‹ Voyage aux îles de la mer du Sud, en 1827 et 1828, et relation de la découverte du sort de La Pérouse (volume 2)Chapitre 8 sur 37 · W XXII · texte numérisé non relu

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français y reçurent, des miastonnaîrea espagnol», un accueil bien différent de celui que je reçus moi-même, avec un équipage malade, des pieux missionnaires anglais à la Nouvelle-Zélande, ainsi qu'on le verra dans le cours de l'ouvrage.

Après avoir fiiit reposer et rafraîcliir les équipages, réparer les frégates et embarquer d'abondantes provisions, La Pérouse partit) le 24 septembre, de Monterey pour la Chine, et arriva dans la rade de Macao le 3i janvier 1787. En traversant la partie nord de TOcéan pacifique, il découvrit Itle Necker, Il passa de nuit près d un rocher sur lequel les frégates furent en danger de se perdre. Peu de tems après, il eut connaissance de l'Assomption, Tune des îles des Larrons, dont il trouva que la lati^ tude et la longitude avaient été fort mal déterminées par d'autres navigateurs! De là ,il se rendit aux îles Bashi dont il fixa la position.

La relâche à Macao procura aux frégates des vivres dont elles avaient le plus grand besoin. Elles partirent le 5 février de ce port pour se rendre à Manille, dans l'île de Luçon; elles y arrivèrent le a8, ayant été

retardées dans leur traversée par la mousson du nordest. Elles attendirent à Manille que la grande force de cette mousson fut passée, et elles remirent en mer le ^9

arril pour aller explorer la côte orientale de la Tartarie.

Chemin £usant, elles touchèrent à Tîle Formose, aux

îles Pescadores j Botol j Tobaco-Xina et longèrent la côte

de celle de Kumi , Tune des îles Liquo ou Loutchou du

capitaine HalL Elles entrèrent ensuite dans la mer du

Japon j virent File de Quelpaert et prolongèrent la côte

de Corée vers le nord. Elles découvrirent , dans ces

parages , une île à laquelle La Pérouse donna le nom

« de son astronome Dagelet, et eurent connaissance du

cap Noto et de llle Jotissima. Dans cette traversée,

elles rencontrèrent plusieurs bâtimens chinois et japo*

nais. Elles atteignirent ensuite la côte de Tartarie par

4^^ de latitude et vinrent mouiller le n'i juin dans la

baie de Ternay , située par 4^^ i^' de latitude nord

et par i35^ 9' de longitude est de Paris.

En partant de ce port, Texpédition vint explorer la côte orientale de Tartarie, celle à Fouest du golfe Segalien et ce golfe même« Cette exploration procura la découverte de plusieurs baies dans Tintérieur du golfe. Les frégates y mouillèrent et les officiers eurent de fréquentes communications avec des Tartares dont les camps étaient établis dans le voisinage. De là l'expédition se dirigea vers le Kamtschatka et vint mouiller, le 7 septembre, dans la baie de Saint*Pierre et Saint- Paul. Peu de tems après, I^ Pérouse reçut des lettres

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de France qui avaient été expédiées par la voie de Sainte Pétersbourg et de Moscou.

Pendant son séjour au Kamtschatka , La Pérouse visita le tombeau du capitaine ClerLe, l'un des compagnons de l'immortel (look , et y attacha une plaque de cuivre portant une inscription. t)ésirant envoyer de ses nouvelles en France.» il sollicita et obtint des autorités russes la permission d expédier |par terre M. de Lesseps avec ses dépêches.

Les frégates embarquèrent, au Kamtschatka , tout ce que le pays pouvait fournir de vivres y mais surtout de bois et de Feau en abondance, et, le 29 septembre, elles en partirent se dirigeant vers l*hémisphère austral. Ce ne fut que le 14 octobre qu elles atteignirent le parallèle de 37® 3o' N. Elles parcoururent un espace de trois cents lieues sur ce parallèle à la recherche d*uné terre qu'on disait avoir été découverte par les Espagnols en i6ao. N'ayant pu trouver cette terre, La Pérousct reprit sa route au Sud et coupa lequateur le ai novembre , pour . la troisième fois depuis son départ de France*

L'expédition se dirigea alors du côté des îles des Navigateurs, où l'attendait un désastre non moins terrible que celui qu'ell6^avait éprouvé au port des Français. J'en em-> prunterai le récit tout entier à la relation publiée par

MiHet Mtireau du voyage de La Péroiise, afin de satisfaire la curiosité ou d aider la mémoire de ceux de mes lecteurs qui n'ont pas à leur portée ce yolumlneux ouvrage*

« Nous eûmes connaissance de la plus orientale âcs îles des Nayi^teurs, le 6 décembre ^ à trois heures après midi; nous fîmes route pour lapprocher jusquà onze heures du soir, nous tînmes bord sur bord le reste de la nuit, et au point du jour, le 7, nous laissâmes arriver. Le 7 et le 8 furent employés à explorer les îles orientales de cet archipel et à trafiquer avec les sauvages, et le g nous laissâmes tomber l'ancre près de 111e de Maouna , sur un banc composé de coquillages pourris et de très-peu de corail, à la distance d'un mille de la côte. Nous mîmes aussitôt nos canots à la mer; et le soir du même jour, M. de Langle et plusieurs officiers, avec trois canots armés, des deux frégates, descendirent au village , où ils furent reçus par les habitons de la manière la plus amicale. Les Indiens allumèrent un grand feu pour éclairer le lieu du débarquement; ils apportèrent des oiseaux, des cochons, des fruits. Après un séjoiur d'une heure nos canots retoiumèrent à bord. Ghaciui paraissait satisfait de cet accueil, et nos seuls regrets étaient de voir nos vaisseaux mouillés dans une si mau-

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» vaise rade, où les frégates roulaient comme en pleine » nier.

» Dans la matinée du lo quatre embarcations armées furent envoyées à terre pour faire déTéau. Elles s'en procurèrent en abondance, et nos ^ens revinrent à bord des frégates sans avoir ^té aucunement molestées par les insulaires.

» Le I J| au matin, les frégates qui avaient mis sous voile la veille, à cause de la mauvaise apparence du tems, se trouvaient à peu de distance des endroits où Ton pouvait &ire de Teau. Quatre embarcations furent envoyées à terre sous le commandement du capitaine de Langle, Ce commandant, et un grand nombre de ses compagnons, furent massacrés par les insulaires de la manière la plus inhumaine. Je^vais laisser parler un des officiers qui eut le bonheur d'échapper à ce massacre.

Relation de M. de Vaujuas.

« Le mardi ii décembre, à onze heures du matin, » M. de La Péroqse envoya sa chaloupe et son canot » chargés de futailles, avec un détachement de soldats » armés pour faire partie d une expédition aux ordres de » M. de Lange. M. Boutin avait déjà pris des rensei- » gnemens sur les moyens de maintenir Tordre et de » pourvoir à notre sûreté quand les canots iraient à terre.

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