‹ Voyage aux pays mystérieuxChapitre 4 sur 5 · CHEZ LES YÉBOUS. — TCHAD · texte numérisé non relu

CHEZ LES YÉBOUS. — TCHAD

vais laissés au pays me passa rapidement dans la pensée, et ce fut tout. Je m'attendais à être broyé, piétiné sans merci... Un rugissement plus formidable encore s'était comme interrompu sous mon coup de feu... en moins de rien la fumée se dissipait, et nous laissait voir l'horrible bête étendue sur le sol, à dix pas de nous, la tête entièrement partagée en deux : ma balle explosible avait fait merveille.

Pendant quelques minutes il me fut impossible de faire un pas en avant; la réaction, si forte chez les sanguins, m'avait fait affluer le sang au cœur et au cerveau, les tempes battaient à tout rompre, et un épais nuage semblait m'obscurcir la vue.

Cependant tout autour de moi des cris de triomphe éclataient de toutes parts, je redevins peu à peu maître de mes sens, et j'échangeai une vigoureuse poignée de main avec Lucius, dont les jambes tremblaient comme une feuille agitée par le vent Le brave garçon avait fait bonne contenance, et nul n'aurait montré plus de courage ; il n'avait pas reculé d'une semelle; mais comme tous les tempéraments délicats et féminins, le danger passé, il n'était pas plus maître de ses nerfs que je ne l'avais été de mon sang.

— Quelle fîère peur j'ai euel fit le jeune homme sans la moindre ostentation.

— Dites donc nous avons eue, mon cher ami, lui répondis-je.

Il n'y a nulle honte à avouer ces choses-là, et ceux qui vous racontent qu'ils ont, le cigare aux lèvres,

joué leur vie contre les fauves, dans les forêts de l'Afrique et de l'Inde, se trompent en croyant qu'ils seront taxés de lâcheté s'ils ne font pas un peu de parade.

Pendant tout le temps de la lutte, le brave Ourano n'avait pas plus bougé qu'un terme, et il avait fait sur l'animal un feu roulant, avec sa carabine à répétition et son revolver, mais comme il n'avait pas de balles explosibles, il eût autant fait de mal au rhinocéros à coup de bâton... mais l'intention y était.

Nos guerriers béniniens et les rabatteurs, quand nous nous approchâmes de l'ennemi vaincu, dansaient autour de lui, en poussant des cris sauvages, et proférant contre lui toutes les injures que pouvait leur fournir le double vocabulaire béninien et yébou.

En examinant l'animal, je compris le moment d'arrêt qui nous avait sauvés, sous la balle de Lucius. Le coup avait porté à moins de deux pouces au-dessus du crâne, et la balle explosible, en brisant la corne, avait dû produire une telle commotion au cerveau, que le rhinocéros s'était arrêté en chancelant pendant quelques secondes.

Je ne sais pas ce qui serait arrivé, s'il eût continué sa course furieuse ; dans tous les cas, je n'eusse pu viser avec autant de justesse.

— A vous les honneurs de la journée, mon cher ami, lui dis-je.

Le jeune homme se défendit modestement d'avoir joué un rôle aussi important que celui que je lui attribuais, mais il ne out s'empêcher de rougir de

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plaisir, &Ji m'entendant soutenir de nouveau que très certainement nous lui devions la vie.

Le rhinocéros avait un œil crevé, et nous affirmâmes à Ourano que c'était par une des balles de sa carabine.

— Vous l'avez aveuglé, chef, lui dit Lucius, heureux de la joie qu'il lui causait, et comme il ne voyait plus pour se conduire, nous l'avons tué plus facilement.

Le fils du vieil Arobo fut tellement content de la part importante que nous lui prêtions à dessein dans le combat, qu'il ajouta immédiatement à son nom l'é- Tpilhèie (ï'Oigou-Navé-Quatalé, l'Aveugleur de Rhinocéros. Par la suite, pour lui faire plaisir, nous l'appelâmes toujours ainsi.

Nous mesurâmes l'animal ; il avait quatre mètres soixante-dix de longueur, sur deux mètres cinquante de hauteur.

Comme tous les grands animaux qui usent d'une nourriture absolument végétale, le rhinocéros est d'ordinaire d'un caractère paisible quand il vit seul dans sa bauge ; il n'attaque jamais les animaux, ses compagnons de forêts, sans être provoqué, si on excepte l'éléphant, son éternel ennemi. Dès qu'il l'aperçoit, en eiïet, il entre en fureur, et malgré la disproportion de la lutte, il n'hésite jamais à l'engager. Il est toujours tué par l'éléphant, cependant on citL des cas où ayant pu se précipiter sous son gigantesque rival, il lui a ouvert le ventre d'un coup de corne, et fait ainsi une blessure mortelle. Cependant, même dans

ces Circonstances, avant de succomber lui-même, l'éléphant a le temps de se venger de son ennemi.

J'ai assisté dans l'Inde, sur les bords du Brahmapoutre, à un combat entre un éléphant dressé et un rhinocéros qui dévastait les plantations de riz d'un de mes amis, et après vingt minutes d'une lutte furieuse, ce fut l'éléphant qui l'emporta ; dès qu'il peut le tenir sous ses défenses, le rhinocéros est perdu.

Privé de toute ii.telligence, ce dernier animal est irriiable à l'excès ; à la moindre provocation, une colère stupide s'empare de lui ; son grogacment, qui a quelque chose de celui du porc, quand il est au repos, prend tout de suite l'intonation d'un mugissement aigre et saccadé ; il part avec la rapidité d'une flèche, va droit devant lui, renverse tous les obstacles, brise les arbres, laboure la terre avec sa terrible défense et assouvit sa rage contre tout ce qu'il rencontre. Il déploie dans l'attaque une telle violence et une telle rapidité de mouvement, qu'il est très difficile de s'en échapper; sans nos balles exposiblesnous n'en serions jamais venus à bout. C'est en somme le plus terrible et le plus dangereux animal que le voyageur puisse rencontrer. Cependant j'en ai vu un dans le haut Yarribah que son maître avait dressé comme un éléphant; il s'en servait comme d'une bête de somme, mais il avait été pris tout petit et était castré.

Les Yébous sont très friands de la chair du rhinocéros ; nos hommes s'empressèrent donc de dépouiller celui aue nous venions de tuer et d'en empaqueter

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le plus qu'ils purent dans des feuilles de bananiers.

Nous creusâmes à la hâte une fosse dans laquelle furent ensevelis les restes des rabatteurs qui avaient succombé à la première attaque du monstre, et les ayant ainsi soustraits à la rapacité des chacals, nous nous hâtâmes de reprendre le chemin de notre campement.

Malgré le soin que nous avions mis à faire prompte diligence, la nuit était venue avant que nous eussions seulement parcouru le tiers du chemin qui nous séparait de la lisière de la forêt, et une de ces nuits de la forêt vierge dont rien ne saurait rendre l'obscurité. Nous nous touchions sans nous voir, et de tous côtés éclatait de nouveau le concert de la veille; les cris des fauves quittant les fourrés, lointains encore, n'allaient pas tarder à se rapprocher de nous ; marcher ainsi pendantau moins deux heures encore, eût été la plus insigne de toutes les folies, je le sentais, mais je remarquais avec un étonnement singulier que nos hommes ne paraissaient pas montrer la moindre inquiétude.

Je me décidai à interroger Ourano.

— Arrêtons-nous un instant, fis-je au fils de l'ohi d'Arobo, j'ai à. te parler.

— Itché 1 halte ! cria le chef. '^ Nous comprîmes au silence qui se fit soudain que

toute la troupe avait obéi.

— Où allons-nous ? dis-je au chef [béninien.

— Rejoindre la station où nous avons dormi hier, répondit mon interlocuteur.

— Nous ne voyons plus pour nous diriger.

— Sois sans crainte, j'ai dit cela à Obi-Tchadé et il m'a affirmé que nous étions dans un sentier où ses hommes et lui ont chassé vingt fois, et qu'ils étaient sûrs de ne pas s'égarer.

— N'entends-tu pas ces miliers de cris de chacals précurseurs des fauves, et de temps à autre, ces sinistres rugissements qui semblent se rapprocher de nous?

— Nous n'avons rien à craindre avec vous, vos fusils lancent des gris-gris qui font éclater les tètes des Olgou-Navé; que veux-tu que les tigres fassent contre cela ?

Cette réponse fut un trait de lumière, je compris que nos indigènes, en nous voyant tuer avec cette rapidité un rhinocéros, s'étaient imaginé qu'il y avait un peu de sorcellerie dans notre fait, et que nos carabines lançaient de redoutables gris-gris, capables de mettre en fuite tous les hôtes de la forêt.

Bien qu'Ourano fût plus intelligent que les autres, je ne perdis pas mon temps à le convaincre. On ne trouverait pas, dans toute l'Afrique, un seul noir qui ne croie pas à la puissance des gris-gris, et réfléchissant que cette confiance superstitieuse allait nous faire dévorer par les fauves avant un quart d'heure, je répondis immédiatement à Ourano :

— Nos gris-gris ne valent rien la nuit, il faut immédialemcnt allumer du feu et camper ici, sans cela nous sommes perdus.

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— Impossible de construire un bûcher : comment veux-tu que nous puissions trouver du bois mort en assez grande quantité avec cette obscurité?

Cette réponse me fit frissonner, et, poiirajout(>r aux angoisses de notre situation, des centaines de milliers d'yeux phosphorescents se croisaient en tous sens autour de nous, les chacals nous accompagnaient en glapissant à qui mieux mieux, comme pour avertir les lions et l'es tigres de la présence d'une proie qu'ils semblaient surveiller pour eux.

— Que faire ? dis-je au Béninien, en accentuant plus fortement encore mes paroles ; je te jure que nos gris-gris ne pourront nous empêcher d'être mangés tous.

— Alors, il faut camper dans les arbres, fit simplement Ourano.

— Dépêchons-nous, répondis-je... Chaque minute qui s'écoule peut nous être fatale.

Et, comme pour donner raison à nos appréhensions trois terribles notes franches et sonores, se succédant sans interruption, ébranlèrent la forêt.

— Le lion, dit Qurano d'une voix grave.

A en juger par l'éclat de ses rugissements, le terrible félin ne devait pas être à plus d'un milie de nous

Antre signe de sa présence : les chacals s'étaient enfuis ; plus de cris, plus d'yeux ardents dans les hautes herbes,'ils attendaient que le maître- fût repu pour venir se disputer ses reliefs.

Brièvement, Ourano avait traduit mes paroles à toute la troupe ; je frottai sur leur récipient une de ces grosses allumettes anglai'w^s en cire vierge qui ne me quittaient jamais, i . qa' conservent leur lumière pendant plus de cinq minutes, et nous regardâmes immédiatement autour de nous quels arbres pourraient nous servir de refuges.

Heureusement, nous n'eûmes que l'embarras du choix; autour de nous, de tous côtés, s'étendaient d'énormes ficus 7'eligiosa, autrement dits baobabs, et, en moins de rien, nous eûmes choisi un de ces géants des forêts qu« , par l'élévation de son tronc jusqu'aux premières branches, nous offrait un asile sûr contre les bonds du lion, mais ne pouvait nous mettre complètement à l'abri de l'attaque du tigre.

Mais il n'y avait pas à hésiter : nous n'avions peut-être que quelques minutes devant nous.

En s'aidant de sa lance, et poussé par ses camarades, un des Yébous parvint au cœur de l'arbre, d'où partaient les branches maîtresses, et il nous tendit sa lance du côté du manche en s'arc-boutant fortement entre deux branches.

— Montez 1 fit Ourano.

Je fis signe à Lucius.

— Après vous, me dit-il.

— Mais montez doncl lui dis>je avec une nuance de colère ; voulez- vous nous faire dévorer ?

Un des Yébous. l'avait déjà saisi à bras le corps tX l'aidant à monter sur ses épaules, le jeune homme

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put saisir l'extrémité de la lance, et le rabatteur qui se trouvait dans l'arbre l'attira à lui.

Cet homme était doué d'une force colossale ; en moins de rien, il eut amené dans ce refuge improvisé Ourano, Obi-Tchadé et moi.

Pendant ce temps^ les quarante-cinq autres rabatteurs et les cinq guerriers béniniens qui nous accompagnaient, s'étaient déjà rais en sûreté sur d'autres baobabs.

Le Yébou qui nous qvait aidés dans notre ascension voulait redescendre pour aller rejoindre ses camarades, ne voulant pas, par respect, rester sur le même arbre que nous. Mais je lui fis intimer l'ordre, par Obi-Tchadé, de rester.

Pour éclairer un peu notre situation, et donner à chacun lemoyen de s'installer deson mieux, je plaçai trois ou quatre de mes grosses allumettes dans l'écorce gercée des branches de baobabs, et nous primes nos dispositions pour la nuit. Nous nous élevâmes le plus possible sur les branches supérieures de l'arbre, et, avec nos longues ceintures de flanelle, nous nous attachâmes, Lucius et moi, à celle qui nous permit de rester assis commodément; il fallait nous prémunir contre la fatigue et les somnolences qui pouvaient s'emparer de nous.

Peu à peu, nos légères bougies s'éteignirent et nous retombâmes dans la plus profonde' obscurité.

Le soin de notre sûreté nous avait empêchés de prêter l'oreille aux bruits de la forêt, mais dès

nous fûmes rendus à la perception des choses extérieures, nous pûmes constater à quel point nous avions eu raison de nous hâter; les rugissements du lion étaient à ce point rapprochés que cinq minutes n'allaient pas s'écouler avant qu'il fût arrivé sous nos forteresses de feuillage.

Tout à coup il se tut.

— Il sait maintenant au juste où nous sommes, me dit Ourano à voix basse, il nous flaire et s'approche en rampant.

Dès que nous avions atteint l'arbre, les indigènes nous avaient passé nos armes, et nous étions là, l'oreille au vent, épiant le moindre bruit, la carabine sur nos genoux, et nos deux revolvers à la ceinture. 11 fut convenu avec Lucius, qu'au moindre bruit qui se produirait au-dessous de nous, il allumerait, une de ses petites bougies et qu'à sa lueur je tirerais sur tout ce qui se présenterait, quitte à lui rendre ensuite le même ofïice.

Cependant, au loin nous entendions hurler et rugir comme un cercle de fauves, tigres, panthères, léopards, qui semblaient tous se diriger de notre côté; on eût dit que tous les animaux de cette sauvage contrée s'étaient, à deux lieues à la ronde, donné rendez-vous pour venir nous prendre d'assaut.

Rien ne saurait dépeindre les heures d'angoisses que nous vîmes s'écouler une à une, lentes et sinistres, dans cette terrible nuit; tous ces cris nous donnaient le vertige, et cependant, chose étrange, le

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lion ne se faisait plus entendre et, quant aux rugissements des tigres et des léopards, ils étaient allés peu à peu en s'affaiblissant, dans la direction de l'est, et bientôt nous ne percevions plus que des sons lauques et lointains, mais qui persistaient dans la même direction.

— Les fauves ont senti le corps du rhinocéros, fil Ourano, avec son flair d'enfant des forêts, et le jour sera venu avant qu'ils aient fini de dévorer la bête; les gros vont souper d'abord, tenant les autres en respect; quand ils seront repus la seconde bordée suivra. Il y a plus de trois mille livres de viande à dévorer, sans compter ce que nos hommes ont emporté; il y en aurait pour longtemps, si les chacals n'étaient pas là pour les aider.

Pendant quelques instants nous cessâmes d'échanger nos pensées, la fraîcheur relative de la nuit, la fatigue et l'incommodité de notre position ne contribuaient pas peu à nous engourdir et avaient fini par rendre pénible tout effort de parole... Tout à coup le chef se pencha près de moi et me dit à voix basse : Ecoutez!

— Qu'y a-t-il? fis-je sur le même ton.

— Le lion est près de nous, il mange la viande de rhinocéros que nos hommes ont été obligés de laisser à terre.

Je prêtai l'oreille, et un faible bruit de mâchoires

broyant leur proie dans l'ombre parvint jusqu'à moi.

Les Yébous avaient déposé leur charge de viande

aux pieds des arbres qui leur servaient de refuge, ce ^ui faisait que le lion était à une distance de nous que je ne pouvais apprécier.

En vain 3e cherchai à percer l'obscurité de la nuit pour apercevoir un éclair de sa fauve prunelle : je ne pus rien distinguer, le feuillage qui m'entourait devait cacher l'animal à ma vue, seul le bruit de ses sinistres mâchoires continuait à parvenir jusqu'à moi.

— Faut-il allumer? murmura Lucius.

— A tout hasard, faites, lui répondis-je.

Je me tenais prêt à toute aventure ; un petit bruit sec se fit entendre, une faible lueur éclaira l'étroit espace où nous nous trouvions, un corps d'un jaune rougeâtre passa comme une flèche devant nous : je tirai rapidement dans la direction, un rugissement de colère répondit à la détonation de mon arme, et ce fut tout.

Troublé sans doute par la lumière, le lion que notre présence devait aussi inquiéter dans son repas avait oris la fuite-.

Ce fut le dernier épisode de cette nuit étrange dont je n'oublierai jamais les poignantes émotions.

Dès que le jour parut, nous nous hâtâmes de reprendre le chemin de notre campement, que nous atteignîmes après deux heures de marche.

Je renonce à dépeindre la joie des guerriers béniaiens que nous avions laissés à la garde de nos charrettes et de nos tentes ; les braves gens nous croyaient perdus, ils se mirent à danser et à décharger leurs carabines pour célébrer notre retour.

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Après avoir réparé nos forces par un repos de quelques heures, dont nous avions grand besoin, nous nous mîmes en route de nouveau, mais cette fois pour revenir à Tchadé.

La chasse était finie, et nous n'avions pas aperçu l'ombre d'un gorille.

En arrivant au village de .l'obi, nous trouvâmes le coureur, que nous avions envoyé au roi des Yébous, de retour depuis la veille avec la réponse de cet aimable monarque.

Il nous expédiait l'ordre de nous rendre sur-lechamp dans sa capitale, où de grandes réjouissances allaient être préparées en notre honneur.

Nous nous consultâmes avec Lucius. Ce que nous savions de l'oba n'était pas fait pour nous engager à obéir; nous n'avions qu'à repasser la frontière, pour nous trouver en sûreté au Bénin... Mais c'était abandonner notre voyage et causer les plus mortelles inquiétudes à notre ami Adams qui, arrivé à Katunga, ne saurait pas ce que nous étions devenus...

Si nous avions pu prévoir à quelles scènes de cruauté, d'orgies et d'immondes débauches nous allions être obligés d'assister, peut-être nous fussionsnous décidés pour le retour, mais dans notre ignorance, la pensée de notre chevaleresque ami devait chasser nos derniè-res appréhensions, et le lendemain nous partions pour Hodé-Yébou.

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