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Voyage aux Iles-Madeleine [microforme]

Le Conseil de l’Assomption en était arrivé à. l’ordre du jour: ‘‘ Quand doit se tenir le prochain Congrès? Où se réunira-t-on?’’ Pour la date, tout le monde fut d’accond que ce ne pouvait être que la guerre terminée.

Il fut malaisé de s'entendre sur le lieu. Quelqu'un proposa les Iles-Madeleine. Plusieurs objections s’élevèrent, impossibles à résoudre. Comment s’y rendre? Le prix du passage? Et, d’abord, nous désire-t-on là-bas?

Examen fait, il se trouva qu'aucun membre du Comité n’était encore allé aux Iles-Madeleine, et que celui qui croyait en savoir le plus long sur l’état, les dispositions, ‘e nombre de nos frères de là-bas, n’en savait, autant dire, rien du tout.

Pris d’un beau mouvement de générosité patriotique, le Secrétaire, alors, proposa que j’y fusse envoyé officiellement, en un voyage d’études; et le Trésorier, fier de son exposé financier, où recettes et dépenses se balancaient en de longues colonnes serrées et se justifiaient jusqu’au dernier grous-jacques,* ajouta d’une voix pénétrée d’émotion:—Pourvu qu’il paie lui-même tous ses frais de voya-

ge,

NorTe pe L’EprTeue : — Nous avons mis en caractères gras les mots particuliers au dialecte Acadien que l’auteur emploie au cours de son

récit.

PERRET LS AS ATOS à

On n’est jamais trahi que par ses amis.

Je pris la voie de l’Ile du Prince Edouard, et me rendis à Souris, où le Lady Sybil, qui fait deux fois la semaine le service entre Pictou et les l'es-Madeleine, touche à l'aller et au retour.

J'aime l’île Saint-Jean, à cause de son clergé, de ses maîtres et maîtresses d'écoles si patriotiques; à cause de sa population acadienne; je l’aime à cause de son long martyre, s'étendant de 1755 à 1758, trois années de persécutions plus inhumaïnes encore que ne le fut le drame de Grand-Pré; je l’aime aussi, le dirai-je, à cause des deux

Jongrès que nous y avons tenus, et qui compteront parmi les plus fructueux de toutes nos grandes assemblées nationales. C’est au Congrès plénier de Miscouche, en 1884, que fut définitivement confirmé le choix très sérieusement discuté et menacé de l’Assomption pour notre fête nationale, C’est à Miscouche, Belle-Alliance, en premier, que fut résolu le problème de notre drapeau national, par l’adoption des trois couleurs de France, avec l'Etoile de Marie dans le bleu.

C’est là encore que, sans cabale, sans plan concerté, sans qu’on y eut songé d’avance, fut acclamé, dans un élan sponta; é d’enthousiasme indescriptible, l'Ave Maris Stella, comme chant national des Acadiens, ‘ Les uns voulaient ‘*Un Acadien errant’”’; le plus grand nombre semblait

* pencher pour la ‘‘Marseillaise’””. Tout à conp, Mgr Ri-

chard se lève, et, sans proférer un mot, pâle, inspiré, semblable aux prophètes antiques, il entonne de sa voix puissante l'hymne ide la Vierge. Toute la sal'e est debout, électrisée ; les poitrines sont oppressées; les larmes coulent de tous les yeux, et le Secrétaire enregistre: Choisi et adopté: ‘‘l’Ave Maris Stella’””, pour hymne national.

Cher Monseigneur Richard! Vous chantez sans doute, aujourd’hui, dans l’allégresse, l’hymne qu’alors vous idisiez dans les pleurs.

C’est encore à l’île Saint-Jean, au Congrès de Tignish, en 1915, que fut décrété l’établissement de notre Société de Colonisation, d'Agriculture et de Rapatriement, ainsi que celle des Ecoles Bilingues. Si le but poursuivi par ces deux sociétés est atteint, ou en partie atteint, M. Buote, président de ce Congrès, aura attaché son nom à [l’une des plus fructueuses de nos conventions nationales.

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