DES AUSTRALIENS
Toutes les peuplades de race noirâtre qui habitent l'Australie présentent entre elles les rapports les plus évidents, d'après les descriptions des voyageurs Phillip, Collins, White, d'Entrecasteaux, Péron’, Flinders, Grant, King, etc. Ces Nègres austraux ont toujours montré une profonde ignorance, une grande misère et une sorte d'abrutissement moral. Ils sont réunis par tribus peu nombreuses qui n'ont point de communications entre elles, d'où résulte l’état de barbarie profond dans lequel elles croupissent, et dont rien ne semble devoir les retirer.
Les habitants de la Nouvelle-Galles du Sud, qui ont particulièrement fixé notre attention, sont disséminés, dans cette partie du monde, par familles éparses sur le bord des rivières ou dans les baies peu nombreuses, qui morcellent les côtes orientales de la Nouvelle-Hollande. Leur intelligence a du naturellement se ressentir de l’infertilité du sol et des misères auxquelles ils sont soumis : aussi une sorte d'instinct très-développé, pour conquérir une nourriture toujours difficile à obtenir, semble avoir remplacé, chez eux, plusieurs des facultés morales de l'homme.
! Les distinctions qui existent entre les Tasmaniens et les Australiens ont été nettement exprimées par Péron, qui dit (t. IV, p. 212 ) : « De toutes les observations «qu’on peut faire en passant de la terre de Diémen à la Nouvelle-Hollande, la plus « facile, la plus importante, et peut-être aussi la plus inexplicable, c’est la différence «absolue des races qui peuplent chacune de ces deux terres. Ces deux peuples n’ont « presque rien de commun, ni dans leurs mœurs, leurs usages, leurs arts grossiers, «ni dans leurs instruments de chasse ou de pêche, leurs habitations , leurs pirogues, « leurs armes, ni dans leur langue, ni dans l’ensemble de leur constitution physique, «la forme du crâne, les proportions de la face, etc. Cette dissemblance absolue se «trouve dans la couleur; les indigènes de la terre de Diémen sont beaucoup plus «bruns que ceux de la Nouvelle-Hollande : les premiers ont des cheveux courts, « laineux et crépus; les derniers les ont droits, longs et lisses. »
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La peuplade qui vit au milieu des buissons et des rochers des alentours de Sydney-Cove, et qui a pour chef Boongaree, est plongée dans un tel état d'abrutissement, qu'en vain on a essayé d'améliorer sa position, en bâtissant pour elle des maisons et des sortes de villages, ou en lui fournissant des moyens de subsistance plus agréables. Elle s’est refusée à l'adoption de ces premières idées de civilisation ; et de toutes les habitudes sociales que lui montrent, chaque jour, les Européens, au milieu des villes populeuses et imposantes de la Nouvelle-Galles du Sud, elle n'en a pris que des vices dégoütants et un gout désordonné pour les liqueurs fortes. Ces peuples n'ont senti la
nécessité de recevoir des vêtements de laine que pour se garantir
la poitrine. Aucune idée de pudeur ne les à jamais portés à voiler les parties naturelles; et l'immodestie native de cette race fait un contraste d'autant plus grand, que, chaque jour, elle brave, au sein mème d'une colonie européenne qui a fait d'immenses progrès, les lois de l'honnèteté publique. La liberté semble pour ces Noirs ‘ un besoin de première nécessité : aussi sont-ils soigneux de conserver leur indépendance, au milieu des cantons rocailleux où ils habitent en plein air, autour de grands feux, et protégés de la pluie par quelques branches négligemment jetées du côté où le vent souffle; ou bien, tous les efforts de leur génie se bornent, pour les garantir des intempéries du climat, à détacher une large écorce d'eucalyptus, qui fournit le toit naturel qui les abrite.
La taille des Australiens est médiocre, et souvent au-dessous
‘ Le mot noir ou nègre n’a ici qu'une valeur relative. Nous n'employons ce nom, en effet, que pour éviter des périphrases. Mais, pour qu'il n’y ait point de doutes à ce sujet, nous devons dire qu’il n’y a point d’analogie à établir entre un Nègre africain et un Alfourous australien, et que, si nous les nommons parfois Noirs ou Nègres,
à ak ae :
c’est parce que la teinte de leur peau affecte une couleur noirâtre, fuligineuse, qui approche plus de la teinte des véritables Nègres que de toute autre.
de la moyenne. Plusieurs tribus ont les membres gréles, peu fournis, et, en apparence, de longueur démesurée; tandis que certains individus, au contraire, ont ces mêmes parties fortes et très-bien proportionnées, et surtout les muscles jumeaux et soléaires trèes-prononcés. Leur chevelure n'est point laineuse ; elle est dure, très-noire et abondamment fournie. Ils la portent flottante et sans ordre, le plus souvent courte, en mèches très-frisées. La barbe participe de la nature des cheveux ; elle est le plus ordinairement rude et touffue sur les côtés du visage. Leur face est aplatie; le nez très-élargi, a des narines presque transversales. Des lèvres épaisses, une bouche démesurément fendue, des dents un peu proclives, mais du plus bel émail, des oreilles à conque très-développée ', des yeux à demi voilés par la laxité des paupières supérieures, donnent à leur physionomie sauvage un aspect repoussant. La couleur peu décidée de leur peau, qui affecte communément une teinte noire fuligineuse, varie en intensité, mais n'est jamais très-foncée. Plus laides encore que les hommes, les femmes australiennes ont des formes flétries et dégoutantes ; et la distance qui les sépare du beau idéal de la Vénus de Médicis parait immense aux yeux d'un Européen.
Les mariages chez les Australiens se font par rapt, et l'usage a consacré l'habitude d'arracher une dent incisive aux hommes à certaine époque de la vie, et de couper une phalange aux femmes. Ils aiment se couvrir la tête et la poitrine de matières colorantes rouges, et cet ornement est de première nécessité
GRANT ( Voy. à la Nouvelle- Galles méridionale ) peint de cette manière les habitants de la baie Jervis, peu éloignée du détroit de Bass : « Ces sauvages étaient «Jeunes, grands et vigoureux. Ils avaient des cheveux plus longs que ceux des autres « naturels que j'avais vus jusque-là : ils les avaient bouclés, mais point laineux comme « ceux des Nègres d'Afrique. »
ZOOLOGIE. 109 dans leurs coroborts, ou grandes cérémonies. Ils ont tous l'habitude de se peindre le nez et les joues avec les mêmes fards grossiers, en y joignant des raies blanches, qui sillonnent le front et les tempes. Sur les bras et sur les côtés du thorax, ils font élever ces tubercules de forme conique, qui semblent être l'apanage du rameau nègre. Enfin, cette race, qui semble ignorer l'usage de tout vêtement, sous le rapport de la pudeur, se borne à sé couvrir parfois les épaules avec une peau de kangourou ou d'opossum, et à s'entourer le front avec des filaments tissés en réseau. Un grand nombre de familles se placent dans la cloison du nez des bâtonnets arrondis, et longs de quatre à six pouces, qui donnent à leur physionomie un aspect farouche; et cet usage nous le retrouvons chez tous les Papouas.
Superstitieuses à l'excès, ces peuplades ont, cependant, conservé l'usage de punir les sortiléges et d'avoir des jongleurs. Leurs différends se décident par des sortes de duels à nombre égal ou à armes égales, et des juges de camp établissent les règles du combat. La forme des armes dont ils se servent varie. A la Nouvelle-Galles, ils emploient la sagaie, sorte de javeline effilée, qu'ils lancent, par le moyen d'un bâton faconné pour cet usage, avec une grande vigueur et beaucoup de justesse. Ils s’attaquent le plus souvent avec une sorte de sabre de bois recourbé, que Lesueur à nommé sabre à ricochets (pl. 30, n° 6, atlas de Péron ), et que les naturels de Sydney désignent sous le nom de boumerang ou tatanamang. Cette arme caractéristique est également usitée au port Bowen et à l'ile Goulburn : et la manière de s'en servir est fort remarquable ; car c'est en lui imprimant des mouvements de rotation en l'air qu'ils frappent souvent le but à plus de quarante pas de distance. Leur dernier instrument de guerre, et en même temps d'utilité domestique, est le cassetête ou woudah, avec lequel, dans leurs duels, chaque naturel assène alternativement sur la tête de son ennemi un coup que
la dureté inouie du crâne rend moins dangereux qu'on ne devrait le supposer. Nous retrouvons chez tous ces peuples l'usage du bouclier. Celui qui leur sert à parer les coups de sagaie avec une grande adresse, est de forme ovalaire, oblongue, ou quelquefois disposé en croissant; et nous avons vu un de ces naturels condamné à servir de but aux coups d’une tribu qu'il avait offensée, parer avec une habileté peu commune plus de cinquante traits lancés avec vigueur, lorsque enfin une sagaie de xanthorœa, traversant son bouclier, vint lui percer la poitrine. Quant à l'emploi de l'arc et des flèches ‘, il est complétement inconnu sur le continent entier de la Nouvelle-Hollande.
De toutes les peuplades de l'Australie, celles du port du roi George ont plus particulièrement senti la nécessité de se vêtir, à cause du froid intense de l'hiver, et elles ont assemblé, sous forme de petits manteaux, des peaux de kangourous : celles des alentours de Sydney et de Bathurst préparent les peaux de pétauristes, tandis qu'entre les tropiques les Australiens vivent dans un état de nudité parfaite. Les objets d'ornement se ressentent du rétrécissement des idées de ces peuples. Ils se décorent, cependant, de colliers faits avec des chaumes de gramen; mais combien leur forme sauvage contraste avec l'élégance des
S mêmes objets chez les naturels de la terre de Diémen!
: Le capitaine King, qui a groupé quelques-unes des légères observations qu'il nous a données sur les peuples du pourtour entier de la Nouvelle-Hollande, remarque que la sagaie semble être d’un usage général parmi les habitants de l'Australie. Le bâton qui sert à la lancer n’existe pas à la Tasmanie, ni à la baie Moreton, si on doit s'en rapporter à un court séjour sur ce point. Il n’a reconnu que quelques différences peu sensibles dans cette arme, soit au port Jackson; soit à la côte S.-E., à la rivière Endeavour ; au N.-E., aux baies d'Hanovre et de Vansittart ; au N.-O., à la baie du roi George. Sur les côtes méridionales, cette sagaie est faite avec les tiges du xanthorœa hastilis; ailleurs, avec des branches de manglier durcies au feu ( Bull. géographique, i. V, p.251).
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Les cabanes des Australiens se composent, autour du port Jackson , d'abris en rameaux ou en écorces d'arbres. Ailleurs, ce sont des sortes de nids, formés de branches entrelacées, ou parfois disposées en huttes grossières, recouvertes d'écorces.
Les soins qu'ils prennent de leurs tombeaux annoncent qu'ils ont l'idée d’une autre vie. On a généralement observé qu'ils brülaient leurs morts, et qu'ils en enterraient les cendres avec une religieuse sollicitude. M. Oxley a même vu de ces tombeaux, dont les arbres des alentours portaient des sortes d’attributs funéraires. Des observations positives semblent encore prouver qu'ils lèvent la peau des cadavres, afin que la combustion puisse s’opérer avec plus de rapidité.
L'ensemble des habitudes des peuplades de la Nouvelle-Hollande , ainsi que leur genre de vie, ne présente point d'analogie bien démontrée. Leur industrie se réduit à la fabrication des filets pour la chasse et pour la pêche, dont on mange le produit sur le lieu même, en le faisant rôtir sur des charbons. Ces naturels portent toujours du feu avec eux, dédaignent leurs femmes, auxquelles les travaux les plus rudes sont dévolus, tels que ceux de préparer la nourriture, dont elles et leur famille ne recoivent que les débris rejetés par leurs époux, ou de porter les ustensiles du ménage et leurs enfants sur le dos, tandis que l'homme chemine, n'ayant qu'une légère javeline à la main. Ce sont elles qui récoltent et préparent la racine de fougère, nommée dingoua, qui leur sert d’aliment journalier, et dont les hommes ne mangent que dans les moments de disette, ou lorsque la chasse vient à manquer.
La manière de construire les pirogues varie presque autant que les tribus. Elles sont faites, au port Jackson, avec une longue écorce d’eucalyptus, solidement liée aux extrémités, tel qu'on en voit un bon dessin, pl. 34 de l'atlas de Lesueur et Petit. Dans la région intertropicale, un tronc d'arbre creusé en tient
lieu. Plus à l'Ouest, dit King, à la baie d'Hanovre, c'est un radeau formé de tiges vieilles et légères de manglier. Ailleurs, dans l'archipel de Dampier, par exemple, leur intelligence n’a pu s'élever, pour passer les rivières, au-dessus du simple tronc d'arbre flottant.
Chez ces peuplades, on a retrouvé des idées de dessin, qui, toutes grossières qu'elles paraissent être, indiquent, cependant, une certaine réflexion ; et l’on reconnait encore dans ces linéaments graphiques les êtres qu'ils sont destinés à représenter, tels que le casoar, le squale de Phillip, divers poissons, etc. Quant à leur chant, ce n'est qu'une modification informe de leur langage, et leur danse se borne aux mouvements lourds et ridicules qui imitent le saut du kangourou. Les beaux-arts, enfants du repos et des doux loisirs, pourraient-ils germer chez des hommes toujours en quête de leur subsistance ?
Le langage des Australiens diffère de tribu à tribu. Nulle part, on ne peut y reconnaitre la moindre analogie; mais il est vrai de dire aussi qu'il n’y a pas de langue moins connue. Cependant, il paraît que les naturels d'un endroit, transportés dans un autre, comme les Anglais l'ont fait très-souvent, ne peuvent se comprendre. Les seuls mots qui nous ont présenté quelques rapports sont les suivants, usités d'une part par les naturels de Sydney, et de l’autre par ceux de Bathurst, au-delà des montagnes Bleues. L'orthographe des premiers est écrite d'après le génie de notre langue, et nous avons conservé pour les seconds celle de M. Oxley. Ainsi, nez se dit à Sydney Nougouro, et morro à la rivière Lachlan; les dents, nandarra, dans le premier lieu, et erra dans le second; cou, ouro et oro; poitrine, beren et bening ; cuisse, darra et dhana, etc.
Ici se termine ce que nous avions à dire sur les variétés humaines qui peuplent les terres de la mer du Sud. De plus longs développements auraient peut-être été nécessaires pour rendre
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clair et sensible l’enchainement des idées émises dans ce travail: mais nous ne pouvions ni les présenter, ni les discuter, sans outrepasser les bornes que la nature de cet ouvrage nous prescrivait impérieusement. Les détails répandus dans l'historique
viendront, d'ailleurs, suppléer à ce que nous avons dû passer sous silence.
DÉTAILS ANATOMIQUES RELATIFS AUX CRANES DE QUELQUES-UNS DES PEUPLES DONT IL EST QUESTION DANS LE CHAPITRE PRÉCÉDENT.
Nous donnons dans la planche 1° de notre atlas, le crâne, vu sous trois faces, d’une espèce d'hommes, que les Papouas nomment Alfourous-Endamêne. Nous nous en procurâmes plusieurs têtes à la Nouvelle-Guinée; les renseignements que nous avons obtenus indiquent qu’elles appartenaient aux tribus sauvages de l'intérieur , bien différentes de celles qui vivent sur les côtes et dans les îles méridionales de ce système de terres; ce que prouve leur conformation anatomique. Les crânes d’Alfourous ont été examinés et comparés avec les têtes recueillies par nous à Waigiou, et avec celles rapportées du même lieu par MM. Quoy et Gaimard , et qui ont servi de types à leurs Papous ( Vegro-Malais Hybrides ). Nous avons aussi présenté les caractères qui les distinguent des boîtes osseuses cräniennes des Nouveaux-Zélandais du rameau océanien, du Nègre mozambique d'Afrique et du Français.
Le crdne des Papous ‘ est remarquable par un aplatissement considérable à sa partie postérieure : cet aplatissement est tel, qu'il forme une surface carrée, dont les angles seraient arrondis. Cette disposition ne rend pas pour cela le diamètre occipito-frontal beaucoup plus petit comparativement aux têtes d'Européens , d’Alfourous et de Mozambiques : mais il n’en est pas de même du diamètre bi-pariétal, qui est beaucoup plus grand; ce qui est dû au développement plus considérable des bosses pariétales. Le coronal, quoique un peu plus large que celui d'un Européen, ne présente point de différences assez tranchées pour qu’on puisse les indiquer. La face a également plus de largeur; ce qui provient de la plus grande étendue du diamètre transversal de la cavité orbitaire, et d’un léger aplatissement de la voûte nasale. L'ouverture des fosses nasales est, en tout, semblable à celle d’un Européen; mais la distance d’une apophyse mastoïde d’un côté, à celle du côté opposé, est
r Ces crânes ont été recueillis sur les tombeaux des naturels de Waigiou, et sont analogues à ceux décrits
dans la Partie Zoologique du voyage de l'Uranie.
Foyage de la Coquille. —Z. Tome 1. 15
plus grande. Le diamètre vertical est assez identique avec celui qui est propre aux têtes d’4{fourous ou d'Européen ( Voy. les planches 1 et 2 de l’atlas zoologique de MM. Quoy et Gaimard ).
Le crâne des Alfourous se rapproche davantage de celui des Nègres d'Afrique, c’est-à-dire, des Mozambiques. Les différences que nous remarquämes, sont : 1° un aplatissement des parois latérales de la voûte cränienne, disposition qui fait faire une saillie en dos-d’âne au sommet de la voûte; 2° le diamètre occipito-frontal est un peu plus allongé dans le premier; 3° la coupe de la face offre un peu moins d’obliquité que celle du Mozambique, de sorte que l’angle facial est plus ouvert dans les têtes d’Alfourous, d’où il résulte que la voûte nasale est plus verticale. Les. fosses nasales sont un peu moins larges. Si nous examinons les pommettes, nous trouvons qu'elles sont moins saillantes chez l’Alfourous que chez le Mozambique. Mais cette saillie des pommettes est plus considérable que chez le Papou et que sur la tête d’un Européen, et cela est dû à la profondeur des fosses sous-orbitaires. Les mâchoires de l’Alfourous, quoique moins proéminentes que celles du Mozambique , le sont encore beaucoup comparativement à celles du Papou et de l’Européen.
Les têtes d’Alfourous tiennent le milieu, pour la forme générale, entre les crânes des Nouveaux-Zélandais et ceux des Nègres mozambiques. Comme chez ces derniers, les deux mâchoires forment un prolongement assez avancé pour qu'on puisse les comparer à la face d’un orang. La mâchoire inférieure de l’Alfourous a le même développement que celle du Mozambique; mais elle est plus rétrécie que celle du Papou. Comparées toutes les trois à la mâchoire inférieure de l'Européen, elles en diffèrent , par la forme de l'os, par la base ou bord inférieur, et enfin par la symphyse.
19 La partie antérieure du corps de l'os, au lieu d’être inclinée en arrière, comme dans l’Européen et le Nouveau-Zélandais, est coupée perpendiculairement ; ce qui contribue à faire saillir davantage les arcades dentaires. La base de la màchoire est plus arrondie, et se relève un peu en avant, chez l'Alfourous, le Mozambique, le Papou, et même le Nouveau-Zélandais. La courbure est toutefois moins sensible chez les Papous. Posés sur un plan horizontal, les bords inférieurs de ces mâchoires ne s'y appliquent point dans tous les sens, comme le fait celle de l’Européen : les angles latéraux de la symphyse sont par conséquent plus arrondis que dans ce dernier.
L'os coronal d’un Nouveau-Zélandais est moins bombé que celui d’un Européen; les angles orbitaires externes sont beaucoup plus épais, et la ligne courbe qui en part est aussi plus saillante. Le sommet de la tête se prolonge un peu en pain de sucre, comme dans celle de l’Alfourous. La voûte nasale n'offre rien de particulier. La partie antérieure du corps de la mâchoire inférieure est à-peu-près disposée
comme dans l’Européen, et elle n’en diffère que légèrement par la rondeur des angles et par la faible courbure de la base. Les arcades alvéolaires ont un peu plus de développement. L’angle facial ne s'éloigne guère de celui de l'Européen, et seulement la protubérance occipitale externe se prononce avec plus de force. Enfin, les os du crâne des Nouveaux-Zélandais sont remarquables par une grande épais-
seur.