‹ Voyage autour du mondeChapitre 1 sur 11 · RUE GARANCIÈRE · texte numérisé non relu

RUE GARANCIÈRE

s flUSTR.ILIE.

Binent -en sombres couleurs sur la blancheur va< lanle iJes voiles de l'avant, le navire s'airâte presque" court : sa voilure de [rois mille mètres canes de toile est masquée et gonflée en sens inveise par le vent, qui a sauté bout pour bout en une seconde; c'est une heure d'angoisse poignante, et nous ne sommes sauvés que par l'énergie du capilaine, qui est un excellent marin. — Nous sommes pr6s de Madère, et celte île enchanteresse, aux forëfs de géraniums et d'orangers, est le point oii cessent uos épreuires. La brise douce et régulièie " adonne i ; nos yeux iaqurels cherchent sur l'horizon les il<;s Canaries, et le Pic de Tènèriffe nous apparaît dans toute sa majesté : nous en sommes encore â 75 milles {129 kilom.).

En ce moment la masse de neige argentée brille de lout son éclat; peu à peu les rayons de pourpre du soleil cessent d'éclairer une a une les voiles pâlissantes du navire ; ils fuient successivement et vont se concentrer sur la cime neigeuse, pour couvrir insensiblement sa blancheur éclatante du rose le plus transparent. Nous nous trouvons dans le crépuscule, cnvclopjiés de je ne sais quelle leinle sombre, mais le Pic brille encore I Une rougeur étincelanle s'est réfugiée à son sommet ; une multitude de petits nuages forme autour de lui une auréole légère, et quand le dernier rayon d'un soleil de feu vient mourir sur cette neige rosée, la brise du soir disperse ces

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