‹ Voyage aux îles de la mer du Sud, en 1827 et 1828, et relation de la découverte du sort de La Pérouse (volume 2)Chapitre 4 sur 37 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

J'ai cru devoir faire précéder ma relation de là découverte du sort de La Pérouse d'un précis de Texpédition de cet intrépide et malheureux navigateur, et de celle de d'Entrecasteaux envoyée à sa recherche quelques années après 1 époque présumée de sa catastrophe. L'intervalle de tems qui s'est déjà écoulé depuis que les relations da ces expéditions ont été publiées, me fait penser qu'il n'est peut-être pas hors de propos d'en rappeler les principaux

événemens.

Après la paixjde 1783, qui succéda à la guerre que Imsurrection des provinces anglaises de l'Amérique du Nord avait allumée entre l'Angleterre et la France, l'infortuné Louis XVI voulut profiter des loisirs de cette paix pour suivre l'exemple du gouvernement britannique en ordonnant des voyages de découvertes, dans la vue d'étendre le domaine de la science géographique. En conséquence, une expédition lut préparée dans l'année 1785.

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Elle se composait de deux des plus belles frégates de la marine française, la Boussole et \ Astrolabe, Aucune dépense ne fut épargnée pour mettre cette expédition à même de remplir parfaitement l'objet de sa mission. Des savans du premier ordre y furent attachés , et leurs noms que je citerai plus loin justifieroïit mes faibles éloges.

Pour assurer le succès de cette entreprise scientifique, on jugea nécessaire d en confier la direction à un marin d*un mérite éminent. *Le. choix tomba sur M. de La Pérouse. Ses exploits dans la dernière guerre, ses connaissances scientifiques et son caractère entreprenant le désignèrent au souverain et à la nation comme l'officier du corps royal de la marine le plus digne d'être honoré d'un pareil commandement.

Tout le monde sait que Jean-François Galaup de La Pérouse naquit à Albi dans Fanniée 1741* II fit ses études à l'école de marine d'Alais, et entra ensuite aii service comme garde de la marine. Bientôt il se fit remarquer de ses chefs par sa conduite dans les diverses actions auxquelles il prit part. Il fut Êiit enseigne de vaisseau en 17647 lieutenant en 1777 et capitaine en 1780:

Le gouvernement français ayant résolu^ en 1782, de détruire les établissemens anglais dans la baie d'Hudson, cette entreprise fut confiée à La Pérouse^ sous les ordres

duquel on plaça un vaisseau de 74 9 deux frégates et un petit corps de troupes. Le 24 août, il détruisit le fort dTork ainsi que les ouvrages extérieurs, et rembarqua ses troupes , emmenant prisonnier le gouverneur Heame qui commandait ce fort. Dans cette circonstance, La Pérouse sut concilier ses devoirs de militaire avec les sentimens d'humanité qui le portaient à diminuer autant que possible les horreurs inséparables de la guerre. Il avait Tordre de détruire les établissemens de la compagnie du nord-ouest, et il ne négligea rien pour l'exécution de cet ordre; mais ayant été informé qu a son approche un grand nombre d'Anglais s'étaient eniiiis dans les bois pour éviter detre faits prisonniers de guerre^ il fut touché des privations et des dangers auxquels cette résolution les avait exposés. Songeant que les fugitifs n avaieut ni provisions de bouche, ni abri contre les intempéries duu hiver rigoureux, ni armes popr se défendre contre les attaques des sauvages, ce brave et généreux ennemi leur laissa des vivres^ des armes et des munitions. Un pareil acte de bienfaisance au milieu de racharneme|it dune guerre, rendit La Pérouse cher au cœur des marins anglais. L un d'eux, dans sa relation d'un voyage à Botany-Bay, s est exprimé ainsi :

« Le gouverneur Heame, étant officier au service de la

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compagnie de la baie d'Hudson^ avait entrepris, en 177a- ^ une expédition par terre dans Fintérieur du pays. Accom pagné de quelques Indiens, il était parti du fort Churchill, dans la baie d'Hudson, pour aller découvrir la rivière de Copper-Mine. Il échoua dans sa première tentative ; mais il fut plus heureux à la seconde expédition ,

qui dura deux années, pendant lesquelles il éprouva tout

ce que la faim et la rigueur du climat pouvaient offrir de plus horrible* A son retour ^ il eut encore le chagrin de voir qu'on ajoutait peu de foi à ses rapports. Aujourd'hui la vérité en a été confirmée par son intrépide et iniatigable successeur le capitaine Franklin^ de la marine royale d'Angleterre.

» Les journaux des voyages du gouverneur Hearne avaient été saisis par les Français, comme propriété publique, parmi les effets de la compagnie. Mais ayant adressé à ce sujet des représentations à La Pérouse, et ayant insisté pour que ses journaux lui fussent restitués comme propriété particulière, le commandant français céda à ses instances et consentit à lui rendre ces journaux , mais à la condition expresse de les faire imprimer aussitôt après son retour en Angleterre. Bien que cette condition n'eût pas encore été remplie à l'époque où on publia le voyage de La Pérouse , ce second acle de gêné-

rositë envers un ennemi mérite dêtre cité à la louange de son illustre auteur. Il montra que^ bien que stqet d un état que les événemens ont porté trop souvent à envisager l'Angleterre comme sa rivale et son ennemie, La Pérouse était un homme doué d une grande ame et d une philantropie éclairée et bien digne que les Anglais et tous les peuples du monde civilisé déplorassent sa malheureuse destinée. »

Voici la liste exacte des officiers et savans qui firent partie de l'expédition de Là Pérouse :

j4 bord de ia BoussoU, MM.

De La Pérouse, commandant de 1 expédition.

De Clonard, lieutenant chargé du détail , fait capitaine de vaisseau.

D'Escures , lieutenant , noyé, au Port des Français le i3 juillet 1786.

Boutin, enseigne!

De Pierrevert, enseigne, noyé au Port des Français le 1 3 juillet 1786.

Colinet, idem, idem,

Mel de Saint-Céran, garde marine, débarqué à Manille le 16 avril 1787.

De Montarnal , idem , noyé au Port des Français le i3 juillet 1786.

De Roux Darbaud , garde marine.

Frédéric Broudou , idem.

De Monneron , capitaine au corps royal du génie , ingénieur en chef.

Bernizet, ingénieur-géographe.

Rollin , chirurgien-major.

Lepaute Dagelet, membre de FÂcadémie des sciences, professeur à FEcole-Militaire et astronome.

De Lamanon, physicien, minéralogiste et météorologiste , massacré par les naturels de Maouna, le 1 1 décembre 1787.

Uabbé Mongès , chanoine régulier de la congrégatioiv de France , faisant fonction d aumônier.

Duché de Vancy, dessinateur de figures et de paysages.

Prévost le jeune , dessinateur pour la botanique.

Collignon , jardinier botaniste.

Guery, horloger.

Plus 90 officiers-mariniers, matelots et soldats formant un total de 110 personnes à bord de la frégate lors de son départ de France.

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jé bord de F Astrolabe.

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