‹ Voyage aux îles de la mer du Sud, en 1827 et 1828, et relation de la découverte du sort de La Pérouse (volume 2)Chapitre 13 sur 37 · IL · texte numérisé non relu

IL

QUé le foi sera pVié de dofmer cfes ordc^s à tous lés ambassadeurs) résidens^ coDsIds, agens d» la tiatioB auprès des différentes puissants ^ {MHir quâs aieht à engar ger, au nom de Thumaàité^ dès arts et des icienees^ les divers souTerains auprès desquels ils résident ^ à diaîrger tous les navigateurs et agens cjiielcotfques.qûi sont dans leur dépendance , en quelque lieu qu'ils soient^ mais nô** tamment dans la partie australe de la mer du Sud, de faire toii^tes recherches des deux fr^;ates françaises la Bous^ sole et \ Astrolabe , commandées par M. de La^ Permise ^ ainsi que de leurs équipages , de même que toute perqui-» sition qui pourrait constater leur existence ou leur naufrage, afin que, dans le cas où M. de La Pérouse et ses compagnons seraieiit trouvés ou rencontrés, nlmporte en quel lieu, il leur soit donné toute assistance^ et procuré tous les moyens de revenir dafls leur patrie^ comme d'y pouvoir rapporter tout ce qui serait eh leur possession ^ r Assemblée nationale promettant d'indemniser et hiéme de récompenser, suivant l'importance du service, quiconque prêtera secours à ces navigateurs , pourra procurer de leurs nouvelles, ou ne ferait même qu'opérer la restitution , en France , des papiers et effets qui pourraient appanenir ou avoir appartenu à l'expédition^

Décrète en outre que le roi sera prié de faire armer' un ou plusieurs bâtimens sur lesquels seront embarqués

des savans, dès naturalbles et des dessimiteurs, et de donaer. aux <x)miiiandan8 de l'expédition la double qMssion de recherdier M* de La Pëvouse d*après les documens, instructions et ordres qui leur seront donnés, et de £gnM en œcme tems des recherches relatiTes aux sciences et au commerce y en prenant toutes les mesures pour rendre , indépendamment de la recherche de M. de I^a Pérouse j ou même après ra«4>u' reco^UTré qu s'être procuré de ses nouvelles ^ cette expédition utile et avanUgeuse à la ^ paviga^on , à la géogr^p.l^ji,e, au conunerce , aux arts et au|: sciences.

Paris, 24 férrier 1791.

Signé DcpoRT, président

^ > Secrétaires;

S^JDSSION

Décret de l* Assemblée nationale ^ du 22 avril 1791.

^Assemblée nationale décrète que les relations et cartes envoyées par M. de La Pérouse, de la partie de spn voyage jusqu'à Botany-Bay , seront imprimées et gravées aux dépens de la nation , et que cette dépense sera prise s^rle fonds de deux millions ordonné par Farticle i4du 3 août 1790. ,

Çécrète qu'aussitôt que l'édition ser^ fiqie et qu'on

aflHsà retiré ies «omuplâir^ft dont k roi veuioira cUêpooter, ki surplus seiti adreûé à ftiadame de La ^érouse^ awtfc ^uBe«Kpéditîon<Ui présent ^lécret, en tétnoigkiage de «î«> énbctien du déveuemeiit de ]Mt, delA Përôuseà la diose ipuMîqne et i racoroisseiiient des oonnaissattoes humaifles et des •déçotmertea utiles.

t)é<irète tjue M. àe La Pét*oûse i^stém porté sut letat de là mairiiTe jusqu^an retbur des bâftimens envoyés à sa rietfaeMie , 'et que ses lippointemeiks comnnieront à être payés à sa femme y stiîrant la disposition qu'il en avait faite avant son départ.

Paris, 28 février 1791.

Signé Rbubeli^, président.

fcoUPlL-fREFELN,

MouÀns-Aoqubfort , \ Secrétaires.

Roger. }

Peu de tems après que ces décrets eurent été rendus , lî fut expédié, au port de Brest, des ordi'es pour armer et équiper deux ^frégates destinées à entreprendre un voyage à la recherche de La Pérouse. Ces bâtîmens reçurent des noms analogues à l\)bjetde leur mission. Celui du commandant fut nommé la Recherche et Tautre \ Espérance. Le commandement en chef de cette expédition fut confié au contre-amiral Bruni d*Entrecasteaux et

I» xt\u m

Les trois premiers chefs itioiirureDl pendant îe voyage et M. de Rossel, à qui le coitimandement ëtati échu^ voyant été, par sUÎte des évènemens de la guierre', retenu pritonnie?, et les matériaux qu il rapportait ayant été séquestrés en même tems que sa personne, ce savant ofR-

cîer ne fut à même de publier sa relation de ce voyage qu'après celle qu avait publiée M. Labillardière , natura* liste, embarqué sur la Recherche. If ayant pasÀ ma disposition Fouvrage de M. de Rossel , c'est de celui de Labltlardière que je me suis servi pour tracer le précis qu*on va lire.

^rès dç pénibles et infructueiises reGherche3^ Texpédition, qui avait perdu ses d^ux chefs, revenait en Europe. Elle toucba à l'île ^e Java ; jfoai^ la Hollande étant alors en gueixe avec la Er^^ç^, Je^ fréfi;at^s fièrent saisies par \e$ autorités balaves et leurs çf uips^s.f^its.pû^weprSr Cependant XabiMardière obtint d'être r^Iâçbé , se rendit jf. i'Ue-de-Fraoce ^ de là e^n Eo^roff^, .^ l'épeque on }l quitta ^a^sgrîa^ il n'-exi^t^it plus que quaj^e-yiagt-dix-npuf bonunes des deux ce^t^ quatre vingt-dix qui.^taie/^jip^iw tis de France ^ur les frftg^tçs.

^ XLiV ^

L'expédition appareiMa de Brest le aS^ séptenibire 17^1. EHe se dirigea rers ^ cap de Bomie-Espérmnoe et arrira dans la Baie de la TaMe, le 17 jauvier 17921 après

avoir touché seulement ^ Ténéi^e. Le^ ip^niçtiops d^

commandant lui pre^riyisiieiïl de parcourir la route qu^ La Pérouse, dans sa dernière lettre au ministre delà ma*? rine y avait annoncé qu'il se proposait.de suivre en par^ tant de Bç^ta^j-Baj; mais^ à p^ine arrivé près du Cap , d'EqtreçasteauTp V^vl% de faux renseigpemens qui lui firent prendre une route différente, Toutçfçis^ après de vaines, recherches, il jugea nécessaire d^ revenir à celle qui luji

avait été trae^ée*

Voici ce qui avait causé son erreur. Peu de jours après que les frégates furententrées àTable«Bay,d'Entrecasteaux ^eçut une dépêche qui lui avait été expédiée au Qippafle gouverneur de lîle-de-France. Cette dépêche contenait les déclarations de deux capitaines de navires marchands français portant que^^ pendant qu'ils étaient à l'ancre sur la rade de Batavia, ils' virent arriver, comme passagers, ^r un bâtiment hollandais, le capitaine et l'équipage de h. f^i^te anglaise le Sirius , <^i s^était perdue près de Itle ïiTôrfçIk. C'était le même capitaine Hunter dont il a été parlé pîus haut ètï rappelant la relâche de La Pérouse à Bôtany-Bay, Les capitaines français . prétendaient ^voit conversé avec des officiers du Strius qui leur avaient dit

avoÎF vq quelqiMft^nalHreis des îles de f ABiiraulé revêtus d'uniformes de^la ni«*iite fk^nçaise, «Btfbrmes qu'ils n'ar Taient sans doute, pu se preouf er qntt par suite du nau« frage des bàtimens d^ La Pérouse.

Ces renseîgnemens détermiDèrent d*£atrecasteaax k sa

rendre en toute diligence aux îles de FAmirautë. Il est

bieu à regretter (fae Fobjet de la mission de cet amiral n ait

pas été conqu du capitaine Qtmter, qui se trouvait avec

son équipage sur un transport dans la baie de la Table , le

jour même que les fr^jates françaises vinrent y rdicher et

qui en repartit te lendemain pour TAngleterte. En effet^le

capitaine Hunier savait vu La Pérouse à Botany-Bay en

janvier i jSS et le comaièsait; et, s'il eût été vrai qu'une cir^

constance conmite cdte des uniformes français ftn venue

i sa connaissance, il o y a pas le moindre doute qu*il en eût

informé le conunandant de l'expédition.

D'Entrecasteaux partit dés environs du Cap, le i6 février 179a, se dirigeant vers la terre de Van Diémen,. Dans la traversée, il visita Tîle de Saint-Paul, qu'il trouva toute en feu par suite d'une irruption volcanique» Le a4 avril, il jeta lancre près de la teiTe de Van Diémen , dans un canal ou détroit auquel il donna son nom.

Pendant leur relâche dans le détroit de d'Entrecasteaux, les frégates embarquèrent du bois et de Teau, et (i* rent des pèches abondâmes qui procurèrent aux équipage^

^ XLVHI ^

ravflailler à la terre de Van Diénien, chemin, faisant, H explora une grande étendue des côtes appartenant à la grande lie ou plutôt au nouveau continent connu sous le nom de NouveHe-HoIlande. Cette ex|^ratibn embrassa depuis le cap SudHniest jusques vers la terre de Van Dîémen. Elle procura la découverte de plusieurs îles si«> tuées à une distance de quinze à viùgt lieues au lai^e. Le manque d'eau força les frégates à hâter le moment dç leur relàcbe à la terre de Van Diémen où elles touchèrent le aa janvier 1793. EUes y embarquèrent toutes les produisions que le pays pouvait fournk* et reprirent la men le. i"^ mars. Dans leur traversée pour se rendre aux îles des Amis, elles passèrent près du cap nord de la Noi^ velle*ZéIande , où elles fiiren t vbitées par. une pirogue de cette île. Après avoir quitté les parages de la Nouvelle^ Zékuide, elles découvrirent quelques: ilesiinhal^itées, Tun^ desquelles fut nommée île ou rocher de TEspérance. Cette dernière est située par 39^ 20' de latitude sud et 179® 55. de longitude est. Elles eurent ensuite connaissance de rîle CUrtîs, et vinrent mouiller le a5 mars près de Ton.-? gatabou, capitale de Itle des Amis.

Les personnes de l'expédition qui descendirent à terre y furent reçues de la façon la plus hospitalière et la plus amicale, par quelques-unes des anciennes connaissances du capitaine Cook. Cëtait la seconde fois que des vais-

^ xux ^

leisiux éuro|[)éeii5 mouillaient à Tonga, depuis la tlëcoiirerte de cette île par le navigateur hollandais Abel Tasinan. Cependant la bonne intelligence des Français avec les naturels fut de courte durée , les derniers étani par trûp eùclinâ au VÔL Une des sentinelles état>lies à terre ftit assaillie à llmprôviste et frappée par derrière d*an coup qui la terrassa. L'agresseur se saisit de son fusil et s*enfuit dans les bois» L'armurier de la Recherche fat également terrasse à cdups de massues par les insulaires, qui le dépouillèrent en plein jour et à la vue des frégates. Ces actes hostiles ne furent pas sans représailles, et un chef des insulaires fut tiié d'un coup de fusil dans, une rixe ave<^ Téquipage d*un canot français. Malgré ces fréquentes querelles , le général conserva des relations amicales avec les principaux che& de File. Ceux-ci four* nirent aux fr^ates une ample provision d'ignames , de bananes, de cocos , de volailles et de porcs. Une partie de ces derniers furent tués et salués pour servir de vivres de campagne.

Pendant le séjour de l'expéditioii à Tonga tabou, on se servit du vocabulaire de Cook pour adresser diverses questions aux insulaii^es concernant les bâtimens de La Pérouse, et principalement pour leur demander si cet infortuné navigateur avait visité leurs îles. Soit que ces questions n'eussent pas été comprises, soit que les inter-

rogatéurs eax^inénies n'euisent. pu cùmpténdre les ré^ pomes , oa demeura persuadé que Lt Péroo^ n avait pai» paru dùm le TOisuffeage de Tarèbipel des Amis^ Aujoupd'lmi^ néaumehift} il est avéré qu'il visita Anamouka, Tiine des 9es situées dans le nord de cet archipei II y était cûnnu sous le nom de Laouage, et deux des ttatur«is do cet^ île s embarquèrent avec lui. Je tiens ces teuseignemens d'un vieil insulaire dé Tonga, qui est pourvu d'une in* telligence (brt remarquable. Il est vrai que j'eus sur te général ihinçais «m grand avantage, celai de connaître assez bien la langue de Tonga, et d'avoir avec moi des interprètes très*versés dans cette langtie. Ainsi qu on le verra dans le cOtu*s de l'ouvrage^ )*obtins les renseigne^ mens en question pendant lâ: relâche que je fis à Tonga en août itoj.

Parties des îles des Amis le lo avril, tes frégates firent ^oute pour la Nouvelle-Calédonie, et virent, dans leur traversée, 111e de la Tortue de Cook , Erronan , Anatom et Tanna qui font partie des Nouvellçs-Hébrides. Elles dé« couvrirent une île à laquelle on donna le nom dlie Beaupré, et qui est située par ao^ i4' de latitude sud , et 167^ 47' de longitude est de Paris.

Le 19 avril, les frégates relâchèrent à la Nouvefle- Galédonie, dans le même port où Cook avait mouillé en 1774. Durant celte relâche, les Français eurent de

hiqaeMes coninttthications avec tes naturels, et né pou- Tant leur parler que par signes, tâchèrent d'apprendre de cette manière si leurs infortunés compatriotes araient risité ce port ou les environs; mais toutes tentatives pour obtenir des retiseiguemens à ce sujet furent infructueuses^ Dans toutes leurs entrevues avec les insulaires, ceux-ci ne se montrèrent nullement hostiles à leur égard. Cependant ils cherchèrent plusieurs fois à s'emparer des canots des frégates, mais la résistance qu^on leur opposa n'entraîné aucnine conséquence fatale. Labillardiêre les considère comme cannibales , et il se fonde sur ce qu'il trouva un joiir un sauvage occupé à ronger le fémur d'un jeune garçon de douze à quafo^e ans.

Avant que l'expédition ne quittât la Nouvelle-Calédo* nie, le capitaine Huon , commandant de la frégate XEspé* ronce ^ mourut d'une maladie de langueur dont il était attaqué depuis long-tems.

L'expédition remit à la voile le lo mai, et passa quatre jours à longer la côte orientale de ia chaîne de récifs qaî s'étend à quelques degrés au nord de l'ile. Le 19 dans la matinée , les frégates eureftt connaissance de File de Santa-Cruz ou île Egmont de Carteret, qui leur restait nord-ouest, distance de sept lieues.

On voit, d'après toutes les cartes modernes de cette partie de l'Océan pacifique, que l'expédition ne passa pas

à plus de neuf ou dix lieues de Mamiicolo, que j'ai nommée île de La Pérduse. £1 (làut que les frégates s'en Soient trouvées à cette distance pendant la nuit ou par un tems de brume , puisque Labillardière ne Êiit pas mention quelles aient vu cette île, quon petit apercevoir de beaucoup plu^ loin d*un tems clair. Ce fut uh incident malheureux; car si Tîle eût été visitée à une époqae aussi rapprochée de ceHe du naufrage , il est prdl)able quon eût trouvé quelques-uns deS hommes de Téqui* page , qui seraient revraus dans kùr patrie raconter le désastl*é d*iine des expéditions scientifiques les plus importantes qui eût jamais mis à la voile des ports dé l'EIurope. Tout au moins on aurait pu sauver de gtandes portions des débris qu avant mon arrivée à Mannicolo^ la main du tems et les efforts dtt vent et de la mer avaient détruits ou dispersés (i),

(i) Lors de tàoà dernier voyage âi Paris, en 18^29, ^ fus à même de consulter là relation du voyage de d*Enlrecasteaiiz que feu M. de Bossel> officier distingue de Ttipédition^ publia postérieurement à celle de l4ibUlQrdîèrè. J*y vif que d*£atrecasteaiix avait eu connaissance de Mannîcolo , dont la direction et la farce du vent ne lui permettaient pas d*approcher, et qu*il nonlma tie de la Recherche. J*ai en conséquence rectifié, dans le texte de Poùvragei Terreur que contient le passage ci-dessus , et dans laquelle Tinexplicable omission de Labillardière m*avait fait tomber.

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