PI. XLV
Les îles Malouines possèdent, dans leurs rivières et leurs marais, deux espèces de Grèbes : l’une a été décrite par MM. Quoy et Gaimard sous le nom de grèbe Rolland, et la seconde sera ici l'objet de notre examen. Le grebe aux belles joues parait être plus rare que l'espèce précédente, et c'est encore à M. Rolland’ que nous en sommes redevables ; 1l le tua sur la rivière de Bougainville, au fond de la baie Soledad , aux environs du port Louis.
Ce grèbe est remarquable par les teintes douces de son plumage, qui est gris ardoisé supérieurement, et d’un blanc satiné en dessous. Les joues et le front sont d'un gris léger. Un faisceau de plumes effilées naît derrière chaque œil, et se prolonge en arrière et sur les côtés du cou. Une calotte d'un noir vif part de l'occiput et se prolonge sur la partie postérieure du cou et jusqu'à moitié. La gorge est d’un gris perlé agréable qui l'affaiblit, de sorte que le devant du cou et les côtés sont d'un blanc pur, ainsi que le reste du dessous du corps. Le manteau et les ailes sont d'un gris ardoisé plus foncé. Cette teinte règne aussi, mais mélangée de blanc, sur les plumes du croupion. Les tarses, les doigts et les membranes assez larges qui les festonnent, sont verdâtres. Le bec est court et noir. L'iris est d’un rouge extraordinairement vif, qui a fait dire au P. Dom Pernetty : « Les dia-
! M. Rolland était maître canonnier sur l’Urante, dans le Voyage autour du Monde de M. Freycinet; il s'embarqua dans la même qualité sur la corvette /a Coguille. Les obligations que lui doit la Zoologie de l'Urante ont été appréciées par MM. Quoy et Gaimard, dans leur ouvrage : nous ne pouvons ici qu’ajouter les témoignages de notre reconnaissance pour les services sans nombre en ce genre que cet excellent homme nous a rendus.
« mants et les rubis n’ont rien qui égale le feu des yeux d’une «espèce de plongeon qui se trouve assez fréquemment sur le « bord de la mer. »
Ce grebe a de longueur totale onze pouces et deux ou trois lignes. Du front à la pointe du bec on compte huit lignes; du coude de l'aile à son sommet, quatre pouces neuf lignes. Les tarses ont dix-sept lignes, et les doigts externes deux pouces.
143° PUFFINURE.
Puffinuria , Less.
Pelecanotides, Lacée.?
Haladroma , Vrac. ?
Ce genre nous a offert les caractères suivants:
Un bec élargi, renflé, composé de plusieurs pièces soudées, à bords lisses, rentrés ; le demi-bec supérieur, composé de deux pièces, garni de plumes à sa base jusqu'aux narines. Celles-ci, très-ouvertes, formant un cercle ovalaire dont l'ouverture est en haut, séparées l'une de l’autre par une simple cloison intérieure , cette cloison supportant de chaque côté un léger rebord qui divise à moitié chaque fosse nasale. La portion élargie du demi-bec supérieur dépasse la mandibule inférieure, et se termine au rétrécissement du rostre qui est étroit, convexe, trèsrecourbé et très-robuste. La mandibule inférieure est composée également de deux pièces soudées; celle du bord est étroite, engagée dans le demi-bec supérieur; celle d'en bas est formée par deux branches légèrement renflées, écartées en dessous où le vide est rempli par une très-petite et peu distincte peau nue. L'extrémité de la mandibule est convexe sur les bords, concave en dessous, et aiguë. Les première et deuxième rémiges sont les plus longues, égales; les troisième et quatrième légèrement
plus courtes. La queue est petite, très-égale , pointue, formée Voyage de la Coquille.— Z. Tom. I, Part. II. 92
de douze pennes. Les tarses sont médiocres, faibles, garnis de scutelles aréolées petites. Les trois doigts antérieurs sont seulement enveloppés d'une membrane entière; le pouce manque. Ce qui nous a portés à changer le nom de la seule espèce connue qui sert de type à ce genre est l'incertitude où nous sommes que ce soit réellement le pelecanoides de M. Lacépède ou l'haladroma d'Illiger. Quelques fortes nuances de: dissemblance nous ont paru exister entre les caractères donnés par ces auteurs et ceux que nous venons de citer, et nous n'avons vu nulle trace de la petite poche membraneuse susceptible de dilatation qu'on dit exister sous la mandibule inférieure. Ce genre n'a qu'une espèce.
144° PUFFINURE DE GARNOT.
Puffinuria Garnoti, Less.
Procellaria urinatrix , Gx.