‹ Voyage autour du monde par les mers de lI̓nde et de Chine exécuté sur la corvette de le̓́tat la Favorite pendant les années 1830, 1831 et 1832 sous le commandement de m. LaplaceChapitre 8 sur 53 · XVIII INSTRUCTIONS · texte numérisé non relu

XVIII INSTRUCTIONS

nues de notre globe, ïl n’y a pas d'objet spécial de recherches hydrographiques qui puisse lui être recommandé. Nous supposons que la Favorite se rendra à Pondichéry en quittant Bourbon ; il est probable que partant de France vers le 1°* décembre, elle pourra arriver à Bourbon vers le 15 mars et en partir avant le 1" avril. C'est vers cette époque que la mousson change, et qu'elle passe du N. E. au S. O. dans les mers de l'Inde, c’est-àdire dans le golfe compris entre la côte d'Afrique et celle de Malabar, ainsi que dans le golfe de Bengale; mais comme ce changement peut avoir lieu avant ou après le départ de la Favorite de Bourbon, on ne peut déterminer ici la route qu'il sera préférable de suivre : nous nous contenterons donc d'engager M. Laplace, quelque route qu'il prenne pour se rendre de Bourbon à Pondichéry, à utiliser sa navigation en déterminant les latitudes et longitudes du plus grand nombre possible de points terrestres, et en rapportant ces longitudes à celle du Port-Louis de l'Ile-de-France, ou à celle de Saint-Denis de l’île de Bourbon, qui en a été déduite. Les cartes de l'archipel qui se trouve au N. de l'Ile-de- France laissent encore beaucoup à désirer, malgré les travaux d'un grand nombre de navigateurs. Beaucoup d'îles et de bancs y sont mal placés, et les incertitudes sont d’une telle nature qu'il faudrait, pour les lever, faire de la reconnaissance de ce seul archipel l'objet d'une mission spéciale.

M. Laplace rendra déjà un grand service à la navigation en déterminant les latitudes et les longitudes des points de cet archipel qu'il rencontrera. Cet officier trouvera dans les instructions données par Horsburgh, les renseignements qui pourront lui être nécessaires pour la route qu'il choisira. Il sera aussi à même de juger ce que les circonstances lui permettront de faire de plus avantageux, tant au but de sa mission qu à l'hydrographie.

La Favorite, en quittant la côte de Coromandel, se dirigera sur le détroit de Malac. Il serait inutile que M. Laplace employät beaucoup de temps à visiter les îles Nicobar; cependant, sans trop se détourner de sa route, il pourrait en prendre connaissance et déterminer leurs positions, principalement celle de la grande

INSTRUCTIONS. xXIX Nicobar, par rapport aux îles qui se trouvent au N. de la pointe septentrionale de Sumatra. Comme les instructions de d’Après et d'Horsburgh ne lui laisseront rien à désirer sur la navigation du détroit de Malac, il n'y a rien à lui dire à ce sujet.

Il est à présumer qu'il reste encore de l'incertitude sur les positions d’une grande partie de points remarquables, tant sur la côte de la presqu'ile malaie que sur celle de Sumatra et des îles qui s’y trouvent ; mais on recommandera en général à cet officier de déterminer les latitudes et longitudes de tous les points dont il aura connaissance, et principalement de tâcher de fixer la limite des bancs dont il aura occasion de s’approcher, et d'assujettir toutes ces positions à celles d'un lieu antécédemment bien déterminé, tel que Pondichéry.

En sortant du détroit de Malac, la Favorite entrera dans la mer de Chine, et c'est dans cette partie que M. Laplace pourra rendre les plus grands services à l'hydrographie ; car cette mer, malgré le grand nombre de navires qui l'ont parcourue et qui la parcourent journellement , et malgré les laborieuses recherches des hydrographes, présente encore un grand nombre de points dont les positions sont incertaines ; les cartes les plus exactes qui en aient été faites ne sont fondées que sur des déterminations de longitudes en quelque sorte isolées ; il n’y a point cette liaison que l'on met dans les travaux de ce genre depuis que l’on se sert de montres marines. Les voyages de MM. de Kergariou et de Bougainville ne nous ont encore donné que quelques points : aussi le champ qui reste à parcourir est-il très-vaste. L'hydrographie réclame de M. Laplace des services moins brillants, à la’ - vérité, que la reconnaissance de côtes et parages entièrement inconnus ; mais elle retirera des avantages d’une égale importance de la détermination géographique des caps, îles et écueils près desquels 11 aura occasion de passer. Ainsi, quelle que soit la route que M. Laplace jugera à propos de prendre pour remplir la mission dont il est chargé, on l'engage à ne rien négliger pour fixer avec ses montres les longitudes de tous les points remarquables dont il aura connaissance, et d'assujettir ces déterminations à la

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longitude de Manille, sur l'exactitude de laquelle on peut compter. H sera en conséquence nécessaire que la Favorite fasse dans ce port une relâche qui sera encore nécessitée par la longueur de la navigation précédente.

A l’époque où la Favorite entrera dans les mers de la Chine, la mousson du S. 0. sera dans toute sa force : ainsi M. Laplace pourra choisir ou de se rendre à Manille d'abord , et de là à Macao, ou de se rendre directement à ce dernier point, pour de là aller à Manille. Au reste, les points dont il est à désirer qu'il puisse prendre connaissance se trouvent presque tous sur l'une et l'autre des deux routes. Ce sera sur les lieux seulement que M. Laplace pourra juger celle qu'il conviendra le mieux de suivre.

Le premier groupe d'îles dont il pourra prendre connaissance en sortant du détroit de Malac, est celui des Anambas. M. le baron de Bougainville a passé au travers de ces îles en 182......, et en à reconnu une partie. M. Laplace verra par la carte qu'on lui envoie le travail de M. de Bougainville, et il jugera quels sont les points sur lesquels il serait plus convenable qu'il ro ses propres observations.

En quittant les Anambas, M. Mie pourra ou se paitée directement sur la côte de Cochinchine, ou s'éloigner de la route directe pour aller visiter le groupe des îles Natunas, qui est situé à moins de trente lieues dans le N. O. des Anambas. H serait utile d'obtenir la position de quelques points remarquables de ces îles, et surtout de déterminer, en s’y rendant, la position de l'ile Haycock et de l'ile Low, par rapport aux deux groupes dont on vient de parler.

Des Natunas, la Favorite se portera sur les ‘côtes de la Cochin- . chine. Les cartes de ces côtes qui se trouvent dans le Neptune des côtes orientales et du grand archipel d'Asie , ont été levées par M. Dayot, officier français qui a fait un long séjour auprès du souverain de la Cochinchine. Quoique ces cartes paraissent mériter une grande confiance , il est à désirer néanmoins que les navigateurs qui fréquentent ces parages ne négligent aucune occasion d'en vérifier quelques parties. M. Laplace trouvera la

INSTRUCTIONS. XXI longitude de Tourane dans le Mémoire astronomique du voyage de la Thétis, que l’on a joint aux présentes instructions.

IL pourra aussi vérifier la position de quelques-uns des écueils qui forment ce qu'on appelait autrefois banc de Paracel ; ces écueils n'ont été visités jusqu'à ce jour par aucun navire français.

La partie septentrionale de la côte de la Cochinchine qui touche à celle de Tonquin, offre aussi des recherches intéressantes à faire, I en est de même sur toute la côte qui forme le golfe de Tonquin. L'île d'Haynan, qui forme la partie orientale de ce golfe, a déjà été en partie explorée par M. de Kergariou, commandant la Cybèle en 1817. C'est principalement sur les parties orientales et méridionalés de cette île que les travaux de cet officier se sont étendus. M. Laplace trouvera dans le Neptune des côtes orientales d’Asie les plans de quatre ports assez beaux qui se trouvent sur ces côtes. Nous ne possédons encore rien sur la partie occidentale d'Haynan.

Lorsque M. Laplace quittera les côtes de l'ile d'Haynan, il se rendra à Macao, où il fera une courte relâche, et d'où il partira pour se rendre à Manille vers la fin dela mousson du S. O.

1 se trouve, à quinze ou vingt lieues dans le N. de la route directe qui conduit de Macao au cap sosie un san sur grecs ; y à une petite île, couverte de gazon et d'

à désirer que l'on püt déterminer la us par rapport à Macao et à Manille.

La relâche à Manille sera assez longue pour faire les réparations rendues nécessaires par la navigation précédente, et procurer quelque repos à l'équipage de l« Favorite. M. Laplace devra s’occuper, pendant cette relâche, à obtenir avec une grande exactitude la marche de ses montres, puisque la longitude de Manille doit servir de point de départ pour fixer les longitudes de tous les points de la mer de Chine qui auront été visités.

Lorsque la Favorite quittera la baie de Manille, la mousson du N. E. commencera à se faire sentir : M. Laplace sera done le maître de diriger sa route pour venir gagner l'un quelconque des détroits qui séparent Sumatra de Bornéo , et d'explorer les nom-

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