UN JEUNE GENEVOIS
Monsieur, j'ai dîné une fois avec vous, à Paris, chez M. Michelet. C'était au moment très -vif, où il imprimait le Prêtre^ la Femme et la Famille,
MOI
Je vous reconnais bien , vous étiez plein de feu. La plume du professeur était changée en épée. Il en agitait l'éclair, il en appuyait la pointe, et il était doublement applaudi.
Parc Haldimann.
UNE DAME ALLEMANDE
J'ai trop d'orgueil pour me dire de l'aristocratie, dont je ne suis pas. N'ayant point reçu un nom patricien, je me contente de celui que mon père m'a transmis.
SI
Je ne suis donc pas noble par ma naissance.
Je ne suis pas non plus bourgeoise par mes idées, ni peuple par mes manières, ni artiste par mes œuvres. Je ne sais guère à quelle classe j'appartiens et je suis très-embarrassée. Je ne regrette qu'une chose, c'est de n'être pas artiste ou écrivain. Les écrivains et les artistes, voilà des gentilshommes par la grâce de Dieu.
MOI
Étes-vous bien sûre de n'être pas artiste?
UNE DAME ALLEMANDE
Oui ; il n'y a pas de moi le plus petit livre, ni la plus petite toile, ni la plus petite statuette.
MOI
Votre art, à vous, c'est votre esprit, et il vous fait duchesse.
Parc Haldimann.
Il y a plusieurs sortes de grâces.
UN ITALIEN
Et cependant il n'y en a qu'une : c'est celle qui vient de la force.
MOI
Peut - être , en effet, que pour chanter Françoise de Rimini, il fallait pouvoir peindre le comte Ugolin.
Ouchy, devant l'appartemeDl de Byron , à l'h6tel de l'Ancre.
MOI
Byron a été très - calomnié comme tous les grands poëtes. La vérité n'a une puissance infaillible qu'à la longue. Un homme ne doit être jugé, que lorsqu'il a dit son dernier mot ; car, à l'avant- dernier, il est encore contesté, et même flétri.