‹ Voyage autour du monde (volume 4)Chapitre 184 sur 214 · DISSÉRTATION SUR. LES ILES DE L'AURORA · texte numérisé non relu

DISSÉRTATION SUR. LES ILES DE L'AURORA

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il est étonnant que, ‘de nos jours malgré la perfection des méthodes employées à à Ja détermination deé: positions géographiques , les navigateurs laissent encore planer le doute sur

certaines découvertes récentes , ‘et surtout dans des parages maintenant aussi fréquentés que ceux de la partie méridionale dé l'Océan Atlantique. Qui aurait dit que l'existénce des îles de lAurora, dont le capitaine Bustamente, qui commandait l'une des corvéttes del expédition du célèbre Mälaspina, semblait avoir

fixé invariablement la position, serait un Jour contestée ? C'est ce qu'a fait le capitaine Weddell : et si depuis son retour, un autre capitaine baleinier est venu Édhiiet de nouveau leur apparition, nous n avons pas cependant encore la certitude complète que les

iles vues par ce dernier soient réellement celles de l'Aurora.

On sait que ces iles furent découvertes en 1762, par la frégate |

l'Aurora , dont le nom leur fut imposé; que le capitaine Martin de Oyarvide les revit avec la frégate de la compagnie ‘la Princesa, en 1790; et que ce fut au commencement de

l'année sn que la corvette l Atrevida , dirigée par le com-

pagnon de Malaspina, partit de la baie Française avec la mission

expresse d'en déterminer la position d'une manière rigoureuse.

HYDROGRAPHIE, CHAP: VL: "jf

Celui-ci aperçut trois iles, dont les deux: premières lui parurent être celles de À dde : quoique leur apparence ne füt pas en parfaite concordance avec la mort qui en avait été donnée. | bé a | |

C'est d'après hs positions éagrerlét ais et les indications du

commandant de l'Atrevida, consignées dans le second mémoire

du Dépôt hydrographique de Madrid, publié en 1809 ‘, que le capitaine W eddell fut porté à aller : à la recherche de ces iles ;

il y employa vainement dix jours. Certain de la bonté de ses observations et de la marche de ses chronomètres , après avoir parcouru leur parallèle sans rencontrer aucune terre, 1l se per-

Décembre

suada aisément que les iles de l'Aurora, reconnues par l’Atre- |

vida , n'avaient Jamais existé que sous la forme d'iles de glace, qui sise ces mers tempêtueuses, avaient dû en imposer aux regards des marins espagnols et disparaitre en mème temps que

la saison qui les avait apportées. L'expérience qu'avait de ces

mers le capitaine Weddell, pouvait donner du poids à cette assertion, lorsque après son retour, les journaux américains publièrent que le capitaine Thayer, de la goélette le Yankée,

en parcourant ces parages, dans un voyage spécialement con-

sacré à la pêche des phoques, avait retrouvé les iles de. l'Aurora. Leur position, qu ‘il a déterminée par plusieurs observations lu-

naires, serait par 03° 30' de latitude Sud et par 44° 20' de longi-

tude Ouest, c'est-à-dire 5° 50’ plus à l'Est que celle où le capitaine :

Weddell les avait inutilement cherchées. Mais d' après M. Thayer, ces îles vues du S. O. paraissent au nombre de cinq, tandis ape du côté de l'O., on n'en apercoit plus que trois. |

On ne peut se Mt Vas compte de cette différence en longitude

qu en supposant une erreur dans les observations astronomiques

1 Memorias sobre las observacionés astronomicas , etc, ; por D. Jose Espmosa y Tello; 2 vol. in-4°; Madrid, 1809. |

Voyage de la Coquille. — Hyprocrarare. | 19

Décembre * :

de l'un des trois navigateurs que nous venons de citer, quoiqu 11 soit juste de due. que les. observations de l A vide méri-

tent une confiance toute particulière. Et si l'on considère que,

sous le rapport de l'aspect des iles et de leur nombre, il y a

peu de concordance dans les extraits que nous possédons des

relations de ceux qui disent les avoir aperçues, on sera porté à considérer l'existence des îles de l’Aurora, si mal reconnues , comme un problème hydrographique qui ne peut manquer es

| piquer la curiosité des marins qu fréquentent | l'Océan Atlan-

: tique méridional.

-Dans Tintérêt de la PR «2° nous “formons JL vœu que ceux qui iront à la recherche de ces iles ne. négligent aucun

‘des moyens que leur suggérera leur habileté pour rapporter

des signes irréfragables de leur existence, afin de ne pas perpétuer les incertitudes. Sans doute ils éviteront de se laisser : in-

duire en erreur par les glaces flottantes que l’on rencontre dans " ces hautes latitudes , et qui vues à une certaine: distance, pré-

sentent toute J’ apparence de véritables îles, soit par leur immense développement, soit par la forme et la couleur qu ‘elles affectent, soit enfin par les débris de terre et de végétaux attachés à leur surface, qu'elles ont emportés en se détachant des côtes où elles se sont formées. Le capitaine Weddell y a été pris plus d’une fois.

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