CHAPITRE II
CoiiTenatkMis.
Tandis que ma femme écrivait des lettres dans sa chambre, ou s'accoudait à sa fenêtre, ou achetait de petits ouvrages de bergers, sous les galeries de notre rue, je me suis promené durant quelques heures, trois jours de suite, sur la plate-forme de Berne. Le soleil ne reparaissait pas, mais je l'attendais.
Ne pouvant regarder, je me suis entretenu avec dix ou douze étrangers que j'ai rencontrés depuis Paris, et qui venaient me serrer la main. Tout en parlant, nous fumions, nous marchions et nous prenions des glaces aux deux pavillons qui dominent l'Âar.
3i V0Y4GE
I2jaillet1856, Berne.
Plate-Forme.
UN VOYAGEUR
Pourquoi vous êtes-vous embarrassé de cette énorme caisse de livres, que le conducteur de la diligence avait tant de peine à descendre de rimpériale de sa voiture?
MOI
Je voulais continuer ici Y histoire de la liberté de conscience^ et de mes héros, d'Andelot, le chancelier de l'Hôpital, Jeanne d' Albret, Coligny, Henri IV.
UN VOYAGEUR
Vous n'y réussirez jamais.
Non, cette contrée m'a trop saisi. Elle a mis en fuite l'escorte de grands hommes dont mon imagination était obsédée. Je ne considère plus que le paysage. La nature a éteint l'histoire. Mes héros désormais seront les lacs et le glaciers.
AUX ALPES. t3
Sar la plate-forme.