‹ Voyage aux Philippines et en MalaisieChapitre 26 sur 86 · Sacchanm Kœnigii, L., ou Imperata arundinaceay Br., Gram · texte numérisé non relu

Sacchanm Kœnigii, L., ou Imperata arundinaceay Br., Gram

ments abandonnés; son utilité est médiocre; elle est employée quelquefois pour couvrir les cases; quand elle est jeune et tendre, on la donne, à défaut de meilleur fourrage, aux buffles et aux chevaux.

Neuf heures du soir. — Mouillé en rade de Pasacao, à dix encablures du rivage, par quatre brasses de fond (les sondes de nos cartes sont erronées), nous débarquons par un beau clair de lune dont les rayons se jouent sur un ilôt posé au milieu de la baie comme une corbeille de fleurs ; de grandes ombres portées accusent le relief des falaises de la côte, couronnées d'une sombre verdure. Pasacao ressemble à Laguimanoc, qui ressemble à tous les autres hameaux de Luçon. C'est le port de Naga ou Nueva- CacerèSj chef-lieu de la province de Camarines Sur, Naga est le siège d'un évêché et d'une école normale d'institutrices pour les provinces bicoles. Nous souhaitons un bon voyage et de grands succès académiques à deux jeunes Bicoles qui partent en cacolet pour conquérir leurs grades à l'école de Naga.

A Pasacao, on entre dans le domaine du dialecte bicol (parlé par 350 000 habitants environ), qui s'étend sur les provinces de Camarines Norte^ Camarines Sur, Albay et sur une partie de Tayabas. Les Bicols sont tout à fait analogues aux Tagalocs, doot le dialecte ressemble beaucoup au leur.

4 septembre. — Nous dérapons à trois heures du matin ; à six heures nous sommes E. et 0. avec le Mayon, le grand volcan d'Albay (altitude, 2734 mètres) dont le cône, parfaitement régulier, s'élève au-dessus de l'isthme montagneux de Sorsogon.

Depuis que nous avons dépassé le détroit de Marinduque, la côte est remarquablement déserte; toutes ces hauteurs, dont les sommets boisés se perdent dans les vapeurs du matin, ne donnent asile, me dit-on, qu'à

quelques rares remontados % dont la réputation est à peu près celle des brigands des Abruzzes ; dans ces solitudes, le métier de brigand doit être bien peu rémunérateur.

A midi, nous entrons dans la grande baie de Sorsogon, abritée par des massifs puissants et tourmentés; nous apercevons à tribord le Bulttsan, volcan éteint, et, plus loin, le double sommet du grand San Miguel, qui se perd dans les nuages. Ce vaste mouillage est très sûr, même par les gros temps de sud-ouest. Quand le centre de la baie est agité, des escadres entières trouveraient des eaux paisibles dans les anses de la côte, sur lesquelles ne se dressent encore que quelques huttes de pêcheurs. Le golfe de Naples n'est pas aussi joli et l'entrée de Singapore n'est pas aussi grandiose.

Quant au village de Sorsogon, il ressemble à Pasacao.

Nous levons l'ancre à trois heures trente du soir. A la nuit nous entrons dans la partie la plus resserrée du détroit de San Bernardino; Tair est calme, la mer paraît immobile, mais de larges bandes moirées par les rayons de la lune indiquent la violence du courant, qui, en certains points, atteint huit milles; il est toujours plus faible près du rivage, que le Cébu serre le plus possible, en luttant à toute vapeur contre les eaux du Pacifique qui se précipitent entre Masbate et Luçon.

A huit heures, nous voguons sur le grand Océan, laissant à tribord les îles de Capoul et de Puercos.

5 septembre. — A cinq heures du matin, nous entrons dans le golfe d'Albay, serrant de près la côte nord pour éviter les bancs de la côte sud qui s'étendent fort loin au large. Des deux côtés du golfe s'élève un chaos de

i. Bemontado, qui s'est enfui dans les montagnes ou les forêts, s'applique indifféremment aux hommes et aux animaux domestiques. Cimarron, très usité aussi, a le même sens.

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montagnes boisées. En face de nous, eu fond du golfe, surgit le majestueux Mayon, dont les pentes s'étalent à droite et à gauche sous un angle presque égal. L» végétation s'élève à peu près jusqu'à la moitié de la hauteur du géant, dont la partie supérieure, couverte de cendres et de laves, est profondément ravinée par les pluies.

A 6 h. 30 du matin, le Cébu laisse tomber son ancre devant la petite ville de Legaspi, située à S kilomètres d'Albay, chef-lieu de la province.

Un étranger qui débarque sur le pantalaa ' d« Legaspi, avec le souci de nombreux bagages et sans connaître un mot du dialecte du pays, doit éprouver un certain embarras. La gracieuse intervention d'un négociant mexicain, le seûor don José Ortiz, nous évite tous les ennuis de l'arrivée. Il fait immédiatement atteler sa calèche et nous partons pour Albay. Nous rencontrons en route le gouverneur de la province. M, l'alcade don

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