‹ Voyage autour du monde (volume 4)Chapitre 197 sur 214 · REMARQUES SUR LA BAIE DE LA CONCEPCION · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LA BAIE DE LA CONCEPCION

La baie de la Concepcion, reconnue pour la première fois, en 1543, par Juan Bautista de Pastenes, pendant que Pedro de Valdivia faisait la conquête du Chili, parait être la plus vaste et la plus commode de toute la côte occidentale de la partie del'Amé-

HYDROGRAPHIÉ, CHAP. VEL. on 135 rique que baigne le Grand- Océan Austral. Elle cite ouverte aux vents du Nord et comprise entre la côte du continent et la presqu'ile de Talcahuano qui forme sa bande occidentale. Sa

plus srande longueur, dans le sens du méridien , depuis la pointe |

N. de l'ile Quiriquina jusqu'à l'entrée du Rio mdañieni est de huit milles environ, et sa largeur varie entre quatre et cinq milles. L'ile Quiviquiha: dirigée parallèlement : à la presqu'ile, partage l'entrée de cette baie en deux passes d'inégales largeurs.

Les bâtiments de toutes dimensions peuvent pénétrer dans la baie par l'une ou l'autre de ces passes ; mais la plus fréquentée, |

comme né présentant aucun danger, est celle de l'Est, dont l'étendue entre l'île et la pointe Loberia qui appartient au continent est d'environ un mille et tiers. La passe de l'O., eu égard au banc de roches qui s'étend beaucoup au large de la pres-

qu'ile , n'a pas plus d'un demi-mille , quoiqu’elle paraïsse avoir

le PAT de cette étendue. La navigation de la baie est trèsfacile, car dans le cas même où l’on serait surpris par des vents contraires ou par des calmes, l’on pourrait mouiller provisoi-

rement partout, sur un spohe fond de vase, depuis l'entrée

où la sonde rapporte de 20 à 25 brasses, , jusqu x la partie méridionale où l’on ne trouve plus que et 6 brsètée d'eau. Pouréviter

les seuls inconvénients que présente cette baie , lorsqu' on est dans

le cas de louvoyer pour atteindre le mouillage de Talcahuano, 1l suffit de ne point s'avancer au sud-de la Linea lon peut imaginer entre le fort Galvez et les ruines de Penco. Les petits bâtiments peuvent seuls dépasser cette ligne, et la sonde jetée sur un fond qui monte practielementIur indiquera d'ailleurs cette limite à laquelle ils devront s'arrèter. | Autrefois les navires séjournaient dans l'anse de Penco, au fond de la partie S.E. de la baïé; mais depuis 1764, que les habitants ont définitivement abandonné cette ville trop souvent détruite- par les tremblements de terre et les inondations , et

Janvier

et Février

Janvier et Février

qu'ils se sont fixés sur la rive septentrionale du Bio-Bio, re la ville de la Concepcion qu'ils ont fondée à cette époque, les navigateurs préfèrent mouiller à l'extrémité S.O. de la baie, dans l’anse de Talcahuano, où l'on est, en effet, un pes plus : à

l'abri des vents du Nord.

Il serait important de déterminer avec cheteide ad position des deux hauts-fonds de Marinabo, dont le plus occidental est à environ un mille dans le N. E. du village de Talcahuano, et directement dans le Sud des pointes méridionale et occidentale de l'ile Quiriquina. Celui-ci n'a tout au plus que trois brasses

d’eau sur toute sa surface. Quant à l’autre, qui est situé entre

le premier et la terre, il découvre de basse mer, et sa position

est d'ailleurs indiquée par les longs fucus qui croissent sur le

fond qui l’avoisine, et dont les sommités des feuilles S tendent # sur la surface de til i | . Ces deux plateaux, de constitution grauitique abritent un peu le mouillage de Talcahuano lorsque la mer est refoulée dans la baie par les vents du Nord ; mais si l'on voulait en

faire la base d’un môle en pierre qui, prolongé vers l'Ouest,

viendrait aboutir au rivage de la presqu ile ; à un mille environ au N. du fort Galvez, le port qui en Méiornie pour Falca-

huano, serait RAT le plus orand etle meilleur de toute

la partie occidentale de l'Amérique.

.… Nous fimes notre eau avec facilité. ie aiguades &« Com-

modes se trouvent sur la côte occidentale de la baie. Elles descendent des ravines profondes des montagnes qui la dominent. L'eau est fort bonne et facile à recueillir, en ce qu'elle s'écoule de divers conduits de bois pratiqués par les habitants, qui réclament pour ce soin la somme modique d'une piastre; c'est un droit consacré par l'usage, et à l’aide duquel on ob-

tient toute autorisation pour puiser autant d'eau que la con-

sommation du bâtiment l'exige.

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Le pourtour de la baie, quoique orné de collines verdoyantes, de Je sardines de vergers; dont le terrain annonçait ls un pays fertile,ne présente que deux bourgades qui méritent à peine d'être

citées. Une centaine de maisons construites pour la plupart en:

argile, quelques unes-éñ briques, n ayant toutes que le rez-de-

chaussée ; trois ou Pere magasins ASSEZ vastes et une église d'une construction grossière , telle ést la com pesition de T alcahuano, port principal du commerce de la ps la plus me

che et hs plus fertile du Chili.

Les cabanes des familles pauvres et des pêcheurs qui aVOISI<

nent Talcahuano, ne peuvent étre comparées qu aux huttes des indigènes de la Nouvelle-Hollande. M. Lottin, qui s’est plu à

les examiner, $ exprime ainsi : « Ces cabanes, où règne la plus affreuse misère, sont soutenues par plusieurs piquets fichés en terre, et sont recouvertes par des fagots qui tiennent également lieu de murailles. Le vent et la pluie y pénètrent aussi facilement que la vue, quelquefois même ce faible abri n existe que

vers le côté d'où vient le vent de la saison. Dans l'intérieur, une famille entière s'étend sur la paille, où bien elle se tient. PE autour du feu , dévorant des moules pu sur le

charbon. ; | | fe … Deux forts ont été construits pour la défensis du mouillage , mais un seul subsiste encore, c'est celui de San -Francisco, élevé sur la pointe Sud de l'anse où se termine la partie scsi du village. Nous y avons compté huit pièces de canon de différents cibrés: Le fort Galvez, situé sur la pointe Nord de l’anse, à

un demi-mille environ du premier , était désarmé et pour ainsi

diré en ruines à EE où nous y avons établi notre observatoire. | | | RE

Dans la charmante vallée dAridalte: au fond d'üne petite anse semblable à celle de Talcahuano, et à quatre où cinq milles dans l'Est de cette dernière , l'on voit encore les ruines

Foyage de la Coquille. — HYDROGRAPHIE. | 15

Janvier ets

Février + 1823

Janvier êt Février

de Penco, de cette ville qui fut long-temps la résidence des gouverneurs. due Chili, et dont il ne reste plus, parmi ses vestiges,

qu'un fort portant sur un écusson aux armes d'Espagne la date

de 1686; une petite église dont la construction parait également très-ancienne., et des portions de murs dont la forme et la direction attestent encore la régularité des rues et l’emplacement des édifices qu'elle contenait et tels qu'ils sont fgurés dans le plan que Frezier en a donné en 1712. :

Peu de villes, sur le globe, ont éprouvé plus de catastrophes |

que celle de Penco , QUE, ns les auteurs, porte aussi les noms

de la Mocha et de ss Concepcion. Pedro de Valdivia, après avoir fondé Santiago et Coquimbo, après s'être emparé des pro-

vinces Eee de Tucapel, et de Comarcas, jeta les fonde-

ments de cette ville le 5 octobre 1550. Les naturels tentérent d'abord vainement de sÿ opposer, mais ayant appelé à leur secours les Araucaniens et plusieurs autres peuplades de ces contrées, Valdivia, quoiqu'il poursuivit encore ses conquêtes pendant Free années , ne put résister au nombre des- confédérés

que lui opposa l itanéidhe Caupolican : il fut massacré à Paic abi, |

le 3 décembre 1553, après une bataille sanglante éisléoiis totalement son armée, et l’année suivante la ville de Penco fut livrée au pillage et réduite en cendres par les vainqueurs. Après la défaite de Valdivia, les Espagnols recommencèrent la conquête du Chili sous le commandement de D. Garcia de Hurtado de Mendoza, qui rebâtit la ville en 1558. En 1698, les Indiens se levèrent de nouveau en masse, commandés par Paillamachu; ils ravagèrent le pays occupé par les Espagnols, et dans leur triomphe, ils parvinrent à incendier plusieurs villes, parmi lesquelles était encore Penco. À cette époque ;‘ les Espagnols consternés furent. sur le point de renoncer au Chili,

tant 1ls avaient de peine à se maintenir contre les agressions réitérées. des indigènes, mais ils reprirent cependant cou-

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