PL XLIV
Ce héron, de la section des butors, a deux pieds de longueur totale : le bec entre dans ces dimensions pour trois pouces deux lignes, mesuré du front à sa pointe; il est robuste, fortement caréné en dessus, et les narines, en scissure étroite, s'ouvrent dans une membrane tendue sur les fosses nasales profondes et en rainure, qui en sillonnent les côtés. La mandibule supérieure est noirâtre, tandis que l’inférieure est de couleur de corne. Les tarses sont alongés, grèles, d'un beau jaune. Les ailes sont très-amples et très-concaves, dépassant à peine le croupion , et ne s'étendant que jusqu'au milieu de la queue, qui est courte et arrondie. La membrane nue qui entoure les yeux est d'un jaune serin uniforme.
Une calotte noire revêt la tête; tout le plumage en dessus est d’un brun noir plus ou moins foncé, que relèvent des rayures assez larges, rubanées, disposées dans le sens transversal
des plumes, et d’un jaune ferrugineux clair. Chaque plume se trouve ainsi rayée en travers, et, sur les barbes brunes, de trois à quatre raies souvent interrompues au milieu, d'abord blanches, puis rouille. Sur le dos, le croupion, les rectrices et les rémiges, ces bandelettes deviennent inégales, interrompues, comme des taches oblongues, qui passent au blanc légèrement teinté de roussâtre. Les ailes aussi bien que la queue en dessous sont brunes vermiculées ou rayées de blanchâtre. Comme à tous les hérons de la section des butors, le Phaéton a les plumes de l'occiput et de la partie postérieure du cou larges, lâches, et formant une sorte de parure flottante sur cette partie.
Les joues sont brunes, ravées de blanc. La gorge et le menton sont d'un blanc pur. Le cou, en devant et sur les côtés, la poitrine, et jusqu'à la moitié du ventre, sont d'abord alternativement rayés de noir et de blanc roux par raies de mème largeur, puis, à mesure qu'on avance sur l'abdomen, le roux se fonce en teinte, et domine d'autant plus que le brun s'efface Le bas-ventre, les flancs, la région anale et les couvertures inférieures sont d'une couleur rouille très-claire. ses du havre de
$ Doréry à la Nouvelle-Guinée. Les Papous le nomment man-
Ce héron fut tué par M. Roland sur les riva
sothéme.
1400 CHIONIS. Chiontis, Forsr.
Forster, le premier’, décrivit ce genre sous le nom que nous lui conservons. Plus tard, Gmelin et Latham le changèrent en celui de vaginalis, que M. Dumont remplaca par la dénomination de coléoramphe ( Dict. sc. nat. t. X, pag. 35). La seule es-
* Enchiridion historiæ naturali, Halæ, 1788, p. 37, genre 56.
pèce que l’on connaisse est un oiseau des plus remarquables, et qui à pour caractères :
Un bec fort, gros et dur, conico-convexe, comprimé sur les côtés , fléchi vers la pointe. La base de la mandibule supérieure est à moitié recouverte par un fourreau de substance cornée, découpé en avant et garni de sillons longitudinaux. Les narines sont placées au milieu du bec. Les pieds sont médiocres et même assez courts. Les doigts sont à demi bordés d'un rudiment de membrane, ou presque à demi palmés. La face est nue, mamelonnée chez les adultes. Les ailes sont éperonnées au poignet ; la deuxième rémige se trouve ètre la plus longue.
Ce genre tres-remarquable et singulièrement organisé ne se compose que d'une espèce à plumage d'une blancheur éblouissante , et à corps gros et massif, mentionnée depuis long-temps dans toutes les relations de voyages.