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de don Luis sur le même sujet. J’espérais par
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ces démarches gagner au moins quelques jours, dont chacun était utilement employé, don Luis ayant consenti à mitiger, jusqu’à nouvel
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ordre, la rigueur des restrictions qui nous étaient imposées, dans ce qu’elles avaient de
plus nuisible. Les missions ne pouvant fournir
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là quantité de grains que je comptais porter à
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Sitka, sans l'autorisation du gouverneur, toutes
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mes démarches ne purent obtenir que cinquante fanégas ( dont 1000 font 5853 décalitres ou 4502 boïisseaux du pays), à titre de provisions,
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du P. Ramon, qui était enfin revenu de'San- Raphaël, où son confrère alla aussitôt le remplacer. |
Le 27.— Le supérieur ayant consentià donner l’hospitalité à nos malades, comme il avait déjà fait précédemment, la chaloupe:qui avait porté le blé, transporta à la mission, à son retour, M. Gasquerel, pilotin; Renier, maître
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elles s par ours, don ouvel nous nt de urnir rter à toutes uante es: ou sions, \San- L rem:
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d'équipage, et Rabot, novice charpentier, que M. Vimont accompagna.
Le 28. — Je reçus la réponse du gouverneur don Pablo de Sola; elle était conçue en termes très - polis, mais peu clairs. Je la considérai comme assez satisfaisante, quoique toutes mes demandes ne fussent pas explicitement accordées. Il consentait à ce que je fisse des vivres, mais il s’expliquait d’une manière ambiguë au sujet des objets que je demandais à prendre comme cargaison.
Je reçus aussi une lettre du commandant Golownine; il avait eu la bonté de parler en ma faveur à don Pablo, et n’en avait pas obtenu une réponse plus précise que celle qui m'était parvenue. Ilme donnait, sur mon projet d'importation des grains à la Nouvelle-Archangel, des avis très-sages, fondés sur l'abondance où ces établissemens allaient se trouver à l’arrivée du Kutusoff, chargé de cinq cents tonnéaux, et propres à me faire renoncer à mes projets si mesarrangemensavec M. Haguemeister n'avaient été à la fois un garant solide de sa part, etune obligation indispensable pour moi. Il m’apprenait que la Columbia, qui à son
T. Il. 16.
Septembre 18:18, arrivée avait réclamé sa protection, éprouvait
à Monterey les mêmes entraves qu'on voulait m'imposer à San - Francisco. En m’annonçant son prochain départ pour la Russie le capitaine Golownine n’invitait obligeamment à le charger de mes paquets pour la France.
Le commandant Arguello envoya aussitôt une circulaire aux trois missions situées sur le port (San-Francisco, San-Jose et Santa-Clara), pour les engager à transporter leurs grains à bord. La manière dont cette invitation était conçue donnait à entendre qu’elle venait plutôt de lui que de lautorité supérieure.
On profita de cette journée qui fut chaude et assez belle, pour visiter et mettre à l'air les fourrures qui n’y avaient pas encore élé exposées.
Le 30. — La chaloupe du Présidio venant de la côte Nord, porta à bord quatre-vingtquinze fanègues de blé. Nous reçûmes, dans l'intervalle des quatre jours suivans, un second envoi de grains, appartenant aux officiers du Présidio, et deux, provenant des missions. Les charpentiers construisirent dans la cale une
cloison appuyée sur le bau, en avant de celui
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du grand panneau, laquelle, avec celui de la cale à eau, forma un grenier pour le blé.
J'écrivis à M. Balguerie et à ma famille; les officiers et quelques hommes de l'équipage profitérent aussi de cette occasion pour donner de leurs nouvelles à leurs parens et amis. J’adréssai le paquet au consul général de France en Russie, sous l’enveloppe du commandant Golownine, à qui je le recommandais.
Ce jour, lethermométre monta à 28 deg. au soleil.
Le 2 octobre. — Nous eùmes la visite des péres supérieurs des missions de San-Jose et de Santa-Clara, qui vinrent avec les officiers du Présidio, que nous avions ordinairement à diner. Je pris des arrangemens avec ces Péres pour avoir des grains payables en ustensiles d'agriculture et de charpentage, tissus divers, et coutellerie pour les Indiens.
Ce jour-ci et les quatre précédens, le temps fut constamment beau et trés-chaud, le thermomètre n'ayant jamais été au-dessous de 21 deg. 5 min. au soleil méridien, et le baromètre au-dessous de 27 p. 11 1. Le vent, variable du S. au N. par l’O., régna généralement du S.-O, 16,
244 VOYAGE Octobre 18:18,
au N.-0., bon frais de ce rhumb et surtout du Nord.
La chaleur du temps était encore augmentée par celle des feux que les Indiens, selon la coutume dont j'ai déjà parlé, avaient allumés sur la côte Nord. La sécheresse favorisant le progrès des flammes, elles gagnèrent rapidement de tous côtés jusques au bord de la mer. Poussé par les vents de la partie de l'Ouest, l'incendie s’étendit à perte de vue dansl’intérieur. Le jour, d'énormes nuages de fumée s’élevaient en tourbillons dans les accalmis, couvraient la côte Nord, quand le vent reprenait de la force, et se répandaient de notre côté lorsqu'il soufflait de cette partie. La nuit, les feux de l’incendie et la clarté qu'ils versaient sur un lointain immense , formaient un spectacle non moins curieux et plus magnifique encore.
Le 3. — Je fis connaissance avec le P. Vincente Saria, préfet apostolique dans les missions de la Haute-Californie. Ce vénérable religieux se montra disposé à nous rendre tous les services qui dépendaient de luï, et témoigna surtout pour nos malades les sentimens de la charité la plus touchante,
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Octobre 1818, La mission célébra la fête de saint François,
son patron; outre le père préfet, plusieurs religieux des missions voisines, de San - Jose, Santa-Clara et Santa-Cruz, étaient venus pour y assister. Il y eut un repas proprement servi, et où abondaient les diverses productions du pays, toutes de trés-bonne qualité, excepté le vin que les bons Pères se condamnaient à boire aigre, en négligeant les légers soins qu'aurait exigés sa conservation. J'assistai par invitation à ce repas avec les officiers du Présidio et la plupart des nôtres. Comme c’était un dimanche, presque tous nos hommes, qui se procuraient facilement des chevaux, au moyen des économies qu’ils faisaient sur leur ration, étant libres l'après-midi, vinrent à cheval attirés par la curiosité de voir les danses des Indiens, à qui les Pères ne permettent ces divertissemens qu'aux jours de réjouissances solennelles. C’est une faveur insigne pour ces sauvages, qui, dans leur état primitif de liberté, se livrent trèsfréquemment à ce plaisir, qu’ils préférent à tout autre. Îls nous parurent sortir de leur apathie habituelle dans cet exercice, auquel ils sont cependant loin de porter l’agilité, la vivacité
Octobre 1818, et l'énergie qu'on remarque chez les nègres dans le même divertissement. Il faut dire aussi que les missionnaires ne tolérent jamais les
danses lascives qui, sans doute, étaient les plus en faveur chez leurs disciples ainsi que chez les Africains. Celles dont nous fümes spectateurs étaient des pantomimes ou monotones ou grossières, composées en grande partie de contorsions, de gestes et d’attitudes ridicules, bizarres, ou menaçantes, accompagnées de cris et de hurlemens affreux. On nous dit que la plupart de ces scènes étaient des simulacres de chasse et de combats; il était facile d’en juger à l’accoutrement des acteurs plutôt qu’à leur action. Ils étaient tous du sexe masculin, leur figure et leur corps étaient teints de couleurs variées, et ils avaient substitué au sarrau de laine rayée de la mission, divers costumes et ornemens barbares composés de dépouilles de bêtes féroces.
Le 5. — Je reçus du P. Ramon une invitation de me rendre à la mission ; il s'agissait de nouvelles entraves qui allaient suspendre la fourniture du blé. Ce contre - temps fächeux était dû à la teneur de la lettre d'invitation de
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Oetobre 1838.
don Luis aux missions, dans laquelle il donnait
à entendre que c'était sans ordre du gouverneur qu'il les engageaità pourvoir à nos besoins, etc. Cette missive ayant été mise sous les yeux du père préfet, homme très-scrupuleux, il avait jugé qu’une pièce pareille ne pouvait pas être une autorisation suffisante, et 1l avait ordonné de suspendre les envois : toutes mes représentations à ce sujet ne purent ébranler ce saint homme, dont la con:cience s’y croyait intéressée, Cependant, afin de faire cesser promptement un retard si onéreux pour nous, il écrivit en grande hâte au gouverneur, dans les termes les plus pressans, pour l’engager à autoriser l'extraction des grains, qui n’était pas moins avantageuse au pays qu'à nous - mêmes. ]l lui représenta en même temps, avec toute la chaleur et le zèle de sa charité, combien il était indispensable que nos malades pussent rester à terre afin de s’y rétablir.
Le 7. — De même que les quatre jours précédens , les marées furent trés-fortes, et montérent plus haut qu'à la nouvelle lune, quoiqu’elle fût à son premier quartier. J’attribuai en grande partie ce phénomène aux venis d'O.
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qui régnaient avec force; mais je ne saurais
expliquer l’irrégularité de la durée des marées, plus longues la nuit que le jour.
Les militaires ainsi que les colons, profitant de la permission que le commandant venait de donner, commencèrent à venir à bord pour se pourvoir de nos. objets à leur convenance. Don Luis prit sur lui de prévenir l’autorisation du gouverneur , à cause de la pénurie de divers articles indispensables qu’éprouvaient ces deux classes, dont se compose toute la population espagnole du pays. Ilsétaient surtout dépourvus de draps et de toute sorte d'objets d’habillement, et cet état de détresse était une suite des troubles de la Nouvelle-Espagne, qui suspendaient, depuis plusieurs années, l’envoi des fonds et des effets destinés à la solde et.à l'entretien des troupes ( situado ). Les difficultés qu’on éprouvait de l'autorité pour obtenir une concession que les circonstances rendaient un acte de justice, avaient excité le mécontentement et les murmures des militaires , d’ailleurs très-subordonnés.
On voyait encore des feux sur la côte Nord, mais dispersés à de grandes distances, et ne
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couvrant pas des espacés aussi considérables que précédemment.
Le 9.— Le courrier que le père préfet avait euvoyé à Monterey revint avec des dépêches dont le contenu était de la n. re la plus satisfaisante. IL en donna aussitôt avis aux missions afin qu’elles expédiassent les grains dont elles pouvaient disposer. Quoique je dusse attribuer à la délicatesse exagérée de ce bon père le retard fâcheux que nous avions éprouvé, je le remerciai sincèrement du zèle avec lequel il avait intercédé, pour nous, auprès du gouverneur.
Il venta grand frais de l'O. au S.-0O., avec fortes raffales de cette dernière p:rtie, particulièrement la nuit, comme nous l’avions déjà éprouvé les précédentes. On fit peneau de l'ancre de veille, La bosse de la pirogue de Masset, qu’on avait amarrée sur la bouée, ayant manqué, cette jolie embarcation fut perdue. Î ne nous resta que le grand canot et la petite baleiniére montée au Callao, la grande, hors d’état de servir à bord, ayant été donnée à don Luis.
Le 10. — Il arriva un nouveau courrier de Monterey, porteur de dépêches par lesquelles
250 VOYAGE Octobre 18r8.
le gouverneur annonçait qu’un brick américain arrivé à: Santa- Barbara, des îles Sandwich, prétendait y avoir laissé deux bâtimens de Buénos-Ayres, de trente-deux et vingt-quatre canons, qui devsent faire une tentative sur la Californie, et prescrivait des mesures défensives. D’après cet avis, le commandant Arguello donna des ordres pour le rassemblement de la milice, composée principalement des habitans de Pueblo et de San-Jose, se concerta avec les missionnaires pour placer des védettes sur les points les plus élevés de la côte, et disposa les faibles moyens qu'il avait pour repousser une attaque (1).
Le 13. — Nous reçcûmes deux chaloupes
chargées de grains des missions de l’intérieur du port; c'était le premier envoi depuis la suspension occasionnée par les scrupules du père préfet, qui retardérent ainsi notre chargement de huït jours, ce qui, joint au temps perdu par la mauvaise volonté du gouverneur, prolongea notre relâche du double.
(+) Elle eut lieu en effet peu de temps aprés notre départ, sur Monterey et les Présidios du Sud, qui furent enlevés sans beaucoup de résistance. San-Francisco ne fut pas inquiété.
Octobre 1818.
cain Don Luis me transmit, par ordre du gouverich, neur, une réclamation d’Hosteins, tendant à de obtenir le paiement de ses gages; je répondis atre en témoignant mon étonnement de voir une par la reille prétention appuyée par son Excellence : en- la perte des avantages acquis devant être dans Ar- tous les services la suite naturelle de la désernent tion. Ce scélérat, qui m’avait des obligations ha- particulières, avait répandu contre moi des avec calomnies atroces, il était parvenu à être admis sur dans l'artillerie, et il était en détachement à )osa Santa-Barbara.
sser Le 15. — On embarqua deux barriques de | salaison, reste de celle confectionnée par nos pes } gens; il y en avait déjà à bord vingt barils, ce eur j qui, joint au peu qui nous restait encore de us- celles de France, devait suffire amplement jusère qu’à la fin de la campagne. On avait employé ent vingt-trois hœufs, qui avaient aussi servi à per nourrir l'équipage pendant la relàche. Quoique Sa 1 nos procédés fussent loin de la perfection, l’état
des dernières salaisons consommées au bout de
six mois était tel, qu’on peut présumer qu’eiles
sur . 0] a. auraient pu durer encore aussi long-temps.
En exécution des ordres du commandant
2592 VOYAGE Octobre 1818, pour le rassemblement de la milice, la plupart
des colons arrivaient successivement au Présidio. On gardait ceux destinés au service de:
l'artillerie, les autres étaient pour la plupart dispersés sur la côte. Ce concours activa la défaite des obiets qui restaient encore de la cargaison destinés pour la côte, dont aucun ne pouvait étre placé à la Shine. Nous reçûmes en paiement des piastres, du grain, du suif et des peaux de loutre.
L'état sanitaire de l’équipage s'était sensible-
ment amélioré dans un pays salubre, abondant, et dont les eaux sont bonnes. Un des trois malades envoyés à la mission à notre ‘arrivée, et plusieurs autres qui avaient été attaqués depuis, étaient entièrement rétablis; mais malgré les soins de M. Vimont, l'air pur qu’ils respiraient et l'hospitalité des missionnaires, Renier, maître d'équipage, atteint de la maladie de foie qui avait emporté son prédécesseur, et Rabot, novice charpentier, miné par la dissenterie, ne se trouvant pas dans un état qui leur permit de s’exposer aux privations et au malaise inséparables de la rude traversée que nous allions faire dans un navire de la classe du
Octobre 1818,
Bordelais, à leur demande et d’après l’attestation de M. Vimont, constatant leur état, ils furent débarqués du rôle d'équipage, et pour ne pas les laisser sans ressource dans ces con-
trées éloignées, je leur payai leurs gages acquis. M. Gaquerel, dont la santé était délabrée par les mauvais traitemens et les chagrins dès son embarquement à Callao, se trouvait à peine convalescent d’un violent flux de sang qu'il avait gardé pendant long-temps; il voulut cependant continuer le voyage, étant soutenu par le désir de revoir son pays et sa famille, et par sa juste confiance dans les soins éclairés que M. Vimont lui prodiguait avec tout le zèle de l'amitié.
Mes recommandations auprès des missionnaires, en faveur des malades que je confiais à leur hospitalité, étaient superflues, c'était assez pour ces bons religieux qu’ils fussent hommes et chrétiens. Le supérieur de la mission me promit de leur continuer jusqu’à leur rétablissement tous les soins qu’ils avaient reçus de lui, et le père préfet s'engagea à les faire venir à la mission de San-Carlos, près de Monterey, dont le port est plus fréquenté que celui de San-
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