‹ Voyage autour du Monde par les Mers de l'Inde et de la Chine: executé sur la Corvette de l'État (volume 2)Chapitre 13 sur 13 · II. 3o · texte numérisé non relu

II. 3o

des rafrafefaiMenients ^'on bisait Y6i»ir. On permit anssî k k chaloupe de faire de Teaii.

« M. Gravé ne crut pas deiroir s'opposer à ce qu*oo ezigeaîl de hii : il partil , et rerint le jour auinurt auprès du prince , «pii le BeçKt fort cirilenieot , et TinTita , avec les deux oflficiers , à diaer ches hn. Après le repas , on joua la comédie , ipii fut interrompee par fin mondo^tf ou courrier du roi, chargé d'une lettre adveasée an priim, contenant en substance, que l'inlentiDn de sa mt^eM était « que le vaisseau levât Tancpe de la rade où il avait mouilié, pour « aQer dans un meâleur port, et entrer dans une grande rivière, « éloignée de huit ou neuf lieues au delà ; que souhaîtaDt voiries « officiers , il voulait qu'ils fussent conduits par terre j«sqa*à Féne- « rie t où il faisait sa résidence. »

« Cette lettre ait un motif au prince pour ne pas tenir la promesee qu'il avait £iite le jour précédent On eut mène beaaooap de petne à obtenir de lui la penaussion d'envoyer à bord du vaisseau un des officiers informer le capitaine des nouveaux ordres du roi. n ne l'accorda qu'à condition que cdui qu'on dépêcherait reviendrait le même jour; mais pour ne pas se démentir de la bonne intention qu'il avait d'abord marquée, il envoya deux buffles , quelques oochons, et d'autres rafratchissements.

« n eii aisé de voir par la première demande, qu'on avait deaseio de s'emparer du vaisseau , en l'attirant dans un endroit d*on il n eût pas en la liberté de prendre le large ; mais M. le Gac était Ut>p prudent pour donner dans le piège : il s'^en eicusa, sous pnètexte des vents contraires , et de quelques inconvénienls qu'il fit naitre. Sans risquer son vaisseau ni son équipage , il attendit pour voir où aboutiraient les menées de ces peuples ; et ii ne vouiol abandonner qu'à la dernière extrémité des officiers qui s'étaient sacrifiés pour le service et les besoins de tous.

N On ne put piss de même âuder le voyage de Fénerie : il fallut s'y dbposer et essuyer des fatigues incroyables; néanmoins le manque de vivres , les chemins presque impreticabies , les inoooK modités d'un climat brûlant , ne leur fiirent pas si sensibles que la dureté et l'insolence de leurs conducteurs. Ces miséraUes eurent

pour MIS dat laçons si batiMres, qu'ils fiirenl plasisurs ibis forcés d*eD porter leurs plaintes an prince <|ni venail snrec eux.

« Après neuf jours de marche , as aimèrent enfin à Fénene. Ils «■sent plus de temps quil n en Ulail pour s*y rendre^ parce qu' ils furent retardés sous dîffiârents prétextes : on les oUîgeait qudque-^ fois de relonmer sur leurs pas , ou de s*écarter du vrai chemin ; on les condnîsaît aussi sur le rivage pour communiquer différents ordres , ou donner des avis à bord du vaisseau.

« A leur arrivée* ils aHérant descendre dans la maison du missionnatre^, qui n'épai^gna rien pour les bien recevoir. H leur procura tons les secours qui dépendirent de lui , jusqu'à se priver de son nécessaire. Plusieurs chrétiens du pays les vinrent visiter, et leur apportèrent des vivres pendant le s^onr qu'ils firent

• Le lendemain , le roi leur envoya dire par un oflBcier qu'il souhaitait les voir le même jour. Ds parurent, accompagnés du missionnaire, et passèrent à cheval une rivière étroite, mais pro» fende de dix pieds. Os trouvèrent à l'autre bord une nombreuse populn», que la curiosité y avait attirée : de là ils furent conduits à la sdle d'audience. L'édifice n'offirait rien qui pût charmer les yeux; il n'était relevé ni par rarehitectnre, ni par la richesse des ornements : c'était seidement une espèce de halle , composée de deux grands eoips de bâtiments, sans étages, soutenus par des colonnes de bob rouge fort simples. Le trône ou le roi était assis ne se ressentait en rien de l'éclat et de la magnificence de ceux de ces rois orientaux , dont plusieurs voyageurs ont lliissé de si pompenses descriptions. C'était un simple marchepied , élevé et couvert d*un tapis; derrière il y avait un paravent de vernis de la Chine. L'habi liemon t du roi c<msistait en une robe de damas noir» brodée d'or mêlé de nacre, avec des agmfes, et au-dessus une loile de coton fort fine, garnie par le bas d'une frange d'or, surmontée d'un petit gidon d'or. Sa couronne était de drap fouge, sans pierreries, bordée seidement d'un petit gidon d'or du Ji^n< B avait pour chaussure de petites bottines : j'observerai qu'il n*y a que lui à qui, dans le royaume , il soit permis d'être chaussé.

«La garde qui Tenvironnait était compotée ée dôme homnet, vêtus de soie rouge , avec un turban de la même ooideur. Chacun d^eux tenait un sabre, dont la poignée était garnie d*or. A sa gauche, on voyait quatre mandarms ou loy9t, habillés comme le roi , à Texc^tiou des bottines , et qui avaient aussi des gardes. A sa droite, un mandarin de la Gocfaindiine, ensuite plusieurs autres mandarins, placés chacun sdon son. rang, avec environ deux cents officiers , tous mis fort proprement

« On ût placer les étrangers et le missionnaire k l'entrée de la salle. Le roi , après les avoir considérés quelque temps , leur fit présenter le bétel , et leur fit dire qu*il était ravi de voir des Français, et charmé de faire plaisir aux sujets d*un roi dont la grandeur, la puissance et la réputation s^étendaient jusque dans ses États. Leur réponse, qui marquait la reconnaissance qu*ils auraient de ses bontés , fiit interprétée au roi : il leur tém<ngna sa satisfaction par une inclination de tète, et se retira avec sa suite.

« Peu de temps iq>rès, on les introduisit dans la salle a manger. Le roi et sa cour étaient déjà à taUe. On en avait préparé une pour eux, servie de quatre quartiers de cochon, deux rôlis et deux bouiHis, de quelques poules, et d*autres mets à la mode du pays. Ce premier service fut rdevé par des blancs de poules h»chés , avec qudques confitures. Le rû leur fit donner de sa boisson , qu*ils trouvèrent bonne ; après quoi on joua la comédie.

tA la fin du spectacle, un des principaux mandarins envoya demander à lii: Gravé trente nécunes , qui fimt quatre cent vingt piastres d'Espagne. Il alléguait que cette somme était pour fournir le vaisseau de rafiraichissements, et que Tusage chei eux était de payer d*avance. Sur ce qu*on lui montra que cette somme était exorbitante, il la réduisit à cinq, c'est-à-dire à soixante et dix pîas» très; mais M. Gravé ayant dit quil nétait pas alors en état d'y satbfaire , on lui permit d'envoyer à bord du vaisseau un officier chercher de Targent. Dans cet intervidle , le roi lui fit demander s*il voulait voir son palais, qui n'était qu*ir un quart de lieue; 9 le remercia de l'honneur de cette oflte, et se retira avec les autres.

« Pendanloet feintes politoMes, les mandarins tinrent un conseil, ou îb résolurent de bire venir de Cambosa un mandarin expérimenté dans la guerre , et de lui donner le commandement de plusieurs galères qu'ils armeraient pour enlever le vaisseau. Ils firent à oet effet défiler le long des cdtes {dusienrs troupes, qui devaient se rendre k Tendroît du débarquement pour cette expédition. Heureusement que qudques chrétiens donnèrent avis de ce dessein au missionnaire , qui le communiqua à M. Gravé , et en informa le capitaine du vaisseau , à bord duquel il eut ordre de se rendre avec Tofficier chargé d*aller chercher les soixante et dix piastres dont on était convenu.: M. le Gac là-dessus songea à prendre ses mesures. Sa première idée était de lever Tancre; mais il eut honte d'abandonner ses oflh^iers : d'aiUeurs , un départ précipité eût été, même pour le sieur Gouge , d'une filcheuse conséquence. Ce missionnaire représenta qu'ils étaient exposés à être dépouillés ; que lui-même ne serait pas épargné sur le soupçon d'avoir donné lieu à l'évasion; qu'alors abandonnés et errant dans le pays« nonseulement la misère les y accablerait, mais que la populace, maligne et impitoyable , exercerait sur eux mille cruautés , comme il était arrivé à l'équipage d'un vaisseau hollandais qui avait péri sur la côte , sans que son malheur eût pu toucher en rien ces bariiares.

t On peut juger de la crainte que peut imprimer un tel récit dans des personnes qui se trouvent exposées à un semblable danger. Au retour du sieur Gouge et de l'officier, M. Gravé et ses compagnons firent de nouveaux efforts pour leur liberté. Bs allèrent trouver le prince, dans l'intention de lui feire de fortes remontrances sur les mauvais procédés qu'on tenait à leur égard, contre le droit des gens et la bonne ibi. Le missionnaire ne les y accompagna pas , jugeant qu'il était plus prudent de se fiiire demander. La chose arriva comme il le souhaitait. Le prince , qui ne put comprendre œ qu'ils lui disaient , manda le sieur Gouge, qui lui fit un discours pathétique pour appuyer leurs raisons. Il répondit que le roi , les mandarins et lui n'étaient pas de même avis ; que cependant leurs intérêts lui étaient chers; mais qu'il les priait de ne plus le voir,

paroe qu'il ne voulait pa» se oompromettre avec lei numdarins du conseil. H k» reçut , au surptus , avec beauQou|> de franchise , lee fit boire et manger ohes lui , et poussa la galanterie jusqu'à leur ofirir des femmes, dont ils le rememèrent.

«Le même jour, vers le soir, le missîoniiaire eut ordiedu pre« mier mandarin d'aller i bord du vaisseau , demander de sa part les trente nécunes ou quatre cent vingt piastres qu'il avait démon*dées en premier lieu , et de faire en sorte que le capitaine montât avec son équipage 4 une lieue au-dessus de rembouchune de k rivière Baria. Il ne s'acquitta de cette commission qu'avec bien du r^ret : M. Gravé et les deux officiers le diargèrent d'une Usltm pour M. le Gac. Us lui mandaient que, «désespérant de sortir de« « mains de ces barbares , il pouvait appareiller quand il voudrait» « qu'ils étaient déterminés à souffrir toua les maux qu'entraîne « après soi la captivité. • M. le Gac, pénétré d'une vive douleur, pria le sieur Gouge de propoaer aux mandarins le rachi^ de sei ofliciers, pour la somme qu'ils demandaient; qu'à leur laissait quatre jours pour réfléchir sur ses ofires ; que «e temps expiré, il mettrait k la voile.

« C^te proposition fut faite au mandarin. Aussitôt il se rendit an village vis-à-vis duqud était le vaisseau, pour en conférer avec les autres mandarins ; et en même temps, il fit partir pour le même endroit le sieur Gouge, M. Gravé et les deux officiers, faisant espérer de renvoyer de là les trois derniers à bord du vaisseau : mais le missionnaire apprit, par des chrétiens bien informés • que le mandarin allait dans ce village pour faire attaquer le vaîsaeau, qu'il croyait bien chargé d'argent ; que son intention était de mettre le prêtre et les trois officiers chacun dans une galère; et que si k vaisseau faisait la moindre résistance, ou que si quelqu'un des siens fût tué , il les sacrifierait à sa vengeance.

« Us se mirent donc en chemin , après 8*élre recommandés à Dieu, et ils dlèrent coucher le même jour à une Ueue du viflage où se méditait l'entreprise, lis y trouvèrent le prince, qu'ils saluèrent et Bout ils implorèrent la protection, li les assura qu'il as»i9terait if u conseil , qif'â y prendrait leurs intérêts , et qu'il

tacherait de rompre les desseins des mandarins. M. Gravé lui ût présent de son épée , sur lenvie qu*il eo marqua ; mais ce prince, en Tacceptant , le pria de n*en point parler aux mandarins , parce qu*il a¥ait dm BMsures k garder avec eux.

« Le lendemain an matin , on entendit tirer un coup de canon du vaitiean. Le conseil fit demander à M. Gravé ce que cela signifiait : il répondit que c'était le signal du départ; dans le moment , les mandarins entrèrent en composition; de sorte qu*après |^sieurs conlérences de part et d*autre, k aâé missionnaire répondit sur sa télé de la sûreté des conventions ; savoir : que les tiois officiers seraient embarqué» dans un bateau avec huit nageurs , et que le sieur Gouge les accompagnerait k bord de leur vaisseau pour recevoir les quatre cent vingt piastres de rançon. On fit aussi partir un second bateau, sous prétexte d*escorle, avec dix ou douie hommes armés de sabres et de lances , qui suivaient le premier. Bs arrivèrent à sept heures du soir près du vaisseau : la chaloupe vint les recevoir. On fit au missionnaire mille remerciments pour les soins qu*il avait pria dans une afiaire si épineuse , et pour rheureux succès de sa négociation : on lui compta ks ' quatre cent vingt piastres, et il s'en retourna è terre.

« Le lendemain au matin , le sieur Gouge revint à bord du vaiaseau de la part des mandarins , demander la chaloupe pour iaire transporter des buflks, des cochons, de^ pouks et antres rafraîchissements qu'ils ofiiraient. M. leGac répondit qu'il les recevrait^, si les mandarins voidaient les lui envoyer dans un bateau d* pays; mais que pour lui, il n'était (dus d'humeur de risquw désormais à leur caprice sa chakupe ni personne de soi^ équipage Le missionnaire l'approuva, et, après avoir reçut de nouvdles B»arques d'amitié, il prit congé. A l'instant le vaisseaub appareilla pour se rendre à Poulo-G>ndor, ou il arvait ordre de toucher avant d'idkr à k Chine. La détention des officiers le fit rester tiente jour» à la côte de Tsiempa. •

Note lo, page 319.

Parmi les Français qui ooodiattireal pour r e u i etlf e le roi Gya- Long sar le trône de Gochinchine, MM. Dayot, ChaigDeaa et Vannier se firent particulièrement distinguer, non-seulement par leur courage et leurs talents, mais encore par une conduite sage et mesurée qui leur yalut Tamitié et la protection particulière de leur nouveau souverain. A la mort de celui-ci , qui arriva en 1819, deux seulement de ces mandarins français existaient encore : M. Dayot s*était noyé, peu d'années auparavant, sur la côte entre Tourane et Hué-Fou , alors qu'il commençait une nouvdle carte, qui devait com{rféter les superbes travaux hydrographiques exécutés par lui sur la cole orientale de la G)chinchine. B périt victime de son désir de donner à la France les cartes de ces contrées peu connues.

Qudques années avant 4a paix de 181&, M. Ghaigneau obtînt du vieux roi Gya-Long la permission de faire un voyage dans la patrie qu'il avait quittée depuis tant d'années. Le dévouement et l'aflection dont, au milieu de la faveur qui l'entourait k la cour de Hué-Fou, il avait toujours donné des preuves à ses oompatrioles, lui assuraient d*avance une honorable réception k Paris : aussi lorsqu'on 183 1 M. Ghaigneau retourna en Gochinchine , il fut investi du titre de consul de France dans ce royaume. Un pareil choix tombé sur un homme sage, instruit, et d'une grande loyauté, devait assurer à nos marchands de grands avantages dans ces contrées ; malheureusement toutes les espérances que Ton avait conçues Airent détruites par l'avènement au trône du souverain actud , lequd eut bientôt oublié les recommandations de son père en faveur de la France, et principalement en faveur de M.* Ghaigneau, qui, à son retour à Hué-Fou, partagea la disgrâce des anciens mandarins ses compagnons d'armes , et eut k lutter contre la défiance et la jalousie des favoris du nouveau prince. Gependant sa protection fut encore d'un grand appui pour nos armateurs; mais enfin ayant perdu tout espoir de regagner à la cour son ancienne

influence, qu*3 avait oomplé employer pour les inlMts de sa patrie, M. Chaigneau , accompagné de M. Vannier, dont les importants senrices avaient été également payés d'ingratitode par k gonvememenl eoctrinchinoist abandomia pour toujours cette contrée en i8aS.

Ces deux Français, qui ont noblement soutenu, pendant de longues années et an milieu des événements diflficiles d* une guerre civile sanglante, la réputation de courage et de fidâité des enfants de la France, et auxquels leurs compatriotes sont redevables de la considération dont ils jouissent en Cochincbine, maintenant retirés k Lorient, leur ville natale, y goûtent un repos honorable, au sein de Taisanoe, firuit de leurs trataux.

Note 11, page 434.

TRAVERSéE DEPUIS LES ANAMBAS JUSQU^A JAVA.

( Extrait de mon journal. )

Le à avril dans l'après-midi, toutes les opérations hydrographiques sur rarchipel des Anambas étant tenninées , je fis gouverner au S. £. pour aller chercher le détroit de Carimata. J'avais Tintention de vérifier la position d'une partie des petites lies dont ces parages sont semés , et parmi lesquelles Saint^ulien a échappé aux recherches de {dusieurs navigateurs modernes. Je désirais en outre fiiire la carte du petit archipel du Saint-Esprit; mais la violeiice du courant qui nous entraînait dans le S. , et la faiblesse des brises , me forcèrent d'y renoneer.

En eflet, le lendemain an point du jour, les vigies aperçurent à tonte vue dans l'E. Saint«Jnlien, dont la corvette aurait dû, d'après la route que nous suivions, passer k petite distance. Cette 8e , qui m'a paru peu élevée, est bien |dacée sur les cartes anglaises d'Horsburgh.

A midi, nous étions par o^ àà' de latitude N. et loA*' a' de longitude orientale : la sonde rajqxnrtait trente-huit brasses, fend de vase ; le courant nous avait portés de trente milles au S. O. , l'île SaintJulien restait au N. il8® E., et la plus considérable des îles

du Sttal-Ëipril, à gmnde aîstano» dan* h N. ai"" fù. Noiift dépM8«n«»ëgileineiit, avec «ne brise ùiià» de N. E. eide N. « qui ne vie permit pes de le» approcher, les Sks Victorî et Bairen , «MIN i{iie rile Barbe, fdua grande que les deux aiilvea, et «{ni, à six heures du soir, paraissait encore dans le S. 60** EL Au même moment, 00 releveiiau N. 48* £• la plus grande âe de rarchipel du Saini^Esprit : abrs le oiel était oouYeri et orageux. Nous eûmes le apectade d*uoe trombe qui se forma au mflieu d'un grain , mais die dura trop peu de temps pour noua donner de Tinquié* tude; la brise était ooostamment fiûble et variable; enfin tout annon^t le voiainage de Téquateur, que nous franchimas dans la nuit, et au S. duquel nous trouvânm» Je lendemain matin, 6 avril, au lever du soleil, un cid clair, Thoriion san3 nuages et une jdie petite brise de N. E. A midi, nous étions dé}à par o^ 47' de latitude S. et io5® 19' de longitude orientale : la sonde rapportait de trente à trente-cinq brasses ; nous gouvernions au S. 56** E. , pour aller reconnaître Tile de Carimata , dont les vigies aperçurent le pic à SIX heures, quoiqu'il fut enoore éloigné de vingt lieue». Au jour, on relevait Ke pic au N. 83° E., et la poînAe la plus occi* dentale de Souroutou, ile aituée k TO. et tréa-pfès de ûuîoMita, au S. 61^ E.

La sonde ne rapportait fins que vingl'Sepk brasses, fend de vaae, et déjà nous éprouvions des changements dana le vent et dans la divectioa du courant Gelui^i, qui d*abord avait porté au & O., s'était dirigé enauile peu à peu vers le S.* en augmentant de Cnnoe à mesure que nous approcbiona de Tentrée du détroit de Carimata; et enfin , lorsque nous donnâmes dans ce dernier, il ae dirigea vers le 5. £. ; mais dèe lors il ne conserva plua conatamment la même rapidité ; ce que j*ai attribué à Tinfluence des maiém ou des rivières qui viennent se jeter à la mer aur cette partie des côtes de Bornéo. Les brises soufflaient de [dus en pfai» midkwumt et variaient depuis le N. jusqu'à TO. ; le temps était kieertain et se couvrait plusieurs fois dans la mième journée, puia redsnrenait serein ; enfin touA annonçait la transition de la mousaoo de N. £. , que noua quittions , à celte d'O. qui régnait encore dans

U mer. de lava «amI» ^t lonchail è ta fin; anAnummA «cUe InusilÎQii aiiratl élé beancoop plut ianiafae ai anrompagnéa do graiaa trèa«naleiila, dWagOi al da «orrenta ds pkda.

Lt vkjcpaa dn oavranl, qvî oouapovta aaS. K dès qna noua §imm pvèa da Garimala, sia força de kim gDsvamer ao ao aaiî ' vanem dfifNii»le& 56» E. juiquau S. 33* £.« afia da povrair laJMar oaUa damîèra Sla è !*£. Noua en patutwni iràf^frà, aîaa» que de âottrauloo. La praitîèiia est rnootagneme et très-élavéa; TavIieaalatMaiiaieetn'aAedbcQUiiieaque daaa sa partie met ridionaie, qui eat coiiverteda beîa, ainaî que toulle leatederâe* Iieeamdquilaaéparedesa Yoisaiiein*apamirèa<sain.

A midi, noua paMiom t r à a ^ w èa de œs deux tarraa : la temps élaîl magnifique, ias nuages avaîeal disparu, la liriae aoulBasI faiUsmenfc du S. 0. et de TO. el agitail à peine la mer. A la nuit, on releva la pointe la pluaccddentsledeCarimata an N. 33^0.; cdledeTE., au N. i3®0.;}epic, auN. S^E. I« plomb rapportait quinae brasses, vase.

Généralement toutm ces tanes sont bian plaoéw onr Im cartes anglaises ; oapendanl noua avons trouvé qu'Hordburgh mat Cari* mate dnq minutes trop à TE. A cinq heures nous relevîona oatle dernière âe au N. &» E. : alors je fia mettre k C9tp au S. €7* £. pour dler reoonnaUre la odie de Bornéo, le long de laqueDe les sondes sont réguUàms, an lieu que de lautre côté dn détroit, U existe une ibvde d*éoueila que rien n annonoe, et parmi les<pieb il fiml compter le banc de rOÉiterio. Nous en passàons, vers sia beurai du soir* è environ trois lieues. Dans ce moment, le cmii rsnt nous entrainait avec une vitesse de troia miUm à rbeuie e aussi, quoiqu'il fil presque cafane, noua dépassions les tenwsrapit démenti une ancre était toujours prêts a tomber, car dana ces pasagss, il j a plusianrs dengors qni sont i peine connust mais MOUS n aperçâmes rien ; le fond ne varie que de seiae k vingt brasses, vase» Laluneédaira notre route pendant la nttk,qui<ut beUe, mats d*une chaleur étoufiante. Au jour, les vigies distin* guèrent une haute asontagne située sur les côtes de Bornéo, et maft|uée sur les cartes comme point de reoonnâisaanoe. A midi ,

nous la rdevionB aa N. 81^ E., à environ dooie lieues de distance : la sonde rapfwrtait quatre brasses , &Mid de vase ; et comme le courant était beaucoup moins fort que la vei&e, et que, malgré le c^me, la corvette gouvernait parfaitement, je me décidai à ftire route toute la nuit, le cap au S., pour franchir les trente lieues qui nous séparaient de Tile du Rendex-vous , et aller voir cette terre qui, {dacée sur la côte de Bornéo et entourée de sondes parfiûtement connues , sert de point de reconnaissance. Le jdomb fut jeté À des intervalles trés-rapprochés , et nous trouvâmes constamment dix-neuf à vingt brasses , vase.

Le 8 avrfl, au lever du soleB, la brise soufflait à peine et variait du N. 0. à TO. : le ciel était couvert et orageux; cependant les vigies découvrirent sur la côte de fiornéo une haute montagne, que j*ai supposé être High Peak, marquée sur les cartes anglaises , mais dont la position n*est pas assez bien déterminée pour servir aux rdèvements.

A onze heures du matin , un temps plus clair nous permit de prendre connaissance de Rendes- vous -idand, éloignée de huit lieues dans ce moment, et dont il ne paraissait que les parties les plus hautes. A midi, nous étions par 4® 10' de latitude S. et 107^ 3^' de longitude orientale : alors, jugeant que notre position était bonne pour éviter les dangers qui s'étendent k TE. et à 1*0. du cand , je donnai la route au S. pour en passer à égale distance, et la sonde augmenta à mesure que nous fimes du chemin. A cinq heures, die rapportait vingt-huit brasses, fond de vase, et nous avions d^Hissé la plupart des dangers. A six heures, les vigies reconnurent TAe Basse et Poulao-filancab, situées au S. de Rendes-vous-idand et le long de la côte de Bornéo , qui est si basse dans cette partie qu elle ne paraissait nullement Les rdèvements pris sur ces petites iles et le résijdtat des angles horaires observés dans Taprès^midi m*ayant donné la certitude que nous n'avions été portés ni à TE. ni à 1*0. par les courants, je fis con«> tinuer de courir au S. , afin de passer au milieu du cand , formé par les écueils et les bancs qui environnent la pointe S. O. de Bornéo, et par les nombreux récifr que projette à une grande

distance Ten TE. la cAle dangereuae de BfllilOD. Noos eûmes pendant k nuit an ped de brise, et k qnatre heures du matin , Festime nous mettant par le travers du récif le plus avancé vers le S., nous gouvemimes au S. 33* E. , et la corvette entra dans la mer de Java.

Je me suis borné à donner les routes que nous avons suivies dans le détroit de Carimata, non-seulement parce que mes ob* servations n'auraient pas été appuyées sur une asseï grande connaissance de ces parages, mais encore parce que les instructions d*Horsburgh sur la mer de Chine, et la bdle carte dressée par les capitaines ang^s Ross et Maughan ne laissent rien à désirer sous tous les rapports. Ces deux officierB de la marine de la compagnie ont parfidtement déterminé toute la cAte de Bornéo depuis Téquateur jusqu*au 9* degré de latitude méridionale, ainsi qu*une partie des dangers dont le détroit de Carimata est rempli. Cependant H y en a encore beaucoup qui ont échappé d*autant plus Oocflement à leurs recherches que , dans ces parages , la mer étant presque toujours tranquille , on n*aperçoit les écœils ou les réci& que très-diflBcilement

n y a peu de temps encore qu*un bâtiment américain a découvert un banc dans le S. 0. et à peu de distance de Sonroutou , sur la route même que suivent ordinairement la plupart des navires qui franchissent le détroit de Carimata : aussi les capitaines» intimidés par la perte de plusieurs bâtiments, qui ont fidt naufrage sur le récif rOntario et sur d*autres écueib voisins de Sonroutou, p r éft rent le détroit de Gaspar, quoique (dus étroit, plus dangereux même que celui de Carimata , mais qui est mieux connu.

Je désirais vivement faire la carte de la cAte orientale de Billiton, que les hydrographes anglais ont négligée, et que les marins du conmieroe redoutent beaucoup à cause des rochers dont efle est hérissée et de la multitude de forbans auxquels die sert de rq>aire; mais le peu de vivres qui nous restait à bord me força de renoncer encore k ce projet

Le 9 avril , à sept heures du matin , les vigies n'ayant aperçu la terre dans aucune direction , je donnai la route au S. M** E.

pour «U«r fQcoMudtre la poûitePanka,^! fonnesD desoôléBde r«iilpée du détroit de Maduni , dasB lequat est situé SeuralMiya, -où je iM)ispUHB relAdbar.

A midi, fiociB nous irouvions par 4* lo du latilDde S, et 107® Sq' de loDgitude E. : la chaleur se faisait seatir d*utto nMhniècte aocablanle; lO'Ciel était somlm et (duvieux; la brise d*0. -soutlhiît par intervalles ; enfin tout «nnonçaît ^us nous alUons 4utter cotftre k moasson d*0. expiranla: aussi n*étîoiis-noos, le 10 avra àiMdi, que par S'' i5' de ktîtnée S. et loS» b6' de longitude orientale. Cependant nous oommenfiniis à apenoeroir tpielques bètisnents «uvopéens et nkène dos cabolears, qni &i* saient, conune h Fmterite, roule pour JavA, et profitaîeDi de la iirise favordbie ou louvoyaient contre les vents d*E. et de S. E. , qai ordinaipenient «menaient des grains de pluîe, auxquels soc* cédak «ne bonne brise de N. O., q«i malbeufensenBent ne du* mit pas pfais de deux heures. Cependant le courant au & se âoulenait toujours ; ce <pri me fait supposer 4|u*il doit éln Uen vîoleat pendant la force de Tune et de Tautre mousson, quoiqu'il suive des directions diamétralement opposées ; car, lorsque le vent de N. E. souffle dans la mer de Chine , il ooort au & O. , S. et S. £.; et au contraire, pendant la mousson de S. 0. , il porte au N. E. , N. et N. 0. Mais dans cette denûère saison les vents d*£. régnent sur les côtes de Java , et à mesure que les bâtiments reaoaient vers le N. , ils trouvent des coups de vent et des orages de plus en plus fréquents, qui rendent paiéois fart dangeiense la navigation du détroit que nous v^enions de franchir si paisiblement

Le 13 avril à midi, la latitude était de 6^ ai' S. et 109^ iS' de longitude orientsfe: la pluie tombait par torrents; la brise variait du S. au N. E. par 1*0. ; mais le temps s'éelaircit nn peu dans la soirée, et les vigies aperçurent les terres de Java, dont nous étions alon à vingicinq lieues environ : je lis gouverner au S. 35* E. , pour aller prendre connaissanee de la côle k quelques lieues à ÏO. de la pointe Panka ; bientôt nous ^tmes Tfle Lufaek, dans le N. 78^ E. , et plusieurs autres terres dans le S. 5&^ 0. et dans le S. ni^ O.

NOTES. (i7«

Le jour snîvMit non» ne fi&Mes pa» plus fiivoritéft par U brise que li TeîHe : eUe reste Uw^oors fiable «I rarie du 8. E. à t'E. A noidi, ooiis naos trooTioiM par 6* 18' S. et par logf* 4o' de longitude «îentak. Lubek restait au N. &8** E., et iara s'étendait de 1*0. & O. au S. : le temps était assez dair, et comme j*avaîs rintentian de faire route toute la nuit stiivaiite, si la brise devenait fiivorable, je fis gouverner au S. ki^ E., pour longer la cale, et nous mettre à mèene de doubler la pointe Panka avec le vent d*E.,queje devais redouter pour le lendemain, d*a> près rexpérîenee que j en avais acquise le jour précédent.

La brîse se soutint jusqu'à minuit eu N. et au N. E. , puis elle fit place an calme , auqnd succédèrent des grains dans toutes les parties de rhoriion; un seul, qui vint du N. O., donna du vent, et nous en profitâmes pour avancer rapidement vers le S. E. * mais bient^ la corvette alla trop vite pour la sonde, et comme les fini que nous distinguions parfaitement à terre étaient une preuve certaine que nous en étions k très-petite distance, je fis mettre en travers pendant une heure : Thoriion paraissait enflammé par les éclairs ; le tonnerre se faisait entendre dans toutes les directions ; la dudeur était étouffante.

A quatre heures je fis r e mettre en route : la brise avait varié au S. O. et se soutenait : aussi étions-nous , au jour, à deux lieues de terre et à sept environ de la pointe Panka.

Cette partie de la edie orientale de Java est généralement basse ; OttdtstJDgueqndques terres levées, mais dhs sont dans Ttnté^ rieur. Je n*ai vu près du rivage aucun point asses remarquaUe pour pouvoir servir d*smers; j*aperçus seulement sur le bord de la mer une dune qui présente qudque ressemUance avec un fort crénelé. De cette dune à Panka, il y a six lieues environ; dans cet espace la côte est basse et uniforme; seulement on remarque la grande montagne auprès de laquelle est située Sourabaya, et k peu de distance de la mer on reconnaît pliisieuvs coHines placées pandlèlement et d'une forme idongée. Hles sont appdées Cof- Jim (cercueils] par les marins ludlandais et servent de reconnaissance pour attirer sur cette partie de Tile.

A une heive , le pavillon hollandais , dqpioyé sor on petit fini , nous fit reconnaître la pointe basse et sablonneuse de Panka, que nous contournâmes à très-petite distance; et au moment où , la relevant au S. 0., J'allais figure mouiller près du fi)rt, par quatre brasses, le pilote, que le pavillon bleu et blanc dépkjjé au mât de misaine et plusieurs coups de canon avaient prévenu de notre arrivée, monta à bord. La manière singidière dont les mâts et le corps de son embarcation étaient peints, la rendaient très-reconnaissable : c*est un bariolage noir et Uanc qui se voit de fort loin ; ce qui , du reste , est asseï inutile, car la crainte des pirates malais empêche ces pilotes de venir prendra les navires au large; ils les attendent toujours à Tentrée des passes.

Dans les environs de la pointe Panka les sondes sont très-faibles , mais diminuent régulièrpment k mesure que Ton approche de son extrémité. Dans 1*0. , et a deux milles de terre, le plomb rapportait huit brasses, vase; plus au laige, nous en avions trouvé vingt et vingt-deux dans des endroits où la carte en porte de trente à trente-cinq; en dedans de la pointe, on trouve encore moins de profondeur, car à trois heures nous franchimes un banc de vase sur lequel il uj avait pas plus de quinie pieds d*eau, et qui est situé i la partie la plus resserrée du détroit : nous étions alors entourés d*une foule de caboteurs qui iaisaient la même route que 2a Favorite.

A quatre hmires et demie, nous contournâmes un banc de sable, sur le milieu duqud est bâti le fort d*Qrange, qui défisud la passe et n*est séparé de Java que par un canii très-étroit et peu profi^nd. (Test dans cette partie du détroit que Tile de Madura m*a paru se rapprocher le plus de Java.

Vis-à-vis Panka les deux terres sont à cinq lieues environ f une de Tautre; et devant le fort d*Orange, à pçine sont-dttes séparées par un passage de deux miUes; mais â mesure que Ton avance vers le S. , le fond augmente. Gqiendant le pilote n*osa pas engager la corvette dans ces passes étroites , avec la nuit qui commençait à devenir obscure : il demanda«a mouSler, et Tancre tomba par neuf brasses , fond de vase.

Nous relevions le fort d*Orange au N. , à trois milles environ. Les terres qui bordent les deux côtés du détroit sont très-basses , surtout celle de Madura , sur laquelle on n*aperçoit pas même une colline; mais dans Tintérieur de Java on voit de très-hautes montagnes.

Les rivages de l'une et de Tautre île sont couverts de villages , où beaucoup de pirogues, bien faites et blanchies à la chaux, qui sillonnent le détroit, ne parviennent qu'après avoir passé sur des bancs de vase dont les bords s'étendent beaucoup au lai^e et rendent les passes si étroites et si peu profondes , qu'à peine une frégate du second rang peut remonter jusqu'à Sourabaya.

Pendant la nuit le temps fut orageux et très-sombre , mais il ne plut pas. Au jour, la brise soufflait de l'O. et le flot commençait : alors le pilote fit appareillefla corvette. Nous passâmes rapidement devant le village de Gressy , situé sur la côte de Java. Sa rade était couverte de caboteurs , parmi lesquels j'en remarquai un bon nombre d'européens. On dit que cet endroit est le centro d'un commerce considérable et que les réparations des navires s'y font à meilleur marché que dans aucun autre port de l'ile.

Gressy est à environ deux lieues de Sourabaya , devant lequel nous mouillâmes à huit heures du matin , par huit brasses d'eau , au milieu de plusieurs grands navires, et à peu de distance d'une corvette hollandaise.

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