‹ Voyage autour du monde (volume 5)Chapitre 18 sur 30 · PLANCHE III · texte numérisé non relu

PLANCHE III

Pilis brunneo-fuscis concoloribus, omnind brevibus; membrorum extremus nigris : unguibus anterioribus nullis, tribus extensis, necnon robustis posterioribus. Segmentis membranaceis .et lobatis quinque.wPilrs superioris labri, rigidis, lævigatis, transversè complanatis.

Lss phoques étrangers n'ont généralement été décrits que d'après les récits des voyageurs; et leurs noms mêmes ont été si souvent confondus, que ce n'est qu'avec la plus grande diffculté qu'on peut entamer l'étude de cé genre, que les zoologistes modernes seuls ont éclaircie en plusieurs points, malgré quil yait encore beaucoup à faire pour distinguer les espèces entre elles. Les bonnes figures manquent complétement ; et c'est enrichir l’iconologie zoologique, que de donner un dessin rigoureusement exact d'un otarie des mers australes. Ce n'est même que par le secours des figures, et lorsqu'on en possédera un grand nômbre, qu'on pourra reconnaitre *et distingüer spécifiquement les phoques; « car ces animaux, a dit judicieusement

ZOOLOGIE. 141 «M. Frédéric Cuvier ( Mammuf., 41° liv.), avaient été, jusqu'à «ces derniers temps, l'objet de si peu de recherches, et tant « d'obscurité régnait sur leur développement, qu'on n'avait au- «cune règle pour en déterminer les espèces : l'âge, d’ailleurs, « fait éprouver de grands changements aux couleurs de leur pe- « lage. »

L'otarie molosse, male, se rapproche beaucoup de l’otarie à crinière (otaria jubata, Desm., 380 ) ‘, dont il diffère toutefois par le manque absolu de poils allongés sur le cou; son pelage étant uniformément ras, comme collé sur la peau et d’une seule sorte. Les autres différences, plus tranchées, se trouvent dans la taille et les proportions des diverses parties, et surtout dans les ongles. L'espèce que nous décrivons adulte diffère également de l’otarie Guérin (otaria Guerin, Quoy et Gaimard ), indiqué dans une note, page 71, de la Zoologie du Yoyage de l'Urante; autant qu'il est possible d'en juger par une courte description faite sur les lieux et non accompagnée d'une figure.

L'otaria molossina est élancé dans ses formes, et bien proportionné dans toutes ses parties. Sa tête est assez petite, arrondie , comme tronquée en avant, et présentant assez exactement le museau d’un chien.dogue. Le nez est peu proéminent, et séparé au centre par une rainure, se rétrécissant inférieure-

‘ En lisant attentivement les descriptions incomplètes mais exactes de Pernetty, on voit que son loup marin est le phoca Ansonii où phoca leonina de Timné, voisin de l'éléphant marin ou phoca proboscidea de Péron et Lesueur, t. IT, pag. 34, et pl. XXXII de l'Atlas, et des auteurs modernes; que sa première espèce de lion marin est notre ofaria molossina, et qu'enfin, il établit assez bien encore les caractères qui la séparent de-sa deuxième.espèce-de lion de mer, le phoca ou l’otaria jubata. Pernetty dit, en effet, pag. 47, t. IT, de son Hist. nat. des Malouines : « Il est bon « d’avertir que le nom:de lion marin convient moins aux’ animaux que nous venons « de décrire, qu'à une autre espèce dont le poil, qui couvre le derrière de la tête, « le col et les épaules, estau moins aussi long que le poil d’une chèvre, et donne à « cet amphibie un air de ressemblance ävec le lion ordinaire des forêts. »

ment au point de l'ouverture des narines. La lèvre supérieure déborde l'inférieure, et toutes les deux sont garnies, sur leur rebord, de poils courts et serrés. Les moustaches, qui couvrent la face, sont disposées sur quatre à six rangs : elles se composent de poils d'autant plus allongés, qu'ils sont plus extérieurs, et dont la plus grande longueur est de quatre pouces. Ces poils sont lisses, très-rudes, aplatis transversalement, et de couleur fauveclair. L'oeil, à iris verdâtre, est placé à deux pouces de la commissure des lèvres. Les oreilles sont très-petites, épaisses, pointues et roulées sur elles-mêmes, à deux pouces et demi de l’angle de la bouche. Leur surface extérieure est revêtue d'un poil ras et serré; la face inférieure est nue; les paupières sont longues d'un pouce, entourées de poils roux et courts. Les membres antérieurs sont aplatis en nageoires, que termine une membrane épaisse, sinueuse en son bord, d'un noir vif, et complétement lisse. Les phalanges sont empâtées dans cette portion membraneuse, et sont indiquées par trois stries principales et profondes; sur leur partie moyenne, on observe quatre rudiments d'ongles. Les membres postérieurs sont rapprochés, aplatis, terminés par des phalanges d'égale longueur. Les trois doigts du milieu sont munis chacun d'un ongle fort, noir, long d’un pouce, arrondi, convexe supérieurement, aplati inférieurement, et terminé par un bord taillé obliquement à la partie externe de la phalange externe, et au bord interne des deux phalanges internes. On remarque seulement deux rudiments d'ongles aux doigts externe et interne. La membrane qui unit les doigts est large, et les engage Jusqu'à un pouce au-delà des ongles, en formant un rebord. Cette portion, garnie de nervures tendineuses, qui partent de la dernière phalange, se divise en cinq festons étroits, arrondis à leur sommet, où ils sont plus larges qu'à la base, et d'autant plus développés, qu'ils sont plus extérieurs. La surface externe des membres est couverte, comme

ZOOLOGIE. 143 toutes les autres parties du corps ,-d'un poil abondant, court et serré, tandis que les aisselles, les aines et le dessous des membres sont complétement nus. Les membranes n'ont aucune trace de poils; leur coloration est d'un noir vif. La queue est courte , aplatie, pointue à son extrémité.

Cet otarie est par tout le corps, sur la tête, comme sur le dos, ou sous le ventre, recouvert d’un poil ras, couché, et long au plus de quatre lignes, qui est serré et lustré, et qui revêt également les membres et les phalanges jusques aux ongles. La couleur générale du pelage est d’un roux brun, sans aucune autre teinte, sur toutes les parties du corps : seulement, dans l’état de vie, elle est plus vive et comme satinée.

Le système dentaire de l’otarie que nous décrivons présente :

Incisives +, Canines =, et Molaires =. ToraL : 36.

Mächoire superieure : Quatre éncisiwes, longues de cinq lignes, C [e aplaties transversalement, séparées en deux lobes par un sillon profond :. De chaque,côté, est placée une dent conique, longue de neuf lignes, qui est arrondie, pointue, analogue complétement à la canine, et qui est logée dañs une alvéole creusée dans los incisif. Cantnes coniques, enfoncées profondément, de même forme que la précédente. Six molaires à couronne, entourées d'un rebord, à pointe bifaciée ou parfois triangulaire, terminées 2) le] y par une pointe mousse, et munies de deux tubercules, l'un en avant, l’autre en arrière. Mächorre inférieure : Quatre incisives ; les deux antérieures plus courtes, à couronne tronquée, et taillée en biseau ; les deux externes concaves en dedans, pyra-

! Ce caractère éloignerait notre phoque du genre platyrhynque de M. F. Cuvier, pour le reporter dans celui qu'il a nommé arctocéphale ; mais les caractères de ces deux genres sont donnés avec doute, et leur séparation n’est point nette, de sorte

que l’ensemble des caractères du genre platyrhynque lui convient assez exactement.

midales, et plus longues que les deux précédentes. Canines fortés, coniques, entièrement lisses, arrondies » à pointe, un peu mousse. La première molarre est.la ne petite : toutes, comme celles de la mâchoire supérieure, sont aplaties transversalement, à trois faces; l'extérieure convexe a sa couronne surmontée d'uñ tubercule en avant et en‘arrière, plus po sur lés dernières molaires. 3

Les dents de l'otarie sont organisées-c comme celles du cachälot; c'est-à-dire, qu'elles n'ont pas de racines; ES leur base est cylindrique, et creusée d un canal terminé én cône, dont : rebord est mince. S ni ,

Dimensions de l'individu sur lequel nous avons fait notre description, et soie nous aviôns dessiné sur:les lieux :

w ! F7 # ne 8 © pouces. : és inètres. à Longueur totale, him nez à l’origine de la queue. 55 .»» . mt “489 : Circonférence vis-à-vis l’aisselle. ........ RES 33 : »:..0.4 5% 4 Distante des, deux bras... 1... 0rcnr ri. T8 Do: : 487 Longueur des membres antérieurs. Re. 15 D NON O0 22: des membres postérieurs jusqu'a aux on- ; alerts ne RAR A A ÉRER AME Te AOC ENRORME 7 + dela téten ee JA UE RU Re FAO REC OA 272 + dela verge........ A Aa SUR RG 024-005 —— de la queue. »,.:....5....... 0.0 DD O0 Lo URSS des DTOESÉ SE. AE Men neRe »M AGO or ———. des ongles... AAA re At TP > ED ee 7 Dents du bout du museau à’ L'aisselle. DER TA RO OS Ge) = du nombrilau museau. #%4 (524.142) > 1 2137 Rs membre, viril à le. DE RES MS 6:.»> o r62 . —=— de l'oreille à l'angle postérieur de l'œil. 3 6 -o 068 le l'angle antérieur de l'œil au HU EU SUN TO 090 des deux yeux #0 nier 3116. .0 2 ,

Les iles Malouines sont ie patrie de l'otaria molossina; et sans doute qu'onle retrouve Sur tous lesrivages que baignent les mers

ZOOLOGIE. 145 australes, sur la terre des États, dans les détroits de Lemaire ou de Magellan, et sur les côtes de Patagonie. Nous ne vimes que quelques individus isolés, à l'époque de notre séjour, sur ces îles ; et celui dont nous donnons la figure fut tué sur la grève, dans le Port-Louis, au fond de la baie de la Soledad. Souvent des pêcheurs anglais visitent les Malouines, et expédient des embarcations armées, ou même une ou deux goëlettes, au milieu des rochers, dans les criques nombreuses qui morcellent la côte, afin d'y surprendre les phoques qui s'y tiennent pendant un certain temps de l’année. Cet otarie remonte sur les côtes du Chili, jusque vers Valdivia et la Concepcion, où nous en avons vu un certain nombre. C'est très-probablement le même que Frezier indique sous le nom de veau marin, pag. 75 de son Voyage à la mer du Sud; et ce doit être l'espèce que mentionne Bougainville, en décrivant les productions des iles Malouines, pag. 72, in-4°, lorsqu'il dit : Le loup marin n'a nt crinière nt trompe. Pernetty, sous le nom de lion marin, en donne un très-mauvais dessin, pl. VIIL et X de son Voyage aux les Malouines. La pl. IX, représentant l'éléphant marin ou phoque à trompe, ne vaut pas mieux. L'otarie se tient de préférence au milieu des glaïeuls ( /estuca flabellata, Lamk.), qui couvrent l'ile aux Manchots, ou sur les rochers des côtes. | A la vue de l'homme, il s'élance à la mer, en roulant avec rapidité et se précipitant quelquefois à des hauteurs assez considérables sans se blesser. L'huile qui sert d’atmosphere épaisse aux parties molles, les protége par une enveloppe en quelque sorte ballonnée, et il est très-rare de parvenir à tuer ces animaux à coups de fusil, à moins de frapper un viscère principal.

Les phoques ne se trouvent nulle part en plus grand nombre que dans les hautes latitudes du Sud, principalement aux Malouines, à la terre de Feu et des États, aux nouvelles Shetland, et par suite sur la côte méridionale de la Nouvelle-Zélande, de

Voyage de la Coquille. —Z. Tome I. 19

la Tasmanie, et aux iles Campbell et Macquarie. Nous pensons qu'il peut être utile de généraliser quelques-uns des renseignements que nous avons reçus des marins occupés à ce genre de chasse.

L’éléphant marin (phoca Ansonit, Desm., 369 ) ', mâle, est plus développé dans ses proportions que la femelle, et la couche huileuse qui enveloppe le système musculaïre a jusqu'à neuf pouces d'épaisseur. Sa nourriture principale paraît se composer de céphalopodes, et ce sont les grèves sablonneuses qu'il préfère pour se reposer, au milieu des lits épais de fucus, rejetés par les flots. En février, mars, avril et mai, ces animaux se tiennent à la mer; et, dans les autres mois, ils vont alternativement à terre ou vivent dans l’eau: Ils recherchent les baies paisibles, ou qui sont rarement agitées, quoique parfois, mais accidentellement, on les rencontre sur les côtes où la mer est trèshouleuse, telles que celles de l'ile du prince Édouard. Des milliers de ces animaux se tiennent sous le vent des iles Campbell et Macquarie. Leur naturel est doux, paisible, indolent même, et ils se laissent volontiers approcher par l'homme. Les chasseurs tuent ces phocacées, en les frappant au cœur ou au palais avec une lance ; mais leur agonie est très-longue, si le coup n'intéresse point profondément ces deux parties. Un mâle a commurnément autour de lui trois ou quatre femelles, et chacune de celles-ci a deux petits. La chair de ces derniers est estimée des pêcheurs de phoques, qui la préparent en la salant ou la desséchant à la fumée. La peau de l'éléphant marin, impropre aux arts, a généralement un pouce d'épaisseur. Les jeunes tettent

1 Lisez Molina, qui en parle sous le nom chilien de lame, pag. 260 : le nom que les habitants de la Concepeion nous donnèrent est /obo. Cest le loup de mer, cochon de mer, figuré et décrit par Pernetty, t. II, pag. 37 et suiv., et figuré et mentionné à l'île de Juan Fernandez par Anson, pag. 101 de son Voyage autour du monde, sous le nom de on marin.

ZOOLOGIE. 147 pendant deux ou trois mois, depuis leur naissance qui a lieu en juillet et aout.

Les marins employés à la pêche des phoques connaissent trois espèces principales, très-recherchées par le commerce, et qu'ils nomment lions de mer, phoques à crin et phoques à fourrure. Le premier (phoca proboscidea, Pér.), qui est l'éléphant de mer des naturalistes, et le Zon marin des Anglais et des Américains, habite plus particulièrement la terre des États, au milieu des rochers, et séjourne moins à la mer que les autres espèces. Cet animal est plus courageux et moins impassible que le phoque d’'Anson, et la chasse en est aussi beaucoup plus difficile.

Les phoques à crin (otaria molossina et jubata) ont le museau moins pointu que les phoques à fourrure, et se tiennent volontiers sur les grèves sablonneuses, et parfois dans les broussailles, assez loin des rivages, particulièrement aux iles Campbell et Auckland. Là, ces espèces de phoques existaient naguère par milliers d’individus. Les femelles parturent en novembre et décembre, et il n'est pas rare de trouver leurs petits à moitié cachés dans le sable. Ils se défient moins de l'homme que les phoques à fourrure, et le laissent approcher davantage : leur agilité sur un terrain uni est encore très-remarquable. Les chasseurs les tuent en les frappant sur le nez. Leurs peaux sont employées à faire d'excellents cuirs.

Les phoques à fourrure , dont les peaux sont recherchées dans le commerce, se trouvent presque constamment dans les hautes latitudes. Ils remontent, cependant, le long des côtes d'Amérique, jusqu a Masafuero et aux Gallapagos : mais leur patrie sont les iles du cap Horn, les côtes de la Patagonie et celles de la Nouvelle-Zélande. La couleur du pelage de cette espèce

* Otaria ursina, Desm., 381°., l'urigne, Molina, p. 255, ours de mer de Forster, t. IV, pag. 208 et suiv. du deuxième voyage de Cook.

est d'un brun-rougeûtre, et les poils sont très-grossiers sur le dos, tandis qu'ils sont fins et moelleux sous.le ventre. On remarque d'ailleurs deux sortes de poils. D'abord une fourrure de la douceur de celle de la loutre, puis des poils longs et rudes, quon arrache aisément en chauffant la peau. Ces phoques sont ainsi en possession de fournir des fourrures très-estimées, et l’objet d’un commerce actif et avantageux. Les animaux de cette espèce se tiennent sur les rochers, dans les endroits où les lames brisent avec le plus de force. Jamais on ne les trouve sur les plages de sables. Mais il faut avouer que, sous ce nom de phoque à fourrure, les pécheurs confondent plusieurs espèces encore inconnues : et c'est ainsi quils indiquent une proéminence derrière la tête de celui de Patagonie; une grande taille à celui de la Californie; des proportions très-petites à espèce nommée wpland seal, où phoque du haut de la terre, parce que généralement il se tient sur les éminences isolées, assez loin du rivage, aux iles Macquarie et Penantipodes. Ceux de la Nouvelle-Zélande sont de taille moyenne et d'un caractère très-sauvage. On voit de quelle importance il serait, pour l’avancement de l'étude de ces animaux, qu'un deuxième Scoresby voulut bien entreprendre leur histoire.

C'est en mai, juin et juillet, et une partie d'août, que les phoques à fourrure fréquentent la terre. Ils y reviennent encore en novembre, décembre et janvier, époque à laquelle les femelles mettent bas. Les petits tettent pendant cinq ou six mois, et peut-être davantage. Un fait notoire parmi les pêcheurs, est l'usage constant qu'ont ces animaux de se lester en quelque sorte avec des cailloux, dont ils se chargent pour aller dans l'eau, et qu'ils revomissent en revenant au rivage. On voit beaucoup de ces tas de pierres dans les lieux qu'ils habitent : et peutêtre ne faut-il pas croire aveuglément à ce fait ; car il est certain qu'ils nagent parfaitement bien sans cet accessoire.

ZOOLOGTE. 149

Leur nourriture principale se compose de sèches et de poissons ; mais ils peuvent aisément faire une longue abstinence, soit lorsqu'ils restent à terre à l'époque du rut, soit lorsqu'ils sont entraînés à de grandes distances au large.

Les Anglais et les Américains ont fait des gains énormes avec ces fourrures; et des armements considérables ont été, pendant plusieurs années, dirigés vers cette branche d'industrie, qui commence à s'épuiser ‘.

Aux Orcades australes, qui sont situées par 60°, 37° de latitude Sud, parait habiter spécialement l'espèce décrite imparfaitement par le capitaine Weddell sous le nom de sea leopard, et à laquelle nous avons imposé le nom d’otaria W'eddellir. Cette espèce, encore fort peu connue , est remarquable par sa teinte générale grise, parsemée de taches d'un blanc pur, et par son port élancé. ( Voyez la description que nous avons donnée,

Dullisc nat, \ CNIL p: 4982)

‘ Nous supprimons une foule.de détails qui nous paraissent peu authentiques, ou qui ont déja été rapportés par MM. Quoy et Gaimard dans leurs observations sur les phoques ( chap. IV, sect. 1°, Zool. de l’Uranie, p. 68 à 76).

Genre COUSCOUS, Cuscus, Lacép.

Sous-genre (Temmincx) : Queue prenante, mais en grande partie nue et couverte de rugosités ; les oreilles courtes.

G. PHALANGER DES AUTEURS FRANGAIS, Didelphrs, L.

PHALANGISTA, Geoff.; Cuv., Règne anim., tom. I, pag. 178; Desm., Mamm., J° genre.

CEowyx et PHALANGISTA , Temm., Monog.

$ L® ÆAuriculis brevibus, non distincts, intus pilosts.

GRAND COUSCOUS TACHETÉ, Cuscus maculatus. N.

PHALANGISTA MACULATA, Desm., Nouv. Dict. d’hist. natur., vol. 25; Temm., Monog., pag. 14; Geoff., Vel. du Muséum, t. IV, n° 0. Cuscus AMBoINENSISs, Lacépède.

ScHam-scmam, dans la langue des Papous de Waigiou. CHAT sAUVAGE, Forrest, Voyage à la Nouvelle-Guinée.

Mâle en pelage complet : PLANCHE IV.

Cuscus major, corpore lanuginoso sub albido, supra maculis aterrimis sparso. Caudä& prehensili rubr&, tuberculosä. Faciei pilis, aureo- Julvis : extremitatibus suprà brunneo-fuscis.

La ligne de démarcation qui isole la plupart des espèces de phalangers à queue prenante, est encore à tracer; et, dans l'état actuel de nos connaissances, nous ne savons guère quelle est l'influence qu'exercent sur le pelage de ces animaux les climats, l’âge et les sexes. «C’est un des inconvénients, mais une

«des nécessités de l’histoire naturelle, dit M. Frédéric Cuvier

ZOOLOGIE. 1b1 «(47° liv., Mammif.), que d'étudier et de faire représenter les «animaux aux diverses époques de leur vie. Les différences de « formes ou de couleurs, dans le jeune âge et dans la vieillesse, «sont quelquefois telles, qu'il serait impossible de reconnaitre «le même individu dans les caractères qui lui sont propres à «ces deux âges.» Et d’ailleurs, comme l'a dit avec raison un des grands naturalistes de nos jours, On ne rend pas un moindre service à la zoologie en débrouillant l'histoire des espèces imparfaitement connues, qu'en faisant connaïtre des espèces nouvelles (G. Cuvier, Ann. du Muséum, t. 1, p. 1). Cependant, ce n'est qu'avec doute que nous rapportons au phalanger tacheté l’'espèce que nous décrivons ici; car sa grande taille, son pelage presque entièrement lanugineux, les couleurs de sa robe, une légère addition dans la formule dentaire, pourraient servir à en constituer une espèce ayant des caractères autres que ceux assignés aux individus adultes, décrits par M. Temminck, dans sa Monographie ‘. D'un autre côté, cependant, comme rien d’essentiel dans l'organisation ne pourrait servir à établir solidement une telle distinction, nous préférons considérer notre animal comme le phalanger tacheté dans son entier développement et dans son pelage complet, et négliger la dénomination spécifique de cuscus chrysocephalus, que nous lui avions primitivement donnée. L'ancien nom de didelphis orientalis, de Linnæus et de Gmelin, le phalanger mäle de Buffon, a longtemps renfermé toutes les espèces ou variétés connues de cet animal. Les zoologistes modernes, M. Geoffroy-Saint-Hilaire entre autres, en ont séparé avec justesse le phalanger roux (ph. rufa, Geoff.), (ph. cavifrons de Temminck ), qui a des ca-

ractères précis; mais il n’en est pas de même ensuite pour ces

‘ Monog. de Mammalogie ; premier monog. sur le genre PHALANGER ( Phalangista, Geoffroy ), Fasc., in-/4°, avec fig. anat.

variétés nombreuses, décrites sous le nom de ph. maculata et à des âges différents, et dont on trouve l’histoire confuse, et souvent embarrassante , dans les divers ouvrages modernes. Il est probable que c’est encore à cette espèce qu'appartient le phalanger Quoy, trouvé à Waïigiou comme le nôtre, et figuré pl. VI de l'Atlas zoologique du voyage de l’Uranie.

Le couscous tacheté : est très-allongé, et de la taille d’un fort chat. Sa tête est arrondie, à chanfrein légèrement concave et à museau conique et court.

Les parties osseuses présentent les modifications suivantes : Longueur totale de la tête, trois pouces neuf lignes. Largeur prise de l’écartement des deux arcades zygomatiques, deux pouces quatre lignes. Largeur des deux branches du maxillaire inférieur, deux pouces et six lignes. Coronal légèrement bombé, terminé par deux embranchements qui rendent saillante la crète pariétale formée par un rebord des deux os, et qui est moins élevée que la région frontale. Fosses temporales, convexes au centre, profondément circonserites. Sutures peu apparentes.

Formule dentaire : Yncisives ©, Canines =, Molaires =, — 32.

Fausses molaires : =. ToraL : 40.

Mâächoire superieure : Six incisives. Les deux de devant plus longues que les quatre latérales, qui sont très-courtes et tronquées au sommet. Première canine de chaque côté, logée dans une alvéole à moitié creusée dans l'os incisif, et séparée de la deuxième canine, qui est plus petite. Toutes les deux sont recourbées, à pointe mousse, et aplaties transversalement. Entre

© Le nom de Coescoes se trouve employé, comme étant propre aux habitants d’Amboine, par Valentyn, dans son Hist. des Moluques. I donne de cet animal une figure peu reconnaissable sans doute, mais qui, par sa queue prenante, indique un

phalanger. F. D., p. 292, t. III, 1726.

la dernière et la première molaire, existe un étroit espace libre où se fait remarquer une très-petite dent, placée à la base de la première molaire, qui a sa couronne saillante, aiguë, à deux faces. Les quatre dernières molaires sont égales, à couronne à quatre pointes, séparées par un sillon profond.

Mâchotre inférieure : Deux incisives très-longues, très-fortes, taillées en biseau. Trois fausses molaires rudimentaires de chaque côté, à sommet arrondi. Première molaire, ainsi que les quatre suivantes, analogues à celles de la machoire supérieure.

L'espèce de grand couscous tacheté, que nous figurons, présente les dimensions suivantes :

pouces lignes mètres.

Longueur du bout du museau à l’origine de la queue.. 25 » o 677

——— de la queue enlière..................... 20 » Oo D4r

de la partie nue de la queue..." 0. ÉTRD NO 200

——— dela tête........... RAR relate HN OMOS

ii desr oreilles Fe Me Ce Are Go 62

——— del’avant-bras, depuis le coude jusqu’au poignet. 4 6 o 122

depuis le poignet jusqu’au bout des ongles... 2 » o 054

——— de la jambe, depuis le genou jusqu’au talon.. 4 » Oo 108 depuis le talon jusqu’au bout de l’ongle du doigt

UML RE MERE CEERRERERE ER ITENSE ON O NOTE

La tête de l'individu que nous décrivons a une forme arrondie, ce qu'augmente encore le manque apparent d'oreilles extérieures; car le cartilage de celles-ci est, en effet, très-court, et recouvert de poils, formant à peine deux petites touffes plus élevées que le reste du pelage. Le chanfrein est légèrement concave, et le museau est obtus. Quelques poils longs et rares sont implantés sur le nez et sur le rebord supérieur de l'œil. Les voiles palpébraux sont épais, rougeûtres, et forment un bourrelet autour de l'œil, qui est saillant hors de l'orbite, rougeàtre, à pupille verticale, comme chez les squales. La queue,

nue dans plus de la moitié de sa longueur, est chargée de Voyage de la Coquille. — Z. Tom. 1. 20

verrues rugueuses en dessous, et d’un rouge carmin assez vif. Le poil cesse au üers supérieur de la queue, pour se continuer, en pointe étroite longue de trois pouces, sur la partie supérieure seulement. Les ongles, de couleur jaune, sont forts, aplatis transversalement, recourbés, terminés en pointe mousse, plus forts aux deux doigts externes postérieurs, plus petits et de même forme aux deux doigts internes; celui du pouce est mince et aplati.

Le pelage de ce phalanger est complétement lanugineux, ou, de toute part, une laine courte et épaisse revêt d’une manière serrée toutes les parties de l'animal, dont chaque poil flexueux a au plus six lignes, Quelques poils très-rares, minces, de même couleur que la laine, sortent cà et là, mais en trèspetit nombre, et sont peu apparents : ceux de la face sont ras et jaunes dorés.

La couleur générale de la robe de l'animal est d’un blanc légèrement jaunâtre, uniforme à peu près partout, et sur laquelle tranchent , par la netteté de leur teinte, les taches arrondies et communément séparées, d'un noir foncé, éparses principalement sur le dos et sur les flancs. Des taches plus confuses et non distinctes, d’un roux-brun, se trouvent sur les bras et les mains, ainsi que sur la queue et les lombes. Les parties inférieures sont d'un blanc-jaunâtre sans taches. Le scrotum est long de dix-huit lignes, et très-velu. La face et la partie antérieure du crâne sont d'un jaune assez vif. Deux taches rondes, de même couleur, sont placées sur les oreilles. Les parties nues des maïns et des pieds sont rougeàtres, ainsi que les narines et les lèvres.

On pourrait croire que le pelage, dans le jeune âge, est beaucoup plus garni de poils longs, mols et flexueux, et qu'à mesure que l'animal vieillit, la bourre se transforme en laine dense et serrée , tandis que le poil disparait et tombe. De tous les corps, la laine étant le plus mauvais conducteur du calorique, cette

ZOOLOGTE. 155

sorte de pelage est alors la plus appropriée à l'existence d'animaux qui vivent essentiellement dans les climats les plus chauds des brülantes Moluques. Cependant, les poils, même chez les adultes, dans le phalangista cavifrons, Temm., sont toujours très-abondants au milieu du feutre qui revêt le corps.

Ces phalangers habitent la terre des Papouas dans l'ile de Waïgiou, où plusieurs individus nous furent vendus par les naturels de ces contrées, qui les nomment scham-scham : nous essayàmes de les conserver en vie, mais ce fut sans succès. Leurs habitudes étaient lentes et taciturnes. Ils léchaient sans cesse la partie dénudée de leur queue, et les mains, avec lesquelles ils se frottaient presque continuellement la face. Leurs grands yeux rouges, surmontés d'un épais rebord formé par les paupières, donnaient à ces animaux une physionomie stupide. Ils buvaient beaucoup, mangeaient du pain, qu'ils prenaient avec leurs mains, préféraient la viande, se battaient avec fureur lorsqu'on en mettait deux ensemble, grognaient comme des chats pour peu qu'on les inquiétät, et cherchaient à mordre, en saisissant avec les mains ceux qui les agacaient.

L'examen anatomique des divers organes nous présenta les particularités suivantes :

Langue, charnue, légèrement rugueuse sur sa face supérieure, ayant un espace quadrilatère noir à la base, long de sept lignes, et à six lignes de l'épiglotte. Deux ouvertures des canaux excréteurs, béantes, à la base de la langue.

Thorax, étroit en avant, s’élargissant inférieurement , de la forme d’un cône tronqué, dont le sommet très-rétréci présente une ouverture cordiforme; treize côtes de chaque côté. La poitrine a cinq pouces et demi dans sa plus grande dimension, d’un côté à l’autre. Sa longueur, y compris l’appendice xiphoiïde, est de trois pouces quatre lignes. Le sternum extraordinairement étroit, n’est, à bien dire, qu'une bandelette, sur laquelle viennent se fixer les cartilages des côtes.

Abdomen, ample, plus large à sa partie moyenne qu’à ses deux extrémités, l’inférieure surtout étant très-rétrécie. L’estomac occupe toute la région épigastrique, et s'étend un peu dans l’hypocondre gauche. Il est réniforme. Le foie est divisé en

cinq lobes inégaux, dont deux beaucoup plus grands, sont échancrés. La vésicule du fiel est grande, très-distendue, en forme de poche allongée, logée entre le grand lobe droit et le troisième ( par le volume ), et cachée par eux. La rate est petite, allongée, rétrécie à une de ses extrémités, qui forme le sommet d’un triangle, dont la base serait échancrée.

Les zntestins forment de nombreuses circonvolutions. Le duodenum ne présente qu'une seule courbure, s'étendant devant la colonne vertébrale. Les intestins gréles se réunissent au rectum perpendiculairement. Le cœæcum est ample, et terminé par un appendice vermiforme. Il est long de dix-sept à dix-huit pouces, tandis que les intestins grêles ont de cent douze à cent quinze pouces de longueur, et présentent de distance en distance des rétrécissements où se moulent les matières fécales, qui ont et la forme et la grosseur d’une olive. Les substances digérées dans l’estomac étaient vertes, et ressemblaient à des débris de végétaux. La valvule pylorique est épaisse et charnue, et nous ne pûmes découvrir aucune trace du pancréas.

Les reins sont peu volumineux, placés sur les parties latérales de la colonne vertébrale, au-devant des dernières fausses-côtes. Ils ont de quinze à seize lignes de longueur, et leur forme est, en petit, celle des reins de l’homme. Les vretères ont cinq pouces à peu près de longueur. La vessie est allongée et pyriforme, saillante hors du bassin. La verge est placée derrière le scrotum , et présente un gland que termine

un prolon gement pointu.

COUSCOUS A GROSSE QUEUE, Cuscus macrourus. N.

Corpore griseo, cum pülis longioribus nigris, et maculis sparsis brunneis. Capite fulvo, gulo auriculisque albis. Caudä robust&, longiord, cinered. Abdomine albido. Manibus pedibusque nigrescentibus.

PLANCHE V. ( Femelle.)

VÉRITABLE protée quant aux couleurs du pelage, le phalanger tacheté parait recevoir, des âges, du climat ou des sexes, des modifications nombreuses, qui le rendent très-difficile à distinguer, et notre c. rnacrourus s'en rapprocherait singulièrement par son pelage, ou plutôt du phalanger Quoy(phalangista Quor, Zoologie de l'Uranie, p. 58, pl. VD), si sa petite taille, la forme de

sa tête et le développement de sa queue, comparés aux autres proportions du corps, ne nous autorisaient à l'en séparer.

Le couscous à grosse queue, en effet, n’a que douze pouces huit lignes du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a de longueur dix-sept pouces : elle est revètue de poils trèsabondants et très-fournis à son origine, dans une longueur de dix pouces et quelques lignes. La tête a trois pouces moins quatre lignes de l'occiput au bout du museau. Ramassé dans ses formes, mais d’ailleurs bien proportionné, ce phalanger, de deux tiers plus petit que l'espèce précédente, est généralement recouvert d'un feutre épais et grossier, d'où sortent abondamment des poils soyeux et noirs, qui le dépassent de beaucoup. Les dents ne diffèrent point de celles du phalanger tacheté, dont elles ont la forme. Seulement, les deux incisives supérieures sont plus rapprochées : celles d’en-bas, plus élargies, sont plus obliques en avant. Enfin, au lieu des trois fausses molaires de chaque côté de la mâchoire inférieure, il n’y en a que deux.

Les oreilles de cette espèce sont plus saillantes que dans le couscous tacheté; elles sont également poilues au dedans comme au dehors. Le front et le chanfrein sont tout d'une venue, le museau, pointu, effilé, donnant à la tête la forme de celle d'un maki. Le poil qui les revêt est court, roussâtre ; le tour des yeux est brun; les poils des oreilles sont blancs, ainsi que la gorge et le dessous du cou. Tout le corps et la partie extérieure des membres sont d'un gris-cendré, ondé de brunâtre. Les poils de la queue sont cendrés, roussàtres, plus noirs à l'endroit où ils cessent sur la queue. Le ventre et le dedans des cuisses sont blanchâtres. Les poils qui recouvrent les doigts sont noirs, les ongles jaunes. La partie dénudée de la queue, comme carénée en dessous, est rougeätre.

Cette espèce, dont nous n'avons possédé qu'un individu , habite le havre d'Offack, sur la grande île de Waigiou.

Ç IT. ÆAuriculs disténctis, intûs nudis.

COUSCOUS BLANC, Cuscus albus, N.

PHaLANGISTA ALBA ct PH. RUFA, Geoff., J’élins du Muséum, t. IV, n° 7 et 8; Desm., 412° Mamm.; Cuv., Règne anim., t. 1, pag. 178.

DipEcpHis ORIENTALIS, Lin.; Gm.

PHALANGER FEMELLE, Buff., t. XIII, pl. X.

PHALANGISTA CAVIFRONS, Temm., Monog. 17.

Kapoune DES NÈGRES DU PoRT-PRASLIN, à la Nouvelle-Irlande.

PLANCHE VI. ( Mâle.)

Cuscus ; pilis in universum sub albis : vittä dorsali longitudinalique fulvä. Auribus intùs nudis, extra pilosis.

Nous ne dirons que peu de choses sur cette espèce, distinguée, dans ces derniers temps, par les auteurs dont nous avons cité la synonymie, et qui parait être l'espèce que Valentyn a désignée sous le nom de coescoes, et qui est très-mal figurée dans Seba, t. 1, pl. XXXIX, mais qui est beaucoup mieux décrite dans le texte. Plusieurs individus âgés, que nous nous procuràmes au Port-Praslin de la Nouvelle-Irlande, par 3° 50° de lat. Sud, et 150° de long. Est ,annoncent que le couscous blanc, qui constitue une espèce nette et distincte, s'ayance également au Sud-Est de la Nouvelle-Guinée, et qu'on doit le rencontrer sur toutes les iles de la Louisiade, de Santa-Cruz, de Bouka, qui forment des archipels étendus à lorient de la grande terre des Papous. M. Temminck indique Banda et Amboine pour sa patrie; et M. Labillardière dit également avoir vu des phalangers dans cette dernière ile, où nous n'en rencontrâmes point.

L'individu que nous nous procuràmes est mâle, adulte et parvenu à toute sa croissance. Sa taille est beaucoup moins développée que dans le c. maculatus. Les membres et la queue sont également, et toutes proportions gardées, plus courts. La queue est velue jusqu'à moitié de sa longueur, terminée en pointe poilue sur sa face dorsale. On remarque, enfin, une légère modification dans le système dentaire; mais ce qui caractérise plus particulièrement cette espèce sont les oreilles, dont le cartilage est ovalaire, pointu supérieurement, complétement nu à l’intérieur, et velu à l'extérieur. La tête est plus petite, le museau plus élargi, mais moins concave que dans le couscous tacheté. Les mains et les pieds sont moins forts; la queue est également rugueuse et verrugueuse en dessous. Le pelage est très-épais, très-cotonneux, maïs en même temps abondamment garni de poils plus longs, grèles, très-fins et brunâtres. Les doigts sont légèrement velus, et les ongles sont bruns.

La couleur du phalanger que nous décrivons est partout d'un blanc uniforme, sale, auquel se mêle une légère teinte fauve sur le dos, qui, en s'épaississant, forme, depuis la crète occipitale jusqu'aux lombes, et sur la rangée épineuse, une ligne dorsale, rousse, très-apparente. Le scrotum a la forme d'un sac volumineux, long de dix-huit lignes, revétu de poils blancs et courts. Le bout du museau est brun. Toutes les parties inférieures sont blanches, et la poitrine et les épaules ont une teinte jaunâtre prononcée.

Sa longueur, du bout du nez à la naissance de la queue, est de vingt pouces six lignes : celle de la queue, treize pouces et demi ; celle de la tête, quatre pouces; des oreilles, sept lignes; du poignet au bout des ongles, dix-huit lignes ; de la plante des pieds, deux pouces et demi.

Nommé #apoune par les Nègres insulaires de la Nouvelle- Irlande, ce couscous y parait extraordinairement commun; car

les naturels nous en apportaient chaque jour un grand nombre. Il vit sur les arbres; et, malgré le soin avec lequel il s’y cache, une odeur fétide, fragrante et très-expansible, le décèle au loin ‘. Souvent, en parcourant les forêts séculaires de cette île immense, l'odorat était vivement affecté par ce singulier animal. M. Cuvier dit qu'en le fixant avec plus ou moins de constance sur la branche où il est cramponné par sa queue, il finit par tomber. Ce serait donc de cette manière que les habitants du Port-Praslin prenaient ceux qu'ils nous apportaient journellement à bord, et qu'ils nous vendaient en vie, après leur avoir brisé les jambes, et passé dans la bouche un morceau de bois, afin sans doute de les empêcher de mordre. Les naturels de ce point du monde aiment passionnément la chair très-grasse du couscous blanc; c'est pour eux un régal délicieux dont ils sont friands, et ils se bornent à faire rôtir l'animal dans sa peau, avec le poil et sur les charbons ardents, après en avoir ôté seulement les intestins. Mais telle est son abondance, qu'ils faconnent avec ses dents de longs chapelets, qui servent à la décoration de leurs armes ; ou ils s’en font des colliers et des ceintures, longues de plusieurs brasses.

Mentionnée, dès 1951, par le voyageur Barchewitz, qui indique des couscous dans l'ile de Léthy.

ZOOLOGTE. 161r

GENRE KANGUROO, Kangurus, Geoff.

Diverpris, Gmn.

Macropus, Shaw.

Hazmarurus, Illig.

KANGOUROU OUALABAT, Kangurus ualabatus. N.

KanGURUS BICOLOR, /’élins du Muséum, et Nouv. Dict. d’hist. nat., 1° éd. KAnGuROO D'AROÉË, Kangurus Bruni, Desm., Mamm. /20.

Non le Dinecpais Brunn *, de Gm. et de Valentyn.

OuALABAT, des naturels des environs de Sydney.

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