Voitures du pays, en général petites et fort misérables
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plus utile et mieux remplie. Toutes les élèves sont très gaies, parfaitement tenues, et vivent en parfaite harmonie malgré la diversité de leurs races; elles nous ehantent avec beaucoup d'entrain plusieurs chansons françaises, qui sonnent joyeusement à nos oreilles. Madame la supérieure, qui a certes une large expérience de la matière, met les petites Manthras beaucoup audessus de ses autres pupilles pour l'obéissance et les bons sentiments. Mais les jeunes filles de cette race élevées à l'orphelinat ne rentrent jamais dans leurs forêts : elles préfèrent épouser un Chinois qui leur assure un bien-être qu'elles demanderaient en vain à un homme de leur tribu.
43 juillet. — Nous prenons place à bord du Japan^ steamer chinois; il est écrit que nous n'échapperons pas à la compagnie chinoise. Le Japan est encore plus encombré que le Ben More, et, inconvénient plus grave, nous sommes envahis par une odeur fade, nauséabonde, dont nous avions déjà perçu quelques traces à Kessang. Un regard jeté dans l'entrepont nous dévoile l'affreuse réalité, nous portons un chargement de durian * ! La végétation est précoce à Malacca et le Japan va approvisionner Singapore de ces horribles primeurs. Le durian est pour les races jaunes un régal exquis, et les Malais ont, dit-on, pour ce fruit une telle passion que lorsqu'il atteint un prix élevé ils vont, pour s'en procurer, jusqu'à vendre leurs femmes. On assure que quelques Européens prennent goût à ce produit, mais j'ai peine à le croire. Heureusement le Japan se met en marche, les écoutilles se ferment, et l'arôme pénétrant disparaît, chassé par la brise.
Il nous est impossible de fermer l'œil pendant la tra'^