PLANCHE VII
Pilis insuper brunneis, fulvis infra. Caudé longissimä, ore, manibus, pedibus, et caudæ parte superiore, aterrimis. Genis grisers; auricularum pilis inferioribus crocets.
Nous conservons à cet animal le nom qu'il porte chez les naturels de la Nouvelle-Galles du Sud. On en trouve dans les Vélins du Muséum (tom. IV, n° 18) une figure inédite, peinte d'après une peau en mauvais état, qui provient du cabinet du Stathouder. Mais nous pensons que c'est par erreur qu'on lui a donné, dans plusieurs ouvrages francais, le nom de kangourou d'Aroé, en lui appliquant à tort les courtes descriptions du flander de Valentyn( Amb., t. III, p. 272), et de Lebruyn (Por. aux Indes). Le kangourou d'Aroë, habitant des climats placés
! La phrase spécifique du Systema naturæ est : Caud& brevi, calvä, vedibus posticis longioribus tridactylis.
Voyage de la Coquille. — Z. Tom. 1. 21
sous l'équateur, diffère notablement du kangourou oualabat, qui est très-commun dans le district de Cumberland, à la Nouvelle-Galles du Sud, et par des latitudes assez éloignées du tropique du Capricorne. Chaque jour, on observe cette espèce en abondance au marché de Sydney, où elle est connue sous le nom de kangourou de buisson, que lui donnent les colons anglais.
Le kangourou oualabat est à peine de la moitié de la taille du 4. labiatus où macropus major de Shaw. Il a le même aspect et les mêmes formes que les autres kangourous de l'Australie. Cependant, son mufle est moins prononcé que dans les grandes espèces : ses extrémités antérieures sont minces; les oreilles sont allongées, le museau est plus effilé, les membres postérieurs sont robustes , et la queue est forte et longue.
Les poils du museau en dessus sont courts et noirs; ceux du front sont gris; des poils plus fins et plus longs bordent la lèvre supérieure et le dessous de l'inférieure. Les joues sont assez velues, grises, ainsi que la gorge. Les”oreilles sont ovalaires, pointues, nues en dedans, garnies extérieurement d’un poil ras, de couleur noire au sommet, et d’un roux vif à la base. Les deux dents incisives supérieures sont un peu plus longues que les latérales : celles d'en-bas, courbées en avant et séparées l'une de l’autre, se terminent en pointe mousse. L'occiput est légerement fauve. Les membres et le dessus du corps sont revêtus de poils longs, droits, mous, gris à leur racine, blancs-jaunâtres à leur pointe, et comme annelés de noir et de blanc. La teinte des flancs est claire, tandis que celle des lombes et du dessus de la queue est d’un brun-foncé. Cette dernière partie est abondamment recouverte de poils très-noirs et plus fournis en dessus, et à son extrémité où ils forment une touffe de couleur roussàtre. Deux taches d'un gris-brun uniforme occupent le dessous des épaules. Tout l'abdomen, la poitrine et la gorge sont recouverts d’un poil plus épais, plus grossier, tirant sur le
Jjaune-roux. Le feutre est d'un gris-cendré; les poils des mains
et des pieds, ainsi que les ongles, sont d'un noir intense. Les dimensions de l'individu figuré sont les suivantes :
pieds pouces lignes mètres.
Longueur totale du bout du museau à l’origine de la QUE AGE en ee ab da Ne 2F TT TO ONCE mm mn Lo tale de li QUEUC. ne 02011160 45 et denlaLTétE ne ARE AN ec IE ON PROMO ——— des oreilles........................... ONTARIO 00 ——— du bout des ongles jusqu’au coude........ OCTO RMEON2 07 ——— de la cuisse jusqu’au talon............... CO MONO NME A) ——— du talon à l’extrémité de l’ongle du milieu.. o 7 6 o 203 mr des Onolesiteslatmain "PP APRES ELEETE OMMONNTMOMIGTO ——— des ongles du doigt du milieu du pied..... ON OT OMION2
Tels sont les caractères spécifiques du kangourou oualabat, qui est parfaitement décrit, dans la Mammalogie de M. Desmarest, sous le nom kanguroo d’Aroë (n° 429; et tom. XVII, pag. 42, Nouv. Dict. d'hist. nat., 2° édit. }; mais, comme il est extraordinairement abondant aux alentours du Port-Jackson, et par conséquent dans une zone assez froide de la Nouvelle-Hollande, on conçoit qu'il ne peut être le pélandoc * ou lapin d'Aroë, propre au climat brülant des Moluques et du Nord de la Nouvelle-Guinée. C’est très-probablement ce dernier, encore inédit, que notre commis aux revues, M. Gabert, se procura, pendant notre relâche, à la Nouvelle-Guinée. Cet animal, que cet officier acheta à des Papous, fut conservé en vie, pendant quelques semaines, à bord de notre navire, et
© Le nom de Pélandor est une faute typographique, copiée par tous les naturalistes successivement. Valentyn dit : « Le f#/ander est nommé pélandoc aroé par les Ma- « lais, et chat d’Arou par les Hollandais, et aÿir par les naturels d’Arou. » Quant au nom de chat d’Arou, il est à présumer que Valentyn ici confond le phalanger avec le filander (Valentyn, 4mboine, 1. III, p. 272).
disparut un jour, sans que personne püt savoir ce qu'il était devenu; probablement qu'il tomba à la mer. I! eût été d'un haut intérét à faire connaître et eut levé tous les doutes sur la véritable espèce décrite par Valentyn et par Lebruyn, comme le représentant naturel et le premier type, sous l'équateur et dans les iles Moluques, d'un genre nombreux en espèces sur les terres de la Nouvelle-Hollande.
Ainsi donc l'animal que nous nommons provisoirement kansourou d'Aroë ( kangurus veterum, N.), est appelé podin par les Papouas du havre de Doréry à la Nouvelle-Guinée. IL présente tous les caractères extérieurs des kangourous australiens, quoiqu'il en diffère par les dimensions des membres. Sa taille est celle du lièvre commun : ses oreilles sont proportionnellement plus courtes que dans les autres espèces connues. Sa tête est arrondie, à museau plus conique ét moins rétréci que dans le oualabat. Le cou est moins grêle. Les membres antérieurs sont plus allongés, plus forts et plus robustes; ceux de derrière sont moins longs et plus gros. La queue est d’un tiers plus courte. Son pelage est uniformément brun sur les parties supérieures du corps, passant au gris sur les parties inférieures. Le caractère de l'individu qui vécut à bord était très-doux et très-paisible. Il aimait la viande, quoique ce genre de nourriture ne füt pas approprié à son organisation. Îl flairait les aliments qu'on lui présentait à la manière des autres kangourous, et,commeeux,illessaisissait avec ses deux mains. Nous éprouvons le regret de ne pouvoir fournir de plus complets renseignements sur une espèce inconnue des z00logistes, et qu'il eüt été si intéressant d'ajouter à nos collections.
Nul doute que Valentyn, en parlant d'un animal de Banda et des iles d’Ærou, placées presque sur les côtes de la Nouvelle- Guinée, n'ait eu en vue le kangourou dont nous parlons ici, et que c'est à tort qu'on a pris pour lui le 4. oualabat, qui vit exclusivement dans des latitudes plus élevées.
ZOOLOGIE. 165 Quant au filander décrit par Lebruyn ‘(t. I, p. 347, fig. 213),
et dont ce voyageur donne une assez médiocre figure, il serait possible que ce fut encore le pélandoc; et voici textuellement ce qu'il en dit :
« Étant à la maison de campagne de notre général (ile de « Bantam ), je vis un certain animal, qu'on nomme f{{ander, le- «quel a quelque chose de fort singulier. Il ÿ en avait plusieurs «qui couraient en toute liberté avec des lapins, et qui avaient « leurs tanières sous une petite colline, entourée d’une balus- «trade. Les jambes de derrière sont beaucoup plus longues que «celles de devant; et cet animal est à peu près de la grandeur «et du poil d'un gros lièvre, et a la tête approchant celle d'un «renard, et la queue pointue. Mais ce qu'il y a de plus extra- «ordinaire, c'est qu'il a une ouverture sous le ventre, en forme «de sac, dans laquelle ses petits entrent et ressortent, même «lorsqu'ils sont assez gros. On leur voit assez souvent la tête et «le col hors de ce sac; mais lorsque la mère court, ils ne pa- «raissent pas, et se tiennent au fond, parce qu'elle s'élance fort «en courant. »
‘ Voyages de Corneille Le Brun (Lebruyn }, par la Moscovie, en Perse et aux * Indes orientales, 1718, in-4°.
re 0 ———
GENRE ORYCTÈRE, F. Cuv., Bathyereus, llig.
RAT-TAUPE HOTTENTOT, Bathyergus hottentotus. N. PLANCHE II, fig. 2, de grand. nat.
B. minor; pilis insuper brunneo-griseis concoloribus, subter cinereis : caud& brevi, planä, pilis ciliatis accinctd.
Les oryctères ou rats-taupes, dont on ne connaissait que deux espèces (les bathyergus maritimus, Desm., 519, et D. capensis, Mamm. 520 ), n'ont été observés, jusqu'à ce jour, qu'à l'extrémité australe de l'Afrique, où ils vivent dans les dunes des environs de la ville du Cap. C'est dans la même contrée que l’un de nous, après son naufrage (M. Garnot), rencontra la troisième espèce que nous décrivons ici, et qui se distingue des deux précédentes par sa petite taille et par la teinte uniforme et sombre de son pelage. Elle semblerait être une variété minor du georychus d'Illiger, ou bathyergus capensts ; mais les dimen- * sions plus faibles de toutes ses parties et sa couleur doivent autoriser à la considérer comme formant une espèce assez distincte.
L'oryctère hottentot a quatre pouces six lignes de longueur totale, depuis la naissance de la queue jusqu'au bout du museau. La tête a quatorze lignes : la queue a cinq lignes, sans y comprendre les poils qui la dépassent de six lignes. Les bras et l'avant-bras n’ont de longueur que six lignes : la main, de la face palmaire au bout des ongles, a six lignes; les doigts du milieu en ont trois, et les ongles ont moins d’une ligne. La face
ZOOLOGIE. 167 plantaire a neuf lignes : les doigts du milieu, trois lignes; sa circonférence dans la partie la plus large est de quatre pouces.
Le corps est cylindrique ; la tête est courte, arrondie, conique, à museau obtus et comme tronqué. Les yeux sont extremement petits et très-peu visibles. On ne peut apercevoir aucune trace d'oreilles extérieures. Les membres sont courts et grèles. Les deux doigts du milieu sont réunis jusqu'à près de la moitié de leur longueur. Le pouce et l'index sont les plus courts et d'égale longueur à peu près. Les ongles sont très-petits et très-faibles. La queue est aplatie, très-courte, et comme ciliée par des poils peu fournis, allongés, qui partent des bords et de son extrémité. Le bout du museau est nu, et de couleur de chair, garni de barbes fines à la mâchoire supérieure. L'oryctère hottentot est recouvert de poils très-fournis, très-courts et très-soyeux. Toutes les parties supérieures du corps sont d’une teinte gris-brun uniforme, et comme lustrée, se fondant sur les côtés avec la couleur grisàtre des parties inférieures et des mains et des pieds. Cette espèce n’a aucune tache blanche, ni près de l'oreille, près de l'œil ou sur le vertex, comme on en voit sur ces parties, chez l'oryctère cricet (D. capensis, mus capensis de Pallas, Gm.). Le pelage est généralement de couleur brune à la naissance de chaque poil, et ce n’est qu'à sa pointe qu'il prend l'aspect ou gris-brun ou grisätre que nous avons indiqué.
Ce petit rongeur, par la faiblesse de ses ongles, doit prineipalement se servir de son museau pour se creuser des galeries dans le sable. Celui que nous décrivons à été tué à vingt lieues de la ville du Cap, près le village de la Pearl, non loin des montagnes de Drackenstein. C'est indubitablement de cette espèce dont Allamand ( Suppléments à l'histoire des Quadrupèdes de Buffon) veut parler, lorsqu'il dit : «M. Gordon a vu, fort «avant dans l'intérieur du pays, une espèce beaucoup plus pe- «tite et de couleur d'acier : aussi lui en donne-t-on le nom
«au Cap.» (Buffon, t. XX, p. 185.)
Gevre LIÈVRE, Lepus, Linn.
LAPIN DE MAGELLANIE, Lepus magellanicus. N.
Pilis omninôd atro-wiolaceis, albis passim sparsis : auriculis fuscis, ca- > 1e Je
pite brevioribus ; macul& alb& naso, interstitio narium, mento, gulæ,
frontique.
La nature, en créant les animaux, a donné à plusieurs d’entre eux des caractères généraux, qui nous permettent d'en former des genres, et des caractères particuliers, qui servent à isoler les espèces entre elles. Mais les nuances qui peuvent servir à distinguer ces espèces dans quelques familles sont si peu précises, et sont si évasives, qu'il est presque impossible de les rendre sensibles par une description. Soumettant ensuite à la domesticité plusieurs des animaux utiles, l'homme est venu apporter parmi eux des causes nombreuses de variations, qu'on ve remarque point chez les individus sauvages; et c'est ainsi que des croisements de races, ou l'éducation, ou l'influence du climat, ont donné à la même espèce des couleurs différentes ou une livrée étrangère. Si, par exemple, des caractères zoologiques, nets et précis, manquent pour isoler le lièvre de nos contrées d'avec le lapin, on conçoit combien il est plus difficile encore de tracer la différence de ce dernier avec les espèces qui vivent sur divers points du globe, où elles sembleraient, en émigrant avec l'homme, avoir subi de profondes altérations. Quoi qu'il en soit, il se peut que le lapin des terres magellaniques, que nous décrivons, ne soit qu'une variété du /epus cuniculus de Linné, portée sur les iles Malouines par les Fran-
çais qui y tentèrent un établissement en février 1764, et qui y déposèrent des chevaux et des bêtes à cornes, prises à Monte- Video, et qui y vivent encore. Mais cependant, après un examen attentif, et forts surtout de l'opinion du baron Cuvier, nous ne balancons pas à la resarder comme une espèce distincte, dont la souche provient indubitablement de la Patagonie. Les anciens navigateurs nous apprennent, d'ailleurs, que les lapins sont tresabondants sur les bords du détroit de Magellan, et il n'est pas improbable que l'espèce qu'ils indiquent ne soit celle que nous décrivons *.
Le lapin magellanique est de la taille du lapin sauvage de France, et a iles mêmes formes. Son pelage est très-fourni, soyeux, et entremélé de poils bruns, formant un épais duvet lanugineux en dessous. Destiné à vivre dans les hautes latitudes australes, la nature a pourvu à le préserver de ces climats froids et tempétueux. Il est entièrement, surtout le corps sans exception , de couleur noire, mélée de violâtre, et parsemé d'un grand nombre de poils blancs. Quatre taches, blanches, arrondies, qui se dessinent nettement sur le fond noir de la robe de l’animal, occupent le milieu de la poitrine, la moitié de la lèvre inférieure, l'extrémité du nez et le sommet de la tête. Les jambes sont assez courtes et minces; les doigts sont munis d'ongles forts et robustes, cachés dans des poils abondants, grossiers, d'un noir-roussàtre foncé, garnissant les mains et la plante des pieds. La tête est un peu obtuse, arrondie, à front convexe. Les oreilles sont plus courtes que la tête, caractere opposé à toutes
* Magellan, le premier Européen qui ait abordé dans la partie Sud de l'Amérique en 1520, en décrivant les animaux du port Saint-Julien, sur les bords du détroit qui porte son nom, dit formellement : «On y trouve des autruches (randou), des renards «(chien antarctique), et des lapins plus petits que les nôtres. » Desbrosses, t. I, pag. 133. Ce même fait est consigné pag. 38 de la 7raduction francaise du Journal de Pigafetta ( 1 vol. in-8°, Paris, an 1x ).
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les variétés domestiques du lapin, chez lesquelles ces parties se développent considérablement. La queue, également noire, est courte et recourbée en haut. Les oreilles sont brunes-rou-
geàtres.
pouces lignes mètres.
Longueur du corps entier, du bout du museau à l’anus.... 16 8 o 41 Hauteur du train de devant... ............ MIRE 6 6/10 176 ——— du train de derrière.......... gore... OMS MONT Longueur de la tête, du nez à l’occiput................. HAN E NO 122 à EL EE LE LE EU AE EN ACIER Ts DHRDINO NON ——— du tronçon de la queue...................... » 18 O O41 ——— de lavant-bras, depuis le coude jusqu’au poignet.. 2 6 o 068 ——— depuis le poignet jusqu’au bout des ongles... ..... » 14 Oo 032 ——— de la jambe, depuis le genou jusqu’au talon... .... 2 6 o 068 ——— du pied, depuis le talon jusqu’au bout des ongles. 2 6 o 068
Le lapin des terres magellaniques vit, par petites troupes, dans les terriers qu'il se creuse dans les vallons rétrécis ou dans les dunes des bords de la baie Française aux iles Malouines, près l'anse Chabot, et aux alentours du camp de l’Uranie. Il s'établit près des ruisseaux et sous les bouquets du seul et frèle arbrisseau de ces climats, le chrliotrichum amelloides , Cass., au milieu d'un grand nombre de lapins, dont le pelage est, au premier coup d'œil, celui de l'espèce sauvage européenne. Il ne nous a paru différer en rien, par ses habitudes, autant que nous avons pu l’observer dans nos diverses excursions, des lapins qu'on trouve en France.
GENRE COCHON, Sus, Linn., Cuv., Desm.
COCHON DES PAPOUS, Sus papuensis. N.
BÈNE, dans la langue des Papous de Dorérry.
PLANCIIE VIII, + de grand. nat.
Corpore gracile; sacculo molli sub oculis destituto : dentibus caninis non alis longioribus. Setis subtus brunneo-fuscis, infra albis, atro annulatis. Caudä brevissima.
À l'examen des formes extérieures de ce cochon adulte, on serait tenté de le rapprocher du cochon de Siam, dont il a le port et un peu la physionomie générale. Cependant, lorsqu'on descend dans les détails, il s'en éloigne trop par les caractères qui lui sont propres, pour ne pas constituer une espèce, fondée principalement sur la disposition des dents.
La tête osseuse de cet animal est beaucoup moins longue que dans le cochon ordinaire, toutes proportions égales d’ailleurs. Les côtés du museau sont moins concaves, et sont sans enfoncement sur la mâchoire supérieure : ils sont droits, et le rebord des alvéoles destinés à loger les défenses est légèrement élevé, mais non déjeté en dehors comme dans l'espèce commune.
La formule dentaire est celle-ci :
Incisives +, Canines —, Molaires =. Au ToTaAL : 36 :.
* Les parties osseuses présentent une ouverture en arrière de chaque dernière grosse F5)
La longueur de la crête occipitale à l'os du boutoir est de neuf pouces et demi; celle du frontal au rebord du maxillaire inférieur est de quatre pouces trois lignes. Le maxillaire inférieur a six pouces de longueur; et trois pouces d'écartement entre ses branches, dans l'endroit le plus large : il y a, de l’arcade zygomatique aux incisives de la mâchoire supérieure, quatre pouces et demi. Les deux incisives de devant de la mâchoire supérieure sont rapprochées, épaisses et tronquées au sommet. Les deux extérieures sont plus courtes et dirigées obliquement en avant. À quelques lignes des quatre incisives, est placée, de chaque côté, une dent étroite, logée obliquement d'avant en arrière dans un alvéole de l'os incisif, et qu'on ne peut se dispenser de regarder comme une incisive, quoiqu'elle s'éloigne de la forme des quatre antérieures, et qu'elle ressemble à la canine. Celle-ci, mince, peu apparente, se dirige d'arrière en avant, et occupe un espace vide de chaque côté de la mâchoire. Les, molaires antérieures sont transverses, à pointe unique, tandis que les trois dernières présentent-à leur couronne quatre pointes mousses, séparées par des sillons profonds. Les dents de la méchotre inferieure sont à peu près d'égale longueur dans les quatre incisives projetées en avant. Les deux autres incisives externes, plus courtes, ont leur sommet à trois pointes peu apparentes et aplaties latéralement. La canine, de chaque côté, est mince, pyramidaie, très-étroite et peu élevée. Un léger intervalle la sépare de la première molaire, isolée elle-même des quatre autres. Les trois premières molaires sont donc aplaties transvérsalement et à pointe mousse. La quatrième a six pointes parallèles, séparées par deux sillons ; et la dernière en a quatre régulières, et une cinquième plus petite en arrière.
molaire des deux côtés et aux deux mâchoires; ce qui semble prouver que les germes
, " Ô ô ; . ou.
d’une sixième molaire étaient encore renfermés dans l’alvéole, et ce qui porterait à quarante le nombre des dents de cette espèce.
Nous avons observé à bord et à la Nouvelle-Guinée un assez grand nombre de ces cochons parvenus à l’âge adulte : tous à peu près nous présentèrent les caractères que nous allons rapporter.
La taille moyenne de cette espèce est élevée de dix-huit à vingt pouces au plus; et ses formes sont, en général, élancées et sveltes. La tête s'allonge en un groin effilé, et la mâchoire inférieure est un peu plus courte que la supérieure. Le chanfrein est droit, et non convexe comme dans quelques espèces. L’œil est petit : les oreilles sont très-courtes proportionnellement à la tête; elles sont droites, roides et minces sur le bord externe. Le corps est arrondi dans ses formes : les membres sont courts et assez gros. Les pieds sont petits, à sabots peu prononcés et courts. La queue est grèle, terminée par une petite touffe.
Les poils de ce cochon sont médiocrement fournis. Les soies sont assez roides, espacées, plus nombreuses que dans le cochon de Siam et le babi-russa, mais moins que dans les espèces ordinaires. La peau est brune et rugueuse, nue et rougeàtre derrière les oreilles, sur les joues et sur plusieurs endroits de l'abdomen. L'extrémité du museau est garnie de poils noirs, longs, plus abondants sur la mâchoire inférieure et autour des yeux. Deux bandes noires s’avancent sur les branches du maxillaire inférieur.
Les soies, plus fournies, plus denses et plus longues sur le rachis, et particulièrement sur la nuque, sont très-noires. Les poils des oreilles sont ras à l'extérieur, allongés et blancs à l'intérieur : ceux des parties supérieures du corps et des flancs sont couchés, alternativement noirs et rougeàtres, et plus foncés en brun sur les membres, à leur portion externe. Les poils des joues, de la gorge, des flancs et de dessous le ventre, sont blancs, mélés de quelques poils noirs, ou blancs à leur naissance et
terminés par du noir : ceux des côtés du cou sont courts, épais et roides; et nulle part on n’en remarque de frisés. Le tour des yeux est brun : on compte huit mamelles abdominales.
Les marcassins, dans leur premier âge, ont une livrée comme les petits du sanglier. Leur pelage est communément d’un brun plus où moins foncé, ayant sur le dos de deux à cinq raies longitudinales d’un fauve assez vif.
Ce cochon, nommé Béne par les Papous du havre de Doréry, est excessivement commun dans les forèts de la Nouvelle-Guinée, où nous en rencontrames fréquemment. Les Papous en conservent quelques-uns en une sorte de domesticité, en attrapant les jeunes dans les bois, et les renfermant dans des parcs, au-dessous de leurs cabanes. Mais ils ne cherchent point à apprivoiser cet animal, qui retient parmi eux la plupart de ses mœurs sauvages et farouches. Ceux que nous conservames à bord se faisaient remarquer par leur courage, et se disposaient souvent à résister lorsqu'on les agaçait; et, quoique bien plus petits que le cochon de Siam, ils le battaient avec un acharnement peu ordinaire. Au bout d'un certain temps, cependant, ils devinrent assez dociles. Les individus que nous observames étaient solitaires; mais il paraît qu'à certaine époque ils vont par files nombreuses. C'est du moins ce qu'assure le navigateur Forrest, qui les représente ainsi dans les pl. IT et IT de son ouvrage, et qui rapporte que les Papous les chassent à coups de flèches. «Les cochons sauvages, nommés Ben, dit Forrest ( or. « à la Nouvelle-Guinée), passent souvent à la nage, en file, d'une «ile à une autre : le cochon de derrière appuyant son groin sur « la croupe de celui qui le précède.
Les proportions des diverses parties de celui que nous repré-
sentons sont les suivantes :
pieds pouces lignes mètres.
Longueur totale du corps, du bout du museau à l'anus... 3 » » o 975
pieds pouces lignes mètres:
Hauteur 'durtraimde devant." ceriecee MEMONMONMONTOT = tdercelutder derniere te PRE RER 1 8 » o 54x Loncuéunide lartéte MAP RE RE EE POELE ER ORC RES »h On NON 271 ———— desioreilles... 0. EL es AIO) LAON de QUEUE. het mel eee ie DAUN E IONIOS ——— de lavant-bras, depuis le coude jusqu’au poignet. » 5 6 o 149 ——— du poignet jusqu’au bout des sabots. ......... DO MONTS ——— de la jambe, depuis le genou jusqu’au talon.... » 5 6 o 149 ——— depuis le talon jusqu'au bout des sabots... ..... De ONE CS Circonterencerde lairéte- NP AP ONE A ER TA NON 190 ————— denlatportnme sr PR Eee 2 Ne ON 077 ———— ce lelcmemo ose cioieedeenr eC rof:
Longueur des sabots postérieurs .................... D EN O1 020
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La chair du cochon des Papous est très-délicate. Cet animal se nourrit principalement des fruits abondants qui jonchent le sol des forêts de cette contrée, tels que l'évy, la muscade, la moelle des vieux sagoutiers, et les racines nutritives qu'on y rencontre à chaque pas. Cette espèce, par l'ensemble de ses formes, le manque de défenses, et sa queue réduite à un état presque rudimentaire, semble former le passage du genre cochon à celui des pécaris ( Dicotyles, Cuv. ), qui vivent dans les régions chaudes et tempérées du continent d'Amérique. Les grandes iles nombreuses de la terre des Papous, si riches et si peu connues, fourniraient ainsi la nuance qui réunit ces deux genres; mais nul organe, analogue à la glande des pécaris, n'existe sur notre espèce, qui n'exhale point d'odeur alliacée ou fétide, dont la chair est savoureuse, et qui a quatre sabots à chaque pied. Le cochon ordinaire a douze mamelles : celui des Papous ne nous en a présenté que huit, nombre qui le rapproche encore, par ce caractère, du pécari; car M. F. Cuvier n’a pu en trouver que deux chez l'individu qu'il a figuré. Plusieurs de ces animaux,
que nous conservâmes à bord de notre corvette, se familiarisèrent à la longue, recherchaient les caresses, et se montraient jaloux de celles que l'objet de leur amitié prodiguait à d’autres; et c'est principalement sur un jeune chien que se portait toute leur sollicitude. Ils se couchaient à son approche, se laissaient agacer par lui, et chacun d'eux paraissait mécontent lorsqu'il l'abandonnait pour Jouer avec quelque autre animal.