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84 VOYAGE Juillet 1818.
Le 18.—La pluie cessa le matin , et le temps permit à nos gens de sécher leurs effets et de se refaire. Dans l'après - midi il vint plusieurs pirogues avec des fourrures, ce qui parut faire beaucoup de plaisir à Youtchkitau, qui était tout honteux depuis notre entrée dans le canal où il s'était montré si mauvais pilote. À trois heures, une belle pirogue armée de quinze hommes arriva lelong du bord. Ayant reconnu Katahanack, chef d'Houtsnau ,'et son fils, je les invitai à monter'à bord, et'ils dinèrent avec nous. L'arrivée de ces personnages et l'accueil que’je leur faisais, parurent mécontenter Youtchkitau; mais il prit bientôt. des: manières plus amicales, s’entretint avec eux, et'écouta avec beaucoup d'attention un long récit qu'ils lui firent, à la suite duquel il se répandit en exécrations contre les habitans d’Ako (1). Peu de temps après une grande pirogue entra dans la baie par la pointe de l'Est. Le chef et son fils sembarquèrent aussitôt dans la leur, préparérent leurs fusils, dont ils avaient dans un coffre un nombre plus que suffisant pour celui
(1) Village situé à la partie Est de l'extrémité Nord de l’île de l'Amirauté, qui forme une langue de terre.
let 1818.
emps et de Ieurs faire “était canal trois uinze onnu ls, je avec
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AUTOUR DU: MONDE. 85 Juillet 18:18.
de leurs gens, et allérent au-devant des nouveaux venus qui s’approchaient : en: chantant, Arrivés à petite distancei;ils hélérent la pirogue étrangère qui s'arrêta ét fut aussitôt abordée de long en long par celle de Houtsnau. Il se fitun mouvement d'armes dans :les: deux embarcations, on ‘se disputa un:moment avec chaleur, un des étrangers fut frappé! et iomba:sous le coup. $es compagnons cédérent aussitôt: «Lies gens de Katahanack enlevèrent des peaux, des fusils, et se retirérent avec précipitation par:la passe entre les deux îles. La pirogue pillée vint à bord ; elle appartenaït a‘A ko et portait quinze hommes et une femme, qui gouvernait, Le blessé, qui avait reçu au front:ur coup de poignard de la main du jeune * chef, fut pansé par M. Vimont. Je lui fis un présent ainsi qu’à la patrone qui avait la: lèvre inférieure décorée d’une ‘énorme écuelle (1). Ils ‘äväient soustrait à la rapacité du corsaire, deux peaux qu'ils nous cédérent pour de la poudre.
(G) Cette suis d’écuelle, de forme elliptique, est sxcate à ses deux surfaces, et a communément un demi-pouce d’épaisseur, deux de diamètre et trois de long. Elle cause un écoule-
ment de salive qui n’est pas moins incommode que dégoûtant.
Les femmes la portent comme ornement : dès leur plus jeune
86 A YOYAGE Juillet 18:8.
Youtchkitau donnh toutes les marques de la plus vive :indignetion en voyant la conduite de son compatriote ; il nous parut qu’il avait été joué par lui. Quelques heures après , il, montta lui--mémé autant d’avidité.: Le possesseur d’un manteau dé peau d’élan, ne voulant pas le lui céder äison prix; il me demanda li permission: de le :prendre de force, proposition: que: je r'epouissai avec mépris. se)
Ler19. — vint plusieurs pirogues, mais ans: le — de se opel) par le ! ji ZX! ‘ 4 d 4 age on leur perce * in léves nfésieure avec yne egpèce d'épiage de cuivre ou d'or qu'on laisse dans l'ouverture, ou bien un aitienu de mêmé métal, ae Téd jeunes filles conservent jusqu’à l'âge :de ‘puberté. On: substitué à lépingle où à Panneau te petite écuelle, eggnite une plus grande, à, proportion.de l'ouverture; mais ordinairement que éouelle est de Ja grandeur cidessub indiquée. FPE
‘Je n'al vu'que des femmes ‘avec/dette paturèl bitarre ; éepen- Pape ques Indiens de l’anse du Prince Guilladme se font aussi une seconde bouche à laquelle ils attachent un ornement “plat et étroit, tiré d'un coquillage solide et d’un os découpé comme une scie, du côté! qui parait. D’autres se percent ‘la lèvre inférieure de plusieurs trous, et les garnissent de morceaux de coqüilles taillés en forme de clous. Les Indiens ont un goût si passionné pour cette parure, qu’ils mettent quelquefois des clous de fer et même des boutons de cuivre dans la lèvre percée.
Jaillet 2818.
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Juillet 1818.
corsaire Katahanack, elles ne portaient que
des fourrures de peu de valeur, à l'exception d’une seule peau de loutre. Ce contre-temps inopinéfitévanouir lesespérances qui m’avaient porté à visiter cette partie, et me détermina à ne pas y faire un long séjour. Je renonçai aussi au projet que j'avais conçu , sur l'avis de Youtchkitau, de pousser jusqu’à Tchilkat , au fond de la branche Ouest du canal de Lynn , à cause de la difficulté d’en sortir en remontant contre les vents du S. , fréquens dans cette saison, et l'incertitude de trouver des pelleteries chez les naturels de ce canton, connus d’ailleurs pour les plus féroces et les plus entreprenans de la côte. D’après ces considérations, je résolus de sortir du canal au premier vent favorable, et de retourner dans le détroit de Chatham, dont j'avais à regretter de m'être éloigné.
La baie (1) que les Indiens nous ont désignée sous le nom de Koutikikakoa et à laquelle avant de le connaître j'avais donné celui de Balguerie, est formée par les deux îles Kit et Haka dont les côtes font un arc coupé en deux
(1) Les pointes extrêmes de la baie gissent Ouest-Nord-Oucst et Est-Sud-Est.
88 VOYAGE Juillet 28:18, parties, par un chenal de moins d’un quart de
lieue. Celle de l'Ouest, appartenant à la grande île, est.la plus considérable. La pointe Ouest et toute la côte de ce côtéest saine et accore. La pointe Est ainsi qu’une partie de la petite île, est bordée de rochers dont un épi qui couvre. la pleine mer, s'étend à trois encäblures de la pointe dans le Nord-Ouest. Le meilleur mouillage est suria côte Ouest, à quelques encäblures de la pointe, où l’on trouve moins d’eau que dans celui que les circonstances me firent prendre plus ‘au Sud. Dans cette partie, on a. l'avantage d’être mienx abrité des vents de S.-E.; mais le fond augmente à mesure qu'on s'approche du canal. À son entrée, la côte Ouest est bordée d’un platin sur lequel il reste peu d’eau à mer basse ; l’autre bande est accore. On trouve trente-cinq brasses par le travers de la passe à une encäblure en dedans, et quarante brasses un peu plus loin. Elle a ‘environ une demi-lieue de long, sur une largeur de deux à cinq encâblures. Il y a beaucoup d’eau et pas de dangers. Les courans y sont forts ainsi qu’à la pointe Est de la baie, où ils causent de violens remoux. Ils se font beaucoup moins sentir
AUTOUR DU MONDE. 89 Juillet 18:18.
dans la partie où nous mouillâmes. Le 17, jour de la pleine lune, la mer fut haute vers une heure et demie. Je ne pus m’assurer de la quantité dont elle marne; c’est de dix pieds environ. F
La baie de Balguerie ( Koôutikikakoa ) est
une position centrale, où, dans des circons-
tances moins défavorables que celles où nous nous sommes trouvés, on peut recevoir les fourrures du canal de Lynn et dela partie Nord de l'île de l'Amirauté. L'eau et le bois sy font facilement à petite distance du bord ; mais ainsi que sur toute la côte, il est bon de pro- : céder à ces opérations en arrivant, pour ne pas donner le tempsaux Indiens de tramer quelques surprises.
Le 20.— Nous appareillämes à onze heures et sortimes par la passe entre les deux îles, sur lesquelles nous aperçümes des ruines d’habitations avec une palissade abandonnée. A midi, à l’extrémité Sud de ce petit chenal, on releva la pointe Retraite au Sud 14 deg. Ouest, à six milles de distance. Une bonne hauteur donna pour latitude 58 deg. 33 min., position plus Nord de huit minutes que celle assignée par
90 VOYAGE Juillet 1818, Vancouver. La distance de la pointe Retraite
me parut aussi de trois milles plus grande que celle indiquée sur atlas, et la largeur du canal entre les îles est incontestablement moindre. Je me crois fondé en raison sur ces détails peu importans, ce parage n'ayant été exploré ou plutôt traversé par les dignes collaborateurs de Vancouver, que dans des circonstances trèspeu favorables. et en partie pendant la nuit.
À dix heures du soir, nous doublâmes la pointe Couvorden, et nous nous trouvâmes à lentrée de Cross-Sound, le cap sur Pile de l’Amirauté à petite distance. Le courant, portant encore au vent alors faible du S.-E., nous empêcha de virer. Après plusieurs tentatives pour changer d’amure, tant vent devant que vent arrière, le navire étant près de terre , la baleinière fut mise à la touline, et prit enfin lof pour lof,
Le 21.—La matinée se passa à louvoyer pour gagner le détroit ; mais le courant, qui fut constamment contraire, paralysapresqu’entièrement | nos efforts, et nous ne fimes que trés-peu de progrès. Il vint de l’île de l’'Amirauté une pi-
rogue qui n'avait pour traiter que de mauvaises
AUTOUR DU MONDE. 91 Juillet 18:18.
petites peaux. Ce qui nous fit encore moins de plaisir, fut la nouvelle de l’arrivée d'un ‘brick que les Indiens avaient vu s’élevant dans le Sud. À quatre heures, le vent passa à l'O. et donna par raffales. Nous embouquâmes le détroit de Chatham que nous n’avions pu atteindre jusque là, et, quoique lé vent eût molli dans la nuit, nous nous trouvâmés à six heures du matin par le travers d'Hoûtsnau. On aperçut dans le port, au Nord près du village, un brick qui tira un coup de canon et hissa le pavillon des Etats- Unis ; nous mîmes le nôtre.
Lea2.—Ivintun grandnombred’Indiensavec des fourrures; mais il n’y eut pas de traite, le seul article demandé en échange étant la poudre, dont je ne voulus pas donner la même quantité que précédemment, Youtchkitau m’ayant fait entendre que ce taux était trop considérable et pouvait être diminué en donnant en compensation des haches et autres outils de fer dont nous étions abondamment pourvus. LesIndiens nous quittérent avant midi : j’espérais les voir revenir, et je me proposais de me relâcher de mes prétentions plutôt que de ne rien faire ; mais mon attente ne se réalisa pas, et j'éprou-
92 VOYAGE Juillet 18:18, vai, comme je venais de le faire en quittant
Houtsnau pour le canal de Lynn, que le mieux est souvent l'ennemi du bien.
Il ne resta le long du bord que la pirogue de Youtchkitau, qui avait amené une de ses femmes, son fils, enfant, et ses trois frères. Je donnai quelques bagatelles à la femme et à l’enfant. Youtchkitau , après s'être long-temps concerté avec ses frères, me témoigna le désir de retourner chez lui pour mettre ordre aux dilapidations que des étrangers y faisaient pendant son absence, sans que ses femmes pussent l'empêcher. Il me fità ce sujet une longue narration, où je ne vis clairement que sa mauvaise foi, son avidité et son effronterie à demander. Il partit à six heures , emportant, outre ce que: je lui avais donné précédemment, un petit assortiment, principalement composé de quincaillerie, mais non certain fusil à deux coups, qui depuis quelques jours était l’objet de sa convoitise et le thème de ses importunités. Afin de vaincre ma résistance , il joua, au moment de son départ, le rôle de blessé en artiste con-
sommé : il feignit une chute qui lui arracha
des plaintes lamentables, le coup, à l'en croire,
Juillet 18:15,
ayant porté sur d’anciennes blessures, dont à la vérité il était couvert.
Dans cesentrefaites, le brick était sorti du'port et portait sur nous; je mis en panne, et il passa à poupe. Nous demandâmes et reçümes réciproquement les renseignemens d’usage. Ce navire, sorti de Boston depuis dix-sept mois, se nommait leBrutus, était commandé par le capitaineNye, qui s’offrit de m’accompagner dans le port, si mon intention était d'y mouiller. Espérant recueillir des renseignemens, j’allai à son bord avec M. Vimont. L'accueil que j'éprouvai du capitaine Nye fut celui de la bienveillance plutôt que de la rivalité. Il parut. étonné. de trouver dans ces parages un navire sans pratique, surtout sortant du canal de Lynn, la partie la plus dangereuse de la côte. « Vous êtes sans » doute venu antérieurement dans ces parages » sur nos bâtimens ? me dit-il; je lui répondis » que non.— Mais vous avez quelqu’oflicier » qui les connaît ?—Aucun.— Comment faites- » vous donc ? — Et vous-même ? — Moi, j'ai » fait trois voyages à la côte comme officier, » avant de commander. — Un de vos compa-
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Juillet 1818.
» triotes a commencé le premier cette naviga-
» tion, sans guide ; je fais comme lui. »
Nous convinmes d'aller mouiller dans le port du Sud au fond de Hood-Bay, préférable à celui du Nord, et de partager les produits de la traite tant que nous serions ensemble; Je re-
vins à bord à onze heures. Le reste de la nuit se passa à courir des bordées. Le Brutus nous gagnait au vent et de vitesse.
Le 23.— Au matin, le Brutus nous envoya son second officier pour nous piloter ; il prit
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ensuite les devans, et nous le suivimes en lon-
geant la côte Sud de Hood-Bay: Nous ran- |
geàmes à petite distance un rocher, à deux
encâblures de la côte, qui était découvert, la
marée du jusan étant presqu’étale./A onze heures
nous entrâmes dans le port, nommé Tchastichl par les Indiens, ct Suddart-Harbour' par les | Américains, du nom du capitaine qui y mouilla É le premier. À midi, le brick laissa tomber son | Î ancre à l'entrée de la petite anse située à l’extrémité Sud-Ouest du port. Peu après, la brise Î étant tombée, nous mîmes à la touline nos deux | baleinières et le canot du Brutus. Les embar- j
Juillet 1818, cations ne pouvant plus gagner, nous mouil-
lâmes une grosse ancre à jet à moins de cent brasses dans l'Est du Brutus. Cette proximité nous obligea aussi à affourcher à contre, c’esta-dire dans le Sud-Est, partie dont les vents soufflent le plus ordinairement et avec le plus de force dans cette saison.
T1 ne vint à bord des deux navires que peu d’embarcations, avec des fourrures d'animaux terrestres seulement. Jallai passer l'après-midi avec le capitaine Nye, qui était incommodé.
Nous parlâmes principalement de la navigation de la côte. Il venait de faire le tour de l’île de l’Amirauté', et n'avait recueilli qu’une seule fourrure. Il me donna des renseignemens sur différens points de la côte.
Il venta bon frais du $.-E. dans la matinée : l'ancre d’affourche chassa. On vira dessus dans un accalmi, et on mouilla celle du bossoir de babord par huit brasses, fond de coquilles brisées, mais à quarante-cinq brasses seulement dans l'Est de la grande ancre à jet, et à une demi-encäblure du Brutus.
Le capitaine Nye ayant résolu de ne pas prolonger son séjour infructucux à ce mouillage
96 VOYAGE Juillet 1818, m'envoya quatre peaux de castor ou de loutres
de terre, moitié du produit de sa traite; la nôtre avait été encore plus insignifiante , il reçut en échange quelques quincailleries.
Comme il était toujours souffrant, j’allai le voir avant son départ. Il me remit une série de papiers américains qui allait jusqu’au mois d'octobre 1817. Nous nous donnâmes réciproquement quelques provisions, dont nous n’étions pas plus riches lun que l’autre, et nous fimes quelques petits échanges.
Afin d’éteindre une concurrence, qui malgré la faiblesse de nos moyens ne pouvait que lui être nuisible , le capitaine Nye me proposa de lui céder ce qui nous restait de cargaison.
Quoique l'expérience m’eùt prouvé l’impossibilité de tirer parti d'objets si mal assortis, jabandonnai toute idée d’arrangement en apprenant qu’il n’était autorisé à me donner en échange que des fourrures de terre. Il m’engagea à passer à Sitka, où devait se trouver le capitaine Davis, co-armateur et supercargue de plusieurs navires de la côte, et muni de pouvoirs plus étendus que les siens.
Je pris pour renforcer l'équipage, qui comp-
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AUTOUR DU MONDE. 97 Juillet 1818.
tait toujours beaucoup de malades, deux jeunes gens des Sandwich des quatre qui étaient à bord du Brutus. Il appareïlla à six heures.
Nous eùmes peu après la visite de Youtchkitau, qui vint à bord avec deux peaux dont il me fit présent. Aprés avoir refusé le fusil à deux coups, ilen demanda un de munition et de la poudre. Il me fit un long récit, où je crus comprendre qu'il m’annonçait beaucoup de fourrures pour le lendemain. Mais cet avis ne se vérifia pas, le peu de pirogues qui vinrent à bord n’avaient à nous offrir que du poisson et des petites fourrures, et Smed, chef que je connaissais depuis Sitka , m'annonça que le plus grand nombre des Indiens étaient partis pour la chasse aux loutres et ne reviendraient pas de plusieurs jours. Cette nouvelle faisant évanouir tout espoir de succés dont je m'étais flatté après le départ du brick , me décida, en attendant la rentrée des chasseurs, d'aller tenter fortune dans Frederick-Sound , où Nye
m'avait fait espérer de trouver les Indiens de la tribu de Kekh.
À huit heures du soir nous appareillämes et sortimes du port au commencement du jusan,
98 VOYAGE Juillet 1818.
et nous dirigeâmes vers Le Sud. Nous fimes peu de progrès la nuit, pendant laquelle il n’y eut que des risées variables et des calmes, ainsi que le lendemain.
Les 25-27. — La nuit suivante, nous nous élevâmes beaucoup à la faveur des variétés du S.-E. au S.-S.-0., et surtout du jusan. Mais tout ce que nous pümes faire le matin fut de nous soutenir contre le flot. Il venta bon frais du S.-E., avec grosse mer et une brume si épaisse , qu’à midi nous ne pümes relever que la pointe Gardner. Les courans, qui me parurent irréguliers, ayant été presque toujours contraires depuis le jour, nous ne pûmes doubler qu’à cinq heures du soir la pointe Gardner, en passant à petite distance des rochers qui sont au Sud.
En avançant dans Frederick-Sound, la brise se modéra et nous trouvâmes la mer belle, mais la brume devint de plus en plus épaisse. Nous primes cependant à huit heures un relevement que, malgré le soin que j'y apportai, je ne pus faire cadrer exactement avec la carte de Vancouver. Nous cûmes pendant la nuit des calmes et des variétés, beaucoup de pluie et une
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AUTOUR DU MONDE. 99 Juillet 1818.
brume épaisse coupée d’éclairs. Nous manœu-
vrâmes pour tenir le navire à mi-canal et ne pas dépasser la pointe Macartney (Est du port Cambden), au-delà de laquelle il se rétrécit et est parsemé de rochers. Le jusan nous servit sous ce rapport, mais il nous porta à plusieurs reprises sur la côte, qu’on ne voyait pas la plupart du temps. |
Le 28. — Ce temps désagréable se prolongea toute la matinée, dont le commencement se passa à manœuvrer pour gagner le large à la faveur des risées. À six heures nous étions en calme plat, lorsqu'un bruit confus de brisans se fit entendre dans le Nord. La sonde donnant en même temps vingt-trois brasses, gravier et coquilles brisées, on mouilla l'ancre à jet. Le navire évita au jusan qui portait Sud-Ouest. À sept heures trois quarts, le rideau de brume se levant, on eut connaissance des terres de l’île de l’'Amirauté, dans la partie du Nord, les plus
près à quatre encäblures seulement. Les embarcations sondérent autour du navire, et ne trouvèrent pas de différence marquée dans le brasseyage ni la qualité du fond. On tira un coup de canon pour attirer les Indiens.
Juillet 18:18, J'appareillai à une heure du soir avec une
brise du Sud. Mon intention était de rallier la côte Sud du canal, où je savais par Young qu'il y a mouillage par vingt brasses, à un mille deterre entre les pointes Cornwaliset Kingsmill. Mais la brise mollit bientôt et dégénéra en risées variables mélées de calme. Le peu d’air qui se fit sentir vers le soir étant directement de la partie où je voulais m’élever , je ne pus gagner que le milieu du canal. Nous y passimes presque toute la nuit en calme, avec moins de pluie que la précédente. La brume ne formait qu’un rideau transparent à l'horizon, à travers duquel on apercevait de temps en temps les deux côtes. Le nävire fut entouré de baleines, mugissant, soufflant, battant les vagues de leur queue avec
un vruit épouvantable. L'amour et ses fureurs,
étaient sans doute pour beaucoup dans tout ce fracas, car il nous sembla que plusieurs de ces monstres étaient accouplés.
Le 29. — A deux heures du matin, la brise se leva du S.-E. ; on orienta babord amure. À trois heures, à lembranchement des trois détroits (1), la force du vent qui enfilait Christian (x) Le détroit de Chatham, Christian-Soundet Frederic-Sound.
AUTOUR DU MONDE. IOI Juillet 1818.
Sound,augmenta considérablement. Après avoir viré, nous trouvâmes la brise plus modérée en rentrant dans Frederick-Sound. Ayant gagné l'entrée du port Cambden , on tira deux coups de canon pour annoncer le navire aux Indiens Kekh qui l’'habitent dans cette saison. Apercevant un feu en dedans de la pointe Macartney, je dirigeai dessus. À une heure, rien ne paraissant , M. Foucault fut expédié pour chercher un mouillage sous l’ilot, extrémité Ouest du port. À trois heures, il arriva enfin une pirogue, venant du fond, et peu aprés il en sortit une autre d’entre les lots, qui, sans aborder, parut prendre des renseignemens de la première.
M. Foucault revint après avoir trouvé un mouillage ; d’après son rapport, nous arrivâmes sur l'ilot le cap au Sud-Sud-Est demi-Est, mais bientôt nous donnâmes plus au Sud, sur l’avis d’un des Indiens venus dans la pirogue, qui indiqua sur cette premiéré route un banc le sable que nous reconnûmes en effet en approchant. Nous rangeâmes la côte Nord-Est de l’ilot , depuis sa pointe Nord, à la distance de trois à cinq encäblures. À cinq heures, on mouilla par trente-cinq brasses, coquilles bri-
102 VOYAGE Juillet 18:18,
sées, dans une anse spacieuse formée par plusieurs îlots. Il vint plusieurs pirogues , mais comme la plupart n'étaient qu’en reconnaissance, comme celle du matin, nous n’en eûmes
que deux peaux. Une pirogue du matin partit de
bonne heure pour faire son rapport au chef qui l'avait expédiée, nommé Tachahanak, dont les naturels nous parlèrent comme d’un grand personnage. Les autres ne nous quittérent qu’à neuf heures et passèrent la nuit sur les îlots voisins. Tous ces Indiens avaient été fort paisibles.
À six heures, j'allai reconnaître une coupée qu'on voyait des hunes entre les rochers qui cernent les îlots, et que le jusan laisse à découvert. Je trouvai dans l'Ouest, entre l’ilot du mouillage et le second, une passe qui a assez d’eau pour les plus gros vaisseaux, mais qui est trop étroite pour pouvoir être tentée, à moins de circonstances particulières et de grandes, précautions. Elle conduit à un bassin spacieux, trés-découpé, et ayant une communication directe avec le détroit par le Nord-Ouest.
Nous eûmes quelques pirogues le long. du bord, mais elles avaient peu de peaux, et ces
uillet 1818, r plu- » Mais nnaiseùmes rtit de ef qui ont les d pert qu'à s ilots t pai-
oupée rs qui lécouot du à assez
rui est moins andes, lieux,
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AUTOUR DU MONDE. 103 Juillet 1818.
Indiens, qui avaient plus besoin de vétemens que de munitions, trouvaient, comme tous les autres, que nos lainages ne valaient rien, malgré le soin qu’on avait eu de faire des manteaux de drap bleu, garnis de gälons.et de boutons.
J’allai une seconde fois dans le port, dont je reconnus la communication avec le Sound.
La rencontre de plusieurs pirogues me fit rallier le bord plus tôt que je ne comptais, les naturels de cette partie m'inspirant peu de confiance. C’est par eux que dans les commencemens de l'établissement à la Nouvelle-Archangel,
une expédition considérable de chasse fut sur-
prise à la pointe Macartney. Sur trois cents chasseurs, près de deux cents furent tués ou pris, le reste erra long-temps dans les bois, une partie seulement put regagner létablissement, l'autre périt de misére ou fut esclave. Pendant mon séjour à la côte, un de ces malheureux fut ramené à la Nouvelle-Archangel par un Américain qui l’avait racheté des sauvages. |
Le 31:—A une heure du soir, Tachahanak, un des principaux chefs du pays dont j'attendais la visite avec impatience, arriva dans une
104 VOYAGE Juillet 1818.
belle pirogue armée de six nageurs, avec ses deux femmes, un enfant, et son frère, que nous avions déjà vu le matin. Ce personnage débuta par me faire présent de cinq peaux, mais ce que je lui offris en retour de cette générosité fut peu de son goût, et malgré la collation qu’il prit et les largesses que je fis à ses femmes, nous eûmes de la peine à nous arranger ; car ne trouvant pas à bord les objets qui auraient été le plus à sa bienséance, il voulait tout ce que nous avions. Au reste, ces deux frères joignaïent à une physionomie assez agréable une certaine tenue et une propreté comparative qui ne laissaient à leur extérieur qu’une partie de cette rudesse sauvage, qui caractérise les Indiens du Nord. Ils étaient complètement habillés à l’européenne, à la chaussure près. Les deux femmes étaient aussi assez propres. Tachahanak nous quitta à sept heures. |
Ce mouillage, appelé Tika par les naturels, n’a rien qui le rende particulièrement recommandable sur cette partie dela côte de Kekh ()
qui en offre partout. En venant le chercher,
(3) C’est le nom que les Indiens donnent aux deux iles qui forment la côte Sud de Frederic-Sound. Elles ne sont séparées
AUTOUR DU MONDE. 105 Juillet 18:18,
il faut se méfier du danger qui nous fit changer de route : c’est un rocher qui découvre situé dans l’Est-Nord-Est de la pointe Ouest, et de l'ilot placé à l'extrémité Ouest de l'entrée du port Cambden, et dans le Nord-Ouest quart- Nord de notre mouillage. De cette position, nous relevions à l’Est-quart-Nord-Est un autre rocher vers l’intérieur. Les pointes gissent à peu près Est-Sud-Est-demi-Sud et Ouest-Nord- Ouest-demi-Nord. La passe étroite qui mène au bassin dans l'Ouest gît au Sud-Sud-Ouest demi- Sud de l’ilot devant la pointe Macartney: c'est un vrai port où l’on peut se mettre parfaitement
à l'abri. Il paraît y avoir plusieurs passes parmi les îlots de la partie de l'Ouest. Quelques-uns de ces îlots sont élevés et boisés; le plus haut est remarquable : taillé à pic, il représente une tour antique, avec une terrasse couverte d’une belle verdure, qui fait ressortir la blancheur du rocher.
que par un canal parsemé de rochers, qui n’a que quelques encàblures de large et court à peu prés Nord et Sud. Celle de l'Est est de beaucoup plus petite, et est découpée en dentelures de la manière la plus bizarre. Vancouver ne leur a pas assigné de nom, quoiqu'il ignorât celui que leur donnent les uaturels.
106 VOYAGE Août 18:18,
Ce jour, vingt-septième de la lune , la mer fut hante à onze heures et demie du matin.
Elle me parut marner de douze pieds. Les courans sont faibles. Nous les avons toujours trouvés de même dans Frederick-Sound.
Le 1° août. — Nous appareïllâmes de bonne heure de la rade de Tika. Nous passâmes entre les deux bancs qui découvrent, et nous sortimes du port Cambden par la grande passe. À huit heures, nous étions en canal : nous louvoyämes pour gagner l’'embranchement des détroits, mon intention étant de retourner à Houtsnau, où j’espérais recueillir, sans concurrent, le produit de la chasse que les Indiens avaient dù faire en notre absence. À midi, le calme nous prit avant d’avoir doublé la pointe Gardner. On sonda plusieurs fois avec cinquante-cinq brasses de ligne, sans avoir le fond , à moins d’une lieue de l’ilot et de la côte qui s'étend dans le Nord-Est.
Le 2.— À quatre heures du matin, la brise se leva du N.-O.; nous doublämes la pointe Gardner, en passant à terre de l’ilot, et nous entràmes dans le détroit de Chatham, où nous nous élevämes considérablement à la faveur du flot. À midi, courant sur l’île de l'Amirauté,
ms
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Août 1818, on eut connaissance de l'avant, d’un banc de
rochers de deux encàblures environ d’étendue,
à cinq ou six encâblures d’une côte basse formant une anse. Nous en virâmes à petite distance. Ainsi que la précédente, cette journée fut superbe. Nous éprouvâmes plusieurs bouffées de vent chaud. La brise fut singulièrement inégale dans la nuit, donnant tantôt par fortes rafales de l'O. au N., aussitôt après calme plat, risées variables, puis de nouveau grand vent. La mer fut houleuse et agitée d’un fort clapotis, quoique le courant se fit sentir à peine. Nous eùmes une aurore boréale.
Le 3. — Atrois heures du matin, nous trouvant au vent de l’entrée du port, nous arrivâmes sur Hood - Bay (Tzakoa) dont nous rangeâmes la partie Sud à bonne distance, à cause des rochers qui la bordent et que le flot couvrait alors. À quatre heures, on arma les avirons de galère, et les baleinières prirent la touline : peu après nous entrâmes dans le port de Suddart (Tchatkih ) avec commencement du jusan, et mouillâmes dans la passe à cause de la faiblesse du vent.
Nous recümes la visite de notre ex - traitant
108 VOYAGE Août 1818, Youtchkitau. Il me fit un long récit, que je ne
pas comprendre, sur la guerre de Katahanack avec ceux d'Ako , sur un brick mouillé à Kutzetil dans Cross - Sound, et enfin sur le mauvais succés de la chasse. Après avoir parlé du dénuement de fourrures à Houtsnau , il me dit qu’on en apporterait beaucoup si je voulais les payer sur l’ancien taux, cequejene balançai pas à lui promettre. Je fus surpris de le trouver avec ses femmes, dans cet endroit où il était campé pour je ne sais quelle raison.
Le 4. — À sept heures du matin, nous appareïillâmes avec la fraicheur du Nord-Ouest, pour aller prendre notre ancien mouillage dans l’anse du Sud-Ouest. Par la sécurité dans laquelle me mettait la certitude qu'il n’existait dans le port aucun danger qui püt endommager lé navire, je portai moins d'attention à la route que je ne l'aurais fait dans d’autres circonstances. Je pensai trop tard au banc de sable qui cerne une partie de l’anse, et je n’aperçus,
qu’à trés-petite distance sous le vent, les goë-
mons qui signalent sa tête. Le peu d’air qu'avait le navire ne lui permit pas d'arriver assez vivement pour le parer. Je fis de suite revenir au
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AUTOUR DU MONDE. 109 Août 1818.
vent dans l'espoir de trouver quelque coupée dans la partie de lépi plus à terre, que je savais être trés-étroite et avoir un bon fond. Mais à neuf heures trois quarts le navire toucha sans la moindre secousse, par son avant qui se trouva par one pieds d’eau, tandis qu'il y en avait quinze derrière. Sachant que dans la position où était le navire, léchouage ne pouvait avoir de suites fâcheuses, je laissai au flot qui se faisait le soin de le relever. Les baleinières qui furent sonder ne trouvèrent pas moins de dix pieds d’eau, sur un fond coquille et gravier. Le banc par son milieu n’a que quelques brasses de large dans la direction Sud- Ouest , qui était celle du navire. Au bout de trente-cinq ou quarante minutes la marée montant nous remit à flot. Après avoir franchi et étalé à plusieurs reprises à cause des inégalités du banc, le navire arrêté par son arrière fit une grande arrivée, flotta entiérement et le doubla en passant sur sa tête. Nous mouillâmes un instant aprés et affourchämes sous voile.
J’envoyai aussitôt des corvées au bois et à l’eau et tous les ouvriers travaillèrent dans leurs parties respectives.
Août 1818.
Le 5. — Les pirogues qui vinrent à bord, ne se trouvèrent pas plus riches que celles de la veille qui n'avaient eu à offrir que du poisson et des fourrures de terre. Smed arriva le soir, accompagné d’un autre chef, avec un appareil qui nous fit concevoir des espérances. Il me donna d'abord déux peaux de castor, mais en vertu de cette largesse, il se crut autorisé à faire des demandes exorbitantes. Il ne fut pas plus modéré en traitant pour son ami, qui avait trois peaux dont nous ne pûmes nous
procurer qu’une seule pour de la poudre au prix courant. Smed se conduisit d’ailleurs avec beaucoup de décence à son ordinaire , et je lui permis de coucher à bord. De tous les Indiens de cette côte, aucun n’avait autant de douceur dans la physionomie et dans les manières. Mais si son regard n’annonçait pas la férocité, on y voyait percer l'envie : c’est le second vice qui caractérise ces peuples. Du reste Smed était rempli d'intelligence ; il paraissait connaître parfaitement les canaux de la partie Nord, et je le vis tracer une esquisse exacte de la petite Kekh, remarquable par ses sinuosités et les
coupures de ses côtes. Il m’avoua qu'il ne res-
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AUTOUR DU MONDE. HIT Août 1918
tait que très-peu de fourrures dans le détroit, et sur le reproche que je lui fis de m'avoir induit en erreur à mon dernier passage, il donna sur ce qu'il m'avait communiqué alors une explication bien différente du sens que j'en avais tiré. Il m’assura qu’il n’y avait que peu de peaux de loutres à espérer dans cette partie de l’année; qu'il commençait à s'en trouver en décembre, et qu’elles seraient abondantes en février. D’après ces renseignemens , et ce que je voyais moi-même , je résolus de quitter au plus tôt ce mouillage. J'aurais beaucoup regretté le temps que je venais d’y passer, s’il n'avait été mis à profit pour divers travaux indispensables. On avait peint le navire, tenu les grés, fait du bois, de l’eau et de la bierre. La seule peau que nous nous procurâmes cette fois, fut la soixantième recueillie dans le détroit, ou pour mieux dire à Houtsnau.
Nota. Il n’y a pas de dangers entre les points de Hood-Bay que les Indiens appellent Tzakoa : elle est également saine dans son milieu et la partie Sud, mais on rencontre des bancs de rochers dans le Nord et l'Est, et il y en a un qui s'étend à près d’un mille de terte. On voit aussi des rochers à la bande du Sud, mais ils ne portent guére qu'à une encäblure et demie de la côte ; ils découvrent à mi-jusan. Ils s'étendent moins vers l'entrée
étend D Vote rai Faite à pinot
112 VOYAGE Août 1818,
du port. Celui qui s’éloigne le plus de la côte est à près d’un mille de la partie Ouest de l'entrée. Derrière les rochers qui découvrent dans le Nord-Est, est un petit canal qui va joindre le bassin en arrière du village de Houtsnau, Ce bassin, parfaitement fermé, a une seconde communication avec le détroit, aboutissant à l’anse Nord du village. Cest par celle-ci que nous vimes sortir le Brutus; l’une et l’autre sont trés-étroites et les marées trés-rapides. Je n’ai pas vu ce port et n’en connais point les détails; mais d’après ce qui m’a été rapporté, il ne vaut pas celui de Suddart. De l'entrée de ce dernier , qui pa= raît avoir un mille de large, on relève les extremités de Hood Bay environ Ouest et Nord-Ouest-quart-Nord. Nous mouillâmes à peu prés au milieu de la passe par trente-huit brasses fond de coquilles pourries. À deux encàblures environ en dedans, on trouva quarante-sept brasses. D’après le peu de sonde que nous primes, le milieu du port est trop profond pour permettre d'y mouiller avec une touée simple , mais il y a plusieurs bons mouillages sur la côte. Le plus fréquenté est l’anse du Sud-Ouest, où nous entrâmes avec Le Brutus. On trouve généralement du gravier et coquilles, et quelquefois sable dans le fond du cul-de-sac jusqu’à une encâblure de la côte, et de six à dix brasses d’eau sur une étendue de cinq encâblures de l’Est à l’Ouest, et de deux et demie à trois et demie du Sud au Nord. Il y a dans cette partie un banc qui porte dans l'Est à une et demie ou deux encâblures de la pointe de l’anse; il ne reste en quelques endroits que dix pieds à mer basse. Il est marqué par des goëmons. On mouille aussi dans le canal au fond du port à l'Est de l’anse,
quoiqu'il y ait des rochers à son entrée. Il se prolonge bien avant dans les terres, ses bords sont habités, car nous en vimes sortir journellement des embarcations. Un Américain y a hiverné. On trouve une bonne aiguade à un mille environ de l’anse dans le
oût 18:18, rés d’un ners qui joindre parfailétroit, 1e nous s et les onnais , il ne qui pa- Hood illâmes ond de ns, On e nous tre d'y mouilst, où ravier de-sac d’eau
Aoët 18:19.
Sud. Toute cette partie est basse, ainsi que les extrémités de Hood-Bay. à
Les Indiens d'Houtsnau, quoique presque toujours en guerre crec leurs voisins, n’ont jamais commis d’hostilités contre les Européens, à ce qu’on m'a dit, et les Russes les considérent comme Les meilleurs voisins de ces parages.
Aobs 198.
AAA AA VA AAS PASSA RAA RAR RRAAARA RARES