‹ Voyage autour du monde (volume 3)Chapitre 39 sur 45 · SARATOGA ET RETOUR. 6A · texte numérisé non relu

SARATOGA ET RETOUR. 6A

Cherbourg, où les sîens TatteDdaîent avec impatience pour les plus pures joies de la fan)î<le! — Il y a plus eucore! la France perdait en lui un de ces monns c royjnts, à rame bauîe, à l'esprit savant, au cœur incorruptible, qui, modestes en temps de poix, fuyant le bruit des bonneurs vulgaires, deviennent à l'heure du danger des hommes enthousiastes et héroïques, plu« fermes que le bronze des canons! — Certes, notre modeste groupe a voulu rester b^en loin du bruit dans ses lointaines pérégrinations, mais je sens pourtant, à cette heure douloureuse, combien de larmes vont couler sur notre long silbge autour du monde, à mesure que cette nouvelle ira frapper les cœurs de tous ceux qui , même pendant une heure , ont connu Fauvel, c'est-à-dire qui Tont aimé.

3 septembre 1867, à bord du Pereire, en vue du Havre.

Au moment où, le 16 août, nous avions mis de nos mains tremblantes le corps de notre Fauvel dans le triste cercueil , le prince en me serrant dans ses bras m'avait dit avec une profonde douleur : « Hélas! jamais l'exil n'a tant brisé mon cœur; je ne puis même pas ramener à la veuve et aux orphehns celui que j'ai aimé comme un père, et qui est mort auprès de moi ! Nous n'avons tous deux qu'une même pensée : laisser là notre voyage et donner à la veuve la seule consolation qui puisse lui rester, en lui rapportant ces chères dépouilles ; mais nous allons avoir aussi un autre chagrin , celui de nous séparer après avoir vécu, tant de mois et sur tant de mers, de la même vie et des mêmes battements de cœur. Puisque la patrie vous est ouverte, tandis que je dois retourner en Angleterre, c'est vous qui aurez du moins cet adoucissement à nos larmes, de rendre à Cherbourg les derniers honneurs à notre ami si regretté. »

Le 24 août, sur le pont du Pereire, je dus donc me séparer de ce prmce auquel depuis l'enfance j'avais voué ma vie, et qui, pendant dix-sept mille Ueues, m'avait de plus en plus comblé de bonté et rempli d'admiration. Je l'aime avec tant de passion et de culte, je l'ai vu partout si aimant, si instruit, si noble , et surtout si Français , que ma voix est trop humble pour définir l'émotion et la reconnaissance de mon cœur qui lui doit trop !

Et voici , après dix jours d'une traversée rapide , les rivages du Havre qui se dessinent en avant de notre beau navire! Voici ma famille vers laquelle mon cœur bondit d'impatience et d'amour ! Voici la patrie où nous avions tant rêvé de revenir joyeux , et où je rentre seul , avec un cercueil !

Après avoir réiiui en un seul volume les trois livres de M. le comte de Beauvoir, nous croyons que c'est justice de rappeler ici au lecteur les témoignages publics qui, en dehors de l'approbation générale de la presse, ont en quelque sorte consacré Tœuvre véridique du jeune auteur.

L'Éditeur, Henri PLON.

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