‹ Voyage autour du monde par les mers de lI̓nde et de Chine exécuté sur la corvette de le̓́tat la Favorite pendant les années 1830, 1831 et 1832 sous le commandement de m. LaplaceChapitre 3 sur 53 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

M. de Kergariou fit un assez long séjour à Tourane, principal port de la Cochinchine ; il y trouva deux anciens officiers de la marine française, MM. Chaigneau et Vanier, qui depuis près de trente ans séjournaient en ce pays où ils avaient reconduit le fils de l'empereur Gya-Long dont l'éducation s'était faite en France. Ils étaient l'un et l’autre porte de la dignité de mandarin et ils jouissaient à la cour cochinchinoiïse d'une assez grande considération; cependant ils n'eurent pas un crédit suffisant pour obtenir que M. de Kergariou se rendit dans la ville capitale afin d'y être présenté à l'empereur : les démarches qu'ils firent à ce sujet furent rendues vaines par les intrigues des mandarins du pays. On leur opposa comme un obstacle insurmontable que le commandant de la Cybèle n’était point porteur d’une lettre du roi de France pour le souverain de la Cochinchine.

La Cybèle rentra à Brest le 19 octobre 1818.

Peu de temps après, le 1° janvier 1819, M. Phili-

bert, capitaine de vaisseau, partit sur la corvette de

charge le Rhône, accompagnée de la gabare la Durance,

pour se rendre à Java. Le but de sa mission était d’enrôler des cultivateurs chinois pour les conduire à Cayenne, où l’on comptait leur faire exécuter des défrichements jusqu'alors tentés inutilement par d’autres es

" Rene expédition n'eut aucun des résultats qu'on en

“En 1821, le 8 juillet, la frégate la Cléopétre, commandée par M. de Courson, quitta Brest pour aller aussi

AVANT-PROPOS. Ÿ explorer les mers orientales. Ce capitaine de vaisseau visila plusieurs ports de la Chine et de la Cochinchine ; il ne réussit point à voir la cour de Hué, et vint remplir sur les côtes de Madagascar une mission qui lui avait été donnée par le gouverneur de Bourbon.

Il fut de retour à Brest le 8 mai 1823. à

Le 27-avril de la même année, la frégate l’Armide avait été expédiée de Lorient, sous le commandement de M. le capitaine de vaisseau Villaret de Joyeuse, pour aller annoncer au Brésil, à l'ile de Bourbon, et dans nos établissements de l'Inde, que la guerre venait d'éclater entre la France et l'Espagne. L’Armide, après avoir rempli cette mission, toucha à l'Ile-de-France et au cap de Bonne-Espérance ; puis elle revint à Brest, où elle mouilla le 2 juin 1824.

Trois mois auparavant, M. le baron de Bougainville, capitaine de vaisseau, fils du célèbre navigateur de ce nom, était parti, sur la frégate la Thétis, qu'il commandait, pour faire un voyage de circumnavigation qui devait commencer par les mers de l'Inde et de la Chine. Sorti de Brest le 2 mars 1824, il se rendit à lîle de Bourbon, où il fut rejoint par la corvette l'Espérance, dont le commandement avait été donné à M. de Nourquer du Camper, capitaine de frégate (au- Jourd'hui capitaine de vaisseau), qui avait fait la campagne précédente de la Cléopâtre, en qualité de second capitaine.

La Thétis et l'Espérance visitèrent successivement Pondichéry, Malaca, Sincapour, Cavite (dans la baie de Manille}, Macao, Tourane, Sourabaya, Botany-Bay,

vi AVANT-PROPOS.

où M. de Bougainville fit élever un monument à la mémoire de Lapérouse, à l'endroit le plus voisin du dernier mouillage connu de cet infortuné navigateur; les deux bâtiments se portèrent de là à Valparaiso; puis en doublant le cap Horn, ils vinrent à Rio-Janeiro, et rentrèrent à Brest le 23 juin 1826.

Les fruits de ce voyage ont été des documents fort importants pour lhydrographie et pour l'histoire naturelle.

En 1827, la gabare la Chevrette fut envoyée dans l'Inde, sous le commandement de M. Fabré, lieutenant de vaisseau, précédemment embarqué sur l'Espérance. La Chevrette fut absente de France du 29 mai 1827 au 12 décembre 1828 ; mais diverses circonstances la retinrent dans l'Inde; elle ne pénétra point dans les mers de Chine, et son voyage, dont la mort de M. Fabré a retardé la publication, fut très-fécond en documents scientifiques, mais ne s'étendit point au delà du golfe du Bengale.

Dans l'intervalle de temps que nous venons de parcourir, de 1816 à 1828, avaient eu lieu les trois voyages de découvertes de MM. les capitaines de Freycinet, Duperrey et Dumont-Durville, sur les corvettes l’Urante, la Coquille et l'Astrolabe ; mais i suffit d’en faire ici une simple mention, puisque des relations étendues en sont publiées par ordre du gouvernement, et maintenant fort avancées.

Pendant que l'Astrolabe parcourait les archipels situés à VE. de la Nouvelle-Galles du sud, afin d'y chercher des traces du naufrage de Lapérouse, M. de

De

AVANT-PROPOS. VII Legoarant de Tromelin, commandant de la corvette la Bayonnase, partait de la côte du Pérou pour aller visiter l'île Mallicolo (nommée depuis Vanikoro), où les relations du capitaine anglais Dillon avaient annoncé que se trouvaient les débris des deux bâtiments que commandait le célèbre et malheureux navigateur français. M. Legoarant partit de Callao le 7 février 1828, arriva le 21 mars à l'ile Whahou de l'archipel des Sandwich, appareiïlla de nouveau le 17 avril, mouilla le 26 mai devant l’île de Rottumahou ou Rotumah, qu’il quitta le 29 pour toucher le 2 juin à Tucopia, et le 3 à Vanikoro, où il reconnut, après le capitaine Dillon et M. Dumont-Durville, les restes de la grande catastrophe qu'il avait ordre de constater.

La Bayonnaise reprit la mer le 28 juin. Après avoir visité Santa-Cruz et les îles Swallow, elle se dirigea sur Guam, franchit ensuite le passage de Gilolo, relâcha dans la baie de Cayeli de Bouron, traversa les détroits d'Ombay et de Wetter, et arriva à Coupang (île Timor) le 25 août. Elle en partit le 11 septembre, arriva à l'île de Bourbon le 13 octobre, et de là, après avoir rempli une mission à Madagascar, elle toucha successivement à Sainte-Hélène et à Ascension, puis mouilla à Marseille le 19 mars 1829.

L'intention du ministre de la marine, en destinant la corvette la Favorite à une campagne de circumnavigation, ne fut pas de recommencer ce qui avait été si bien exécuté par les habiles capitaines de bâtiments que je viens de citer : il voulait que le pavillon protecteur du commerce français se montrât de nouveau dans des

vas AVANT-PROPOS.

parages où il était à regretter qu'on le vit trop rarement. IL désirait aussi que les travaux hydrographiques exécutés pendant la campagne de la Thétis et de l'Espérance fussent continués.

Je crois nécessaire de mettre sous les yeux des lecteurs les instructions qui me furent adressées sur l'un et l'autre objet, et de faire suivre ces documents de la liste nominative des officiers, élèves et marins de toutes classés qui étaient embarqués sur la Favorite.

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