‹ Voyage autour du monde [microforme]Chapitre 21 sur 48 · LES · texte numérisé non relu

LES

224 VOYAGE Septembre 1818.

L’estime nous mettait par 42 deg. 1 min. On vit quelques branches de goëmon.

Les deux journées suivantes se passèrent en calme mélé de petits airs qui soufllérent de tous les points du compas. Beaucoup de goëmons parurent à la surface de la mer; on vit aussi quelques poissons et un oiseau de terre.

La hauteur méridienne donna encore 42 deg.

2 min. de latitude.

Le temps, perdu pour la navigation, fut mis à profit pour les travaux, dont la grosse mer n'avait pas permis qu'on s’occupât jusque là.

Le 17.—A sept heures du matin, une petite brise se leva du S.-S.-E. On orienta tribord amures sous les trois corps de voiles. Peu après, à grande distance dans le Nord-Est, on aperçut la terre, qui resta à vue très-confusément toute la matinée, s'étendant de l’Est-Sud-Est au Nord. A quatre heures, on prit le bord du large à trois lieues de la terre de l'avant. A six

“heures, les extrémités apparentes furent relevées a l'Est 15 deg. Sud, et Est 75 deg. Nord; une coupée à l’Est-Nord-Est. Les dernières pointes ainsi que les sommités étaient cachées dans les

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Septembre 18.8, nuages. On vit plusieurs feux sur les terres

basses les plus voisines, Un entr'autres, qui s’étendait sur un grand espace dans le Nord- Est, se fit remarquer pendant plusieurs heures. À minuit, après six heures de calme et depetites risées, la brise se leva du N.-E, faible et variable. Nous mîimes sous toutes voiles ; et fimes route au Sud , parallèlement à là côté: Quoiqu'embrumée, elle parut au jour dans la partie de l'Est, à quatre lieues environ de distance. À midi, les extrémités à vue restaient Nord'15 deg. Est’, et Sud 25 deg: Est; la partie Sud d'un enfoncemenit au Sud, 70 deg. Est du compas, distance quatre à cinq lieues: D'après le relèvement rapportésur la carte de Vancotier, cette dernière pointe pouvait étre également celle au Nord de la baie Trinidad , 6ü une autre au Nord du cap Mendocino, qui, dans ce cas, aurait été l'extrémité Sud; mais li première position :cadrait avec l’estime suivié depuis les observations du 16, qui'étaient les derüières. Je mis le cap au Sud‘Est pour me rapprocher de la terre et le reconnaître: Dans toute cette partie, elle est de’ hauteur moyenne, assez régulière et généralement boisée. La

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226 VOYAGE Septembre 1818.

brise fraîchit graduellement du N.-N.-E.

A six heures, après avoir fait vingt-deux milles, on releva au Sud quart-Sud-Est la pointe qui formait l'extrémité Sud, et que je jugeai être le cap Mendocino ; l’autre extrémitéapparente qui se pérdait dons la brume, au Nord-Est demi- -Nord, et une petite coupée sur la côte à l'Est à trois ou quatre lieues de distance. Je présumai que-ceci devait être. l'entrée d’un bras de mer, qui m'avait été indiqué par un Américain, et que J'aurais bien désiré. visiter; mais comme on n'aurait.pu mouiller avant la nuit, il aurait fallu la perdre en-entier à attendre le jour, à mojas.de mouiller en pleine côte dans-une position inconnue; et d’ailleurs une fois engagés dans ce canal, dont l'entrée est très-étroite, nous pouvipns y étre retenus plusieurs jours par Les vents de N-0., si fréquens dans ces parages. Je sacrifiai à l'avantage de réparer le temps perdu par les calmes, la satisfaction de reconnaître une posilion qui paraît offrir des ressources aux navigäteurs, mais qui promettait peu pour l'objet principal de l’expédition.

Par suite, j'arrivai au Sud quart-Sud-Est,

sous toutes voiles, les bonnettes à babord. La

AUTOUR DU MOND!. 227 Septembre 1818

brise, qui déjà avait pris de la force, ayant encore fraichi, nous fimes un joli sillage; le temps était couvert et animé au vent. A sept heures et demie, nous découvrimes tout-à-coup, dans le Sud-Sud-Est, un feu considérable sur un mondrain qui füt reconnu être le plus Sud des deux qui signalent le cap Mendocino, dont l'autre nous avait empêché de voir plus tôt cet incendie. Le cap, dans cette position, restait presque de l'avant ; l'illusion causée par la lumière,.me le fit juger. à trois lieues de distance. J’arrivai au Sud quart-Sud-Ouest. L’incendie enyeloppait la plus grande pantie de la colline, depuis le bord de la mer jusqu’au sommet , et paraissait s'étendre sur de versant intérieur. Poussé par une brise fraiche, il faisait des progrès rapides sous le vent. Nous découvrimes successivement les ilots qui cernent le cap à d'Ouest et au Nord, à la distance. d’une à deux dieues. Cette montagne de feu avec sa tête.com- xonnée, d'énormes nuages de. fumiée la mer brillante de reflets que chaque vague multipliait, les rochers épars autour du promontoire et:la seconde colline, revêtus de teintes variéos,

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228 VOYAGE Septerub.e 1818,

cet aspect, dis-je, au milieu des ombres de la nuit, avait le caractère le plus imposant, et remplissait l’âme d’idées grandes et mélancoliques.

De dix heures à onze heures et demie , on loffa successivement jusqu’au Sud quart-Sud- Est. À ce moment, le feu sur le cap Mendocino restait à l'Est du méridien, à environ dix milles de distance. D’après le chemin fait depuis sept heures et demie, je l'avais estimé beaucoup trop près alors; il devait être à sept à huit lieues.

Des informations exactes à San-Francisco ne me permettent pas de douter que cet incendie, que de loin on aurait pu prendre pour un volcan , ne doive être attribué aux Indiens, ainsi que d’autres moins considérables et plus éloignés vers la même nuit et la précédente.

Les naturels, dans cette saison, mettent le feu aux herbes pour sécher la cosse d’une graine dont ils se nourrissent, afin d’en rendre la récolte plus facile. C’est indubitablement cette circonstance que devait ignorer notre illustre La Pérouse, qui fut cause de son erreur,

AUTOUR DU MONDE. 229 Septembre 1818,

lorsque, voyant un grand feu sur le cap Mendocino , à peu près à la même époque de l’année, il crut que c'était un volcan. Je n’émettrais mon opinion qu'avec une défiance extrême, même sur un point d’une importance secondaire , lorsqu’elle se trouve en opposition avec les récits d’un navigateur aussi recommandable par sa véracité que par la solidité de son jugement , si je n'avais pour moi les données les plus certaines ; alors même j’obéireis avec répugnance au devoir que la vérité impose à tout navigateur, si je ne pouvais, en signalant une erreur , l'expliquer de la manière la plus satisfaisante pour la mémoire du grand homme objet éternel de regrets pour la marine française.

La vue du cap Mendocino nous fit aussi remarquer une autre erreur qui s’est glissée dans l'édition française de Vancouver; car la seule inspection de l’atlas qui accompagne le voyage de ce digne élève de l’immortel Cook, suffit pour prouver que Cest par une simple faute d'impression qu'il est dit (vol. I‘, pag. 23) que les deux promontoires qui le forment sont

230 VOYAGE Septembre 1818.

éloignés d’environ 10 min. : la distance qui les

sépare n’est évidemment que d’un mille; cest aussi l’étendue que la carte de cette partie donne au cap.

Le 19.— 11 venta bon frais de N.-E. Le chemin fait au Sud quart-Sud-Est nous ayant mis à environ neuf lieues de terre, nous fimes route au Sud-Est demi-Sud, c’est-à-dire parallélement à la côte. Quoiqu’assez haute pour être vue à cette distance, nous n’en eûmes pas connaissance , le temps étant couvert. Nous manœuvrâmes pour rallier la terre avec les précautions convenables pour le temps, qui fut brumeux , surtout de deux heures à quatre.

À cinq heures , on la découvrit par le bossoir de babord, et on reconnut aussitôt la pointe de Los-Reyes, restant à dix milles dans l'Est quart-Sud-Est ; lesterres basses qui l’avoisinent s’'étendaient dans le Nord. Nous gouvernämes de suite pour San-Francisco (1). Peu après,

{1) A huit heures, la pointe de Los-Reyes restait au Sud-Est quart Sud , à deux milles seulement. Les terres à vue s’étenduient de l'Est 15 deg. 15 min. au Nord-Nord-Est. D’après ce

relèvement , nous avions unc différence Nord, 15 min., et Est 6% min. ou 46 min. , depuis Noutka, dans huit jours.

AUTOUR DU MONDE. ON Septembre 1818.

on reconnut l'entrée du port Drake:les Farellones, rochers qui sont quelquefois appelés Frayles, se découvrirent successivement dans la matinée, qui fut brumense. Il est remarquable que nous les ayons parfaitement distingués dans de pareilles circonstances, lorsqu’à notre rremière relâche nous n’en avions pas cu connaissance soit en entrant, soit en sortant , quoique le temps füt plus beau, et qu’en apparence il n’y eût qu'un rideau de brume peu épais à l'horizon. Quoique nous courussions vent arriére sous toutes voiles, nos progrès étaient lents , à canse dela faiblesse de la brise de l'O. : elle fraichit Paprés-midi. Nous ralliâmes la rôte où le flot sefaisait sentir avec plus de force. À cinq heures trois quarts, nous donnâmes dans la passe sous les huniers. Nous rangeâmes de près la pointe du fort qui nous présentait une scène animée pour le pays et trèsagréable pour nous. Tout le Présidio était accouru ; nous distinguions le commandant Arguello et nos autres connaissances qui nous accueïllaient avec des gestes de félicitation. On héla le navire en passant sous le fort; nous ré-

232 VOYAGE Septembre 1818.

pondimes qu’il venait de Noutka. A six heures,

nous mouillämes dans l’anse du Présidio , par sept brasses, fond de sable. Aussiiôt les embarcations à la mer, j'allai à terre, où je fus reçu en ami, sur la plage, par don Luis et les autres officiers.

Le 21.— Je m’occupai, sans perte de temps,

de remplir deux objets importans, qui m'au-

raient obligé de revenir en Californie, quand même Je n’y aurais pas été appelé pour recevoir le prix des marchandises que j'y avais laissées dans les deux relâches précédentes. Nos salaisons et nos légumes étaient presqu’entierement épuisés, et il était indispensable d’en faire suffisamment pour nous conduire à la Chine. Il était aussi très-important pour moi de se procurer des produits du pays pour remplir les engagemens que nous avions contractés avec le gouverneur de la Nouvelle-Archangel, et en second lieu pour nous mettre à même d’acquitter, de ia manière la moins onéreuse possible, la dette contractée par suite de laffaire du 18 juin (*). On dressa une tente près

. (1) Vois pag. 44 et suivantes.

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AUTOUR DU MONDE. 233 Septembre 1818,

du débarcadaire, pour servir d’atelier au tonnelier ; on y établit une table en plan incliné pour servir de saloir, et on y disposa les futailles et tout ce qui était nécessaire à cette opération. On commença aussi à travailler pour mettre la cale à même de recevoir un chargement partiel en grains, et l’on s’occupa trèsactivement des réparations dont le grément pouvait avoir besoin.

Aprés avoir pris avec don Luis des arrangemens pour avoir, à mesnre qu’on les demanderait, le nombre de be:': x nécessaire, je me rendis à la mission, tan our régler les fournitures journalières en pain et en légumes verds, que pour aviser aux moyens de tirer des missions, situées sur le port, du blé, du suif et des légumes secs. Le P. Ramon était à San- Raphaël, nouvel établissement qu’on formait sur la côte Nord ; je ne trouvai que son confrère le P. Vincente Oliva, qui n’ayant pas les pouvoirs de son supérieur pour traiter d’affaires , ne put que confirmer mes espérances sur les dispositions des missions àme fournir tout ce que je pouvais désirer de leurs produits. Le P. Vincente s’engagea seulement à envoyer dorénavant les

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234 VOYAGE Septembre 1818.

vivres journakiers et le sel pour servir aux salaisons. Pour ce jour-là, nous recümes, dés le matin, du pain, ainsi qu’une vache, dont les Espagnols de ce pays préférent la viande à celle du bœuf, ce genre de provisions étant à trèsbon compte. Afin de détruire les germes de scorbutquenos gens pouvaient avoir contractés , ainsi que pour réparer leurs forces affaiblies par la rude campagne que nous venions de faire, et les mettre à même de soutenir les nouvelles fatigues qui nous attendaient à notre retour dans le Nord , je fis donner, outre la ration ordinaire de pain, qui est suffisante, une livre et demie de viande ctune ample portion de choux, qui, avec les oignons, sont les seules produ:tions abondantes du jardin de la mission.

À bord, on cala le petit mât de hune pour changer la clef et visiter la caisse, qui se trouve ne pas avoir souffert de sa rupture.On débarqua les canots, et on hâla à terre la grande baleinière qui se trouvait en trés-mauvais état.

Malgré la brise fraiche de l'Ouest, au flot du soir on leva l'ancre de détroit, et on la mouilla en affourche, plus à terre dans l'Est de la grosse, celle-ci par sept brasses à mer haute,

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AUTOUR DU MONDE. 235 Septembre 1818

fond de sable, et Fautre par la même eau sur fond de sable et petit gravier (1).

Le courrier annonçant notre arrivée, partit le matin pour Monterey. On profita du beau temps pour visiter les peaux que nous avions à bord , et pour les mettre à l'air , une seule était mouillée, mais sans être avariée.

Le 22. — On tua deux bœufs destinés à être salés. Les animaux avaient été choisis gras et bien portans : aussitôt tués et écorchés, on les suspendait pour bien faire évacuer le sang.

Le 23. — On procéda à saler la chair des deux bœufstués depuis environ dix-huit heures. Après avoir été séparée des os médullaires, et purgée antant que possible des parties glanduleuses, on la coupait en morceaux de quatre a six.livres, que l’on frappait fortement sur les faces parallèles au fil des chairs, avec une espéce de carde garnie de clous, pour les rendre

(1) Le navire évité du flot relevait la pointe du Cassillo à l'Ouest quart-Nord-Ouest , la pointe Est de l’anse à l'Est demi- Sud , la grande porte du Présidio au Sud quart-Sud-Est, et l'ile des Alcatraces à l’Est-Nord-Est. La terre la plus rapprochée était dims le Su à trois où quatre encâblures.

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236 VOYAGE Septembre 1818.

plus propres à recevoir le sel. Après en avoir

bien frotté chaque morceau de tous côtés, on les arrimait dans une barrique dont les cercles avaient été levés de maniére à disjoindre les douvelles, et à laquelle on avait ôté un fond, mâtée sur l’autre et percée de trous de vrilles, particuliérement vers le bas. Sur chaque plan de viande on mettait une couche de sel, ainsi que sur le fond de la barrique, lorsqu'elle était à peu prés pleine. Celui qu’on avait démonté était posé à plat sur le plan supérieur, et chargé de grosses pierres dont la pression faisait rendre aux chairs ce qu’elles avaient conservé de liquide. Au bout de vingt-quatre heures au moins, la viande était retirée des pressoirs, les morceaux étaient secoués et essuyés isolément , puissalés denouveauet mis dansuneautrefutaille avec du sel entre eux. Deux ou trois jours après on visitait la viande; lesmorceaux, en petitnombre, qui paraissaient être atteints de corruption, étaient rebutés, on mettait les autres dans un troisième baril avec les mêmes soins déjà indiqués. On faisait ensuite le plein avec de la saumure. Avant d’être embarquée, toute la salaison

AUTOUR DU MONDE. 237 Septembre 1814.

subit une nouvelle visite dont le résultat fut satisfaisant; on eutseulement àchanger la saumure de quelques barils qui avaient pris une teinte sanguinolente. Un novice fut adjoint aux tonneliers pour les aider dans ces travaux. De ces trois hommes, il en restait toujours deux dans la tente, la nuit, pour faire la garde contre les loups et les autres animaux carnassiers qui venaient souvent rôder sur la plage.

Les 24-25. — Don Luis m'ayant donné avis que le courrier, porteur des ordres du gouverneur nous concernant, étaitarrivé, je me rendis au Présidio, où il me communiqua la dépêche contenant les dispositions que le gouverneur prescrivait à nôtre égard. Elles étaient que le Bordelais, dont l'expédition n’était que commerciale, fut soumis aux réglemens prohibitifs récemment promulgués ; qu'il ne fut souffert dans le port que le temps nécessaire pour pourvoir à ses besoins les plus pressans; que la communication ne lui fut permise que pour cet objet et sur la plage seulement. Le même cour. rier portait la nouvelle de l’arrivée de la frégate russe /a Kamtschatka, et de la rentrée du Kutusoff qu’elle avait rencontré sortant. Le

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238 VOYAGE Septembre 1818,

dernier était reparti. Le 22, le brick 4 Columbia, avec qui nous avions communiqué devant Sitka, était aussi arrivé à Monterey.

Les avis les plus certains ne me permettant pas de douter qu’en adoptant envers nous des mesures si opposées aux procédés que nous avions éprouvés jusque là, on n’eût cédé aux insinuations haineuses des capitaines des lettres de marques péruviennes, dont un avait manifesté son aveugle jalousie dés notre séjour au Callao , je me décidai à me transporter à Monterey pour détruire ces calomnies. Mais don Luis, à qui je devais nécessairement m'adresser pour obtenir la permission et les moyens de faive ce voyage, m'ayant assuré qu'il n’était pas autorisé à me les accorder, 1l ne me resta plus que:d’en écrire à l'autorité supérieure. Ma lettre à don Pablo Vuentes Sola, gouverneur dela Haute - Galifornie, portait;en substance que, :d’apnèés l'accueil hospitalier que j'avais reçu jusqu'alors dans les diverses: parties de l'Amérique: espagnole où j'avais touché, et particülièrement dans ce port de son gouvernement, je ne pouvais attribuer qu’à de faux rapports le traitement rigoureux que j'éprouvais én ee

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Septesmbre 1818.

moment, ma conduite, toujours exempte de

blâme, n'ayant pu donner lieu à un tel changement. Certain de dissiper en paraissant devant lui les impressions fâcheuses qu'il avait

pu recevoir, je le priais de su autoriser à me rendre à Monterey. Dansle cas où il ne jugerait pas à propos de m’accorder cette faveur, je l'engageais à prendre des informations exactes sur les faits qui m’avaient été imputés, même à faire des recherches à bord. Que, si le résultat

de ces perquisitions m'était favorable, comme

j'en avaisla confiance, il voulàt bien m'accorder quinze jours pour me ravitailler et particulièrement pour faire des salaisons. Je demandais aussi la permission de débarquer quelques malades,:sur'la santé desquels l'air d’une terre jusqu'alors si hospitalière ne pouvait avoir que les effats les plus salutäires, sans que leur présence dût inspirer la moindre inqwétude, is maladie n’ayant rien de contagieux.

.Je faisais aussi part:au gouverneur des engagemens que j'avais pris avec celui des établis+ semens russes, et je le priais de me mettre à même de les remplir. LITE Mo

l'écrivis en :même temps au capitaine de

vaisseau Golownine, commandant /a Kamts-

chatka, pour lui faire connaître ma position,

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et lui demander ses bons offices pour le succès d’une opération utile aux colonies de sa nation.

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Le 26. — Ces dépêches partirent avec celles

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