‹ Voyage autour du monde par les mers de lI̓nde et de Chine exécuté sur la corvette de le̓́tat la Favorite pendant les années 1830, 1831 et 1832 sous le commandement de m. LaplaceChapitre 50 sur 53 · A L'ÉDITEUR DU CHRONICLE DU BENGALE · texte numérisé non relu

A L'ÉDITEUR DU CHRONICLE DU BENGALE

« Monsieur, j'ai lu, il y a quelques jours, dans je ne me sou-, : viens pas laquelle de vos feuilles, un article où il était dit que la corvette française la Favorite, dée par le capitaine Laplace, ayant échoué sur la fausse pointe d'Yvi, avait été forcée de relächer

à Coringui pour réparer ses avaries, Le sens de cette phrase porterait les lecteurs à croire que ce bâtiment a beaucoup souffert, ce qui, je puis vous assurer, n’est nullement fondé, J'ai visité moi-

même la Favorite : sur la rade de Mazulipatnam très- -peu de jours après son accident, et j'ai eu la certitude que toutes les pertes de ce bâtiment, quoiqu'il füt resté sept jours échoué à une des embouchures de la Chrisna, se sont bornées à une ancre abandonnée. Le mouillage de la Favorite à Coringui n’a eu d'autre motif que celui d'une visite au comptoir français de Yanaon. Le capitaine Laplace témoignait le plus vif regret que la perte de temps occa-

personnes de la capitale du Bengale ont été privées de 14 vue du plus beau bâtiment peut-être qui ait jamais visité ces mers. La Favorite est une brillante corvette portant 24 caronades de 30 livres françaises ; elle a 120 pieds de long et 33 de large, espèce de bâtiment inconnu , je crois, dans notre marine militaire; sa poupe est ronde et travaillée avec beaucoup de soin; l'intérieur de cette corvette, qui à fait partout l'admiration des hommes du métier,

est parfaitement installé pour la mer et le combat. Le orite est

d'une construction neuve, et exécute un voyage aut | « Ux Lecreur, »

J'eus l'heureuse occasion , avant de quitter la Chine, de pouvoir remercier, dans la personne du capitaine qui avait visité l« Favorite à Mazulipatnam , l'auteur de cet article, aussi honorable pour notre marine que pour le caractère loyal et sans préventions d'un officier de la marine royale anglaise.

Note 15, page 272.

(Extrait de mon journal, pour servir de renseignements sur la baie e Coringui. )

Le 16 juillet, dans l'après-midi, nous avons mis à la voile pour Coringui. La brise était de la partie de FO., faible, temps couvert et pluvieux. Dans la nuit je fis arrondir la pointe de Narsapour, et donnai la route au N. E. 1/4 E. pour longer la côte

jusqu'à la pointe Godeware. Nous nous tinmes constamment par rieuf et dix Nrrtes À à entendre briser la mer sur le rivage : au jour la terre élait à à environ deux lieues ; le temps avait mauvaise aparence, nous mouillämes par neuf brasses, fond de sable et de vase. À dix heures le temps étant redevenu clair, je fis appareiïller et faire route en longeant la côte toujours par neuf brasses; à trois heures nous aperçümes un bouquet d'arbres qui indique l'extrémité du cap ou pointe Godeware; à quatre heures les brisants terribles qui la terminent furent en vue : je les fis côtoyer à environ un mille de distance, et nous vinmes mouiller en rade de Coringui, par quatre ‘brasses et demie fond de vase, auprès de deux Piche marchands. Le fond diminue graduellement, mais très-lentement, de manière que les grands navires, quoique mouillés par un très-faible brassiage (ce qui est sans inconvénient), sont très-loin de Coringui.

La pas entre la pointe Narsapour et celle de Godeware est très-

rès boisée, et même à quelques lieues à l'ouest de

sans risque au-dessous même de neuf brasses; mais dans le voisinage de la pointe Godeware, qu'un banc de brisants qui s'étendent beaucoup au large rend extrêmement dangereuse, il faut, surtout de nuit, se tenir à au moins douze brasses, le bord du banc étant très-accore. Le plus difficile dans la navigation de ces côtes de la presqu'ile est de reconnaître les pointes, car les terres sont en général basses, noyées et uniformes. Celle de Godeware est consi-

NOTES. 555 dérée comme une des plus difficiles à distinguer et des plus dangereuses pour les bâtiments ; aussi a-t-on élevé gs ts quelques années sur son extrémité une tour à feu, difhcile à voir de nuit, et qui peut souvent être confondue avec des feux à terre; ce dont j'ai reconnu la possibilité quand nous avons été au mouillage. De jour, la tour blanche du phare, placée sur l'ile Hope, s'aperçoit facilement; mais les plans de cette côte sont en général si défectueux qu'elle ne peut servir aux relèvements.

Ainsi done, pour entrer de jour (car la nuit je ne pense pas qu'il soit prudent de le tenter, à moins d’être très-bon pratique de ces parages) dans la baie de ‘bé en venant du N., on tiendra toujours la côte par hant de la pe 4 Godeware, on apercevra sur la côte un ie d'arbres, puis, peu de ne vers és D, ss rar Pa réunis sur

sè instants un monticul gr instan

après les montagnes de Golconde se lai t voir dans pie lointain. Bientôt en continuant de longer la côte, entièrement basse et presque noyée, la tour à feu sera faiblement distinguée ; alors le brassiage augmentant, vous viendrez successivement jusqu'au N. ; à cette route le bâtiment suivra une longue bande de rochers qui s'aperçoivent de loin; quand enfin l'extrémité des récifs aura été bien distinctement reconnue, on viendra en l'arrondissant à environ un mille de distance au N. N. O., N. O., O. N. O. etenfin O. 5. O. A cette dernière route, le fond diminuera graduellement et lentement jusqu'à un peu au-dessous de cinq brasses ; alors on pourra mouiller ayant la tour à feu au S. 22° E. Il faut éviter en cherchant ce relèvement de trop serrer les récifs, car d cas on s'exposerait au risque de trop s ‘éloigner de l embouchure de la rivière de Coringui, que les terres basses ne laisseront diese que très-imparfaitement au S. 28° O. Quand il y a des bâtiments mouillés sur la rade, ils sont-facilement distingués, et de plus, la grande pagode de Jagernoparam, excellent point de reconnaissance pour les bâtiments qui vont dans le N., est très-remarquable sur la côte. Nous la relevions au N. 66° O.

Notre mouillage était à environ quatre milles de la ville de Co-

ringui, fond de vase molle, profonde et noirâtre. Le courant de la rivière était très-fort et le flot très-faible; aussi pendant plusieurs heures de suite l'eau était-elle douce autour de la corvette, mais chargée de boue. Les vents de S. O. ont été presque constamment trés-frais, avec une mer toujours très-belle. Parfois le jusant trèsfort a coulé nos bouées. Je crois donc prudent, pour éviter de les perdre, et même des ancres, comme il nous est arrivé, de tenir toujours à bord le bout de l'orin.

Les instructions sur la navigation de ces côtes assurent t que la rade de Coringui est extrèmement dangereuse, et même qu'elle n'est pas tenable dans la mousson de N. E. Les habitants du pays prétendent le contraire, et assurent que jamais le mauvais temps ne se fait sentir au mouillage; mais comme, il.y a trente ans environ, un coup de vent de N. E, fut si violent, que la mer poussée vers le fond de la baie inonda, submergea même Coringui, je pense qu il ne serait pas prudent de s'y fier.

Note 16, page 310.

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