‹ Voyage aux Philippines et en MalaisieChapitre 42 sur 86 · Bduliqties · texte numérisé non relu

Bduliqties

PÂMGtlA, BALABAC, ZAMB0AN6A, BASILAN ift

cotistructioti de leur casertie, velll bien ndus servir de guide. La caserne, toute en bdis, est vaste; elle cotnprend des locaux séparés poiir Tltifirtnerie, les ciiislnës, pour le logement des i^DUs-ofiîciers péninsulaires. Que ne peuvent les soins d'tin ehef vraiment dévoué à ses fonctiotis t Suf 96 hommes de la compagnie occupés depuis A^è tndls à des défrichements sur un terrahi \derge, il n*y a que sept malades, légèrement atteints. Presque toUs les condamnes sont des déserteurs. (Le service de la gûardû citlt ge fait aut Philippihes avec uUe telle exactitude, que tout déserteur rentraut dans son pueblo, même après ciuq et six années d*absence, est fatalement reconnu et pris.) M. Orehel se loue beaucoup de lies hommes, qu'il nourrit dé son mieux et auxquels il permet d'aller en ville de midi à deux heutes et de six heures à neuf heurei^ du soir.

Au delà de la caserne les condamués travaillent aut

défrichements, moulent et cuisent la britlue, débitent les tnflgniflqueë arbres de la forêt. Après leur libératioilj les cotidamnès pourront deveuir propriétaires des terres qu'ils défrichent aujourd'hui.

La dëportatiou comprend aUssl quelques femmes, qui presque toutes gagnent leur vie comme demestiquei) ; deux annëes de botiue conduite les libèrent; il eu est bien peu ^ui Ue prbfltëUt pas de leUr libeKé pdUr renti'er dans leur pays. Le tagalôc^ le Bicol^ ue sont pas eolunisateurs; habitues aUt ressources d'uUë civiiisetiOU avancée, à la vie jbyeuse.eè iusouciante de leurs puebldS^ ils rêpugbent invinciblemeut à l'âpreté dei^ efforts que réclame la conquête d'une nouvelle patrie;

Puerto Princesa est cependant un point de colonisatiou bien choisi; les fâres indigêUeâ du VoisiUage, Malais venus de Soutou, payaient un tribut au sultan i heureux d'eh être affranchis à la suite de la prise de

Soulou par les Espagnols, ils leur sont sympathiques; la nouvelle colonie n'aura donc pas à se garder contre les entreprises de ses voisins immédiats.

Nous passons à Puerto Princesa une journée intéressante, fort courtoisement reçus dans diverses maisons européennes.

Nous appareillons le 9, à dix heures du matin. Forte houle et brise du S.-O. La mousson de N.-Ë. était déjà établie depuis huit jours à Âlbay à Tépoque de notre départ, et nous nous trouvons ici en pleine mousson de S.-O. Soulevé par les lames qui viennent droit sur son avant, le Pasig tangue à nous enlever la respiration.

40 novembre. — Houle de plus en plus forte, nuages, pluie , observations impossibles. Mais Toffice du Pasig est amplement pourvu de provisions; la conversation de nos compagnons de route est très intéressante ; ces messieurs sont presque tous des officiers de marine qui rejoignent la division navale du Sud.

Quelques-uns d'entre eux ont fait a plusieurs reprises de longs séjours aux Philippines ; ils jugent exactes les remarques que j'ai déjà pu faire sur l'hygiène morale de la race blanche émigrée sous les tropiques. Il est dans ces régions un danger plus redoutable pour l'Européen que la fièvre et la dysenterie, que les tremblements de terre et les cyclones. Malheur à celui que des ressources insuffisantes poussent à s'isolef des hommes de sa race, à vivre au milieu des Indiens, sans livres, sans journaux, en abdiquant les usages coûteux qui élèvent une barrière autour du Castila ^ ; peu à peu dominé par les influences énervantes du climat, gagné par les recherches abjectes

1. CasHhy corruption de CastellatWy nom par lequel les indigènes des Philippines désignent tous les individus de race blanche. Dans quelques pueblos importants il existe une variante ; si l'étranger est blond et non Espagnol, on rappelle invariablement Ingîèt (Anglais).

PARAGUA, BALA6AG, ZAMBOANGA, BASIUN 129

de la mollesse et de Tindolence dont il a d*abord rougi, il perd, avec le sentiment de sa dignité, le souci de ces grandes idées qui ont coûté tant de sang à TEurope et pour lesquelles elle lutte encore. Bientôt aussi impressionnable que ses voisins, entièrement dominé comme eux par ses sensations, devenu étranger à nos aspirations, il voit sa personnalité morale sombrer dans ce milieu ânesthésiant^ et si ses traits sont encore ceux d'un Européen, sa conscience ne garde plus rien qui le distingue d'un Malais.

Le 11, à trois heures du matin, nous mouillons devant le poste de Balabac ; le mouillage, situé dans une baie de moins de un mille de large, orienté au N.-E., est sûr. Il est entouré de falaises de grés et de hautes collines chargées de forêts.

Le gouverneur de Balabac, lieutenant de vaisseau, vient à bord et nous emmène à terre. Balabac, sur le détroit du même nom, point important qui commande la communication méridionale de la mer de. Mindoro avec la mer de Chine, n'est qu'un simple poste. Le pueblo se compose presque uniquement de casernes, d'hôpitaux, de magasins de ravitaillement pour la marine. Derrière le pueblo s'élève la forêt vierge peuplée de buffles échappés, revenus à l'état sauvage, et de quelques fugitifs de l'ancien presidio presque aussi sauvages qu'eux. Aujourd'hui Balabac n'a plus de condamnés; on a reconnu que ce point est trop malsain, surtout pendant la mousson de N.-E. qui tient le pueblo sous l'influence d'émanations palustres.

En ce moment, les deux compagnies d'infanterie indigène qui composent la garnison ont ensemble un effectif de 208 hommes, dont 37 à l'hôpital; la canonnière de la station dont Téquipage comprend 65 hommes, indigènes aussi, en a 7 à l'infirmerie de la marine; 8 hommes

gravement atteints vont partir avec nous pour Zamboanga. Cependant on prend tout le soin possible de la santé des troupes. Les médecins de la station, MM. don José Arias de Reina et don Pedro Saura Coronas, nous donnent à ce sujet les détails les plus intéressants ^ Mais les condir tîons sanitaires sont réellement trop défavorables. Pendant longtemps encore Balabac ne peut être qu'un poste deS' tiné à surveiller la côte nord de Bornéo et à porter secours à la marine '.

Sur les côtes de Tîle de Balabac vivent quelques Malais qui parlent le dialecte de Soulou; ils sont pacifiques, ou, plus exactement, tenus en respect par le stationnaire espagnol.

Appareillé à six heures du soir.

42 novembre. — Brises variables du S.-O. au N.-E. Le Pasig change heureusement en roulis son affreux tangage des jours précédents.

13 novembre. — Au lever du soleil nous entrons dans le détroit de Basilan ; nous rangeons à bâbord les hautes collines de Mindanao au pied desquelles apparaissent quelques cases entourées de cocotiers et de champs de çamotes; à sept heures du matin nous mouillons en rade de Zamboanga.

Zamboanga est depuis 1638 la citadelle avancée de la domination espagnole dans le sud. C'est de la vigilance et des moyens d'action du gouverneur de Zamboanga que dépend la sécurité des Philippines. Zamboanga doit surveiller toutes les côtes du sud de Mindanao^ du nord de

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