‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 93 sur 98 · OIE ANTARCTIQUE · texte numérisé non relu

OIE ANTARCTIQUE

Anser antarcticus, VxEix.

Anas antarctica, Guez., Systema nat., Sp. 57.

Antarctic goose, Forsr., second Voyage de Cook ; LatT., Syst. ornith., Sp. 8.

Outarde , Pernerry, Voyage aux iles Mal., t. IX, p. 13.

À. capite griseo ; gents, gulo, colloque albo et nigro acutè striats ; oculorum circuitu nudo ; pectore , abdomineque omnind atris, atque vittis niveis notatrs ; tectricibus alarum nigris ; dorso uropygto , caudà ef ano albis ; alis niveis, cum speculo luteo-vrres-

cente, brunneo marginato ; pennis longs aterrimus ; rostro et pedibus aurantiacts.

CPE)

La plus grande obscurité a régné pour les distinctions spécifiques de plusieurs espèces d'oies propres aux iles Malouines et aux terres avancées du Sud de l'Amérique. C'est ainsi qu'on en a décrit quatre espèces au lieu de deux, parce que chaque sexe présente des différences telles qu'il serait en effet très-difficile de ne pas les séparer d’après l'examen seul des dépouilles, si on ne les avait pas vues dans leur patrie, et si on ne les avait pas suivies dans leurs habitudes, et fixé son jugement par la dissection. Ainsi l'oie magellanique ( anas magellanica, Gm. ), est la femelle de l’oie aux ailes blanches (anas leucoptera, Gm.); et celle que nous figurons ici avec soin est la femelle de l'oie antarctique (anas antarctica), dont le mâle, représenté n° 1006 des planches enluminées de Buffon, est depuis long-temps décrit avec beaucoup d'exactitude dans les auteurs. Quant à l'oie du plein de Pernetty, dont M. Vieillot a fait à tort un anser, c'est le canard aux ailes courtes (anas brachyptera, Lath.), fig. pl. L de la Zoologie de l'Urante.

La femelle de l'oie antarctique a été mentionnée pour la première fois par Sparrman, qui en à publié une figure dans le deuxième fascicule, pl. XX XVII du Museum Carlsonianum. Ce qu'il y a de certain, c'est que la description qu'ilen donne, tracée dans le style linnéen, est assez incomplète pour faire même douter de l'identité de notre oiseau avec celui qu'il indique comme la femelle de l'oie des régions australes. Sonnini, plus récemment, a complétement embrouillé la synonymie de ces espèces.

L'oie antarctique est beaucoup moins abondante sur les iles Malouines que l'oie aux ailes blanches ( anser leucoptera), qui

parait y être sédentaire et y vivre par grandes troupes , à la manière de nos oies domestiques, tandis, au contraire, que l'oie antarctique n'y estque de passage, et habite principalement les terres de l'extrémité Sud de l'Amérique. Ses mœurs d’ailleurs sont solitaires , et ce n'est jamais que par paires qu'on la rencontre sur les rivages où elle cherche des mollusques marins et des fucus dont elle fait sa nourriture. Aussi sa chair en contracte-t-elle une odeur détestable qui la rend dégoütante, tandis que loie aux ailes blanches où magellanique est trés-agréable à manger, et ressemble parfaitement à notre oie commune ; elle ne se nourrit que d'herbes et d'aliments qui ne lui donnent nul mauvais goût.

Le mâle de l'oie antarctique a son plumage d’une blancheur éblouissante, et les pieds et le bec d'un jaune vif. La femelle, au contraire, présente le mélange le plus varié du blanc uni aux couleurs sombres, ce qui contribue toutefois à lui donner une livrée agréable à l'œil.

Cette espèce est de la taille de l'oie domestique. Sa longueur totale, de l'extrémité du bec au bout de la queue, est de deux pieds environ. À

Le bec et les pieds sont de couleur jaune orangée. Le front, les joues et les ongles, sont brun-noir maillé très-finement de lignes blanches. Le noir est plus épais devant le cou, et cette couleur devient de plus en plus foncée sur les côtés et en arrière. Tout le sommet de la tête est recouvert d'une calotte rousse. Les plumes noires, dès le haut de la poitrine, sont traversées, chacune, par deux ou trois bandes blanches, qui s’élargissent, et qui forment sur cette partie, comme sur toute la surface inférieure du corps, un champ noir agréablement rayé de blanc, par parties égales. Le bas-ventre, le dos, le croupion et toutes les pennes de la queue, sans exception, sont d’un blanc de neige. Le moignon et les moyennes couvertures des ailes, sont égale-

ZOOLOGIE. 735 ment de cette couleur, et leur milieu est occupé par un large miroir d’un vert métallique, dont les bords sont brun-noir. Le haut du dos et les grandes couvertures alaires, dans toute leur longueur, sont d'un brun foncé, et les grandes pennes sont entièrement d'un noir vif. Un fort tubercule rougeûtre est placé en dedans du coude de chaque aile.

Cette espèce n'arriva aux îles Malouines que quelques jours avant notre départ (vers le 10 décembre environ ), ce qui suppose qu'elle vient de la terre des États et des bords du détroit de Magellan pendant l'été de ces climats, pour en repartir vers mars, époque à laquelle commence l'automne. Si Foie magellanique est peu défiante; celle-ci, au contraire, parait l'être beaucoup, car ce n'est qu'avec précaution que nous pouvions l'approcher pour la tirer.

Bougainville, pag. 66 de son ouvrage, la mentionne avec les autres espèces sous le nom d'outarde , et dit que sa chair contracte un goût huileux de ce qu'elle se nourrit de poisson.

L'oie aux ailes blanches, ou magellanique, vit au contraire par troupes nombreuses, qui se plaisent sur les étangs. Nous en détruisimes une quantité prodigieuse, et nous trouvâmes leur chair délicate. IL nous arriva souvent d'en tuer quelques dizaines, sans qu'aucune de celles qui composaient la troupe cherchât à fuir, leurs ailes n'étant alors garnies que de pennes naissantes dont les tuyaux n'avaient aucune consistance. Le mâle de cette espèce est plus gros que la femelle, son plumage est d'un blanc pur, mais le dos et les couvertures des ailes sont gris et maillés de noir. La femelle, au contraire, plus svelte dans ses formes, à la tête et le cou d'un marron vif, le corps gris et la poitrine maillée de brun, et c’est de cette dernière

$ couleur qu'est l'iris.

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