pour assurer ce passage. Le mégapode appartient ainsi à un petit groupe naturel voisin des pigeons et intermédiaire aux passereaux et aux gallinacées.
Le mégapode Duperrey habite les forêts ombreuses de la Nouvelle-Guinée, sur le pourtour du havre de Doréry. Cet oiseau est craintif, court très-vite dans les broussailles, à la manière des perdrix dans les blés , et pousse un petit gloussement. Il a été tué par M. de Blois de la Calande, dans une chasse que nous fimes avec cet officier; et, quoiqu'il soit rare, on en vit cependant plusieurs individus.
Nous n'observämes le mégapode Freycinet ( megapodius Freycinetit ) que dans l'ile de Waigiou. C'est en vain que nous
essayames d'en conserver en vie dans des cages : ces oiseaux
mouraient bientôt. Leur chair est noire, très-dure, et peu agréable à manger, qnoïque possédant un fumet que la cuisson développe. Les Papous nous en apportaient journellement à
bord , et les nomment, ceux du havre d'Offack du moins, manesaque.
1240 ALECTHÉLIE.
ÆAlecthelia, Less.
Les caractères des mégapodes sont en grande partie apphicables au sous-cenre alecthelia ( de alectorhis, poule, gallinacée, et de helios, soleil, équateur ), que nous formons pour y placer un
oiseau qui diffère des vrais mégapodes ou tavons par plusieurs traits distinctifs.
On peut ainsi définir les alecthelia : Bec petit, comprimé, pointu, à mandibule supérieure prolongée, à mandibule inférieure un peu renflée et plus courte; narimes à la base du bec, séparées par une arête étroite ; tête et front abondamment recouverts de plumes jusqu'aux narines ; tour des yeux garni de plumes courtes et serrées ; le doigt interne des trois doigts antérieurs un peu plus court que les deux autres; membrane qui unit le doigt du milieu avec le plus intérieur, presque nulle; queue nulle, sans aucune penne ; toutes les plumes du corps, moins celles des ailes, composées de barbes lâches, ciliées tresfinement sur chaque tige.
Une seule espèce provenant des Moluques orientales appartient à ce sous-genre.
125° ALECTHÉLIE D'URVILLE.
Alecthelia Urvili, Less.
À. corpore , capite , dorso abdomineque, brunneo - fuligtnosts ; gulà cinerea ; alis rotundatis, brunnets, linners fulvis intersectis ; rostro , pedibusque griseo-albidis.